Port de Funchal 1La baie et ses marées
Port de Funchal
Titre original: Porto do Funchal
Décrit la baie de Funchal, le plus grand port de l’archipel de Madère, ses limites, sa protection contre les vents, ses marées et les distances qui la séparent d’autres ports, avec des statistiques sur son trafic maritime et son commerce dans les années 1930 et 1940. Présente Funchal comme le premier port des îles adjacentes et le quatrième du Portugal.
Étranger
1La baie et ses marées
La baie (baía) de Funchal est la plus vaste de l’archipel ; elle a pour limites la Ponta do Garajau (« pointe de la Sterne »), à l’est, et la Ponta da Cruz (« pointe de la Croix »), à l’ouest. Elle décrit entre ces deux pointes une courbe et un rentrant sensiblement réguliers et se trouve à l’abri des vents de tous les quadrants, à l’exception du vent qui souffle du SSE au SSW en passant par le S. Son ampleur permet d’en faire un vaste mouillage, mais les communications avec la terre ne peuvent s’établir avec une relative facilité qu’aux points les plus accessibles du littoral, qui s’étendent de l’Ilhéu da Pontinha (« îlot de la Petite Pointe »), à l’ouest, jusqu’aux abords de la forteresse de São Tiago (« saint Jacques le Mineur »), à l’est, distants l’un de l’autre d’environ deux mille mètres. C’est entre ces limites que se déroulent tout le trafic et tout le mouvement du port. Celui-ci est bordé par une plage de galets roulés, de grande profondeur et libre de récifs ou d’écueils qui pourraient en gêner l’accès. La pleine mer, ou établissement du port (heure de la pleine mer aux syzygies), est à 12 h 48, selon la carte géographique de Madère du général A. P. de Azevedo, et la marée s’élève de 2,28 m ; l’ingénieur Mariano F. Faria e Maia affirme toutefois que l’amplitude des marées atteint 2,80 m. Au sujet du port de Funchal et des marées du littoral de Madère, l’illustre ingénieur Adolfo Loureiro écrit « que l’on sait peu de chose des influences lunaires sur le phénomène des vives-eaux et des mortes-eaux, de la propagation, de la vitesse et de la direction qu’on y observe, de la hauteur et de la force de la houle selon la direction du vent, de son impulsion, de sa durée, etc. La température des eaux et sa distribution en surface, leurs mouvements périodiques et leurs conditions, qui suivent une loi apparemment constante, devraient faire l’objet d’études océanographiques très intéressantes, qui malheureusement n’ont jamais été entreprises ».
Les ports de Lisbonne et de Funchal sont distants de 520 milles ; Funchal se trouve à environ 350 milles du cap Cantin (voir ce nom), à 1220 milles de Plymouth, à 1330 de Southampton et à 1430 de Liverpool.
Il présente un réel intérêt et une utilité reconnue de donner ici un relevé détaillé du mouvement du port de Funchal au cours des dernières années, non seulement pour apprécier le développement commercial et touristique constaté chez nous, mais aussi pour fournir des éléments d’étude sur les améliorations qu’il faudra peut-être encore réaliser, dans un proche avenir, dans les limites de notre port d’abri.
L’article Mouvement du port (II-409) donne des informations sur ce mouvement pour la période de 1901 à 1943, qui complètent ce que nous venons d’exposer.
Il convient de noter que la baisse considérable que l’on observe dans le mouvement du port de Funchal à partir de 1914 fut due à la grande conflagration européenne, qui éloigna de Madère un nombre considérable de navires ; le mouvement reprit ensuite peu à peu, jusqu’à atteindre 1438 navires en 1937. Avec la récente guerre mondiale, la baisse fut plus forte encore : le nombre de navires entrés fut de 389, 234, 190 et 187 de 1940 à 1943.
Les informations intéressantes et précieuses que nous présentons ci-après sur le port de Funchal sont tirées du périodique réputé Jornal do Comercio e das Colonias et dues à la plume du docteur C. Dias de Carvalho.
2Statistiques commerciales
« Les ports des Îles adjacentes (Ilhas Adjacentes) se classent, selon leur importance, dans l’ordre suivant : Funchal, Ponta Delgada (« pointe effilée »), Horta et Angra. Il convient toutefois de donner d’abord une idée de leur mouvement d’ensemble.
Les marchandises chargées et déchargées dans ces ports en 1936 s’élèvent à environ 251 mille tonnes, pour une valeur d’à peu près 132 mille contos (1 conto = 1 000 000 réis, à partir de 1911 1000 escudos).
Au port de Funchal revient la quasi-totalité de ce mouvement, avec 88,63 % du tonnage et 82,76 % de la valeur globale ; vient ensuite celui de Ponta Delgada, avec respectivement 6,97 % du tonnage et 11,52 % de la valeur ; puis celui de Horta, avec un tonnage de 4,21 %, et Angra avec 3,56 % de la valeur ; enfin, Angra avec 0,19 % du tonnage total et Horta avec 2,16 % de la valeur.
