Donataires 1Origines et pouvoirs des capitaineries
Donataires
Titre original: Donatarios
Les capitaines-donataires de Madère : la division de l’archipel en capitaineries de Funchal, de Machico et de Porto Santo, les pouvoirs presque souverains et les revenus accordés par les chartes de donation, notamment celle de Zarco, et leur réduction progressive par la Couronne à partir de 1497. L’article traite aussi de l’administration à distance sous la domination espagnole, de la transformation des capitaineries en alcaidarias-mores par Pombal en 1766, de leur abolition en 1832 et de la succession des donataires.
1Origines et pouvoirs des capitaineries
On sait qu’aux premiers temps de la colonisation de nos possessions d’outre-mer, les terres découvertes étaient divisées, aux fins de leur administration publique, en provinces plus ou moins étendues, que l’on appelait alors capitaineries. Elles avaient pour chef, ou autorité locale suprême, le capitaine-donataire (capitão-donatário), qui jouissait en général des pouvoirs les plus étendus dans la conduite des diverses affaires publiques, surtout aux premiers temps de notre administration coloniale.
La primauté de ces capitaineries ou provinces d’outre-mer revint à l’archipel de Madère : l’une d’elles avait son siège dans l’île de Porto Santo (« port saint »), les deux autres à Machico et à Funchal. Il est aujourd’hui impossible de déterminer avec précision l’époque de leur création, mais il faut tenir pour certain que leur existence remonte au temps où commencèrent la colonisation et le peuplement de cet archipel. Lorsque les premiers capitaines-donataires de ces îles vinrent s’y établir définitivement, ils procédèrent sans tarder à la division et à la démarcation des terres qui devaient relever de leurs juridictions respectives. Il est permis de croire qu’ils étaient déjà investis des privilèges et prérogatives que les donations devaient leur conférer plus tard d’une manière plus légale et plus authentique, avec la confirmation de l’autorité de l’infant Henri le Navigateur et aussi des souverains.
Aux premiers temps de la colonisation de ces îles, et longtemps encore après, toute la juridiction civile et criminelle appartenait aux donataires. De graves et puissantes raisons y concouraient. Elles tenaient surtout à l’influence manifeste que l’ancienne féodalité conserva chez nous ; à l’action prépondérante, poussée parfois jusqu’au despotisme, que les nobles, les grands et les autorités locales exerçaient sur les terres de leurs domaines ; à la distance qui séparait les donatairies de la métropole et à la difficulté des communications avec le Royaume (reino, c.-à-d. le Portugal continental) ; à la nécessité de régler promptement bien des affaires d’une administration publique naissante et dépourvue de lois pour l’encadrer ; enfin à la sévérité dont les capitaines-donataires devaient souvent revêtir leur gouvernement, au milieu d’une population aussi hétérogène de Noirs, d’esclaves, de fugitifs et de criminels appelés à travailler au défrichement des terres incultes. Tout cela, et sans doute bien d’autres motifs qui nous sont inconnus, contribua puissamment à rendre si larges les attributions et prérogatives dont jouissaient les donataires dans l’administration des affaires publiques.
Le pouvoir royal n’abdiquait certes pas ses prérogatives ; l’infant Henri le Navigateur appelait cette île « mon île de Madère », non seulement parce qu’il avait été l’initiateur de sa découverte, mais aussi en raison des donations que lui avaient faites les souverains ; et le puissant ordre du Christ détenait toute la juridiction spirituelle sur ces îles, ainsi que divers privilèges dans l’administration de certaines affaires publiques. L’action gouvernementale des donataires n’en était pas moins quasi souveraine, du moins aux premiers temps. Cela tenait aux raisons que nous avons sommairement indiquées, en particulier à leur éloignement de la métropole, mais surtout au fait que les souverains, l’infant Henri, puis les grands maîtres de l’ordre du Christ se bornaient presque, dans la période la plus ancienne de la colonisation, à percevoir les rentes et les impôts, ainsi que diverses contributions de guerre dont les populations se trouvaient au début fort accablées.
En ce qui concerne les donataires de Funchal et de Machico, des circonstances de tout premier poids expliquent mieux le pouvoir presque illimité dont ils jouissaient, et il convient de les souligner ici. Ces donataires étaient eux-mêmes les découvreurs des terres qu’ils vinrent administrer ; ils avaient été de brillants collaborateurs de l’infant Henri dans sa grandiose œuvre de navigations et de découvertes ; on leur confiait le premier gouvernement d’une terre lointaine, inaugurant ainsi un genre d’administration jusqu’alors inconnu. Tout cela aura certainement contribué à la concession, ou peut-être mieux à la permission tacite, de toutes ces facultés, exemptions et prérogatives. Pour João Gonçalves Zarco en particulier, d’autres raisons non négligeables entraient encore en jeu : le nom et le prestige qu’il s’était acquis au Maroc, où il avait gagné ses éperons d’or de chevalier vaillant et valeureux, la renommée d’audacieux navigateur qu’il avait conquise, et encore le crédit dont il jouissait auprès de l’infant Henri, comme chevalier et familier (agent laïc de l’Inquisition) de sa maison.
