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Elucidário Madeirense Accueil
Article nº 2474 Événement historique Vol. II · p. 764–776 26 min de lecture

Émeutes populaires

Titre original: Motins populares

Panorama chronologique des émeutes et troubles populaires à Madère, depuis les prophètes de Porto Santo en 1533 jusqu’aux émeutes provoquées par le décret sur le lait en 1936. Sont notamment abordés la destitution du gouverneur Francisco de Mascarenhas en 1668, la Pedrada de 1868, les violences électorales meurtrières à Machico et Ribeira Brava, les troubles de la Parreca, le saccage du lazaret de Gonçalo Aires en 1906, ainsi que les émeutes liées au pain, au monopole des céréales et au lait en 1921, 1931 et 1936.

Émeutes populaires

1Introduction et premières émeutes (1533–1641)

Tous s’accordent à reconnaître que les populations de cet archipel sont d’un naturel essentiellement paisible et respectueux de l’ordre. Vouées pour la plupart aux travaux agricoles, qui sont ici très durs et pénibles en raison de la nature particulière des terrains, elles peinent depuis les premières lueurs de l’aube jusqu’à la tombée de la nuit, généralement insouciantes et étrangères à tout ce qui n’est pas le labeur continuel de leur existence laborieuse.

Qu’elles vivent dans une étroite médiocrité ou dans une honnête aisance, leur vie s’écoule sereine et paisible, sans que l’esprit d’insubordination ou de révolte vienne troubler la paix dont elles jouissent tranquillement. Que l’on ne conclue pas de cette affirmation que le calme proverbial qui règne au sein de la famille madérienne n’ait jamais été troublé et ne soit parfois venu s’étaler violemment sur la place publique. On n’a vu ce fait que rarement, et toujours de façon très passagère, et seulement lorsque de vils spéculateurs, à des fins inavouables, tentaient d’exploiter la bonne foi ou l’excessive crédulité de populations gagnées par l’ignorance, l’erreur et la superstition.

1533

L’un des plus anciens mouvements populaires dont nous ayons connaissance est le soulèvement des habitants de l’île de Porto Santo (« port saint ») qui, en 1533, fanatisés par les prétendus prophètes Fernão Bravo et Filipa Nunes, se livrèrent à des excès très condamnables, dont nous donnerons un récit plus détaillé à l’article Prophètes de cet Elucidário.

1641

Peu de jours après la proclamation du gouvernement de Jean IV dans cette île (voir Restauration de Madère), survinrent des événements d’une assez grande gravité, qui troublèrent l’ordre public et dont nous trouvons les principaux épisodes relatés comme suit dans un ancien manuscrit :

« Le 25 janvier 1641, le peuple se porta en foule au conseil municipal et en chassa le juge Luiz Fernandes de Oliveira, parce qu’il était castillan ; il nomma un nouveau juge, un procureur municipal (procurador do concelho), un échevin (vereador) et un inspecteur des marchés (almotacel). De là, il se rendit chez Paio Rodrigues Paes da Cunha, greffier municipal (escrivão da Câmara), suspendu pour fautes, le rétablit dans sa charge et en chassa le suppléant Manuel Teixeira Pereira. Un certain Manuel da Ceia et son neveu, qui parlaient inconsidérément du nouvel impôt, n’auraient échappé qu’à grand-peine à la mort et à la fureur du peuple sans les efforts du gouverneur, de l’évêque et du chapitre cathédral, que le peuple respectait. De là, le peuple mutiné passa à la douane de Funchal (Alfândega do Funchal), en chassa l’intendant (provedor) Manuel Vicente Cardoso et mit à sa place João Rodrigues de Teive, qu’on alla chercher à Notre-Dame-du-Calhau (Nossa Senhora do Calhau), où il demeurait. Comme il voulait s’esquiver en passant devant l’église, la population, sous prétexte d’y faire oraison, ne le lui permit pas ; ainsi conduit à la douane, il fut acclamé intendant par le peuple, sous la menace d’être tué sur-le-champ s’il refusait. Le portier, parce qu’il tenait les portes fermées, courut le risque de perdre la vie. Dans cette émotion populaire, la bonne réputation et la considération dont jouissait auprès du peuple dom Antonio Fernandes, neveu de l’évêque et officier du conseil municipal, et surtout le prélat furent d’un grand secours : ils surent avec prudence calmer le peuple et sauver la vie des personnes désignées comme ses persécuteurs. Le peuple, dès qu’on eut dressé l’inventaire des biens de l’intendant, s’apaisa, et de tout cet événement on dressa les procès-verbaux et actes nécessaires, comme il appert du livre 4, folio 202. » Jean IV ordonna qu’une enquête administrative fût menée sur ces événements et que fussent châtiés ceux qui avaient manqué de respect à l’intendant Vicente Cardoso ; on ne sait pas, toutefois, si une peine fut appliquée à ces individus.

2La révolte de 1668 contre le gouverneur

1668

Le gouverneur et capitaine général de Madère, dom Francisco de Mascarenhas, entré en fonctions le 28 novembre 1665, s’était attiré, pour des raisons encore mal établies, l’hostilité du clergé et surtout de la noblesse. Il en résulta le déplorable soulèvement populaire qui éclata à Funchal le 18 septembre 1668.

Le docteur Álvaro Rodrigues de Azevedo affirme que la révolte était menée par le doyen, le docteur Pedro Moreira, et que le clergé y avait pris une part très active. Pourtant, l’enquête judiciaire (devassa) conduite par le haut magistrat (desembargador) João de Moura Coutinho, enquêteur expressément envoyé dans l’île par le gouvernement de la métropole, aboutit à la condamnation à la déportation (degredo), assortie de lourdes amendes, de nombreux fidalgos (gentilshommes de la petite noblesse) madériens et de trois esclaves ; or on ne trouve parmi les condamnés aucun ecclésiastique, pas même le docteur Pedro Moreira.

