Funchal – I. Origine du nom 1Origine du nom
Funchal – I. Origine du nom
Titre original: Funchal – I Origem do nome
Funchal, capitale de Madère : l’origine de son nom, tiré du fenouil (funcho) qui poussait dans sa vallée, sa création comme bourg et municipalité vers 1451–52, et son élévation au rang de ville par Manuel Ier en 1508, première ville des possessions portugaises d’outre-mer. L’article traite également des capitaineries, du district créé en 1834, des paroisses et des limites de la municipalité, décrit la ville et retrace la délimitation de son territoire urbain en 1809, 1863, 1909 et 1927.
Étranger
1Origine du nom
On affirme couramment que l’ombellifère Foeniculum vulgare, appelée funcho (fenouil), aurait donné son nom à Funchal. Et l’on ne connaît ni raisons ni faits qui contredisent cette affirmation. Les découvreurs ou premiers colons, en débarquant en ce village (lugar, rang inférieur au bourg), qui devint ensuite bourg (vila) puis ville, trouvèrent cette plante, qui poussait en abondance dans la vallée et qui, sans tarder et sans effort, se mit à être appelée Funchal. Frutuoso le dit bien : « … Funchal, auquel le capitaine donna ce nom parce qu’il fut fondé dans une belle vallée d’une végétation singulière, pleine de fenouil jusqu’à la mer ». Selon l’auteur des Saudades, ce fut João Gonçalves Zarco lui-même qui donna le nom de Funchal au lieu qui devint par la suite la capitale de cet archipel.
Une question se pose cependant, et ce n’est pas la première fois qu’elle est formulée. Puisqu’il existait certainement dans cette vallée des arbres et des plantes de grande taille, pourquoi les découvreurs lui auraient-ils donné de préférence le nom d’un végétal qui n’est pas même un arbuste ? Il est possible qu’au milieu du massif d’arbres qui peuplait la vallée se soit trouvée une clairière où le fenouil abondait et qui se détachait ainsi de la végétation environnante. On affirme aussi que, dans les environs immédiats du lieu du débarquement, les découvreurs trouvèrent aussitôt du fenouil en abondance, d’où le baptême aisé de Funchal donné à l’endroit.
Il a existé – et nous ne savons pas s’il existe encore – un hameau du nom de Funchal dans la paroisse (freguesia) de Lumiar, aux environs de Lisbonne, comme nous l’avons déjà fait remarquer dans l’article Ameixoeira (voir ce nom). D’après ce que nous avons lu dans l’Encyclopedia Portuguesa de Maximiliano de Lemos, il existe aussi des localités nommées Funchal dans les paroisses d’Aldoar et d’Igreja Nova, dans la municipalité (concelho) de Mafra, de Terrugem, dans la municipalité de Sintra, et de Vilar de Mouros. Existerait-il, par hasard, quelque rapport entre le nom de Funchal et l’une de ces localités ?
À ce sujet, il est intéressant de lire le petit article intitulé Ameixoeira, inséré à la page 63 du premier volume de cet Elucidário. Récemment encore, nous avons vu mentionnés dans le Dicionário Corografico de Portugal Continental e Insular une vingtaine de lieux-dits et de localités portant le nom de Funchal.
2Création du bourg et de la municipalité
II – Création du bourg et de la municipalité
Il est possible que le premier peuplement ait commencé simultanément en plusieurs endroits. Il est établi que l’un des premiers noyaux de population se forma sur la rive gauche de la Ribeira de João Gomes (« torrent de João Gomes »), non loin de son embouchure, et qu’il s’étendit bientôt largement aux environs. Il est certain que ce lieu et ses abords immédiats offraient des avantages appréciables pour un peuplement important : leur étendue, l’abri que leur procuraient les hautes montagnes qui les entouraient, un bon port de mer, les nombreux cours d’eau qui les traversaient, le climat tempéré qui y régnait, sans compter bien d’autres circonstances dignes de la plus grande considération. Mais le site ne laissait pas de présenter aussi de graves dangers, car il était exposé à des inondations menaçantes lorsque les torrents en crue, sortant de leur lit et franchissant leurs rives, devenaient de terribles agents de destruction et de mort. Cela arriva parfois, notamment en 1803, année où une partie considérable de la ville et quelques centaines de ses habitants furent emportées vers l’océan.
Ce centre de population se développa néanmoins rapidement et atteignit bientôt un remarquable degré de prospérité, tandis qu’en d’autres points de l’île se constituaient aussi d’importants noyaux de colons, transformés sans tarder en paroisses autonomes, puis en bourgs et en municipalités.