Nous noterons ici que, grâce sans doute à ces circonstances, ce furent le premier donataire de Funchal et ses successeurs immédiats qui usèrent le plus largement de ces vastes pouvoirs d’administration, lesquels allèrent parfois jusqu’à s’étendre aux autres donatairies, au prix d’un empiétement manifeste sur les attributions d’autrui. L’essor rapide et la prospérité de la capitainerie de Funchal, face au déclin et à la ruine des autres capitaineries, expliquent suffisamment l’influence et la prépondérance des descendants et héritiers de João Gonçalves Zarco. Jusque dans des documents officiels, on appelait parfois le donataire de Funchal « le capitaine de l’île », comme si cet archipel n’abritait pas le siège de deux autres capitaineries. Funchal était devenu le centre de toute la vie active de l’archipel ; il avait été érigé en cité et en capitale du diocèse et s’était transformé en un important emporium commercial. Ses donataires, vivant dans le faste et la grandeur et fréquentant la cour comme les plus nobles et les plus riches seigneurs du Royaume, acquirent une telle influence, un tel prestige et une telle puissance qu’ils réduisirent bientôt les autres donataires à une situation véritablement subalterne et humiliante aux yeux des populations de cet archipel.
Les donations des capitaineries de Machico, de Porto Santo et de Funchal, faites aux premiers donataires Tristão Vaz Teixeira, Bartolomeu Perestrelo et João Gonçalves Zarco, datent respectivement de 1440, 1446 et 1450. On peut s’étonner que ces concessions aient été si tardives, et l’on doit supposer, avec de bonnes raisons, que les chartes royales portant ces dates ne sont que des actes confirmant des donations accordées antérieurement.
Il est fort à présumer, comme nous l’avons déjà fait remarquer, que les trois donataires, lorsqu’ils furent investis du gouvernement de leurs capitaineries – ce qui eut probablement lieu à la fin du premier quart du XVe siècle ou au début du deuxième quart du même siècle –, reçurent de l’infant Henri, ou peut-être même du souverain, quelques instructions ou quelque règlement (regimento), fût-il de caractère général et sans grand détail sur les choses et les personnes, destinés à les guider dans la gestion des affaires d’administration publique, qui n’auraient sûrement pas été laissées au seul jugement et à l’arbitraire de ces donataires. On ne sait rien de positif à ce sujet, et nous n’y avons pas même trouvé la moindre allusion.
2La charte de donation
Les lettres royales qui concèdent les capitaineries aux trois premiers donataires ne diffèrent pas pour l’essentiel dans leurs principales dispositions. Nous allons transcrire quelques passages de la lettre adressée à João Gonçalves Zarco, qui fut tirée des registres du conseil municipal (Câmara Municipal) de Funchal et publiée par le docteur Álvaro de Azevedo dans l’une des notes des Saudades da Terra :
Et il me plaît qu’il ait en cette susdite terre la juridiction, par moi et en mon nom, au civil et au criminel, hormis la peine de mort ou de mutilation d’un membre, dont l’appel viendra devant moi ; toutefois, nonobstant ladite juridiction, il me plaît que tous mes mandements et ma correction y soient accomplis comme chose qui m’est propre. De même, il me plaît que ledit João Gonçalves ait pour lui tous les moulins à grain qui seront en la partie de ladite île dont je lui donne ainsi la charge, et que nul n’y fasse de moulins, sinon lui ou qui il lui plaira ; et en ceci ne s’entend pas la meule à bras, que la fasse qui voudra, sans moudre pour autrui ; ni de moulin à manège (atafona), sinon lui ou qui il lui plaira. Et il me plaît qu’il ait, de toutes les scieries hydrauliques (serra de água) qui s’y feront, de chacune un marc d’argent (marco de prata, env. 230 g d’argent) chaque année, ou sa juste valeur, ou deux planches chaque semaine de celles que l’on aura coutume de scier dans les scieries, en me payant toutefois la dîme de toutes lesdites scieries, ainsi qu’on la paie des autres, comme on la paie des autres choses que scieront lesdites scieries. Ledit João Gonçalves aura de même ce droit sur tout engin qui s’y fera, excepté les forges de ferronnerie et d’autres métaux. Et il me plaît que tous les fours à pain où il y aura redevance soient à lui ; que cela n’empêche pas cependant quiconque voudra faire un fourneau pour son propre pain de le faire, mais non pour nul autre. Et il me plaît que, lorsqu’il aura du sel à vendre, nul autre que lui ne puisse le vendre, lui le donnant au taux d’un demi-real (pl. réis ; ancienne unité monétaire portugaise, 1 000 réis = 1 milréis) d’argent ou sa juste valeur, et non davantage. Et quand il n’en aura pas, que ceux de l’île le vendent à leur gré jusqu’à ce qu’il en ait. De même, il me plaît que de tout ce que j’aurai de rente en ladite partie de l’île, il ait un sur dix ; et ce que je dois avoir en ladite île est contenu dans la charte de franchises (foral) que j’ai fait faire pour elle ; et de cette manière il me plaît que cette rente revienne à son fils ou à un autre de ses descendants en ligne directe qui aura la charge. Et il me plaît qu’il puisse donner par ses lettres la terre de cette partie, selon le foral de l’île, à qui il lui plaira, à condition que celui à qui il donnera ladite terre la mette en valeur dans les cinq ans ; et s’il ne la met pas en valeur, que je puisse la donner à un autre ; et si, après qu’elle aura été mise en valeur, il la laisse sans culture pendant cinq autres années, que je puisse pareillement la donner. Que cela ne m’empêche pas, s’il y a de la terre à mettre en valeur qui n’ait pas été donnée, de pouvoir la donner à qui ce sera mon bon plaisir. Et ainsi il me plaît que la donnent son fils ou ses héritiers descendants qui auront ladite charge.
