Naufrages 1Tempêtes et naufrages dans la baie de Funchal
Naufrages
Titre original: Naufrágios
Chronique des naufrages et des tempêtes destructrices dans la baie de Funchal et autour de l’archipel de Madère, du XVIIIe au début du XXe siècle. Elle s’achève sur une liste de sauveteurs locaux honorés pour avoir sauvé des vies.
1Tempêtes et naufrages dans la baie de Funchal
La baie de Funchal est abritée de tous les vents, à l’exception de ceux qui soufflent des quadrants compris entre le sud-ouest et le sud-est en passant par le sud. Les grandes tempêtes ne s’y font sentir que lorsque le vent souffle violemment du sud ; la mer forme alors parfois des vagues énormes qui viennent se briser avec violence contre les plages. En pareil cas, les voiliers ne sont plus en sécurité dans la baie et, s’ils ne parviennent pas à gagner le large aux premiers signes de la tourmente, ils risquent d’être jetés à la côte et d’y être mis en pièces par la mer. Parmi les nombreuses tempêtes qu’a connues notre port, les suivantes méritent d’être mentionnées en raison de leurs effets désastreux.
1757. À la fin d’octobre ou au début de novembre de cette année, une grande tempête mit en péril plusieurs navires et endommagea les travaux du port de Funchal (la liaison de la Pontinha (« petite pointe ») avec la terre).
1802. Dans la nuit du 30 août 1802, vers 1 heure du matin, une effroyable explosion se produisit à bord d’un navire portugais ancré dans le port de Funchal et en partance pour le Brésil. Elle fit 32 morts, dont 4 Madériens. On dit que l’explosion avait été provoquée accidentellement par un marin qui se trouvait alors dans la soute à poudre du navire pour y dérober de la poudre afin de la vendre en ville.
2Chronologie des naufrages, 1804–1896, et autres îles
1804. Les 8 et 11 janvier de cette année, de violentes tempêtes firent sombrer deux trois-mâts carrés anglais. 1828. Le 22 janvier, le brick américain Calixto s’échoua devant la douane et fut entièrement détruit par la mer en quelques heures ; le 1er mars, le trois-mâts carré anglais Britannia fit naufrage à la Praia Formosa (« belle plage »), et un membre d’équipage périt. 1834. Cette année-là eut lieu le naufrage du trois-mâts carré anglais Greenwelle, où moururent cinq hommes d’équipage. 1836. Les grandes tempêtes du 18 octobre jetèrent à la côte, près de Santa Catarina, la barque portugaise Maria Adelaide et le yacht Conceição e Almas ; un membre d’équipage de ce dernier navire périt. Au même moment, un bateau chargé de vin venu du nord fit lui aussi naufrage au même endroit. 1842. Le 26 octobre de cette année, la mer jeta cinq navires sur la plage ; un autre disparut et ne fut jamais revu. 1846. Du 8 au 11 janvier, de grands coups de vent frappèrent le port de Funchal et ruinèrent les travaux du quai ; le 10 du même mois, le patacho (petit voilier marchand à deux mâts) toscan Duque de Sussex s’échoua à São Lázaro (« saint Lazare »). 1848. Le 10 décembre se perdirent le yacht Senhor dos Passos et la goélette Eugenia, et le 31 les yachts Fevereiro I.° et Boa Fé, tous deux portugais, ainsi que les patachos Delfim et Levant, celui-ci américain et celui-là portugais. Lors de cette dernière tempête, la corvette de guerre anglaise Daphne faillit être jetée à la côte. 1858. Le 5 mars de cette année, le brick anglais Reliance fit naufrage dans le port de Funchal à la suite d’un violent coup de vent ; le 15 du même mois, le patacho brésilien Liberato Terceiro, dont le maître était Thomás Whister, connut le même sort. 1858. Le 14 novembre, le trois-mâts carré portugais Defensor, en route de Rio de Janeiro vers l’un des ports du Portugal, entra dans le port de Funchal sur le point de sombrer, avec son équipage et quelques passagers, soit 23 personnes en tout. Le navire venait d’un port contaminé et la mer était fort agitée : ce n’est qu’à grand-peine que 16 personnes purent débarquer ; elles furent isolées dans l’ancien fort de la Pontinha. Les autres restèrent à bord, refusant de débarquer à ce moment-là ; mais pendant la nuit elles mirent une chaloupe à la mer et tentèrent de gagner la terre : six d’entre elles périrent et une seule put être sauvée, au-delà du fort de São Tiago. Le trois-mâts s’échoua à l’embouchure du torrent de Gonçalo Aires le 16 novembre. 