L’illustre annotateur des Saudades da Terra nous dit qu’en 1430 fut établie la première paroisse (freguesia) de cette île, avec son siège au lieu-dit (sítio) de Nossa Senhora da Calheta, dans le centre de population qui s’y était formé. Cela nous paraît peu probable, si l’on veut donner à ce mot le sens d’un groupement de colons doté d’une vie propre et indépendante du point de vue social et religieux. Il s’agissait peut-être d’une chapellenie (capelania), comme celles qui furent établies en divers endroits et qui se transformèrent ensuite en autant de paroisses.
La localité gagna rapidement en importance avec le large essor de la colonisation, et l’on ne tarda guère à voir naître l’aspiration légitime à son élévation au rang de bourg (vila), avec la jouissance des privilèges et prérogatives que les chartes de franchises accordaient aux municipalités.
Malgré les recherches diligentes de l’érudit annotateur des Saudades da Terra, celui-ci ne parvint pas à découvrir l’acte qui éleva au rang de bourg la primitive agglomération de Funchal ; mais, d’après les solides arguments qu’il avance, fondés sur plusieurs documents, on peut retenir l’année 1451 comme celle de cette création. Le même annotateur dit avoir examiné à la Bibliothèque publique de Lisbonne un recueil manuscrit de mélanges, où il trouva ce qui suit : « En 1452, Alphonse V donna une charte de franchises (foral) au bourg de Funchal avec de nombreux privilèges, exemptant les habitants de toute l’île de payer l’accise (siza), les péages, les redevances sur les fruits et les tributs qui existaient en ce temps-là dans le royaume. » Cette transcription corrobore les conclusions auxquelles était parvenu le docteur Álvaro Rodrigues de Azevedo.
L’acte qui créait les bourgs comprenait, ou portait en annexe, la charte de franchises, qui constituait la loi organique des municipalités, avec les prérogatives et exemptions qui leur étaient accordées ainsi que les charges qui leur incombaient. On n’a pas encore retrouvé jusqu’ici l’enregistrement de la charte du bourg de Funchal ; on ne la connaît que par les références qu’y font divers actes officiels et d’autres documents, comme celui cité plus haut.
Le bourg et la primitive municipalité de Funchal comprenaient l’ancienne capitainerie du même nom et s’étendaient depuis la Ponta da Oliveira (« pointe de l’Olivier »), par le sud et la côte ouest de Madère, jusqu’à la Ponta do Tristão (« pointe de Tristão »). Un demi-siècle plus tard, cette aire fut notablement réduite par l’établissement des bourgs et municipalités de Ponta do Sol (« pointe du Soleil ») et de Calheta (« petite anse »), le premier créé en 1501 et le second à peu près à la même époque, comme nous l’avons déjà signalé ailleurs dans cet Elucidário. À peine plus de 50 ans après la création du bourg de Funchal, celui-ci fut élevé au rang de ville, en 1508.
En 1834 encore, la municipalité de Funchal s’étendait de la partie orientale de la paroisse de Ponta do Sol jusqu’à Caniço (« roseau ») ; ce n’est qu’en 1835 qu’elle acquit l’aire qu’elle possède aujourd’hui. Par l’ordonnance (alvará) du préfet (prefeito) de la Province du 20 janvier 1835, elle perdit la partie de la paroisse de Ponta do Sol qui lui avait été conservée par la lettre du roi Manuel Ier du 2 décembre 1501, par laquelle il faisait « billa ho logar da Ponta do Soll » ; à la fin de cette même année 1835, elle perdit Caniço, rattaché à la municipalité (concelho) de Santa Cruz (« Sainte-Croix »), ainsi que les paroisses de Câmara de Lobos (« repaire des phoques ») et celles qui suivent vers l’ouest jusqu’au même lieu de Ponta do Sol. L’ancien bourg de Funchal eut d’abord une aire très restreinte. À la fin du XVe siècle encore, il était limité au sud, près de la plage, par une enceinte de pierre sèche garnie de quelques petites tours espacées d’une portée d’arbalète, ainsi que par un solide retranchement de bois ; à l’ouest par la Ribeira de São João (« torrent Saint-Jean ») ou de São Paulo ; au nord par les terrains du Pico dos Frias (« pic des Frias ») et de Valverde (« vallée verte ») ; et à l’est, il approchait de la rive droite de la Ribeira de Santa Luzia (« torrent Sainte-Lucie »). L’important noyau de population qui, dès les premiers temps, s’était formé sur la rive gauche de la Ribeira de João Gomes et près de la plage se trouvait hors de l’aire de ce que l’on appelait primitivement le bourg ; il y fut incorporé par la suite.