En mettant cette transcription dans une langue mieux adaptée à notre temps et en la résumant, nous voyons que l’Infant ne se borna pas à donner les terres aux trois donataires : il leur donna aussi la juridiction civile et criminelle sur ces terres et le droit de percevoir la redízima (dixième des revenus de la Couronne dû au donataire), c’est-à-dire la dixième partie de tout ce qu’il aurait de rente dans les deux îles. Seuls les donataires pouvaient vendre du sel, tant que cette denrée ne dépassait pas le prix d’un demi-real d’argent l’alqueire (mesure de capacité pour les grains ; comme mesure agraire, env. 900 m²), et posséder des moulins et des fours publics pour cuire le pain. La fabrication du pain destiné à la consommation domestique était toutefois libre, et la vente du sel l’était aussi lorsque les donataires n’en avaient pas en dépôt. Ils recevaient également un marc d’argent par an, ou deux planches par semaine, pour chaque scierie hydraulique de l’île. On lit dans certains documents que les donataires étaient « seigneurs de l’eau et du vent », allusion au privilège des eaux et des moulins qui, avec celui de la vente du sel, constituait des revenus importants et considérables, sans compter les autres, qui devaient être bien plus élevés encore. Au criminel, le pouvoir des capitaines-donataires s’étendait au jugement de toutes les causes, hormis la peine de mort ou de mutilation d’un membre, comme le dit la lettre de donation (carta de doação). Ils avaient aussi la faculté de faire couper les oreilles aux esclaves qui commettaient certains crimes, ce qui leur fut accordé par une ordonnance royale (alvará) en 1505.
3Réduction des pouvoirs des donataires
Le pouvoir primitif des capitaines-donataires ne dura guère. Ces vastes prérogatives furent peu à peu rognées au fil du temps. Plusieurs mesures du pouvoir central contribuèrent puissamment à restreindre progressivement les attributions civiles, militaires et judiciaires dont les capitaines-donataires jouissaient dans cet archipel : les rois reprirent à leur compte les privilèges que l’ordre du Christ détenait dans l’archipel ; vinrent ensuite la fondation des municipalités, l’institution des sesmarias (concession royale de terres aux colons, à charge de les cultiver) et des majorats, les diverses lois agraires, surtout en matière d’eaux, de bois, de bétail et de sucres, la levée par les souverains de certaines contributions et de certains impôts, la création de diverses charges publiques, en particulier de quelques-unes relevant de la seule administration judiciaire, sans compter bien d’autres mesures encore.
Un coup profond fut porté à ces attributions si étendues par la lettre royale (carta régia) du 27 avril 1497, par laquelle Manuel Ier, en qualité de souverain et de grand maître de l’ordre du Christ, fit de l’archipel madérien un domaine royal (realengo) et l’incorpora définitivement à la Couronne. Les paroles du roi Fortuné consignées dans ce curieux document sont très significatives et éloquentes ; nous en transcrivons le passage suivant :
« Nous tenons pour bon, et par la présente, en notre nom et en celui de nos héritiers et successeurs, nous promettons pour toujours et donnons notre foi royale qu’en aucun temps, pour quelque nécessité ou cause, prévue ou imprévue, qui nous adviendrait, à nous et à nos successeurs, fût-elle de grand poids ou de grande importance, ladite île, ni aucune partie d’icelle, avec sa seigneurie, ses rentes et sa juridiction, ne sera jamais donnée par nous ni par nos successeurs, ni à titre gracieux, ni à vie, ni à perpétuité, ni de quelque autre manière que ce soit, à aucune personne, de quelque état, condition ou prééminence qu’elle soit, ni à église, ni à monastère, ni à autre maison pieuse, ni à religion, ni à ordre, fût-il de chevalerie ; nous voulons au contraire, et promettons derechef, que ladite île, entière et unie, soit toujours nôtre, de notre Couronne et des rois nos successeurs, et que jamais elle ne soit désunie ni séparée de nous ni d’eux en aucun temps. Et pour plus grande fermeté et sûreté de quoi, nous, en notre nom et en celui des rois nos successeurs et héritiers, jurons sur le signe de la croix et sur les saints Évangiles, sur lesquels nous posons corporellement les mains, que nous et nosdits héritiers et successeurs l’accomplirons et le maintiendrons ainsi entièrement, sans artifice, réserve ni diminution aucune, et que jamais en aucun temps nous ne demanderons à être relevés ni absous de ce serment ; bien plus, nous supplions notre très saint père qui, en son temps, présidera l’Église de Dieu de ne jamais accorder de dispense contre ce serment ni de le tempérer, afin que l’on ne puisse, avec sa permission, faire le contraire. Nous prions et recommandons instamment aux rois nos héritiers et successeurs qui viendront au fil des temps de l’accomplir et de le conserver ainsi pour TOUJOURS, sous notre bénédiction et sous peine de la malédiction de Dieu et de la nôtre ; en témoignage et foi de quoi nous ordonnons de donner cette lettre à ladite île et à ses habitants... »
Nous ne pouvons manquer de transcrire l’intéressant commentaire que l’érudit annotateur des Saudades da Terra (« Nostalgie de la terre natale ») consacre à cette lettre royale :