1872. Une violente tempête survenue le 22 décembre jeta à la côte, du côté du lazaret, le patacho anglais Champion ; le capitaine et quatre autres membres d’équipage périrent. 1875. Sur la plage située devant l’ancienne Praça da Rainha, aujourd’hui Praça do Marquês de Pombal, le vapeur anglais Soudan s’échoua le 2 février 1875. La mer était calme, et l’on attribua l’accident à l’impéritie ou à la négligence de ceux qui dirigèrent la manœuvre de mouillage. 1876. Cette année-là, deux grandes tempêtes frappèrent la baie de Funchal, la première le 13 mai et la seconde le 11 novembre. La première jeta à la côte la goélette anglaise Orphey, le patacho portugais Barbosa 2.°, le sloop portugais Moura 7.° et les patachos américains Maurice et Nellieclifford ; la seconde réserva le même sort au bateau allemand Fear-Not, au yacht portugais Fontes Pereira de Melo et à la goélette anglaise Theodosia. Le Valente, petit vapeur madérien, fut projeté sur les falaises, au-dessous de la Quinta Lambert, à plus de 15 mètres au-dessus du niveau ordinaire de la mer, lors des tempêtes de novembre ; et déjà le 3 janvier, une tempête moins violente que les deux dont nous venons de parler avait fait sombrer la barque anglaise Patagonia, près de Santa Catarina. 1881. Le 6 janvier de cette année, poussé par le vent du sud, le yacht portugais Aliança vint s’échouer sur la plage. 1884. Le 26 novembre, la mer jeta sur la plage la goélette Eulalia et le brick italien Torquato. 1892. Les tempêtes du 28 février endommagèrent le môle de la Pontinha. 1896. Dans la nuit du 26 au 27 octobre de cette année, le brick français René Adrienne et le brick portugais Comercio furent jetés à terre, celui-ci à la Ribeira de São Lázaro et celui-là contre le mur de la Pontinha. Bien que la baie de Funchal soit délimitée par le Cabo Garajau (« cap de la Sterne ») et la Ponta da Cruz (« pointe de la Croix »), distants l’un de l’autre d’un peu plus de 8 kilomètres, c’est à l’est de l’Ilhéu, face à la ville, que les navires jettent habituellement l’ancre ; le fond y est formé de sables basaltiques et d’un peu de vase. La quantité de pierres, de sable et de vase que les eaux des torrents charrient chaque année est considérable ; il en résulte que la mer de la baie devient moins profonde et que les plages s’étendent peu à peu. Le pilier de Banger, dont la base était baignée par la mer à l’époque de sa construction (1798), en est aujourd’hui éloigné, et la rua da Praia, les marchés au poisson et aux fruits et la Praça do Marquês de Pombal sont bâtis sur des lieux qu’atteignaient jadis les eaux (1921). Nous allons maintenant donner un bref aperçu d’autres naufrages survenus en divers points de cet archipel : en mars 1720, un bateau qui se rendait de Machico à Porto Santo (« port saint ») avec huit personnes à bord fut surpris par une violente tempête et jeté sur les côtes des îles Canaries, où ses occupants purent débarquer. Ils revinrent deux mois plus tard à Porto Santo, où tous les croyaient victimes de la tempête. Vers 1730, un navire suédois venant de l’Inde avec une importante cargaison fit naufrage dans cette île, au lieu-dit (sítio) de Pedregal, à l’endroit appelé rocha do Guilherme ; quelques membres d’équipage périrent. Quelques mois plus tard, un navire de la même nationalité vint sur les lieux du sinistre et parvint à sauver une part considérable de la cargaison, dont plusieurs objets de grande valeur et, semble-t-il, quelques caisses d’argent. Au début de l’année 1768, la caraque de guerre française Balance, commandée par le baron de Arras, sombra aux abords de l’île de Porto Santo ; ses 239 hommes d’équipage furent recueillis par un navire français qui les conduisit au port de Funchal. En 1790, un bateau de ligne côtière chargé de vin, qui allait du nord de Madère à Funchal, fut jeté par une grande tempête dans la passe de l’Ilhéu de Baixo (« îlot d’en bas »), à Porto Santo, et y sombra ; tout l’équipage périt, à l’exception d’un homme qui, accroché à une planche, put gagner l’Ilhéu de Ferro.