3Création de la ville
III – Création de la ville
Le développement naturel et toujours croissant de Funchal aux temps anciens, qui en fit un important emporium commercial et un centre de grande activité industrielle et marchande, justifie pleinement la mesure que prit le roi Manuel Ier par sa lettre royale (carta régia) du 21 août 1508, élevant le bourg (vila) de Funchal au rang de ville. Il y avait cinquante ans que, de simple agglomération, il était devenu bourg ; un demi-siècle à peine plus tard, il recevait les prérogatives de ville, la première créée dans nos possessions d’outre-mer. Malgré la concision que nous avons donnée aux matières traitées dans cet ouvrage, ce qui nous a contraints à omettre toute la documentation, nous allons exceptionnellement transcrire l’acte royal qui créa cette ville, capitale de l’archipel, principal centre de sa vie intellectuelle et siège de son commerce et de ses industries. Le voici :
« Dom (titre honorifique nobiliaire) Manuel, par la grâce de Dieu roi de Portugal et des Algarves, d’en deçà et d’au-delà de la mer en Afrique, seigneur de Guinée et de la conquête, de la navigation et du commerce d’Éthiopie, d’Arabie, de Perse et de l’Inde. À tous ceux qui verront cette nôtre lettre, faisons savoir que, considérant, louange en soit rendue à Notre-Seigneur, combien le bourg de Funchal, en notre île de Madère, s’est accru en très grande population, et combien y vivent de nombreux gentilshommes, chevaliers et personnes honorables et de grandes fortunes, grâce auxquels et au grand commerce de ladite île nous espérons, avec l’aide de Notre-Seigneur, que ledit bourg s’ennoblira et s’accroîtra bien davantage ; ayant égard aussi au grand service que nous avons reçu de ses habitants et que nous espérons recevoir à l’avenir ; et puisqu’il nous plaît de faire honneur et grâce auxdits gentilshommes, chevaliers, écuyers et peuple de ce bourg, sans qu’eux-mêmes ni personne pour eux nous l’aient demandé ni requis, de notre propre mouvement, pouvoir royal et absolu, avec cette bonne volonté que nous avons toujours eue et avons pour tout le bien et le plus grand accroissement des choses dudit bourg, par la présente lettre il nous plaît d’en faire, et de fait nous en faisons, une ville ; et nous voulons et il nous plaît que dorénavant il s’intitule et s’appelle ville, qu’il ait tous les insignes qu’il appartient aux villes de nos royaumes d’avoir, et qu’il use et jouisse de tous les privilèges, prééminences, libertés, faveurs, grâces et franchises dont jouissent et usent et doivent jouir et user les villes de nosdits royaumes, et qui leur ont été octroyés par les rois nos prédécesseurs et par nous. C’est pourquoi nous le notifions ainsi à tous en général, et mandons à tous nos corregedores, desembargadores, juges, justices, officiers et personnes à qui cette nôtre lettre sera montrée et à qui la connaissance en appartiendra, de quelque guise et manière que ce soit, qu’en toutes les choses de ladite ville ils accomplissent et observent, et fassent très entièrement accomplir et observer, les privilèges, libertés, grâces, prééminences, honneurs et faveurs octroyés aux villes de nos royaumes, et dont elles doivent jouir et user, ainsi que des insignes qu’il lui appartient d’avoir, comme il est dit, sans aller ni consentir qu’on aille, en partie ou en tout, contre aucune des choses susdites, car notre faveur et volonté est que tout lui soit très entièrement observé sans contradiction aucune ; et en foi de quoi nous lui faisons donner cette lettre signée de nous et scellée de notre sceau pendant. Donnée à Sintra le XXIe jour du mois d’août, l’an de Notre-Seigneur Jésus-Christ mil cinq cent huit. Et ces privilèges dont il nous plaît ainsi que jouisse ladite ville de Funchal ne seront pas ceux qui sont octroyés spécialement à quelques villes de nos royaumes, car elle usera et jouira seulement de ceux qui sont donnés et octroyés en général aux villes de nos royaumes. Le Roi ».