« Le premier de ces documents est la lettre royale du 27 avril 1497, par laquelle il fit de l’île de Madère un domaine de la Couronne (realenga) ; lettre qui fut un coup d’État, comme on dit aujourd’hui à la française, ou un motu proprio, comme disait l’ancienne monarchie ; lettre par laquelle le roi enchâssa une fois pour toutes, définitivement et sûrement, cette perle de l’océan, l’île de Madère, dans sa couronne, et affermit les populations de cette île dans l’autonomie portugaise ; lettre par laquelle le roi interposa son puissant sceptre comme une digue contre les incroyables vexations de toute espèce que les donataires, l’aristocratie locale et le clergé s’arrogeaient sur une population aux mœurs droites et laborieuse ; lettre sous les augustes paroles de laquelle on sent le halètement dépité de la cohue de tous ces intérêts égoïstes, abattus devant le pouvoir royal, à l’abri duquel se réfugièrent alors, timides, le droit et la morale, le travail et l’espérance ; lettre par laquelle l’île de Madère commença de cesser d’être quasi l’esclave de tant de maîtres pour devenir la sujette directe d’un seul ; lettre qui écrasa peut-être, par les serments austères et les terribles malédictions qu’elle contient, quelque sourde conspiration de ces mêmes intérêts, pour lesquels la satisfaction était tout, et tout le reste, rien ».
Les abus de juridiction commis par les donataires, qui allaient parfois jusqu’à empiéter sur le pouvoir royal, n’étaient pas rares. Ils provoquèrent à plusieurs reprises l’envoi dans cette île d’ouvidores et de corregedores (magistrat royal d’un district judiciaire), investis de pouvoirs quasi discrétionnaires, qui avaient pour mission particulière d’enquêter sur ces excès de juridiction et de les juger. Ces magistrats, envoyés d’abord dans des cas extraordinaires, puis dans des circonstances plus ordinaires, atténuaient et corrigeaient ces empiètements ; des conflits éclataient parfois entre eux et les capitaines-donataires, auxquels le gouvernement de la métropole mettait toujours un terme lors des recours portés devant la Couronne.
Nous en avons plusieurs exemples, notamment la venue à Madère, dans le dernier quart du XVe siècle, du corregedor Álvaro Fernandes, investi par le roi d’une commission judiciaire extraordinaire (alçada) sur toute l’île, puis celle du bachelier (bacharel, diplômé de l’université) Rui Pires, lui aussi doté d’une juridiction sur tout l’archipel. Dans le premier quart du XVIe siècle, Manuel Ier envoya dans cette île le corregedor docteur Diogo Teixeira, « pour certaines raisons qui l’y poussèrent à l’égard du capitaine Simão Gonçalves », dit Gaspar Frutuoso. Cela irrita au plus haut point le capitaine-donataire, au point qu’il résolut d’abandonner la capitainerie : il alla jusqu’à s’embarquer sur deux caravelles avec sa famille et le meilleur du mobilier de sa maison, en direction de l’Espagne. Il n’en fit rien, car il relâcha en Algarve et le roi lui donna satisfaction de l’affront, « parce que, comme l’affirme le chroniqueur cité, pour les services qu’il avait rendus au roi, il ne méritait pas qu’on lui imposât un corregedor ». Cet épisode fournit le sujet d’un intéressant récit d’Inácio de Vilhena Barbosa, inséré dans son livre Virtudes Civicas e Domesticas.
D’autres mesures, adoptées successivement, restreignirent peu à peu les vastes prérogatives juridictionnelles des donataires. Le 8 mars 1498, Manuel Ier ordonna de ne pas exécuter les sentences qu’il n’aurait pas confirmées, et le 25 mars 1500 il donna l’ordre que les gentilshommes, chevaliers et vassaux de cette île l’accompagnent à la guerre l’été suivant, alors que jusque-là le service militaire était fourni spontanément par les capitaines-donataires. Vers 1579, le cardinal-roi Henri restreignit considérablement ces prérogatives, ordonnant notamment que les offices et emplois de justice soient à la nomination royale, ce qui appartenait auparavant de droit aux capitaines-donataires.
4Déclin et abolition des pouvoirs des donataires
Sous la domination philippine, le pouvoir des donataires se restreignit davantage encore. Le gouvernement espagnol créa les charges de gouverneurs généraux pour l’administration de nos possessions et envoya dans cet archipel le haut magistrat (desembargador) le docteur João Leitão, également chargé de mener une enquête judiciaire (devassa) sur les événements politiques survenus dans cette île lors de la proclamation de Philippe II. Dès lors, les capitaines-donataires cessèrent de résider parmi nous et exercèrent leurs pouvoirs juridictionnels par l’intermédiaire de leurs ouvidores, qu’ils nommaient eux-mêmes et à qui ils conféraient toutes les attributions dont ils jouissaient. Il est toutefois aisé de présumer que l’absence des donataires de leurs capitaineries et l’autorité exercée avec un véritable despotisme par les représentants du gouvernement espagnol contribuèrent immensément à réduire à de bien maigres proportions le pouvoir de ces mêmes donataires dans le gouvernement de ces îles. Bien que leurs attributions dans l’administration locale et dans l’exercice de la justice fussent, à partir de cette époque, presque purement honorifiques, les donataires continuèrent néanmoins à percevoir d’importants revenus des divers impôts levés dans l’archipel. Vers le milieu du XVIIIe siècle, ils furent d’ailleurs largement indemnisés de la perte de ces revenus et impôts qu’ils commencèrent alors à subir.