3La traversée vers Porto Santo et les naufrages côtiers
L’un des grands sinistres survenus sur la travessa de Porto Santo – la traversée (travessa) vers cette île – fut celui de la nuit du 11 janvier 1823, où neuf personnes perdirent la vie. On ne retrouva jamais la moindre trace du bateau ni des victimes de ce naufrage.
Le 5 décembre 1850, un bateau appartenant à João Rodrigues Rei et à José Alexandre de Viveiros avait quitté Funchal à destination de Porto Santo. Il avait pour patron (arrais) le marin Justiniano Joaquim de Sousa et transportait à son bord, outre ses propriétaires, 13 passageiros et 12 hommes d’équipage. Dans le passage appelé la Travessa, l’embarcation fut surprise par une violente tempête. Les propriétaires et les passagers conseillèrent alors à l’équipage, en insistant, de gagner l’ilhéu de Cima ou le débarcadère dos Frades plutôt que celui du bourg (vila), en raison du grave danger auquel ils seraient exposés au moment du débarquement. Ces prières et ces conseils ne furent malheureusement pas écoutés. Lorsqu’ils tentèrent de débarquer, la mer se fit plus houleuse sous la violence du vent qui soufflait, et des 27 personnes que portait le bateau, 12 seulement furent sauvées ; 15 trouvèrent une mort horrible au milieu des vagues énormes qui se brisaient violemment sur la plage. Parmi les victimes se trouvaient les propriétaires du bateau ainsi que des femmes et des enfants. La nouvelle de ce sinistre maritime causa la plus profonde émotion dans l’île de Porto Santo et jusqu’à Madère.
À cette époque, comme auparavant, les naufrages étaient fréquents sur la traversée entre Madère et Porto Santo, parce qu’on y employait des bateaux dits « à bouche ouverte », c’est-à-dire sans pont. Le sinistre du 6 décembre 1850 entraîna la réglementation de ce service maritime : il fut alors expressément interdit aux embarcations qui ne remplissaient pas les conditions indispensables de naviguer entre les deux îles. Dès lors, les sinistres survenus sur cette ligne devinrent rares. La goélette portugaise Maravilha s’échoua sur la plage de cette île le 7 avril 1855, sans faire de victimes. Au nord-ouest de la même île, un vapeur brésilien se perdit le 8 mars 1882 ; quatre membres de l’équipage y trouvèrent la mort. Diverses embarcations ont été jetées à différentes époques sur les côtes de Porto Santo, les unes abandonnées, les autres avec leur équipage, comme on peut le voir dans les Anais de cette île. À hauteur de la Ponta de São Lourenço (« pointe Saint-Laurent »), le vapeur anglais Forerunner sombra en 1884, causant la mort de 14 personnes, comme nous l’avons déjà dit à la page 44 de ce volume. À deux léguas (lieue, environ 5 km) au nord de cette même pointe, un bateau de pêche du port de Machico, monté par six hommes, fit naufrage le 23 février 1838 ; tous périrent. La Praia Formosa a été le théâtre de quelques naufrages. Nous pouvons citer celui du trois-mâts carré anglais Britannia, le 1er mars 1828, où un membre de l’équipage périt et où le navire fut entièrement détruit, et celui d’un caboteur, le 18 octobre 1875, qui fit cinq victimes.