Peu de jours avant l’expédition de cette lettre royale, Manuel Ier avait, le 17 août 1508, envoyé une ordonnance royale (alvará) prescrivant que le conseil municipal de Funchal fût « régi et gouverné de la manière dont se régit le conseil municipal de notre ville de Lisbonne ». Cet acte, qui ne précéda que de quelques jours celui qui éleva le bourg au rang de ville, constitue une marque de déférence particulière du monarque envers les habitants de Funchal, et il eut pour complément la lettre royale du 21 août 1508.
4Capitainerie, district et municipalité
IV – Capitainerie
Pour les besoins de son administration publique, cet archipel fut divisé en trois capitaineries ou donatairies, celles de Porto Santo (« port saint »), de Machico et de Funchal. Elles avaient à leur tête, investis de pouvoirs presque illimités, les capitaines-donataires, en vertu des donations respectives qui leur furent conférées par les alvarás royaux des années 1440, 1446 et 1450. Les articles développés intitulés Capitaineries (I-244) et Donataires (I-373) ont dit l’essentiel pour donner une connaissance suffisante de la capitainerie de Funchal.
V – District administratif
Le district de Funchal est constitué des îles qui forment l’archipel de Madère (voir Archipel de Madère). Avant l’établissement du gouvernement constitutionnel, l’archipel madérien était une province et colonie d’outre-mer, dont l’administration relevait principalement du ministère de la Marine. Vers 1834, avec la création des quatre districts insulaires, trois aux Açores et un à Madère, cet archipel reçut une administration absolument identique à celle des autres districts, régie par les mêmes lois que tout le Portugal continental, le Royaume (reino, c.-à-d. le Portugal continental).
Aux donataires succédèrent en 1580 les gouverneurs généraux, puis à ceux-ci, en 1640, les gouverneurs et capitaines généraux, qui se maintinrent jusqu’en 1834 (voir Autorités supérieures de l’archipel). Avec la création du district, l’autorité supérieure prit le titre de préfet (prefeito), fonction exercée pour la première fois en 1834 par Luís da Silva Mousinho de Albuquerque. En 1835, cette charge prit le nom de gouverneur civil, en 1836 celui d’administrateur général (administrador geral), puis de nouveau celui de gouverneur civil en 1846, qu’elle conserve encore.
Dès la création de ce district, celui-ci compta les dix municipalités (concelho) de Funchal, Machico, Porto Santo, Ponta do Sol (« pointe du Soleil »), Calheta (« petite anse »), Santa Cruz (« Sainte-Croix »), São Vicente (« saint Vincent »), Câmara de Lobos (« repaire des phoques »), Santana (« sainte Anne ») et Porto Moniz (« port de Moniz ») ; en 1914 fut créée la municipalité de Ribeira Brava (« rivière sauvage ») (voir Municipalités). La municipalité de Santana fut supprimée en une année que nous ne pouvons établir pour l’instant, puis rétablie peu après ; celle de Porto Moniz fut elle aussi supprimée en 1849 et en 1896, et restaurée en 1855 et en 1898.
VI – Municipalité
Depuis la fin de 1835, les limites de la municipalité de Funchal sont restées inchangées. Les habitants de Camacha et de Caniço (« roseau »), surtout ceux de cette dernière paroisse (freguesia), ont tenté plus d’une fois d’obtenir leur détachement de la municipalité de Santa Cruz et ont adressé des requêtes en ce sens au chef du district ; mais les influences politiques du chef-lieu de cette municipalité ont entièrement réduit à néant les vœux et les efforts des habitants de ces paroisses. Un gouverneur civil avança, dans un rapport officiel, l’idée de supprimer la municipalité de Câmara de Lobos, mais cette proposition ne trouva aucun écho auprès des instances supérieures.
La municipalité de Funchal, comme il a déjà été dit à l’article Paroisses, se compose des paroisses de la Sé (« cathédrale »), São Pedro (« saint Pierre »), Santa Maria Maior (« Sainte-Marie-Majeure »), Santa Luzia (« sainte Lucie »), Monte (« mont »), São Martinho (« saint Martin »), Santo António (« saint Antoine »), São Roque (« saint Roch ») et São Gonçalo (« saint Gonzalve ») ; mais en 1834, lors de la proclamation des garanties constitutionnelles dans l’archipel, en faisaient encore partie les paroisses de Câmara de Lobos, Estreito de Nossa Senhora da Graça, Curral das Freiras (« enclos des religieuses »), Campanário (« clocher »), Ribeira Brava, Serra de Água (« scierie à eau »), Tabua (« massette ») et Caniço.