Il serait aujourd’hui difficile, voire impossible, de déterminer avec précision l’étendue des attributions, au moment où commença l’occupation castillane, tant des capitaines-donataires que des divers magistrats envoyés dans cet archipel par les monarques. Nous en dirons autant de la période de la domination espagnole et de l’époque qui s’étend de 1640 au temps du marquis de Pombal.
Ce ne fut pas sans protester que les donataires assistèrent à la diminution successive et graduelle de leurs vastes attributions et de leurs prérogatives peu communes. Cette protestation, qu’on ne saurait pourtant tenir pour purement platonique, n’empêcha pas l’action gouvernementale du pouvoir central de se faire sentir toujours davantage dans l’administration des affaires publiques. Certes, Manuel Ier modéra ou atténua la rigueur de certaines des mesures qu’il avait adoptées, et, par la lettre royale (carta régia) du 20 avril 1509, enregistrée aux archives du conseil municipal de cette ville, il fit quelques concessions au capitaine Simão Gonçalves da Câmara ; mais l’œuvre réformatrice du monarque ne faiblit pas et poursuivit l’élan que lui avait donné son premier mouvement. Cette attitude de Manuel Ier et la satisfaction accordée au donataire qui avait relâché en Algarve, dont nous avons parlé plus haut, prouvent seulement que l’esprit prudent et conciliant du souverain ne voulait pas imposer par la force des mesures qui heurteraient des coutumes anciennes et invétérées et blesseraient l’honneur et l’amour-propre de vassaux ayant rendu des services signalés à la patrie. Son action réformatrice n’en suivit pas moins son cours et s’accomplit.
Nous avons déjà évoqué brièvement ailleurs la vie de faste et de grandeur que menaient les donataires de Funchal. Certains, semble-t-il, voulaient rivaliser de luxe et de magnificence avec les monarques : ils paraissaient aux solennités de la cour et aux fastueuses cérémonies des mariages princiers avec un éclat si extraordinaire et une pompe si inhabituelle qu’ils éblouissaient les plus riches et les plus nobles gentilshommes fréquentant les palais royaux. Ils organisèrent de grandes expéditions pour la conquête et le secours de nos places fortes du Maroc : des flottes de dizaines de navires, avec plusieurs centaines d’hommes et de chevaux, demeuraient parfois en Afrique plusieurs mois d’affilée, le tout à leurs frais et sans la moindre charge pour le gouvernement de la métropole. Parmi les manifestations de faste et de grandeur qui émaillèrent la vie fastueuse du troisième donataire, Simão Gonçalves da Câmara (voir ce nom), dit le Magnifique, se détache l’offrande spectaculaire au pape Léon X d’un Sacré Collège façonné en alfenim (pâte de sucre blanche à modeler), présentée par une ambassade, comme nous l’avons déjà décrit ailleurs. Au 5e capitaine-donataire, Simão Gonçalves, fut conféré en 1576 le titre de comte de Calheta, en considération des services de ses ancêtres ainsi que de la splendeur et de la richesse de sa grande maison.
Les donataireries de Funchal et de Machico furent transformées en alcaidarias-mores sous l’administration du marquis de Pombal ; la juridiction et la plupart des privilèges que détenaient les donataires passèrent alors à la Couronne. Le privilège de nommer les ouvidores et certains officiers de justice, du conseil municipal, de l’inspection des marchés (almotaçaria) et du tribunal des orphelins fut cédé à la Couronne par le comte de Castelo Melhor, donataire de Funchal, par acte du 9 septembre 1766. En dédommagement des prérogatives qu’il perdait, il reçut le titre de marquis, quelques propriétés importantes au Portugal et un titre de rente (padrão de juro) lui donnant droit à une pension annuelle de 10 000 cruzados, garantie par le revenu des tabacs. Ces biens reçurent le caractère de biens patrimoniaux et de majorat (morgado) perpétuel, afin de revenir aux successeurs de ce même comte par droit de consanguinité.
Le droit à la redízima ne disparut pas, bien que les alcaides-mores eussent dès lors cessé d’avoir part au revenu des dîmes ; le monopole des fours publics et de la vente du sel fut également maintenu, sans que le donataire pût toutefois exiger pour cette denrée un prix supérieur à celui que fixait le gouvernement. Les particuliers conservèrent le droit de fabriquer du pain destiné exclusivement à la consommation domestique.
Lorsque les capitaineries de Funchal, de Machico et de Porto Santo furent supprimées, elles appartenaient respectivement à José Caminha de Vasconcelos e Sousa, marquis de Castelo Melhor, au marquis de Valença, en qualité de représentant de la maison des comtes de Vimioso, et à Estêvão de Bettencourt, descendant de Bartolomeu Perestrelo.
