Hiver à Funchal 1Variations du climat de Funchal
Hiver à Funchal
Titre original: Inverno no Funchal
Description de l’hiver à Funchal, tirée de l’ouvrage du docteur F. A. Barral sur le climat de la ville. Elle relève les variations d’une année à l’autre et vante la douceur de l’hiver à Funchal, particulièrement agréable pour les malades.
1Variations du climat de Funchal
Sur la saison d’hiver dans cette ville, le docteur F. A. Barral donne, dans son ouvrage apprécié Noticia sobre o clima do Funchal, un exposé très curieux et intéressant, que nous allons reproduire dans ces colonnes, bien que nous ayons déjà traité le sujet dans l’article Climat :
« Le climat de Funchal a une saison plus chaude et une autre plus froide ; il connaît des pluies, des orages, parfois des vents violents, des tempêtes, des crues et le leste (vent d'est chaud et sec venu d'Afrique). Tout cela, qui ne survient pas chaque année à une époque et en une saison fixes et ne dure pas toujours le même temps, produit des variations notables et rompt cette prétendue uniformité et cette monotonie. Les années 1749 et 1750 furent extrêmement sèches, selon Heberden. En 1826, il plut beaucoup plus que les autres années. De 1834 à 1835, il y eut plus de jours de pluie que de coutume, sans qu’il tombe pour autant une quantité d’eau proportionnellement plus grande ; la pluie fut plus fine et plus persistante, comme dans les pays du Nord. En 1803 et en 1842, il y eut de terribles crues.
Certaines années, l’été est plus chaud : en 1852, le thermomètre à l’ombre monta au mois de septembre à 83° (échelle Fahrenheit), et en certains endroits à 85°, ce qui est rare. Presque tous les hivers, il y a des jours où la neige tombe sur la montagne et où l’on ressent un peu de froid ; durant l’hiver de 1851 à 1852, il ne tomba pas de neige, et durant celui de 1852 à 1853, il en tomba une plus grande quantité que lors de bien des hivers précédents ; on ressentit le froid, le thermomètre descendit certaines nuits au-dessous de 50° et atteignit même une fois 45°, ce qui est également rare.
2Le caractère de l’hiver à Funchal
Il est vrai que les saisons n’y présentent pas ces grandes différences et ces contrastes marqués des climats de plus haute latitude, qui donnent au pays des aspects très divers. Madère, ou plutôt la partie méridionale de Madère, où se trouve Funchal, est toujours un jardin. Ni les froids de l’hiver ni les chaleurs de l’été ne flétrissent ni ne dessèchent sa végétation luxuriante ; et pourtant il se passe, à ces différentes époques de l’année que l’on appelle saisons, quelque chose qui les caractérise fort bien : des phénomènes moins prononcés que dans d’autres pays, mais que les habitants ressentent aisément. L’hiver de Funchal serait l’été de Londres, mais le résident perçoit la différence entre les deux saisons : une température plus basse, des nuits plus froides, une humidité plus grande, des pluies plus fréquentes. Toutes ces variations caractérisent pour lui l’hiver, bien que la saison paraisse être son été à l’Anglais fraîchement débarqué, et son automne au Portugais du continent.
L’hiver à Funchal est une belle saison. La température est agréable pendant la journée, l’atmosphère le plus souvent claire ou peu nuageuse ; les vents et la pluie sont modérés, et si bien réglés qu’ils laissent dans la journée des intervalles où tous, même les malades, peuvent sortir sans désagrément, les rues séchant facilement. C’est en hiver que l’on mesure le mieux l’excellence de ce climat, surtout quand on le compare à tous les autres, plus connus et plus recherchés ; et c’est cette saison qui donne, selon nous, sa grande supériorité au climat de l’île sur les autres climats, lesquels pourraient mieux disputer à Madère sa prééminence en été. Si l’on vient parfois à ressentir le froid, c’est à l’aube ou la nuit, et hors de chez soi, à des heures où les malades ne doivent pas se promener ; et ces jours mêmes, réputés les plus froids certaines années, comptent toujours bien des heures d’une température agréable durant lesquelles les malades peuvent sortir. Il est à Funchal des habitations qui, par leur exposition ou leur construction, ont en ces quelques jours froids une température plus basse qu’on ne le souhaiterait et qu’il ne conviendrait : ce sont des jours où un poêle allumé quelques heures à petit feu, surtout le soir, est agréable, en particulier pour les gens du Nord. Le feu a en outre l’avantage de réduire et de dissiper l’humidité qui peut régner en hiver dans certaines maisons. Il souffle parfois en cette saison un vent de nord-est moins humide et d’une température fraîche, qui procure aux individus un certain degré de vigueur et d’énergie salutaire.