Les limites de la municipalité de Funchal sont : au nord, les crêtes centrales des montagnes qui séparent les versants des côtes nord et sud ; au sud, l’océan ; à l’ouest, la Ribeira dos Socorridos (« torrent des Secourus ») ; et à l’est, la Ribeira da Quinta (« torrent du Domaine »), qui sépare la paroisse de São Gonçalo de celle de Caniço.
5La ville
VII – La ville
L’archipel madérien, qui forme le district administratif de Funchal, a pour capitale la ville de ce nom. Située sur la côte méridionale de Madère, elle s’étire au pied de hautes montagnes et grimpe rapidement le long des pentes, depuis le bord de l’océan jusqu’à une altitude d’environ deux cents mètres. Elle occupe une part considérable d’un vaste et splendide amphithéâtre, déployé dans une large vallée, qui offre dans son ensemble l’une des plus surprenantes merveilles qu’il soit donné à l’œil de contempler. Comme pour servir de dossier à la ville, et la dominant sur presque toute son étendue, s’élève une chaîne de montagnes ininterrompue de monts et de collines, couverts de la végétation la plus opulente et la plus variée et parsemés des habitations les plus pittoresques, qui donnent plus de relief, plus de charme et plus d’éclat encore à un décor si merveilleux. Il n’est pas étonnant que le visiteur qui entre dans le port de Funchal – qu’il double le Cabo do Garajau (« cap de la Sterne ») ou la Ponta da Cruz (« pointe de la Croix »), ou qu’il arrive du sud –, se trouvant face à un véritable fragment de la baie et des coteaux de Naples, sente son esprit saisi et subjugué devant ce panorama sans égal, et qu’il en garde à jamais les impressions les plus profondes et les plus reconnaissantes. Le bourg qui servit de noyau à la future ville compte cinq siècles d’existence. Il fut bâti sur des terrains très irréguliers et accidentés, sans obéir à aucune idée ni à aucun plan préconçu, dans un milieu fort éloigné des centres peuplés, par des colons venus de terres et de villages pauvres, entièrement coupés des ressources que la civilisation du monde aurait pu lui offrir à cette époque. Les insulaires d’alors, nos ancêtres et nos aïeux, livrés à leurs seuls efforts et sans aide efficace du gouvernement métropolitain, élevèrent peu à peu, dans cet isolement océanique, de nombreux villages, quelques bourgs et une ville, stimulés surtout par la remarquable fertilité du sol et la douce clémence du climat. Toutefois, bien que la ville de Funchal, considérée en elle-même, n’ait pas de beautés ni de charmes éblouissants, elle conserve un caractère régional marqué et intéressant, qui lui est propre, et présente des traits particuliers, dignes de l’observateur attentif, que lui ont imprimés les conditions du milieu. Elle offre les riches produits de ses vignes, de réputation universelle, ses inimitables broderies, ses fruits et ses fleurs incomparables en toute saison, ses très originaux traîneaux, les typiques chars du Monte, le paysage le plus enchanteur de la création, le climat le plus doux et le plus tempéré de cette planète, etc., etc., et, pour dorer encore le tout, un éternel printemps et l’hospitalité jamais démentie et toujours affectueuse de ses habitants.
« Funchal, disent MM. Adriano et Aníbal Trigo dans l’ouvrage que nous avons déjà cité, n’est pas une ville moderne qui se recommande par de larges avenues, de grands monuments, des distractions variées et les autres attraits qui distinguent les plus importantes villes d’Europe ; il y a toutefois ici un ensemble de circonstances naturelles, véritables privilèges de la création, une manière d’être si particulière et si typique, un confort si agréable, une hospitalité si attachante de la part de ses habitants, qu’ils donnent à la ville un caractère très singulier et la recommandent comme station sanitaire par excellence, en particulier aux étrangers qui y accourent en très grand nombre, surtout pendant la saison d’hiver, pour goûter les délices de ce climat sans rival ou pour chercher un soulagement à leurs maux. »
« L’impression du voyageur qui débarque pour la première fois à Funchal, dit M. Alberto Artur Sarmento dans un intéressant ouvrage publié en 1908, est toujours marquée d’une agréable surprise, tant par la clarté des objets et la limpidité de l’atmosphère que par l’appareil original, si simple et si grandiose, qui naît de peu d’Art et de beaucoup de Nature. Quelle que soit la provenance du touriste et la saison qu’il traverse, il ne manque pas d’éprouver une émotion particulière, émanant de la douce température qui règne sur ce climat sans pareil. Et s’il arrive en hiver, fuyant les lourdes brumes du Nord, son admiration touche à l’extrême, en voyant si vite changé le décor, le manteau continu de glace transformé en tapis de verdure nuancés de fleurs. »
Comme on le devine aisément, c’est dans la ville de Funchal que se concentrent principalement toutes les manifestations de l’activité humaine, sous leurs aspects multiples et variés, qui n’ont qu’un faible reflet dans les autres localités du district. Ainsi, le mouvement touristique, commercial et industriel – mis à part l’agriculture et quelques industries qui en dérivent –, la vie de l’esprit exprimée par la presse et les publications littéraires, et encore les rares créations enregistrées dans le domaine des arts… tout cela se manifeste et se développe au centre de la civilisation madérienne, qu’est la petite ville de Funchal.