Après avoir ainsi vu rapidement la place qu’occupe chacun de ces ports quant aux quantités de produits transitant par ses quais, passons à une analyse plus détaillée de chacun d’eux.
Nous avons déjà dit que ce port est le plus important des Îles adjacentes et qu’il occupe le quatrième rang dans le classement général des ports du continent et des îles, juste après celui de Setúbal.
Son mouvement fut supérieur à celui de Leixões et, pour le tonnage importé, le port de Funchal dépasse même celui de Setúbal.
Les marchandises importées et exportées par ce port de l’île de Madère atteignirent en 1943 222 258 tonnes, pour une valeur de 109 203 000 escudos (monnaie portugaise à partir de 1911 : 1 escudo = 100 centavos = 1000 réis).
Voyons ce que nous disent les chiffres relatifs au commerce d’importation et d’exportation.
Importations. Le total des importations effectuées par le port de Funchal en 1936 s’élève à 95 096 tonnes, d’une valeur de 58 652 contos. Nous détaillons ci-après ces quantités et ces valeurs selon les différentes rubriques du tarif douanier : Animaux vivants – L’importation se réduit à tonnes, pour une valeur de 28 contos.
Matières premières – C’est à cette classe qu’appartient le plus fort tonnage : on importa 73 963 tonnes de produits divers, d’une valeur de 16 665 contos.
Fils et tissus – On débarqua au port de Funchal 565 tonnes de ces marchandises, mais pour une valeur de 17 096 contos : c’est la classe qui atteint la valeur la plus élevée à l’importation.
Denrées alimentaires – Les produits de cette classe figurent au deuxième rang pour la quantité – 19 216 tonnes – et au troisième pour la valeur – 14 664 contos.
Machines, appareils, etc. – L’importation de ces équipements est déjà moindre : 410 tonnes seulement, pour une valeur de 5400 contos.
Produits manufacturés divers – La quantité d’articles importés est elle aussi relativement faible – 891 tonnes –, pour une valeur de 4790 contos. Il faut cependant tenir compte de l’étendue de l’île et des besoins de sa population pour ne pas sous-estimer ces chiffres.
En résumé, les produits qui, à l’importation, animèrent le plus le port de Funchal (en tonnage, bien entendu) relèvent des classes suivantes, par ordre d’importance :
- 1°) matières premières
- 2°) denrées alimentaires
- 3°) produits manufacturés divers
- 4°) fils et tissus
- 5°) machines, appareils, etc.
- 6° animaux vivants.
Pour les valeurs, l’ordre est différent, comme on pourra aisément le vérifier d’après les chiffres déjà cités.
Exportations – Examinons à présent le mouvement commercial d’exportation de 1936, qui se traduit par la sortie de 127 162 tonnes de produits estimés à 50 551 contos.
Suivant le critère adopté pour l’importation, nous apprécierons également ce mouvement d’après la classification tarifaire des marchandises.
Matières premières – L’exportation des articles de cette classe représenta le plus fort tonnage du port de Funchal, soit 118 649 tonnes. La valeur de ces exportations fut de 10 469 contos.
Fils et tissus – C’est sous cette rubrique que se classent les remarquables broderies de l’île de Madère, de renommée mondiale ; il n’est donc pas surprenant que la somme la plus élevée de l’exportation revienne à cette classe : 25 004 contos, pour 238 000 kilos de produits.
Denrées alimentaires – Les produits alimentaires figurent au deuxième rang de l’exportation, tant en quantité – 8207 tonnes – qu’en valeur – 14 891 contos. Ils comprennent les célèbres vins de Madère, les bananes, etc.
Quant aux deux classes restantes, machines, appareils, etc., et produits manufacturés divers, le tonnage exporté fut respectivement de 3 et 65 tonnes, et les valeurs de 24 et 163 contos.
Sur ce sujet, les articles Quais, Funchal (plage), Junta Autónoma das Obras do Porto, Madère (aspects hydrographiques), Marées, Mouvement du port, Naufrages, Navigation aérienne et Pontinha présentent un intérêt particulier par les informations détaillées qu’ils contiennent ; nous y renvoyons le lecteur.
Dans cet article
Époque
Années citées · 05-
La Grande Guerre commença en Europe et dura quatre ans, entraînant une forte baisse du nombre de navires faisant escale à Funchal.
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Funchal assura 88,63 % du tonnage du commerce portuaire des îles adjacentes.
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Le trafic maritime de Funchal remonta à 1 438 navires.
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La Seconde Guerre mondiale réduisit les arrivées de navires à Funchal à 389, 234, 190 et 187 par an entre 1940 et 1943.