Il semble que le gouverneur et capitaine général ait traité avec peu d’égards le clergé et la noblesse de l’île, en rognant nombre de privilèges dont ils jouissaient peut-être indûment et auxquels ils se croyaient un droit imprescriptible. De là naquit un grave conflit, aux conséquences les plus désastreuses. Dom Francisco de Mascarenhas outrepassa peut-être les pouvoirs que la loi lui conférait ; peut-être était-il dur dans ses manières et dans ses rapports avec les fidalgos et certains membres du clergé, et nourrissait-il même un souverain mépris pour leurs prérogatives et leurs exemptions. Mais il ne fait aucun doute que les instigateurs du soulèvement agirent de manière inqualifiable, et la postérité ne saurait les absoudre des actes qu’ils commirent en recourant à la violence et en autorisant les excès alors perpétrés dans cette ville.

Le 18 septembre 1668, le gouverneur dom Francisco de Mascarenhas, accompagné du juiz de fora (juge nommé par la Couronne, étranger au lieu), se rendait à la maison de campagne que les jésuites possédaient au lieu-dit (sítio) de Pico do Cardo (« pic du Chardon »), dans la paroisse (freguesia) de Santo António (« saint Antoine »), et que l’on connaît encore aujourd’hui sous le nom de Quinta dos Padres (« domaine des Pères »). Arrivé au lieu-dit d’Água de Mel (« eau de miel »), où se trouvait le manoir des titulaires des majorats (morgados) de Bettencourt et Sá Machado, il vit surgir un groupe d’hommes armés, parmi lesquels plusieurs membres de cette famille, qui frappèrent violemment le gouverneur et blessèrent d’un coup de coutelas le juiz de fora.

Dom Francisco de Mascarenhas fut jeté dans un cachot abject, en compagnie d’un mulâtre scélérat qui avait jadis servi de bourreau. De là, on le transféra à la prison de la forteresse do Pico (« du Pic »), où il subit les pires insultes et humiliations de la part de son geôlier, dom João Heredia, et d’un autre fidalgo, qui vengèrent ainsi ignoblement les offenses qu’ils prétendaient avoir reçues. On l’embarqua ensuite, toujours sous le même flot d’insultes jusqu’au départ, à bord d’une petite corvette de charge qui le débarqua en Galice.

Les mutins, après avoir libéré les prisonniers et rassemblé quelques gens du peuple, parcoururent la ville en commettant force désordres et excès, sans que la troupe, peut-être complice du mouvement, tentât de mettre fin à de tels débordements. Détail singulier : l’échevin (vereador) António Correia Henriques fut pendu en effigie devant sa porte, faute d’avoir été trouvé malgré les recherches menées dans toutes les pièces de sa demeure.

Entre-temps, on nomma gouverneur par intérim le titulaire du majorat Aires de Ornelas e Vasconcelos, qui ne songea pas à châtier les coupables. Il envoya à Lisbonne le fidalgo Gaspar Berenguer informer le gouvernement de la métropole des événements survenus ici ; à son retour à Madère, celui-ci fut accueilli avec de grandes démonstrations de joie, car il apportait la nouvelle qu’en haut lieu on avait approuvé tout ce qui s’était fait pendant le soulèvement.

Quelque temps plus tard arriva à Madère le haut magistrat, le docteur João de Moura Coutinho, chargé de mener une enquête administrative rigoureuse sur ces très graves événements. Il dut affronter de sérieuses difficultés : menaces, subornation des témoins, tout fut mis en œuvre. Le haut magistrat repartit, et la sentence fut publiée quelques mois plus tard. Dom Gaspar de Sá, dom José de Sá, dom Francisco de Sá, Rui Dias de Aguiar, João Machado et Albano Veloso, tous fidalgos, furent condamnés à la déportation à perpétuité en Angola et à payer chacun quelques milliers de cruzados au plaignant, dom Francisco de Mascarenhas, ainsi que les frais du procès ; José Machado de Miranda et João Vieira Pita, à cinq ans de déportation en Angola ; et trois esclaves au fouet en public et aux galères à vie.

On s’étonna que le titulaire du majorat Aires de Ornelas ait pu se justifier et n’ait subi aucune peine, bien qu’il eût été poursuivi, et que le docteur Pedro Moreira et d’autres prêtres n’aient pas été pris dans les mailles de la rigoureuse enquête judiciaire qui fut menée.

Ce curieux épisode de l’histoire madérienne n’est pas encore suffisamment éclairci, quant à ses origines comme aux responsabilités.

3Troubles de 1755 à 1847

1755

Cette année-là, des troubles éclatèrent dans les bourgs de Calheta (« petite anse »), de Ponta do Sol (« pointe du Soleil ») et de São Vicente (« saint Vincent »), à cause d’une prétendue concession du Paul da Serra (« marais de la montagne »).

1821

Dans l’article Constitution de 1821 (vol. I, p. 301), nous avons déjà donné un bref aperçu des événements survenus dans cette ville lors de la proclamation de cette Constitution. Voir aussi l’article Marché et chapelle de São Sebastião.

1829

En octobre et novembre de cette année, quelques émeutes populaires eurent lieu dans la ville de Funchal, provoquées par des officiers et des soldats des régiments d’infanterie n° 2 et 13, à la suite de l’empoisonnement de quelques hommes de troupe de ce dernier régiment. Dans leur exaltation, les soldats voulurent pénétrer dans le palais du Gouvernement afin de s’emparer de l’aide de camp José Joaquim Januário Lopes et de l’assassiner.

