Régime céréalier 1Instauration et règles du régime
Régime céréalier
Titre original: Regímen Cerealífero
Décrit le régime céréalier madérien, monopole légal sur l’importation et le commerce du blé et de la farine instauré en 1899, ainsi que les lois qui le modifièrent puis y mirent fin au début des années 1920. L’auteur le compare défavorablement au régime du sucre et soutient qu’il ne servit qu’à enrichir les minotiers.
1Instauration et règles du régime
Le régime céréalier (regímen cerealífero) madérien, contre lequel la population ne cessa jamais de protester, commença en 1899 et prit fin en janvier 1913. C’est le décret du 23 décembre 1899 qui approuva le règlement du commerce des blés et des farines à Madère et qui instaura ce régime ; il avait été précédé de la loi du 14 juillet de la même année. Le décret du 26 juillet 1899 approuva le règlement du commerce des blés et des produits de leur mouture, et le décret du 28 octobre 1909 apporta de nouvelles modifications au régime céréalier de l’île. Selon les textes qui établirent le monopole, l’importation pour la consommation de blé de toute provenance n’était permise qu’aux négociants et aux fabricants de farines immatriculés, ainsi qu’aux cultivateurs pour la semence. La commission directrice du marché central devait annoncer, au plus tard le 5 août de chaque année, l’appel à la déclaration des blés insulaires disponibles à la vente. Dans un délai maximal de cinq jours après la clôture de cet appel, la délégation devait publier le relevé des céréales déclarées et de leur répartition entre lesdits négociants et fabricants immatriculés.
La loi n° 960 du 24 mars 1920 déclara libres le commerce et la circulation des blés nationaux et de leurs produits de mouture. Elle obligea les fabricants immatriculés à acquérir tout le blé déclaré et disposa que le blé étranger destiné à Madère serait réparti entre les négociants et fabricants immatriculés, conformément aux barèmes en vigueur publiés par le ministère de l’Agriculture ; l’acquisition de ce blé et de la farine étrangère devait être effectuée par le gouvernement, et le prix du pain, hors de Lisbonne et de Porto, fixé par les conseils municipaux. Après ce texte parut encore le décret du 30 novembre 1921, qui n’apporta que de légères modifications au régime antérieur, mais établit que les prix des farines et du pain à Funchal seraient décrétés pour chaque campagne céréalière par le gouvernement central, après avis d’une commission déléguée du Commerce agricole (Comércio Agrícola), appelée à siéger dans cette ville.
2Abolition et bilan
Bien que le peuple eût manifesté à plusieurs reprises son hostilité au régime céréalier, à l’ombre duquel tant de vexations et d’extorsions furent commises, et que plusieurs personnalités en vue de la République se fussent engagées à obtenir sa suppression, ce n’est que le 22 décembre 1922 que l’on parvint à arracher au Sénat l’approbation du projet de loi sur la libre importation des farines à Madère, déjà débattu aux Chambres en septembre de l’année précédente. La loi qui mit fin à l’odieux monopole céréalier porte la date du 13 janvier 1913 et le n° 1392. La loi n° 1294 du 31 juillet 1922 et le règlement approuvé par décret du 1er septembre de la même année n’avaient pas affranchi l’île de la domination des meuniers.
Le régime sucrier (regímen sacarino, régime légal de la production de sucre et d’alcool), malgré les justes protestations qu’il suscita, surtout en raison du prix élevé auquel les sucres se vendirent dès lors, eut du moins l’avantage de valoriser de nombreux terrains et de profiter notablement à un très grand nombre de propriétaires et d’agriculteurs de l’île. Le régime céréalier, en revanche, ne servit qu’à enrichir les meuniers, et l’on peut même affirmer que c’est à cette fin qu’il fut décrété. Il est vrai que le peuple continue d’être exploité et que le pain se vend à des prix exorbitants ; mais si les lois interdisant l’importation étaient encore en vigueur, nous sommes convaincus que notre situation serait plus critique encore, car l’expérience de longues années nous a montré qu’aucun profit ne suffisait à assouvir l’avidité des meuniers.
Dans cet article
Époque
Années citées · 06-
Une loi précédant l’instauration du régime céréalier de Madère fut adoptée.
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Un décret approuva la réglementation du commerce du blé et de ses produits de mouture à Madère.
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Un décret instaura le régime céréalier madérien, réglementant le commerce du blé et de la farine.
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Un décret modifia le régime céréalier de Madère.
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La loi no 960 libéralisa le commerce du blé national et fixa des règles pour le blé importé et les prix du pain.
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Un décret modifia le régime céréalier : les prix de la farine et du pain à Funchal furent désormais fixés par le gouvernement central.
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La loi no 1294 fut adoptée, mais ne libéra pas Madère de la domination des minotiers.
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Le Sénat approuva le projet de loi autorisant la libre importation de farine à Madère.
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La loi no 1392 mit fin au monopole céréalier à Madère.
Lieu
Lieux cités · 04Étranger
- Funchal
Ville où les prix de la farine et du pain étaient fixés par le gouvernement central en vertu du décret de 1921.
Capitale de l’archipel et siège de la principale capitainerie, où commença le peuplement ; elle devint un bourg vers 1451–52. Sa baie, la plus large de l’archipel, s’étend entre Ponta do Garajau et Ponta da Cruz et offre un mouillage abrité, bien que son port n’eût jamais fait l’objet d’une étude océanographique. L’Elucidário présente Funchal comme une station climatique, avec des données sur son climat, et relate les troubles de janvier 1906, la visite du prince danois en mai 1846 et la présence de cônes volcaniques récents dans la région.
- Lisbonne
Portugal. Exclue, avec Porto, de la fixation des prix du pain par les municipalités en vertu de la loi de 1920.
Capitale du Portugal, siège du tribunal de la Relação et de la Misericórdia dont les privilèges et les statuts furent étendus à Funchal. Henrique Franco de Sousa étudia à son Académie royale des beaux-arts, et Luiz José Baiardo s’y installa en 1821.
- Porto
Portugal. Exclue, avec Lisbonne, de la fixation des prix du pain par les municipalités en vertu de la loi de 1920.
Ville portugaise où débuta la révolution libérale de 1820 et dont le district est le seul à avoir une densité de population supérieure à celle du district de Funchal. Plusieurs Madériens étudièrent à sa faculté de médecine ou à son Academia Politécnica ; certains y vécurent ou y moururent. Le rédacteur d’O Funchalense Liberal y fut pendu, et le Marítimo y battit le FC Porto en 1922.