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Les importations et les exportations par le port de Funchal atteignirent 222 258 tonnes.
Lieu
Lieux cités · 15- Port de Funchal · Sujet
Funchal
La baie de Funchal est le plus grand port de l’archipel de Madère et le premier des îles adjacentes. L’îlot se trouve à son extrémité occidentale, et la baie est située à 4 milles du port de Câmara de Lobos. L’Elucidário donne les statistiques de son trafic maritime de 1901 à 1943 et rapporte notamment des visites de corsaires et de navires de guerre.
- Angra do Heroísmo
Portugal. Port des Açores comparé à Funchal.
Angra do Heroísmo est une ville, un port et un district des Açores, sur l’île de Terceira. António Cordeiro y naquit, l’Almanach para os Açores e Madeira y fut publié en 1873, et Nicolau Anastácio de Bettencourt y exerça le gouvernement pendant douze ans avant d’y mourir. La ville donna aussi son nom au titre de marquis de Stuart.
- Cap Cantin
Morocco. Cap africain situé à environ 350 milles de Funchal.
Le cap Cantin est le point de la côte marocaine le plus proche de Madère, situé à peu près à la même latitude. L’Elucidário le situe à environ 350 milles de Madère et de Funchal.
- Forteresse de São Tiago
Funchal. Extrémité orientale de la portion de côte où le débarquement est possible.
Forteresse située sur le front de mer de Funchal, à l’extrémité orientale de la plage de débarquement, datant de 1614, sous la domination espagnole, et reconstruite en 1767 ; elle abrita ensuite une batterie d’artillerie de montagne. Des prisonniers y furent détenus en 1823 et en 1828, le drapeau républicain y fut hissé le 7 octobre et elle ouvrit le feu lors du bombardement de Funchal en 1916.
- Horta
Portugal. Port des Açores comparé à Funchal.
Port des Açores situé sur l’île de Faial, ville natale du docteur Manuel de Arriaga et comparé au port de Funchal. Nicolau Anastacio de Bettencourt gouverna son district et en fut élu député en 1853.
- Ilhéu da Pontinha
Funchal. Extrémité occidentale de la portion de côte où le débarquement est possible.
Îlot situé à l’extrémité ouest de la partie accessible de la côte où l’on débarque dans le port de Funchal. Il possède un escalier destiné aux soldats et au personnel du phare et fut proposé en 1861 comme emplacement d’un feu fixe.
- Leixões
Portugal. Port du Portugal continental dont Funchal dépassait le trafic.
Port du Portugal continental dont le trafic était inférieur à celui de Funchal.
- Lisbonne
Portugal. À 520 milles de Funchal.
Capitale du Portugal, siège du tribunal de la Relação et de la Misericórdia dont les privilèges et les statuts furent étendus à Funchal. Henrique Franco de Sousa étudia à son Académie royale des beaux-arts, et Luiz José Baiardo s’y installa en 1821.
- Liverpool
United Kingdom. À 1430 milles de Funchal.
Port anglais situé à 1430 miles de Funchal, d’où des navires partaient pour l’Afrique de l’Ouest via Madère ; le Liberia en partit pour Madère en 1874. Les travaux de Robert McAndrew y furent publiés, et son musée conserve des spécimens de coraux madériens.
- Plymouth
United Kingdom. À 1220 milles de Funchal.
Plymouth est un port anglais situé, selon l’Elucidário, à 1220 milles de Funchal. C’était le port de départ des navires de l’African Steam Ship Company faisant escale à Madère et la destination prévue du brick Jane.
- Ponta da Cruz
Funchal. Limite occidentale de la baie de Funchal.
Cette Ponta da Cruz est un cap de São Martinho considéré comme la limite occidentale de la baie de Funchal. Une petite redoute s’y trouvait autrefois ; le cap est proche d’une conserverie de poisson.
- Ponta Delgada
Portugal. Port des Açores classé deuxième parmi ceux des îles adjacentes.
Ponta Delgada est une ville, un district et un port des Açores, classé au deuxième rang des ports des Îles adjacentes ; sa douane eut autrefois une délégation à Funchal. C’est la ville natale de Gaspar Frutuoso. Elle conserve la copie corrigée de Saudades da Terra et le manuscrit généalogique d’Agrela, et est liée à plusieurs personnalités qui y étudièrent ou y exercèrent des fonctions.
+ 3 de plus
Personnes
Personnes citées · 04-
Général dont la carte géographique de Madère indiquait l’heure de la marée haute et le marnage dans le port de Funchal.
- Adolfo Loureiromort 1911
Ingénieur cité pour avoir déploré l’absence d’étude océanographique des marées et des eaux de Madère.
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Auteur de l’article de journal dont les statistiques portuaires sont citées.
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Ingénieur qui affirma que les marées à Funchal atteignent 2,80 m.