1834

De la révolution de 1820 à l’instauration du gouvernement constitutionnel en 1834, période où les luttes politiques et la guerre civile apportèrent de si graves troubles au sein de la famille portugaise, divers désordres et quelques atteintes à l’ordre public se produisirent parfois dans cette île. Ils n’eurent cependant pas de conséquences très funestes, bien que les esprits fussent extrêmement agités et que l’on s’attendît aux événements les plus graves. Si la proclamation du gouvernement constitutionnel se fit dans cette ville le 5 juin 1834 sans le moindre trouble de l’ordre, il est certain que, dans plusieurs paroisses (freguesias), le mécontentement de beaucoup se manifesta par quelques actes de violence. Le plus important de ces événements fut celui qui se produisit à Calheta, comme nous l’avons déjà rapporté dans l’article consacré à cette paroisse (voir vol. I, p. 190). Nous pouvons ajouter que sept individus, outre le père Rodrigues Pestana, furent condamnés à la déportation (degredo) perpétuelle en Angola.

1846

De bien tristes événements se produisirent cette année-là, provoqués par la propagande calviniste du docteur Robert Kalley, comme on peut le voir plus amplement dans l’article que nous consacrons, dans ce volume, à cet illustre médecin écossais.

1847

Dans l’article Junte de gouvernement de Madère en 1847, nous avons déjà traité assez longuement des événements survenus à Madère lorsque se répercutèrent chez nous les échos des faits qui se déroulèrent dans notre pays après la révolution de la Maria da Fonte.

4La Pedrada de 1868

1868

Notre histoire politique a retenu sous le nom de Janeirinha la révolte populaire qui éclata en janvier 1868 à Lisbonne et à Porto pour protester contre la loi du 10 juin 1867, laquelle avait créé l’impôt de consommation et suscité une si vive indignation dans tout le pays. Ce fut la raison de la démission du ministère présidé par Joaquim António de Aguiar, dont faisaient partie des hommes de l’envergure de Martens Ferrão, Fontes Pereira de Melo, Andrade Corvo, Casal Ribeiro et Barjona de Freitas. Ses adversaires politiques excitèrent contre lui toutes les colères populaires, brandissant comme étendard de guerre la fameuse loi sur la consommation, qui n’entra jamais en vigueur. Notre distingué compatriote Jacinto de Sant'Ana e Vasconcelos suivait la politique de ce ministère et appartenait au parti historique, qui luttait alors contre le puissant courant des partis de la Janeirinha, soutenus par le ministère arrivé au pouvoir et présidé par le comte d'Ávila, plus tard duc d’Ávila e Bolama.

Les partisans des deux factions politiques étaient connus sous les noms de fusionnistes et de populaires. À Madère, pour des raisons que nous ne savons pas bien déterminer, l’animosité entre ces deux groupes était grande lorsque, le 8 mars 1868, le vapeur portugais Bengo jeta l’ancre dans notre port. Il avait à son bord, entre autres passagers, notre compatriote Jacinto de Sant'Ana e Vasconcelos, plus tard vicomte das Nogueiras. Il venait rendre visite à son illustre famille et s’occuper de sa candidature à la députation pour cette île, comme membre du parti historique, ou de la fusion.

Parmi les événements survenus dans cet archipel au cours du troisième quart du XIXe siècle, deux restèrent ineffaçablement gravés dans la mémoire des contemporains et se transmirent même aux générations suivantes : l’épidémie de choléra de 1856 et le mouvement de la Pedrada, le 8 mars 1868. Ce dernier fait, observé à distance et dégagé des mauvaises passions qui l’avaient provoqué, nous cause aujourd’hui la plus grande surprise : on voit mal comment une simple question de politique électorale put pousser une population aux excès les plus déplorables, au point de faire plusieurs morts et d’empêcher par la violence le débarquement de Jacinto de Sant'Ana.

Et pourtant, notre compatriote s’était toujours conduit correctement envers tous les Madériens et n’avait jamais rien fait pour nuire, moralement ou matériellement, à la terre qui l’avait vu naître. Bien plus, comme représentant de cette île au parlement pendant trois législatures, il avait défendu avec désintéressement et le zèle le plus pur les questions les plus vitales de l’archipel, sans que son attitude de député et d’homme politique pût justifier, ni même expliquer, l’étrange accueil qu’il reçut ici le 8 mars 1868. Il était seulement d’une politique opposée à celle qui jouissait alors de la plus grande prépondérance et de la plus grande influence dans l’île, et il avait eu le courage de soumettre son nom au suffrage populaire en venant défendre en personne les intérêts de sa candidature.

Sa venue à Madère était connue d’avance. Lorsque la nouvelle se répandit en ville que Sant'Ana e Vasconcelos se trouvait à bord d’un vapeur mouillé dans le port, une foule énorme, composée surtout de gens du peuple, occupa peu à peu une partie de la plage et les abords de la douane, où il devint bientôt impossible de circuler. Le but de la foule était d’empêcher le débarquement de Jacinto de Sant'Ana, ce qui n’offrait pas la moindre difficulté, puisqu’elle avait à sa portée quantité de projectiles faciles et prompts à lancer : les pierres.

Sant'Ana, homme courageux qui avait été le héros d’aventures fort périlleuses, tenta de débarquer malgré l’attitude hostile de la populace ; mais il dut céder devant la pluie de pierres qui fendait les airs et suivre aussi le conseil prudent de quelques personnes de son entourage. Il gagna alors le voilier Galgo, qui faisait le transport de marchandises entre Lisbonne et Madère. La vie de Sant'Ana e Vasconcelos courut à ce moment un danger imminent ; João de Freitas Martins, ancien et important négociant de notre place, plus connu sous le nom de Papinho, contribua beaucoup à le mettre à l’abri de la fureur sauvage de la populace déchaînée.