Le revenu moyen de la capitainerie de Porto Santo (« port saint ») sur la période de 1766 à 1770 ne fut que de 242 112 réis (ancienne monnaie de compte portugaise ; 1$000 = 1 000 réis, 1:000$000 = un conto = 1 000 000 de réis), tandis que les deux alcaidarias-mores de Funchal et de Machico rapportèrent à leurs alcaides respectifs, en 1807, la somme considérable de 23 110 000 réis, provenant de la redízima de tous les revenus du Trésor royal (Fazenda Real), à l’exception des dîmes.
Les alcaidarias-mores de Funchal et de Machico furent abolies par le décret du 13 août 1832, qui ne reçut sa pleine exécution qu’après la proclamation du gouvernement libéral dans tout le pays.
5Listes des donataires
Les premiers capitaines-donataires de Funchal furent João Gonçalves Zarco (1425-1467), João Gonçalves da Câmara (1467-1501), Simão Gonçalves da Câmara (1501-1530), João Gonçalves da Câmara (1530-1536) et Simão Gonçalves da Câmara (1536-1580) (voir ce nom) ; pendant la minorité de ce dernier, la capitainerie donataire (donataria) fut gouvernée par son oncle Francisco Gonçalves da Câmara. Ce Simão Gonçalves da Câmara mourut à Funchal le 4 mars 1580. Il eut pour successeur son fils João Gonçalves da Câmara, qui mourut trois mois plus tard à Almeirim sans avoir pris possession de la capitainerie. Commence alors la domination philippine : hormis les importants revenus dont les donataires continuèrent de jouir, leurs attributions dans l’administration des affaires publiques devinrent presque purement honorifiques. Après João Gonçalves da Câmara, les donataires de Funchal furent successivement Simão Gonçalves da Câmara (1585-1623), João Gonçalves da Câmara (1623...), dona Mariana de Alencastre e Câmara, morte en 1689, Luís de Vasconcelos e Câmara, comte de Castelo Melhor (1690-1726), Afonso Caminha de Vasconcelos, comte de Castelo Melhor (1726...), et José Caminha de Vasconcelos e Sousa, comte puis marquis de Castelo Melhor, qui céda ses droits à la Couronne en 1766. Tous ces donataires vécurent cependant toujours à la cour, et la nomination de gouverneurs généraux chargés d’administrer l’archipel les dépouilla d’une bonne partie de leurs anciens privilèges.
La capitainerie donataire de Funchal resta toujours aux mains des descendants directs de João Gonçalves Zarco jusqu’à sa suppression. La capitainerie de Machico, en revanche, eut pour 1er donataire le découvreur Tristão Vaz Teixeira ; le 2e fut son fils Tristão Teixeira, dit « das Damas », le 3e le fils de celui-ci, nommé lui aussi Tristão Teixeira, auquel succéda son fils Diogo Teixeira. Celui-ci étant mort sans postérité, la capitainerie fut incorporée aux biens de la Couronne. En 1542, Jean III en fit grâce royale à António da Silveira, qui s’était grandement distingué en Inde. En 1549, celui-ci vendit la capitainerie à dom Afonso de Portugal, comte de Vimioso ; à sa mort, le capitaine de Machico fut son fils, le comte Francisco de Portugal, qui mourut glorieusement en défendant les droits d’Antoine, prieur de Crato, lors de la bataille livrée dans les eaux de Vila Franca do Campo, aux Açores, le 23 juillet 1582. Philippe II, le 25 février de cette même année, c’est-à-dire du vivant encore du comte de Vimioso, avait donné la capitainerie donataire de Machico à Tristão Vaz da Veiga (voir ce nom), tristement célèbre comme traître à la patrie. Le 4e comte de Vimioso, dom Luís de Portugal, put recouvrer la capitainerie donataire en 1604 ; il prononça ses vœux et mourut dans un couvent à Évora, en 1637. Furent ensuite successivement capitaines-donataires de Machico, plus de droit que de fait, dom Afonso de Portugal, 5e comte, dom Luís de Portugal, 6e comte, mort en 1656, dom Miguel de Portugal, 7e comte, mort vers 1680, dom Francisco de Portugal e Castro, 8e comte et 2e marquis de Valença (1679-1749), et dom José Miguel de Portugal e Castro, 9e comte et 3e marquis de Valença (1709-1775).
Porto Santo eut pour capitaines-donataires Bartolomeu Perestrelo (1425), Pedro Correia, Bartolomeu Perestrelo (1473), Bartolomeu Perestrelo (1529), Diogo Soares Perestrelo (1545), Diogo Perestrelo Bisforte (1576), Vitorino Bettencourt Perestrelo (1653), Diogo Perestrelo, Estêvão Bettencourt Perestrelo, Vitorino Bettencourt Perestrelo et Estêvão Bettencourt Perestrelo.
Dans cet article
Époque
Années citées · 19-
Bartolomeu Perestrelo devint donataire de Porto Santo.
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Le prince Henri accorda la capitainerie de Machico à Tristão Vaz Teixeira.