Les sinistres maritimes ont été plus nombreux encore aux abords de la pointe dite Ponta da Cruz, à peu de distance de la Praia Formosa. Au sommet de la falaise se dresse une petite croix de fer, remplacée à plusieurs reprises, en signe et en souvenir des accidents et des pertes de vies qui s’y sont produits. Les passagers des caboteurs qui passent en ce lieu ont la pieuse coutume de se découvrir respectueusement, et beaucoup murmurent avec recueillement une fervente prière. C’est là que sombra, le 12 mars 1901, un caboteur de Ponta do Pargo ; sept personnes y périrent.
À hauteur de Ponta do Pargo, un bateau de pêche du port de Paul do Mar fit naufrage le 31 mars 1850 ; quelques membres de l’équipage périrent. Venant du Pará avec une cargaison pour Lisbonne, le brick portugais Triunfo, commandé par le capitaine Francisco António da Silva, fit naufrage sur la plage de la paroisse (freguesia) de Madalena do Mar le 31 janvier 1857 ; tout l’équipage fut sauvé. Devant le débarcadère de la paroisse de Porto da Cruz, à une légua et demie de la côte, le brick français Homs, commandé par le capitaine F. Azemas, qui se rendait de Cette à la Martinique, sombra le 20 septembre 1858 à la suite d’une violente tempête. Tout l’équipage fut sauvé et reçut dans cette paroisse de généreux secours du commandeur Valentim de Freitas Leal, riche propriétaire du lieu.
Dans les premiers jours de décembre 1859, le trois-mâts carré anglais Flying Foame avait quitté Cardiff à destination de la colonie britannique de Hong Kong, en Chine. Une grande tempête l’entraîna jusqu’aux parages de Madère et le projeta violemment contre les récifs de la côte, au lieu-dit Fajã do Manuel (« replat de Manuel »), dans la paroisse de Porto Moniz. Des 21 personnes qui se trouvaient à bord, 15 périrent, parmi lesquelles le capitaine du navire, William Lidle, et d’autres officiers. Ce navire, qui transportait une pleine cargaison de houille, fit naufrage le 19 décembre 1859.
Sur la falaise de l’Ilhéu do Navio (« îlot du Navire »), sur la côte de la paroisse de Santana, la galiote hollandaise Alfa, qui se rendait d’Angleterre à l’île d’Haïti, fit naufrage le 24 décembre 1860 à cause d’une grande tempête. L’équipage, composé de 7 hommes, fut sauvé.
Le 18 août 1861, un caboteur fit naufrage à Porto Novo, dans la paroisse de Gaula, causant la perte de sept vies, passagers et membres d’équipage confondus.
Le caboteur Bailão, du port de Calheta, qui se rendait de ce bourg à Funchal le 3 septembre 1872, sombra ; trois membres de l’équipage périrent.
Le 18 octobre 1875, un caboteur chargé de marchandises et de passagers quitta pour Funchal le débarcadère dos Anjos, dans la paroisse de Canhas. Il fit naufrage, nous ne savons pas bien à quel moment du voyage ; quatre hommes et deux femmes périrent. Dans la paroisse de Ponta Delgada, un trois-mâts carré norvégien s’échoua sur la côte le 9 décembre 1877 ; deux membres de l’équipage moururent.
Nous avons déjà donné un bref récit du naufrage du yacht Varuna, dans la paroisse d’Achadas da Cruz, à la page 13 du tome I de cet ouvrage.
Le 12 mars 1901, le caboteur « Brilhante Pargueiro » fit naufrage devant la Ponta da Cruz ; huit passagers périrent.
L’éclairage des îles Desertas est projeté depuis longtemps. Faute de phares, quelques naufrages de navires de haute mer se sont produits dans ces parages, surtout lorsque la brume est la plus épaisse. Plusieurs sinistres maritimes y ont également frappé des bateaux de pêche qui, chassés par la tempête, trouvent parfois sur ces côtes abruptes et sans abri leur destruction et la mort de leurs équipages.
Quelques navires abandonnés ont été jetés sur les côtes de ces îles. Le vapeur anglais Lagos, venant de Liverpool à destination de Madère, où il conduisait quelques passagers, s’échoua sur la Deserta Grande (« Grande Déserte ») le 17 janvier 1902, principalement à cause de l’épaisse brume qui régnait.