L’effervescence des esprits était déjà grande avant même l’arrivée de Sant'Ana, et de petits troubles de l’ordre public s’étaient produits, présages de ce qui pouvait advenir. Les esprits s’échauffant à son arrivée, les émeutiers se livrèrent à des violences manifestes, et plusieurs personnes furent blessées par la grêle de pierres lancées follement de toutes parts. La force armée dut intervenir ; se voyant bafouée par la foule, elle fit usage des carabines, et quelques hommes du peuple tombèrent, transpercés par les balles. Le gouverneur civil était alors le major du 12e bataillon de chasseurs (caçadores, infanterie légère), notre compatriote dom João Frederico da Câmara Leme, qui, malgré le prestige et la popularité dont il jouissait, ne put par sa présence contenir les émeutiers ; l’intervention de la force publique fut absolument indispensable pour les retenir et mettre fin à leurs débordements.

Au milieu de la lutte, on eut l’heureuse idée de simuler un incendie dans la Rua das Queimadas de Baixo (« rue des Brûlis d’en bas ») en mettant le feu à une paillasse. Les cloches sonnèrent précipitamment le tocsin, et une partie considérable de la foule, qui occupait la cour de la douane et les abords de ce bâtiment, accourut sur les lieux de l’incendie ; peu après, le reste se dispersa. Ainsi prit fin le triste et déplorable épisode connu sous le nom d’émeute ou de soulèvement de la Pedrada.

Jacinto de Sant'Ana e Vasconcelos repartit pour Lisbonne et fut peu après élu député d’une autre circonscription. Il publia dans la Revolução de Setembro une série d’articles intitulés Cartas ao conde de Avila sobre matérias eleitorais da Ilha da Madeira, que nous ne connaissons pas, mais qui, nous assure-t-on, contiennent des données extrêmement intéressantes pour l’histoire des événements dont traitent ces Cartas.

5Les élections de Machico en 1870

1870

Le 1er mai de cette année, de graves tumultes éclatèrent dans le bourg (vila) de Machico à l’occasion des élections des députés qui s’y tenaient, et la force armée dut intervenir. La population manqua de respect au détachement militaire stationné dans ce bourg, lequel, à l’intérieur de l’église paroissiale, ouvrit le feu sur la foule : plusieurs personnes tombèrent mortes.

D’autres troubles furent également provoqués par le parti populaire qui, bien que dans l’opposition, dominait en 1870 dans l’île. Feu le docteur Joaquim Ricardo da Trindade e Vasconcelos, fusionniste, fut arrêté par des gens du peuple à la Pontinha (« petite pointe ») en débarquant à Funchal à son retour de Machico. On le conduisit à l’ancienne Praça da Constituição (« place de la Constitution »), où il aurait été assassiné sans l’intervention du docteur Álvaro Rodrigues de Azevedo, l’une des figures les plus prestigieuses du parti populaire. L’enterrement de l’une des victimes des tumultes du bourg servit en outre de prétexte à de nouvelles manifestations hostiles au gouvernement, que les autorités et la force publique ne cherchèrent pas à empêcher.

Les événements de Machico firent grande sensation, non seulement à Madère, mais aussi dans le Royaume (reino, c.-à-d. le Portugal continental) ; le gouvernement d’alors fut violemment attaqué au parlement et dans la presse de Lisbonne.

1884

6Émeutes électorales, la Parreca et la peur du choléra en 1894

Le 29 juin 1884, plusieurs troubles populaires éclatèrent dans certaines assemblées électorales ou à leurs abords. C’est dans la paroisse (freguesia) de Ribeira Brava (« rivière sauvage ») que les désordres prirent la plus grande ampleur, avec les plus funestes conséquences : plusieurs habitants tombèrent sous les balles de la force armée. Le docteur Manuel de Arriaga, candidat à la députation, ne parvint pas à se faire élire. La presse républicaine de Funchal, et surtout celle de Lisbonne, s’étendit longuement sur l’affaire, qui eut un écho au sein même de la représentation nationale. Dans la circonscription judiciaire (comarca) de Ponta do Sol (« pointe du Soleil »), plusieurs procès furent engagés au sujet des événements survenus dans les paroisses de Ribeira Brava et de Ponta do Sol. Les docteurs Manuel de Arriaga et José de Castro vinrent alors dans l’île défendre leurs coreligionnaires impliqués dans ces procès, et y séjournèrent quelque temps. Sous le titre Victimas d’El-Rei, le docteur José de Castro publia un opuscule de 83 pages relatant les épisodes et les péripéties les plus marquants de ces procès. Les tueries de Ribeira Brava causèrent une émotion extraordinaire.

1887 et 1888

Les quelques mois de 1887 et 1888 furent une période bien calamiteuse pour cet archipel. De graves troubles à l’ordre public s’y produisirent, sous prétexte de la prétendue organisation des conseils de paroisse (juntas de paróquia) : on se livra aux violences les plus condamnables, et l’alarme et la terreur se répandirent dans toutes les paroisses de l’île. Dans le peuple, ce mouvement resta connu sous le nom de la Parreca (nom populaire des conseils paroissiaux de 1887 et des émeutes qu’ils provoquèrent). Nous en avons déjà traité à l’article Conseils de paroisse, auquel nous renvoyons le lecteur.