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Le prince Henri accorda par charte la capitainerie de Porto Santo à Bartolomeu Perestrelo.
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Le prince Henri accorda à João Gonçalves Zarco la capitainerie de Funchal.
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La charte de Manuel Ier fit de Madère, de manière permanente et inaliénable, une terre de la Couronne, au même titre que la grande maîtrise de l’ordre du Christ, portant un coup majeur aux privilèges des donataires.
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Manuel Ier ordonna que les condamnations prononcées à Madère et non confirmées par lui ne soient pas exécutées.
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Manuel Ier délivra le premier diplôme royal ordonnant aux nobles et aux vassaux de Madère de servir à ses côtés dans une expédition en Afrique ; cette obligation fut ensuite levée pour Madère.
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Les donataires obtinrent un alvará royal les autorisant à faire couper les oreilles des esclaves pour punir certains crimes.
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Par lettre royale, Manuel Ier accorda des concessions à Simão Gonçalves da Câmara.
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Le roi Jean III accorda la capitainerie de Machico à António da Silveira (un article indique 1542).
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Avec l’autorisation du roi, António da Silveira vendit la capitainerie de Machico à dom Afonso de Portugal, comte de Vimioso.
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Une charte royale du roi Sébastien fit de Simão Gonçalves da Câmara, cinquième capitaine-donataire de Funchal, le comte de Calheta, premier détenteur d’un titre de noblesse connu à Madère.
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Le cardinal-roi Henri le Navigateur fit des charges judiciaires des fonctions pourvues par le roi, réduisant ainsi les pouvoirs des donataires.
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Le cinquième capitaine-donataire de Funchal, Simão Gonçalves da Câmara, mourut à Funchal après une attaque d’apoplexie survenue en 1578.
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Philippe II accorda la capitainerie de Machico à Tristão Vaz da Veiga.
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Lors de la bataille navale au large de Vila Franca do Campo, dom Francisco de Portugal, comte de Vimioso, mourut en combattant pour le prieur de Crato.
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Dom Luís de Portugal, comte de Vimioso, récupéra la capitainerie de Machico, qui lui revint.
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Le dernier donataire de Funchal, le comte de Castelo Melhor, céda à la Couronne les droits de juridiction de la capitainerie, mettant fin à la capitainerie donataire et ne conservant que la fonction d’alcaide-mor.
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Les alcaidarias de Funchal et de Machico rapportèrent 23 110 000 réis.
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Un décret abolit les alcaidarias-mores de Funchal et de Machico.
Lieu
Lieux cités · 09Étranger
- Algarve
Portugal. Lieu où les navires de Simão Gonçalves firent escale.
L’Algarve est une région du Portugal continental d’où vinrent de nombreux premiers colons de Madère, notamment de Boliqueime, et probablement du bétail. Zarco en surveilla la côte en qualité de capitaine, et Bartolomeu Perestrelo y mourut. Simão Gonçalves da Câmara y fit escale lors de son voyage avorté vers l’Espagne.
- Almeirim
Portugal. Lieu où João Gonçalves da Câmara mourut en 1580.
Almeirim est une localité du Portugal où le donataire João Gonçalves da Câmara mourut en 1580. La charte de 1515 relative aux levadas y fut également promulguée.
- Espagne
Spain. Destination du départ avorté de Simão Gonçalves.
L’Espagne était la destination envisagée par le donataire Simão Gonçalves da Câmara pour son exil volontaire, auquel il renonça. C’est aussi le pays qui demanda à Madère l’envoi de 1 000 soldats sous la domination castillane. De nombreux frères ermites venus à Madère en étaient originaires, et c’est là qu’eut lieu la révolution manquée de 1866.
- Évora
Portugal. Lieu où le 4e comte de Vimioso mourut dans un couvent.
Évora est une ville du Portugal continental dotée d’une cathédrale archiépiscopale et d’une université, liée à plusieurs ecclésiastiques madériens. L’évêque dom Estevão Brioso et Martinho de Portugal y naquirent. Le 4e comte de Vimioso mourut dans un couvent de la ville.
- Funchal
Siège de la capitainerie dominante et capitale de l’archipel.
Capitale de l’archipel et siège de la principale capitainerie, où commença le peuplement ; elle devint un bourg vers 1451–52. Sa baie, la plus large de l’archipel, s’étend entre Ponta do Garajau et Ponta da Cruz et offre un mouillage abrité, bien que son port n’eût jamais fait l’objet d’une étude océanographique. L’Elucidário présente Funchal comme une station climatique, avec des données sur son climat, et relate les troubles de janvier 1906, la visite du prince danois en mai 1846 et la présence de cônes volcaniques récents dans la région.
- Machico
Siège de la capitainerie de Machico.
La paroisse de Machico fut le lieu où débarquèrent les découvreurs Zargo et Tristão Vaz Teixeira et le siège de la capitainerie de Machico ; elle fut fondée vers 1450. L’Elucidário traite de son clergé et de ses rémunérations, de ses chapelles, des événements historiques, des sources minérales, des lieux-dits, de la population et de ses habitants illustres.
- Maroc
Morocco. Lieu où Zarco fut fait chevalier.