En 1788, le corsaire anglais Dart fit naufrage sur les côtes de la même île, en un endroit que nous ignorons ; en 1804, deux galères de la même nationalité furent jetées contre la côte, elles aussi en un lieu dont nous n’avons pu obtenir aucune nouvelle. Dans de nombreux ports étrangers, on trouve de petits monuments ou de simples inscriptions lapidaires où ressortent les noms des personnes qui, lors de naufrages et de tempêtes en mer, rendirent d’éminents services en sauvant leurs semblables, en lutte contre les éléments déchaînés.
4Hommage aux sauveteurs
Cet exemple mériterait d’être suivi, et un journal de Funchal (Diário da Madeira du 11 décembre 1926) a déjà, sous la plume de l’un des auteurs de cet ouvrage, suggéré de concrétiser cette idée, en publiant les lignes suivantes.
Une modeste plaque, placée près de la mer et portant les noms de tous ceux qui ont mérité la reconnaissance des nationaux et des étrangers pour les services rendus lors des tempêtes dans le port de Funchal, serait un moyen simple de montrer que les Madériens savent, eux aussi, rendre justice à ceux qui, par des actes qui les honorent, ont prouvé qu’ils conservaient intactes les vertus de la race. Mais, en attendant que cela se fasse, nous allons tenter de sauver d’un oubli complet quelques-uns de ces noms, en les consignant dans les colonnes de ce journal.
Il y a quarante à cinquante ans, les hommes que nous citons ci-après par leur nom ou leur surnom étaient les plus connus pour la hardiesse et la bravoure avec lesquelles ils affrontaient la fureur des vagues chaque fois qu’il y avait des vies à sauver lors de naufrages dans le port de Funchal : António Maria de Gouveia, António da Silva Cambé, Silvano Cardoso, Manuel Teixeira, Manuel Caramujo, João dos Passos (le muet), João Pereira (dit o Marau), José de Sousa (dit o Patacho), Manuel Capitão, José (dit o Gato Fardão), Guilherme et Vitorino Pófia, les deux Russos, o Tigela et Guilherme Albuquerque de França. Ce dernier, un Madérien qui fut consul de l’Uruguay à Funchal et n’appartenait pas, comme on le sait, au monde de la mer, n’hésitait jamais à lutter contre les vagues déchaînées dès que l’on réclamait ses services lors des tempêtes. À une époque plus ancienne, les Madériens suivants jouirent à Funchal d’une grande renommée pour la même raison : Henrique Crawford, à qui les naufragés de la goélette anglaise Wave, échouée près de São Lázaro le 26 octobre 1842, durent la vie ; José Ferreira Ourela, Arsénio Pombo, João de Freitas, João Vieira, António Silveira et Pedro António. Tous ces hommes, à l’exception du premier, appartenaient au monde de la mer et reçurent une mention honorable dans le procès-verbal de la séance de la Société royale humanitaire de Porto (Real Sociedade Humanitária do Porto) du 14 avril 1858, où figuraient également les noms de Domingos Teles de Meneses, Augusto César Bianchi, Alexandre Sheffield, Roberto Taylor, Gregório Antunes dos Santos, José Francisco da Silva et Cândido Augusto de Mesquita Spranger, pour les bons services rendus lors du naufrage du brick Reliance.
Lors de ce naufrage, le musicien Amaro José, originaire du Portugal, rendit des services des plus remarquables, ce qui lui valut la médaille d’or de première classe de ladite Société humanitaire.
Dans cet article
Époque
Années citées · 09-
Une violente tempête mit des navires en danger et endommagea les ouvrages portuaires de Funchal.
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Une explosion à bord d’un navire portugais à Funchal fit 32 morts.
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Un bateau assurant la liaison avec Porto Santo fit naufrage lors de son débarquement, causant la mort de 15 des 27 personnes à bord et entraînant la réglementation de la traversée.
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La Real Sociedade Humanitária do Porto félicita des sauveteurs madériens pour leur action lors de naufrages.
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La galère Defensor arriva à Madère alors qu’elle sombrait, et six personnes se noyèrent en tentant de débarquer.
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Le Flying Foame fit naufrage à Fajã do Manuel, à Porto Moniz, faisant 15 morts.