1894

Le 22 mai, à l’arrivée du vapeur Funchal, des troubles éclatèrent à l’Entrada da Cidade (« entrée de la ville ») : la foule voulait empêcher le débarquement des passagers venus de Lisbonne, où, affirmait-on, sévissait l’épidémie de choléra. La troupe et la police furent accueillies à coups de pierres, et quelques passagers qui tentaient de débarquer au quai de l’Entrada da Cidade furent également blessés.

7L’émeute du lazaret en 1906

1905

À la fin de novembre 1905, un cas de maladie suspecte se déclara dans la demeure de Leopoldo Cabral, habitant de la Rua dos Ferreiros (« rue des Forgerons ») en cette ville, chez une personne de sa famille. La malade et les autres membres de la famille furent aussitôt transférés au Lazareto de Gonçalo Aires (« lazaret de Gonçalo Aires »), transformé en hôpital d’isolement. D’autres personnes y furent également recueillies. Pour empêcher la maladie de se propager, un isolement complet s’imposait certainement ; mais il semble avoir été d’une rigueur excessive, si tant est que l’on puisse parler d’excès dans l’adoption de mesures de cette nature. Dès lors commencèrent à circuler dans la population les rumeurs les plus invraisemblables et les plus incroyables, nées en grande partie de l’isolement strict maintenu au lazaret et de l’absence de nouvelles des personnes qui y étaient internées. L’imagination populaire, aidée par une politique partisane et une presse sans scrupules, se livra au plus déplorable égarement et attribua au lazaret toutes sortes de crimes, depuis les sévices les plus cruels jusqu’au simple et pur assassinat ! Ces rumeurs se répandirent tant et ces inventions fantaisistes prirent une telle ampleur dans l’esprit public que, très vite, la grande majorité des habitants de cette île crut fermement que l’hôpital d’isolement était devenu une véritable et authentique boucherie publique (açougue) d’êtres humains, qui laissait loin derrière elle les bandes de brigands infestant les défilés de la sierra Morena, de la Calabre et de la Forêt-Noire, dont nous parlent avec tant d’horreur certains récits plus que douteux.

Ce fut sans aucun doute une grave erreur, que tous reconnurent par la suite, que d’établir une interdiction absolue de toute communication entre ceux qui se trouvaient dans cette enceinte et le reste de la population. On corrigea cette erreur, sans qu’il y eût de danger de contagion, mais il était trop tard : il était déjà impossible d’effacer la profonde impression produite par les rumeurs alarmantes. La vague d’indignation, contenue pendant quelques jours, franchit les digues qui la retenaient et se déversa violemment sur la place publique.

Le 7 janvier 1906, vers 11 heures du matin, une foule énorme, suivie de quelques hommes de troupe du 27e régiment d’infanterie (regimento de infantaria n.° 27), prit le chemin du lazaret dans une attitude manifestement hostile, prête à commettre les pires excès. Par une imprévoyance inexcusable, les entrées du lazaret avaient été laissées sans aucune défense, de sorte que la populace en émeute put pénétrer rapidement dans l’enceinte et s’y livrer aux actes de vandalisme les plus graves et les plus déplorables. Tout ce qui s’y trouvait fut entièrement détruit : meubles, batterie de cuisine, pharmacie, instruments chirurgicaux, linge, machines, vivres, etc. Rien n’échappa à la fureur insensée des assaillants. Les bâtiments eux-mêmes subirent d’importants dégâts : toutes les vitres des fenêtres furent brisées, les portes détruites, et jusqu’aux planchers portent de nombreuses traces de la rage des manifestants.

Les personnes qui se trouvaient en observation dans la zone de refuge furent contraintes de la quitter ; la foule envahit ensuite l’hôpital de traitement, où se trouvaient cinq malades, dont certains en voie de guérison. Une voiture, escortée de nombreux manifestants, ramena les malades chez eux sous les vivats les plus enthousiastes. Le gros de la foule, qui comptait environ mille personnes à son retour en ville, emprunta l’Estrada do Conde de Carvalhal (« route du Comte de Carvalhal »), craignant que la force armée sortie de la caserne du 27e d’infanterie ne la surprenne en chemin.

Quelques jours auparavant déjà, le Poste de désinfection terrestre (Posto de Desinfecção Terrestre), au Campo da Barca (« champ de la Barque »), avait été assailli par un groupe nombreux d’émeutiers, repoussé par la police et par un détachement d’infanterie. Au Bom Sucesso (« bon succès ») et en d’autres lieux, divers troubles éclatèrent également, présages de l’attaque du lazaret.

Le 10 janvier arriva à Funchal le croiseur Dom Carlos, à l’équipage renforcé, pour seconder les forces militaires stationnées ici dans le maintien de l’ordre public.

Le directeur clinique de l’hôpital d’isolement de Gonçalo Aires était le docteur António Balbino do Rego, qui exerçait en cette ville les fonctions de directeur du Poste de bactériologie et d’hygiène (Posto de Bacteriologia e Higiene). C’est contre lui que se déchaîna surtout la colère de la plèbe, qui le tenait pour l’auteur ou le principal responsable des prétendus crimes commis au lazaret. La haine qui s’éleva chez nous contre le docteur Balbino do Rego (voir ce nom) est véritablement incroyable, faute de tout fondement sérieux ; aujourd’hui encore, son nom est maudit comme celui d’un grand fléau qui aurait ravagé cette île.

Sur ce sujet parurent, outre de nombreux articles dans la presse locale, les brochures

  • A Tragédia do Lazareto, Funchal, 1906, 51 p.
  • A Peste bubonica na Madeira e as suas consequências, notes d’António Pedro Gomes, Lisbonne, 1906, dont un seul fascicule de 12 p. fut publié
  • Um Ano Depois, Porto, 1907, 63 p.
  • et Na Ilha da Madeira, Porto, 1907, 117 p., ces deux dernières dues au docteur António Balbino do Rego.