6Superficie de la ville
VIII – Superficie de la ville
Ses limites ne cessèrent de s’étendre à mesure que l’activité industrielle et commerciale de l’archipel, dont la ville ressentait pleinement les effets, prenait de l’ampleur et atteignait bientôt un haut degré de prospérité. En 1809, 1863 et 1909, le conseil municipal (Câmara Municipal) fixa ces limites avec précision, en fonction de l’accroissement de la population. La dernière de ces délibérations les établit ainsi : la superficie de la ville « serait le périmètre formé par les angles dont les sommets s’appuient sur les points suivants :
- 1° Hotel Reid, sur l’Estrada Monumental (« route monumentale »)
- 2° Ponte Velha do Ribeiro Seco
- 3° intersection de la Rua do Arcebispo Dom Aires (« rue de l’Archevêque dom Aires ») et de l’Estrada da Levada de Santa Luzia (« route de la levada Sainte-Lucie »)
- 4° intersection de ladite route et de l’Avenida Pedro José de Ornelas
- 5° intersection du Caminho do Palheiro Ferreiro (« chemin du Pailler du Forgeron ») et du Caminho do Terço (« chemin du Chapelet »)
- 6° embouchure de la Ribeira de Gonçalo Aires, étant entendu que la jonction des 3e et 4e sommets doit être supposée faite par la ligne polygonale qui suit toutes les sinuosités de l’Estrada da Levada de Santa Luzia ».
Lors de sa séance ordinaire du 17 octobre 1927, le conseil municipal décida de donner à la ville une superficie excessivement vaste, la faisant pénétrer loin dans les paroisses suburbaines, et en fixa les limites dans les termes suivants, qui d’ailleurs ne brillent pas par leur clarté : « De la mer en ligne droite jusqu’au chemin reliant la route nationale n° 23 au Caminho Velho de São Gonçalo, chemin de l’église de São Gonçalo, Caminho do Palheiro Ferreiro, Caminho do Terço, Caminho da Levada do Bom Sucesso en ligne droite jusqu’à l’Estrada da Levada de Santa Luzia, de là en ligne droite jusqu’au Muro da Coelha (au nord de la Quinta Drolhe), Caminho da Água de Mel, Álamos, Ponte da Ribeira Grande, Quinta do Leme, Pilar, Avista-Navios, chemin de São Martinho et d’Amparo jusqu’à l’Estrada Monumental, et en ligne droite jusqu’à la mer. » Avec ces nouvelles limites, la superficie de la ville fut presque doublée et prit des proportions véritablement exagérées. Selon la délibération municipale de 1909, faisaient partie intégrante de la ville les paroisses de la Sé et de Santa Luzia, la presque totalité de celle de São Pedro, ainsi qu’une part considérable de celle de Santa Maria, que l’on appelait pour cette raison paroisses urbaines. Par la nouvelle division de 1927, le chef-lieu du district comprit la superficie établie en 1909, augmentée de celle que lui apportèrent les paroisses suburbaines de São Martinho, Santo António, São Roque et São Gonçalo, la paroisse de Monte étant la seule à ne pas participer au périmètre récemment fixé aux limites de la ville. Son ancienne superficie, estimée à environ cinq cents hectares, doit atteindre aujourd’hui quelque 750 hectares. En vérité, cet élargissement démesuré de la ville n’a guère retenu l’attention de la population, qui continue de considérer comme les extrémités de Funchal-ville les limites qui lui furent logiquement et judicieusement fixées en 1909.
Dans cet article
Époque
Années citées · 21-
La paroisse de Calheta fut créée, avec un premier siège à la chapelle de l’Estrela.
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Les chartes de 1440, 1446 et 1450 attribuèrent les capitaineries de Machico, Porto Santo et Funchal à leurs premiers capitaines.