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Deux violentes tempêtes jetèrent de nombreux navires à la côte dans la baie de Funchal.
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Le vapeur Forerunner sombra au large de Ponta de São Lourenço, faisant 14 morts.
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Le caboteur Brilhante Pargueiro sombra au large de Ponta da Cruz.
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Le vapeur Lagos s’échoua sur Deserta Grande dans le brouillard.
Lieu
Lieux cités · 12- Baie de Funchal
Funchal. Principal mouillage de Funchal, dont l’exposition aux tempêtes du sud provoqua de nombreux naufrages.
La baie de Funchal, entre Ponta do Garajau et Ponta da Cruz, est la plus large de l’archipel et le principal mouillage de l’île ; son exposition aux tempêtes du sud causa de nombreux naufrages. L’Elucidário indique que Vidal en dressa le relevé en 1843, que le Surprise y fut torpillé et qu’elle n’avait jamais fait l’objet d’une étude océanographique.
- Cabo Garajau
Santa Cruz. Limite orientale de la baie de Funchal.
Ce cap marque la limite orientale de la baie de Funchal et est contourné par les navires arrivant à Funchal par l’est. Il est l’un des deux caps de Madère et doit son nom aux sternes qu’y trouvèrent les premiers explorateurs. Contrefort méridional et point de vue sur l’île, il abrite Lotus macranthus et marquait, en 1919, une limite de la zone maritime réglementée.
- Deserta Grande
Santa Cruz · Desertas. Lieu où le vapeur Lagos s’échoua en 1902.
La plus grande des îles Desertas, haute de 490 m, fréquentée selon les saisons par des chasseurs, des pêcheurs et des cueilleurs d’orseille. Le vapeur Lagos s’y échoua en 1902 ; le prince de Monaco s’y rendit en 1888, de même que les scientifiques du Dana. Son lieu de débarquement, à Carga da Lapa, se trouve à 21,5 milles de Funchal.
- Fajã do Manuel
Porto Moniz. Lieu du naufrage du Flying Foame en 1859.
Fajã do Manuel est un lieu-dit côtier de la paroisse de Porto Moniz, à Madère, où fit naufrage un navire anglais, le Flying Foame. La notice qui lui est consacrée date le naufrage de 1856 et indique que 15 des 21 personnes à bord périrent, tandis qu’une autre notice le date de 1859.
- Ilhéu de Baixo
Porto Santo. Lieu où un bateau transportant du vin fit naufrage en 1790.
Ilhéu de Baixo, également appelé Ilhéu da Cal, est un îlot au large de la pointe sud de Porto Santo. Séparé de Calheta par un étroit chenal, il marque la limite occidentale de la baie de Porto Santo. Pendant des siècles, il a fourni tout le calcaire dont était tirée la chaux utilisée dans la construction à Madère. L’Elucidário mentionne également son calcaire contenant des fossiles du Miocène, ses escargots fossiles, ses grottes, ses lapins, un bateau chargé de vin qui y fit naufrage en 1790 et son rôle de point de départ, du côté de Porto Santo, de la Travessa pour les mesures de distance.
- Ilhéu do Navio
Santana. Rocher où le galiote néerlandais Alfa fit naufrage en 1860.
Rocher sur lequel la galiote néerlandaise Alfa fit naufrage en 1860.
- Ponta da Cruz
Funchal. Cap marqué par une croix de fer, théâtre de nombreux naufrages.
Cette Ponta da Cruz est un cap de São Martinho considéré comme la limite occidentale de la baie de Funchal. Une petite redoute s’y trouvait autrefois ; le cap est proche d’une conserverie de poisson.
- Ponta de São Lourenço
Machico. Lieu où le vapeur Forerunner coula en 1884.
La Ponta de São Lourenço est le long et étroit cap oriental de Madère, dans la paroisse de Caniçal. Son nom viendrait de la caravelle São Lourenço ; un phare se dresse sur l’un de ses îlots. L’Elucidário décrit sa géologie, sa végétation saisonnière, ses îlots, les formations calcaires fossiles de Piedade, ses escargots terrestres et son utilisation comme pâturage. Le vapeur Forerunner y fit naufrage en 1884, et un banc sous-marin s’étend entre le cap et les îles Desertas.