La lyre populaire donna libre cours à la fécondité de sa veine : parurent d’innombrables brochures et feuilles volantes, où le manque d’inspiration le dispute aux fautes de métrique, et où le langage débraillé n’a rien à envier à l’absence de bon sens et des règles grammaticales les plus élémentaires. (Voir Poésie populaire.)

8Émeutes du pain et émeutes électorales de 1921

1921

Fin juillet 1921, les minotiers de Funchal décidèrent de porter à 1820 le prix des farines, ce qui devait faire passer le pain de 80 centavos, prix auquel il se vendait alors, à 1 escudo (monnaie portugaise depuis 1911, = 1 000 réis) le kilogramme. Un groupe de consommateurs convoqua alors une réunion sur la place du Largo da Feira (« place de la Foire ») le 1er août ; on y décida la fermeture des établissements industriels et commerciaux, pour protester contre le renchérissement injustifié de cette denrée. Du 1er au 3 août, tous les établissements fermèrent en effet, n’ouvrant que le matin, avant 8 heures, pour permettre au public de s’approvisionner. Mais certains éléments turbulents s’étant joints aux grévistes, il en résulta quelques désordres et tumultes. Le 3, la foule s’empara de deux minotiers ; l’un d’eux descendit de Monte (« mont ») jusqu’à la ville entouré d’une foule nombreuse, mais protégé par la police, ce qui n’empêcha pas qu’il fût blessé à la tête en passant dans la Rua de João Tavira, en direction de la forteresse de São Lourenço (« saint Laurent »), où il fut détenu.

Le 2 août, la foule envahit la maison du président du conseil municipal et l’obligea à l’accompagner à l’hôtel de ville pour fixer le prix du pain. Plusieurs tentatives furent faites pour s’emparer de l’employé d’une maison anglaise, à qui l’on attribuait la principale responsabilité de la hausse projetée du prix de la farine ; pour échapper à la fureur populaire, celui-ci se cacha d’abord dans la maison de son patron, puis quitta l’île à bord d’un vapeur étranger.

Les autorités se désintéressèrent d’abord du mouvement populaire, mais les événements du 3 les obligèrent à modifier leur attitude et à ordonner à la police et à la garde républicaine de maintenir l’ordre dans la ville. Funchal ayant commencé à être convenablement patrouillé le 4 août, les établissements rouvrirent dès ce jour-là, et les désordres de la veille ne se reproduisirent pas. Ils n’avaient fait de victimes que parmi ceux que le peuple, à tort ou à raison, tenait pour responsables de l’extorsion qu’on prétendait lui imposer.

Le prix du pain ne fut pas modifié en août 1921, mais en février de l’année suivante la minoterie britannique obtint qu’il fût porté temporairement à 1 escudo, puisqu’elle s’était mise à vendre la farine au prix de 1,10 escudo le kilogramme.

Peu de jours avant les émeutes que nous venons d’évoquer, d’autres avaient éclaté, motivées celles-là par les élections des députés et des sénateurs au bureau de vote de Câmara de Lobos (« repaire des phoques ») ; le capitaine Américo Olavo et le docteur Manuel Augusto Martins, venus y contrôler les opérations électorales, furent blessés. Ces émeutes eurent lieu le 11 juillet et furent provoquées par des individus venus de Funchal, dans le but de faire annuler le scrutin à Câmara de Lobos, où l’opposition disposait d’une large majorité.

9Émeutes du monopole des céréales en 1931 et émeutes du lait en 1936

1931

Du 4 au 8 février 1931, Funchal fut le théâtre de troubles à l’ordre public de la plus haute gravité. Ils furent provoqués par la promulgation d’un décret qui instaurait un nouveau régime céréalier et restreignait la libre importation des blés et des farines, créant ainsi un « monopole » dans une branche aussi importante de l’alimentation publique. L’application du décret fut suspendue, mais les émeutiers exigeaient son abrogation pure et simple. Entre-temps, de graves désordres éclatèrent en divers points de la ville ; pendant cinq ou six jours, le commerce resta entièrement paralysé, tous les établissements de vente demeurèrent clos, et les administrations publiques comme les écoles restèrent fermées. Le 6 février, les émeutes prirent une gravité alarmante avec l’assaut violent de la minoterie des Lavradores, d’une importante maison de « vente en gros » dans la Rua Cinco de Junho (« rue du 5-Juin »), d’une boulangerie de la Ponte de São João (« pont Saint-Jean ») et d’un établissement commercial de la Rua da Alfândega (« rue de la Douane »), etc., etc., qui furent entièrement détruits ; les dégâts s’élevèrent à quelques milliers de contos (un million de réis) de réis (ancienne monnaie de compte portugaise ; 1$000 = 1 000 réis, 1:000$000 = un conto = 1 000 000 de réis). La police intervint : trois personnes du peuple trouvèrent la mort, et un membre de ce corps fut également victime. Les troupes d’infanterie sorties de la caserne pour rétablir l’ordre ne voulurent pas ou ne surent pas le faire, et c’est à elles que l’on attribua, pour une bonne part, la responsabilité de ces événements si déplorables.