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Alphonse V éleva Funchal au rang de bourg ; Machico et Baleira (Porto Santo) devinrent probablement des bourgs et des municipalités vers la même époque.
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Alphonse V accorda à Funchal une charte exemptant les insulaires de la siza, des péages et des autres prélèvements.
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Par une charte royale de Manuel Ier, Ponta do Sol fut élevé au rang de bourg et de municipalité.
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Une charte de Manuel Ier ordonna que le conseil municipal de Funchal fût régi comme celui de Lisbonne, que seuls des nobles y siègent et que les élections triennales soient confirmées par le roi.
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Par charte royale, Manuel Ier éleva Funchal au rang de cité, la première des territoires portugais d’outre-mer.
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Avec le début de la domination des Philippe, les capitaines-donataires cessèrent de résider à Madère et furent remplacés par des gouverneurs généraux.
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De 1640 à 1834, Madère fut administrée par des gouverneurs et capitaines généraux, qui remplacèrent les gouverneurs généraux.
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La grande inondation du 9 octobre 1803, considérée comme la plus grande catastrophe de Madère, dévasta Funchal et d’autres parties de l’île. Elle fit environ 600 morts et détruisit l’église du Calhau, des murs bordant les cours d’eau, des ponts ainsi que des chapelles à Machico, Santa Cruz et ailleurs. Elle entraîna la mission d’Oudinot et l’extension de la ville vers l’extérieur.
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Le conseil municipal fixa les limites de la ville de Funchal en 1809, 1863 et 1909.
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Madère devint un district administratif comme ceux du Portugal continental, et non plus une province d’outre-mer. Les gouvernements civil et militaire furent séparés, et Mousinho de Albuquerque devint le premier préfet.
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Une nouvelle organisation administrative dota Madère de dix municipalités, créant notamment celles de Câmara de Lobos, Santana (qui comprenait Porto da Cruz, malgré les protestations de Machico), Porto Moniz et São Vicente, ainsi que Calheta et une municipalité de Ponta do Sol réorganisée. Les limites de Funchal furent fixées à la fin de l’année et le chef du district prit le titre de gouverneur civil.
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Par décret préfectoral, Funchal perdit la partie de la paroisse de Ponta do Sol qui lui appartenait.
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À la suite des événements politiques de septembre 1836, le chef du gouvernement de l’archipel prit le titre d’Administrador Geral, porté par Luís da Silva Mousinho de Albuquerque.
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Le titre de gouverneur civil fut rétabli.
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Un décret supprima la municipalité de Porto Moniz et rattacha ses paroisses à Calheta. Elle fut rétablie quelques années plus tard.
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La municipalité de Porto Moniz fut rétablie, et la paroisse de Ponta do Pargo, entre autres, y fut de nouveau rattachée.
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La municipalité de Porto Moniz fut de nouveau supprimée.
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Un décret du 13 janvier 1898 rétablit la municipalité de Porto Moniz, dont les institutions furent remises en place le 13 février.
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Alberto Artur Sarmento publia un ouvrage sur les impressions laissées par Funchal.
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Un décret créa la municipalité de Ribeira Brava. Campanário lui fut transféré depuis Câmara de Lobos, et Tábua depuis Ponta do Sol.
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Le conseil municipal étendit considérablement les limites de la ville, portant sa superficie à environ 750 hectares.
Lieu
Lieux cités · 65- Funchal · Sujet
Première partie de l’article de l’Elucidário consacré à Funchal, dont le nom vient du fenouil (funcho). Elle retrace la création du bourg et de la municipalité vers 1451–52, puis son élévation au rang de ville par le roi Manuel Ier en 1508, et reproduit intégralement la charte royale.
- Álamos
Funchal. Point situé sur la limite fixée en 1927.
Lieu-dit habité de la paroisse de Santo António, à Funchal, où se dresse la principale chapelle de Notre-Dame de la Protection (1698). Il était le siège de l’ancien majorat d’Água de Mel et constituait un point de la limite tracée en 1927.
- Ameixoeira
Portugal. Localité de Lisbonne évoquée dans un article connexe consacré à un lieu nommé Funchal.
Ameixoeira est une paroisse proche de Lisbonne qui dépendait autrefois de Lumiar. Elle portait jadis le nom de Funchal, tiré de sa chapelle de Nossa Senhora do Funchal, et l’Elucidário s’interroge sur un éventuel lien entre ce nom et celui de Funchal, à Madère.
- Amparo
Funchal. Point situé sur la limite fixée en 1927.