Le passage de l’hiver au printemps est d’ordinaire insensible et semble prolonger la même saison ; cependant, il tombe parfois en mars de fortes pluies qui durent plusieurs jours, avec des vents du quadrant ouest. Cette saison est extrêmement agréable jusqu’à la fin du mois de mai, la température restant encore très modérée. Et en général, ce n’est qu’en juillet qu’un certain nombre de malades, surtout anglais, jugent devoir quitter l’île pour retourner en Angleterre ; avant cette époque, le changement peut être très brusque et nuisible. »
Dans cet article
Époque
Années citées · 07-
Selon Heberden, 1749 et 1750 furent des années très sèches à Madère.
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La grande inondation du 9 octobre 1803, considérée comme la plus grande catastrophe de Madère, dévasta Funchal et d’autres parties de l’île. Elle fit environ 600 morts et détruisit l’église du Calhau, des murs bordant les cours d’eau, des ponts ainsi que des chapelles à Machico, Santa Cruz et ailleurs. Elle entraîna la mission d’Oudinot et l’extension de la ville vers l’extérieur.
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Il plut beaucoup plus à Funchal que les autres années.
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L’hiver 1834–35 à Funchal compta plus de jours de pluie que d’habitude, avec une pluie fine et persistante.
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Une terrible crue frappa Funchal et endommagea la maison du conseil municipal sur le Largo do Pelourinho. Une tempête dans le port fit ensuite sombrer des bateaux. Ces événements entraînèrent la création du Comité central de secours et la construction d’une partie du mur de Machico.
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Il ne neigea pas dans les montagnes de Madère durant l’hiver 1851–1852.
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Durant l’hiver 1852–1853, les chutes de neige furent exceptionnellement abondantes et les températures nocturnes à Funchal descendirent à 45 °F.
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En septembre 1852, la température à l’ombre atteignit 83 °F à Funchal et 85 °F en certains endroits.
Lieu
Lieux cités · 03Étranger
- Angleterre
United Kingdom. Pays où les malades anglais retournaient en juillet.
L’Angleterre apparaît dans l’Elucidário comme le premier grand marché de la broderie madérienne et le principal importateur de vannerie madérienne. Elle fournissait aussi la majeure partie du beurre consommé à Funchal au début du XIXe siècle. Elle fut un refuge majeur pour les émigrés libéraux fuyant les persécutions des partisans de Michel Ier, et plusieurs Madériens y étudièrent ou y exercèrent des fonctions diplomatiques.
- Funchal
Ville dont le climat hivernal est décrit.
Capitale de l’archipel et siège de la principale capitainerie, où commença le peuplement ; elle devint un bourg vers 1451–52. Sa baie, la plus large de l’archipel, s’étend entre Ponta do Garajau et Ponta da Cruz et offre un mouillage abrité, bien que son port n’eût jamais fait l’objet d’une étude océanographique. L’Elucidário présente Funchal comme une station climatique, avec des données sur son climat, et relate les troubles de janvier 1906, la visite du prince danois en mai 1846 et la présence de cônes volcaniques récents dans la région.
- Londres
United Kingdom. Ville comparée à Funchal : l’hiver à Funchal est assimilé à l’été londonien.
Capitale britannique où furent publiés de nombreux ouvrages anglais sur Madère, notamment ceux des du Cane, d’Embleton et de Bloxam. Mason compara son humidité à celle de Funchal, et l’artillerie destinée à la forteresse de São Tiago en provenait. Elle accueillit le congrès de chimie appliquée de 1909.
Personnes
Personnes citées · 02-
Médecin et auteur de Noticia sobre o clima do Funchal, ouvrage longuement cité dans cette notice.
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Autorité citée par Barral au sujet des années très sèches de 1749 et 1750.