1936

L’application d’un nouveau décret, qui créa la Junta dos Lacticínios (Conseil des produits laitiers) et réglementa la distribution et la vente du lait, souleva une vive indignation dans les populations rurales. Les 4 et 5 août 1936, elle provoqua les plus graves troubles à l’ordre public en divers points de l’île : l’intervention de la force armée fut nécessaire, et huit personnes des classes populaires trouvèrent la mort. Deux navires de guerre vinrent de Lisbonne, transportant des contingents de troupes et des agents de la police d’investigation, et l’on procéda à une vaste enquête judiciaire (devassa), au cours de laquelle quelques centaines de personnes furent arrêtées. Une cinquantaine d’entre elles furent envoyées au Cap-Vert pour y être jugées. Aujourd’hui, tout le monde reconnaît que le décret qui avait provoqué ces déplorables désordres contenait des dispositions profitables aux éleveurs de bétail et aux vendeurs de lait.

Dans cet article

Époque

Années citées · 21
  1. Fernão Nunes et Filipa Nunes se firent passer pour des prophètes à Porto Santo, gagnèrent un large crédit et provoquèrent des troubles ; l’enquête du corregedor prit fin le 10 mars 1533.

  2. Une foule de Funchal expulsa des fonctionnaires castillans et d’autres responsables, et des Portugais remplacèrent les Espagnols dans les fonctions municipales.

  3. Dom Francisco de Mascarenhas entra en fonction à Funchal comme gouverneur et capitaine général de Madère.

  4. Une sédition populaire et ecclésiastique éclata à Funchal. Des nobles attaquèrent le gouverneur dom Francisco de Mascarenhas, qui fut destitué, emprisonné et embarqué de force.

  5. Des émeutes éclatèrent à Calheta, Ponta do Sol et São Vicente à propos d’une concession portant sur le Paul da Serra.

  6. Des soldats se mutinèrent à Funchal après des empoisonnements au sein du 13e régiment.

  7. Le gouvernement constitutionnel (libéral) et la Charte constitutionnelle furent proclamés à Funchal, pacifiquement dans la ville, mais avec des violences dans certaines paroisses, instaurant les institutions libérales à Madère.

  8. Les émeutes populaires contre la propagande protestante de Robert Reid Kalley culminèrent avec le saccage de sa maison à Funchal par une foule, le contraignant à fuir précipitamment Madère.

  9. Une épidémie de choléra, introduite par le régiment d’infanterie n° 1, ravagea Madère de juillet à octobre 1856. Selon la tradition, elle fit environ dix mille morts et laissa de nombreux orphelins. Álvaro Rodrigues de Azevedo, Luiz Albino Gonçalves et d’autres apportèrent leur aide pendant l’épidémie.

  10. Une loi institua l’impôt sur la consommation à l’origine des troubles de la Janeirinha.

  11. L’émeute de la Pedrada, fomentée par le parti populaire sur la plage de Funchal, empêcha le candidat Jacinto de Sant’Ana e Vasconcelos de débarquer et coûta la vie à plusieurs personnes.

  12. Lors d’élections remportées par l’opposition, les troupes tirèrent sur des émeutiers dans l’église paroissiale de Machico, faisant plusieurs morts. L’anarchie s’ensuivit à Madère.

  13. Lors d’émeutes électorales le jour de la fête de saint Pierre, la troupe tira sur la foule à Ribeira Brava, faisant plusieurs morts et blessés ; des républicains, dont José de Castro, furent ensuite poursuivis.

  14. Les émeutes « Parreca », dirigées contre les conseils paroissiaux (juntas de paróquia), semèrent la terreur dans tout Madère en 1887–1888, et des troupes furent envoyées pour rétablir l’ordre. À Arco da Calheta, la force armée fut employée ; le 22 novembre 1887, des émeutiers occupèrent l’église de Caniço, où les troupes ouvrirent le feu et tuèrent quatre personnes. Un soldat mourut également.

  15. Des foules se soulevèrent à Funchal pour empêcher les passagers du vapeur Funchal, venus de Lisbonne où sévissait le choléra, de débarquer.

  16. La peste bubonique apparut à Funchal fin 1905 sans prendre une forme épidémique ; les malades furent isolés au lazaret de Gonçalo Aires, dont les strictes mesures d’isolement alimentèrent la peur et l’agitation populaires.

  17. Pendant l’épisode de peste bubonique, une émeute populaire mit à sac le lazaret de Funchal, à Gonçalo Aires, et libéra ses malades ; les troubles contraignirent Balbino do Rego, directeur du laboratoire de bactériologie, à quitter son poste.

  18. Le croiseur Dom Carlos arriva à Funchal pour aider à maintenir l’ordre après les émeutes.

  19. Des émeutes électorales à Câmara de Lobos blessèrent Américo Olavo et Manuel Augusto Martins.

  20. Les commerces fermèrent et des émeutes éclatèrent à Funchal contre une hausse proposée du prix du pain.

  21. La minoterie britannique obtint une hausse temporaire du prix du pain, porté à 1 escudo.

  22. Des émeutes contre un décret sur l’importation de céréales paralysèrent Funchal et coûtèrent la vie à trois civils et à un policier.

  23. Des émeutes rurales contre le décret sur le lait et la Junta dos Lacticínios firent huit morts et entraînèrent des centaines d’arrestations ; elles furent réprimées par des navires de guerre et des troupes.

Lieu

Lieux cités · 37

Étranger

Carte: Arquipélago da Madeira (37)
  1. Água de Mel

    Funchal. Lieu où le gouverneur fut pris dans une embuscade en 1668, près du manoir des Bettencourt.

  2. Angola

    Destination des personnes exilées à la suite des troubles de 1668 et de 1834.

  3. Bom Sucesso

    Funchal. Lieu de troubles avant l’attaque de 1906.

  4. Calheta

    Théâtre d’émeutes en 1755 et en 1834.

  5. Câmara de Lobos

    Théâtre des émeutes électorales de juillet 1921.