Le Maroc est mentionné comme le pays des places fortes portugaises où des Madériens, dont Zargo, combattirent les Maures et où Zargo obtint le titre de chevalier. Des captifs maures amenés de ses côtes rapportèrent leurs récits à Madère. C’était aussi le pays d’origine des princesses marocaines.
- Porto Santo
Siège de l’une des trois capitaineries.
Île de l’archipel, peuplée en même temps que Madère et formant l’une des trois capitaineries. Elle a toujours constitué une seule paroisse, placée sous le vocable de Notre-Dame de Pitié, dont l’église fut pillée à plusieurs reprises. L’Elucidário relate le raid de pirates maures de 1617, évoque sa propre Misericórdia et un canal destiné à recueillir les eaux de pluie, construit sur cette île sujette à la sécheresse.
- Vila Franca do Campo
Portugal. Eaux des Açores où se déroula la bataille navale de 1582.
Vila Franca do Campo est un bourg des Açores au large duquel se déroula la bataille navale de 1582, où mourut Francisco de Portugal. Luís Gonçalves da Câmara fut inhumé dans son église paroissiale.
Personnes
Personnes citées · 38- Afonso Caminha de Vasconcelos1783–1827
Donataire de Funchal à partir de 1726.
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Dernier donataire de Funchal, il céda ses droits à la Couronne en 1766 en échange d’un titre de marquis et d’une pension.
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Corregedor royal envoyé à Madère à la fin du XVe siècle, avec juridiction sur toute l’île.
- Álvaro Rodrigues de Azevedo1825–1898
Annotateur de « Nostalgie de la terre natale », il publia la charte de donation de Zarco et commenta la charte de 1497.
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Prétendant au trône du Portugal pour lequel mourut le comte de Vimioso.
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Il se distingua en Inde, reçut Machico en 1542 et vendit la capitainerie en 1549.
- Bartolomeu Perestrelomort 1457
Premier capitaine-donataire de Porto Santo, dont la capitainerie lui fut accordée en 1446.
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Cardinal-roi qui, vers 1579, soumit la nomination aux fonctions judiciaires à l’autorité royale.
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Acheta la capitainerie de Machico en 1549.
- D. Francisco de Portugal e Castro1679–1749
Huitième comte de Vimioso et donataire nominal de Machico.
+ 28 de plus
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Donataire de Porto Santo à partir de 1576.
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Donataire de Porto Santo à partir de 1545.
- Diogo Teixeiramort 1540
Corregedor envoyé par Manuel Ier au début du XVIe siècle ; son arrivée poussa Simão Gonçalves à tenter de quitter la capitainerie.
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Descendant de Bartolomeu Perestrelo et dernier donataire de Porto Santo.
- Francisco de Portugalmort 1582
Donataire de Machico tué lors de la bataille navale au large de Vila Franca do Campo alors qu’il défendait le prieur de Crato.
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Oncle qui gouverna la capitainerie de Funchal pendant la minorité du cinquième donataire.
- Gaspar Frutuoso1522–1591
Chroniqueur et auteur de « Nostalgie de la terre natale », cité à propos de l’épisode concernant Simão Gonçalves.
- Henri le Navigateur1394–1460
Henri le Navigateur, seigneur de Madère, qui confirma les concessions accordées aux donataires.
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Auteur qui relata l’épisode concernant Simão Gonçalves dans Virtudes Cívicas e Domésticas.
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Roi qui accorda Machico à António da Silveira en 1542.
- João Gonçalves da Câmara1414–1501
Deuxième donataire de Funchal (1467–1501).
- João Gonçalves Zarcomort 1467
Découvreur et premier capitaine-donataire de Funchal, qui reçut sa capitainerie en 1450.
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Magistrat de la cour d’appel envoyé par le gouvernement espagnol pour enquêter sur les événements survenus lors de la proclamation de Philippe II à Madère.
- José de Castro1709–1775
Neuvième comte de Vimioso et troisième marquis de Valença, dernier donataire de Machico.
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Pape qui reçut le sucre offert par le troisième donataire de Funchal.
- Louis Iermort 1637
Récupéra Machico en 1604 ; mourut comme frère religieux à Évora.
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Donataire de Funchal de 1690 à 1726.
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Roi qui, en 1497, incorpora Madère à la Couronne et limita les pouvoirs des donataires.
- Mariana de Alencastre e Câmaramort 1689
Donataire de Funchal au XVIIe siècle.
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Ministre sous lequel les donatarias furent transformées en alcaidarias-mores.
- Pedro Correiamort 1840
L’un des premiers donataires de Porto Santo.
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Roi d’Espagne et du Portugal qui accorda la capitainerie de Machico à Tristão Vaz da Veiga en 1582.
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Magistrat diplômé envoyé par la suite avec compétence sur l’ensemble de l’archipel.
- Simão Gonçalves da Câmara1579–1580
Capitaine-donataire de Funchal qui prit la mer pour l’Espagne afin de protester contre le corregedor, mais fit escale en Algarve et obtint réparation du roi.
- Tristão Teixeiramort 1470
Codécouvreur de Madère et premier donataire de Machico.
- Tristão Vaz da Veigamort 1604
Reçut Machico de Philippe II en 1582 et resta dans les mémoires comme un traître.
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Premier capitaine-donataire de Machico, qui lui fut concédée en 1440.
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Donataire de Porto Santo à partir de 1653.