- Pontinha
Machico. Ouvrages portuaires endommagés par des tempêtes en 1757 et 1892 ; son ancien fort isola des survivants en 1858.
La Pontinha est une avancée côtière à l’extrémité occidentale de la baie de Funchal. D’abord appelée Ilhéus, du nom de deux îlots rocheux, elle fut ensuite reliée à la côte par des murs et par un brise-lames achevé en 1889. L’Elucidário retrace l’histoire de ses forts, de sa chapelle, de son phare, de son quai de débarquement et de sa route, ainsi que les dégâts causés par les tempêtes en 1757 et 1892 et l’installation, en 1901, d’un poste de désinfection maritime. Des visiteurs de marque, tels que le nonce et l’archiduchesse Léopoldine, y débarquèrent. Un lieu-dit du même nom figure aussi parmi les principaux lieux-dits de la paroisse de Machico.
- Porto Santo
Île dont la traversée et les côtes furent le théâtre de fréquents naufrages.
Île de l’archipel, peuplée en même temps que Madère et formant l’une des trois capitaineries. Elle a toujours constitué une seule paroisse, placée sous le vocable de Notre-Dame de Pitié, dont l’église fut pillée à plusieurs reprises. L’Elucidário relate le raid de pirates maures de 1617, évoque sa propre Misericórdia et un canal destiné à recueillir les eaux de pluie, construit sur cette île sujette à la sécheresse.
- Praia Formosa
Funchal. Plage où le Britannia fit naufrage en 1828.
Praia Formosa est une plage de sable à l’ouest de Funchal, qui forme la limite sud de la paroisse de São Martinho. Des corsaires français y débarquèrent le 3 octobre 1566 avant de mettre Funchal à sac, et le site fut fortifié par la suite. L’Elucidário mentionne également le naufrage du Britannia en 1828, le mouillage de quarantaine au large de la plage, d’abondants cristaux d’olivine et plusieurs plantes remarquables.
- São Lázaro
Funchal. Rivage où plusieurs navires furent jetés à la côte.
Lieu-dit de la paroisse de São Pedro, à Funchal, où la Ribeira de São João se jette dans la mer. L’ancien hôpital de São Lázaro s’y trouvait ; sa chapelle devint par la suite la prison civile.
Personnes
Personnes citées · 14-
Musicien portugais décoré d’une médaille d’or de première classe par la Real Sociedade Humanitária pour les sauvetages lors du naufrage du Reliance en 1858.
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Commandant du navire de guerre français Balance, qui sombra près de Porto Santo en 1768.
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Félicité par la Real Sociedade Humanitária do Porto pour son aide lors du naufrage du Reliance en 1858.
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Capitaine du brick-goélette français Homs, qui sombra au large de Porto da Cruz en 1858.
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Capitaine du brick Triunfo, qui fit naufrage à Madalena do Mar en 1857 sans faire de victimes.
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Consul de l’Uruguay à Funchal, originaire de Madère, connu pour avoir participé à des sauvetages en mer bien qu’il ne fût pas marin.
-
Originaire de Madère, il sauva l’équipage de la goélette Wave à São Lázaro en 1842.
- João Rodrigues Reimort 1850
Copropriétaire du bateau perdu lors de la traversée vers Porto Santo en décembre 1850, naufrage dans lequel il périt.
- José Alexandre de Viveirosmort 1850
Copropriétaire du bateau perdu lors de la traversée vers Porto Santo en 1850, il périt dans le naufrage.
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Patron du bateau qui fit naufrage en accostant à Porto Santo en 1850.
+ 4 de plus
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L’un des marins de Funchal réputés pour avoir secouru des naufragés.
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Capitaine du patacho brésilien Liberato Terceiro, naufragé à Funchal en mars 1858.
- Valentim de Freitas Leal1790–1879
Riche propriétaire terrien de Porto da Cruz qui porta secours à l’équipage du Homs, naufragé en 1858.
- William Lidlemort 1859
Capitaine du Flying Foame, il périt lors de son naufrage à Porto Moniz en 1859.