  6. Campo da Barca

    Funchal. Emplacement du poste de désinfection attaqué avant le lazaret.

  7. Cap-Vert

    Cape Verde. Environ cinquante émeutiers de 1936 y furent envoyés pour y être jugés.

  8. Douane de Funchal

    Funchal. Bureau des douanes pris d’assaut en 1641 et théâtre de l’émeute de 1868.

  9. Église Notre-Dame-du-Calhau

    Funchal. Lieu où résidait Teive lorsque la foule vint le chercher en 1641.

  10. Entrada da Cidade

    Funchal. Quai où eut lieu l’émeute de 1894 lors du débarquement lié au choléra.

  11. Estrada do Conde de Carvalhal

    Funchal. Route empruntée par la foule à son retour en 1906.

  12. Forteresse de São Lourenço

    Funchal. Lieu où le meunier fut détenu.

+ 25 de plus

Personnes

Personnes citées · 47
  1. Titulaire d’un majorat nommé gouverneur par intérim après la révolte de 1668 ; il fut jugé, mais non puni.

  2. Noble condamné à l’exil à vie en Angola pour la révolte de 1668.

  3. Historien cité au sujet de la révolte de 1668 et chef du parti populaire qui sauva Trindade e Vasconcelos en 1870.

  4. Capitaine de l’armée blessé alors qu’il observait les élections de juillet 1921 à Câmara de Lobos.

  5. Directeur médical de l’hôpital d’isolement de Gonçalo Aires, tenu par la population pour responsable de crimes imaginaires en 1906 ; il écrivit par la suite deux brochures sur cette affaire.

  6. Neveu de l’évêque qui contribua à calmer la foule en 1641.

  7. Conseiller pendu en effigie par les émeutiers de 1668.

  8. Noble condamné à l’exil à vie en Angola pour la révolte de 1668.

  9. Auteur d’une brochure publiée en 1906 sur la peste bubonique à Madère et ses conséquences.

  10. Ministre du gouvernement d’Aguiar de 1867 à 1868.

+ 37 de plus
  1. Ministre du gouvernement d’Aguiar de 1867 à 1868.

  2. Chef du gouvernement formé après la Janeirinha, devenu par la suite duc d’Ávila e Bolama.

  3. Gouverneur et capitaine général à partir de 1665, attaqué et destitué par des nobles en 1668.

  4. Gouverneur civil lors de la Pedrada de 1868, il ne parvint pas à contenir la foule.

  5. Prophète autoproclamé qui attisa les troubles de 1533 à Porto Santo.

  6. Prophétesse autoproclamée impliquée dans les troubles de 1533 à Porto Santo.

  7. Ministre du gouvernement d’Aguiar de 1867 à 1868.

  8. Noble exilé à vie en Angola pour sa participation à la révolte de 1668.

  9. Noble envoyé à Lisbonne pour rendre compte des événements de 1668.

  10. Noble exilé à vie en Angola pour sa participation à la révolte de 1668.

  11. Roi dont la proclamation à Madère en 1641 fut suivie d’émeutes qu’il ordonna de faire examiner.

  12. Ministre du gouvernement d’Aguiar de 1867 à 1868.

  13. Commerçant de Funchal surnommé Papinho, qui contribua à protéger Sant’Ana e Vasconcelos en 1868.

  14. Magistrat de la Couronne envoyé pour enquêter sur la révolte de 1668.

  15. Député madérien, futur vicomte de Nogueiras, empêché de débarquer par l’émeute de la Pedrada en 1868.

  16. Noble exilé à vie en Angola pour sa participation à la révolte de 1668.

  17. Geôlier qui insulta le gouverneur destitué dans la forteresse de Pico en 1668.

  18. Contraint par la foule, en 1641, d’accepter la charge d’administrateur des douanes.

  19. Prêtre condamné à l’exil en Angola après les troubles de 1834 à Calheta.

  20. Condamné à cinq ans d’exil en Angola pour sa participation à la révolte de 1668.

  21. Chef du gouvernement renversé par la Janeirinha en 1868.

  22. Partisan de la Fusion saisi par une foule à Funchal en 1870 et qui faillit être tué.

  23. José de Castro1709–1775

    Avocat républicain qui défendit les émeutiers de 1884 et consacra aux procès la brochure Victimas d’El-Rei.

  24. Aide de camp que des soldats mutinés cherchèrent à tuer en 1829.

  25. Condamné à cinq ans d’exil en Angola pour sa participation à la révolte de 1668.

  26. Habitant de la Rua dos Ferreiros dans la famille duquel apparut un cas suspect de peste à la fin de 1905.

  27. Juge municipal castillan chassé par la foule de Funchal en janvier 1641.

  28. Blessé avec Américo Olavo alors qu’ils observaient les élections de juillet 1921 à Câmara de Lobos.

  29. Homme qui échappa de justesse à la foule en 1641 pour avoir parlé du nouvel impôt.

  30. Candidat républicain battu aux élections de 1884, venu à Madère défendre les personnes poursuivies après les émeutes.

  31. Greffier par intérim chassé par la foule en 1641.

  32. Administrateur des douanes chassé par les émeutiers de 1641.

  33. Ministre du gouvernement d’Aguiar de 1867 à 1868.

  34. Greffier du conseil, suspendu puis rétabli dans ses fonctions par les émeutiers en 1641.

  35. Doyen qui aurait dirigé la révolte de 1668, mais ne fut jamais condamné.

  36. Médecin écossais dont la prédication calviniste provoqua les émeutes de 1846.

  37. Noble exilé à vie en Angola pour sa participation à la révolte de 1668.

Sur la feuille M

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