Lieu-dit de la paroisse de São Martinho, à Funchal. Il possède une chapelle de Nossa Senhora do Amparo, fondée en 1712 par dona Luísa de Mendonça et appartenant au majorat des Sauvaire.
- Avenida Pedro José de Ornelas
Funchal. Avenue marquant un sommet du tracé de la limite de 1909.
L’Avenida Pedro José de Ornelas est une avenue de Funchal. C’est le nom actuel de la voie autrefois appelée Caminho da Pena, prolongée par la route carrossable menant à Monte. Elle marquait le quatrième sommet du périmètre délimitant la ville en 1909.
- Avista Navios
Funchal. Point situé sur la limite fixée en 1927.
Point situé sur la limite fixée en 1927.
- Cabo Garajau
Santa Cruz. Cap que contournent les navires entrant à Funchal par l’est.
Ce cap marque la limite orientale de la baie de Funchal et est contourné par les navires arrivant à Funchal par l’est. Il est l’un des deux caps de Madère et doit son nom aux sternes qu’y trouvèrent les premiers explorateurs. Contrefort méridional et point de vue sur l’île, il abrite Lotus macranthus et marquait, en 1919, une limite de la zone maritime réglementée.
- Calheta
Lieu présenté comme le siège de la première paroisse en 1430.
Calheta est un bourg, une paroisse et une municipalité de la côte sud-ouest de Madère, ainsi que l’un des plus anciens lieux de peuplement de l’île. L’Elucidário traite de l’origine de son nom, de ses premiers colons, dont Pedro Berenguer, de son église et de ses nombreuses chapelles, notamment celle d’un ancien couvent franciscain, ainsi que de l’émeute de 1834.
- Calheta
L’une des municipalités d’origine.
Calheta est un bourg et une municipalité de l’ouest de Madère, créés par une charte royale du 1er juillet 1502. Le bourg devint ensuite le siège d’un comté accordé aux capitaines de Funchal, et sa municipalité fut réorganisée en concelho en 1835.
- Camacha
Santa Cruz. Paroisse qui demanda à être séparée de Santa Cruz.
Camacha est une paroisse située sur les hauteurs au-dessus de Caniço, dans la municipalité de Santa Cruz. Fondée en 1676, elle eut d’abord son siège dans la chapelle de São Lourenço. L’Elucidário traite de son église, de son rôle dans l’invasion migueliste de 1828, de ses quintas, de ses levadas, de la maison-refuge de Poiso, de son pèlerinage de la Pentecôte, des jupes matelassées des femmes, de ses plantes et jardins, ainsi que de sa célèbre industrie de la vannerie lancée par Hinton.
- Câmara de Lobos
Paroisse détachée de la municipalité de Funchal en 1835.
Câmara de Lobos est une municipalité de Madère dont le chef-lieu était historiquement un « lugar » plutôt qu’un bourg. L’Elucidário cite la description de Gaspar Frutuoso et retrace la création de la municipalité en 1835 ainsi que les modifications ultérieures de ses paroisses.
- Caminho da Água de Mel
Funchal. Chemin figurant sur le tracé des limites de 1927.
Chemin situé sur le tracé des limites fixées en 1927.
+ 53 de plus
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- Caminho do Palheiro Ferreiro
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- Caniço
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Personnes
Personnes citées · 10- Adriano Augusto Trigoné 1862
Coauteur, avec Aníbal Trigo, d’un ouvrage cité qui décrit Funchal comme une station de cure.
- Alberto Artur Sarmentoné 1878
Auteur d’un ouvrage de 1908 cité à propos des premières impressions des voyageurs arrivant à Funchal.
-
Roi du Portugal qui accorda à Funchal sa charte de bourg en 1452.
- Álvaro Rodrigues de Azevedo1825–1898
Annotateur de Saudades da Terra, qui situa la création du bourg de Funchal en 1451.
- Aníbal Augusto Trigo1865–1944
Coauteur, avec Adriano Trigo, d’un ouvrage cité qui décrit Funchal.
- Gaspar Frutuoso1522–1591
Auteur de Saudades da Terra, cité au sujet du nom donné à Funchal d’après le fenouil.
- João Gonçalves Zarcomort 1467
Découvreur et premier capitaine de Funchal, auquel est attribué le nom du lieu.
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Premier préfet du district de Funchal, nommé en 1834.
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Roi du Portugal qui créa le bourg de Ponta do Sol en 1501 et éleva Funchal au rang de ville en 1508.
-
Éditeur de l’Encyclopedia Portuguesa, cité à propos d’autres lieux nommés Funchal.