Sac de Funchal par les Français 1Origines de l’expédition
Sac de Funchal par les Français
Titre original: Saque dos Franceses
Récit du sac de Funchal en octobre 1566 par des corsaires français, dont beaucoup étaient huguenots, sous les ordres de Bertrand de Montluc, à l’instigation du marchand portugais renégat Gaspar Caldeira, et de ses suites diplomatiques. L’article se termine par un texte de Stephen Gaselee consacré à une lettre du cardinal Henrique relative à cette affaire.
1Origines de l’expédition
Le sac de Funchal par les huguenots français fut l’une des plus grandes calamités qui aient frappé cet archipel. Le souvenir de l’événement ne s’est pas conservé dans la tradition locale, comme celui des inondations de 1803 ou du choléra de 1856, car il survint à une époque très éloignée de nous. Mais les chroniques madériennes et de nombreux historiens de notre pays évoquent cet épisode avec une véritable horreur et le dépeignent sous les sombres couleurs des grandes tragédies et des catastrophes les plus effroyables.
C’était en 1566. Le cinquième capitaine-donataire (capitão-donatário) de Funchal, Simão Gonçalves da Câmara, se trouvait à Lisbonne, et son oncle Francisco Gonçalves da Câmara gouvernait la capitainerie. Le Portugais Gaspar Caldeira était l’un des nombreux trafiquants qui, sur la Côte de l’Or, se livraient au commerce de l’or et d’autres produits que les indigènes négociaient sur le littoral africain. Ayant abusé des prérogatives que lui accordait le règlement (regimento) royal, Caldeira dut se réfugier en France, et tous ses biens furent alors confisqués. Privé de ces exemptions et privilèges et contraint de vivre loin de sa patrie, il ne reconnut pas sa faute et ne chercha pas à se justifier : il jura au contraire d’exercer contre ses compatriotes la plus terrible des vengeances et la plus vile des revanches. Connaissant la prospérité de Madère et l’importance de son grand commerce, et n’ignorant pas non plus combien étaient faibles les moyens de défense que l’on pourrait y opposer à l’attaque de navires armés, il conçut alors le projet d’assaillir cette île, pour assouvir ainsi sa noire vengeance et se dédommager des biens que la confiscation lui avait ôtés.
Il trouva en Bertrand de Montluc un excellent exécutant de ses projets. Ce gentilhomme de la maison du roi Charles IX était le fils du maréchal de Montluc, qui laissa un nom dans l’histoire par les actes d’héroïsme qu’il accomplit sur les champs de bataille, ainsi que par des Mémoires de sa vie, qu’il écrivit et qui connurent plusieurs éditions. Il est aujourd’hui impossible de savoir si Bertrand de Montluc s’apprêtait déjà à courir les mers en de périlleuses aventures de course et de piraterie lorsqu’il rencontra Gaspar Caldeira, ou si ce fut ce dernier qui, connaissant l’esprit audacieux et aventureux du fidalgo (gentilhomme de la petite noblesse) français, l’amena à prendre l’initiative de cette dangereuse entreprise.
Montluc avait obtenu de Charles IX l’approbation de l’entreprise dans laquelle il s’était lancé, mais il cacha au monarque ses desseins secrets et les obscures négociations qu’il avait engagées avec Gaspar Caldeira. Il associa à ses projets un nombre considérable de gentilshommes, surtout de l’ancienne province de Guyenne. Le vicomte de Jas était le vice-amiral de cette flottille de pirates ; y embarquèrent aussi Fabien de Montluc, un fils du vicomte de Pompadour, le baron de Guitimeres, fils du vicomte du même titre, et bien d’autres membres de familles nobles de France. Il est possible qu’ils aient ignoré les fins cachées de Montluc, mais il est bien certain qu’à cette époque le vol, les déprédations et le pillage trouvaient, dans certains pays d’Europe, pleine justification lorsqu’ils étaient couronnés par des actes d’une rare vaillance ou par des coups d’audace décisifs.
Sur trois navires de haut bord et huit bâtiments de moindre tonnage, Montluc embarqua environ mille deux cents hommes, parmi lesquels Gaspar Caldeira, Belchior Contreiras, António Luís et, semble-t-il, d’autres Portugais dévoyés encore. Ils quittèrent Bordeaux au début de septembre 1566. Selon Edmond Falgairolle, ce fut une violente tempête qui les poussa à relâcher à Madère ; mais il ne fait aucun doute que leur destination était bien cette île, et leur unique dessein de la piller et de la saccager, comme ils le firent en effet.
L’auteur cité rapporte que Bertrand de Montluc, goûtant peu le repos dont il jouissait en France et las des intrigues de la cour, avait résolu d’exposer sa vie dans les parages africains en tentant de fonder une forteresse en Afrique orientale, destinée à protéger le commerce des Français avec ces régions et avec les pays d’Orient. Il ajoute qu’à leur arrivée à Funchal, quelques hommes ayant débarqué pour faire aiguade, ils furent reçus par les Portugais à coups de canon, et qu’alors « Montluc, porté par son ardent enthousiasme et son grand désir de faire parler de lui, saisit l’occasion pour tenter un véritable coup de main et défier ainsi l’orgueil de l’Espagne et du Portugal, tenus alors pour les véritables maîtres des mers ». Les chroniques madériennes et les historiens portugais ne font pas la moindre allusion à l’attitude hostile avec laquelle auraient été reçus les sujets de Charles IX. Les relations entre la France et notre pays étaient alors assez amicales, et l’on croira difficilement que les Madériens se soient conduits ainsi, à moins que l’escadre de Montluc ne fût apparue devant Funchal en appareil de guerre et avec toutes les apparences de véritables corsaires, ce qu’ils étaient en réalité. Pour connaître les intentions du pirate Montluc, il suffira de rappeler que, la veille du jour où il assaillit Madère, il fit une descente à Porto Santo (« port saint ») et déchaîna toute sa fureur sur les habitants sans défense de cette île. De plus, l’acharnement féroce avec lequel il attaqua la ville, les cruautés inouïes qu’il commit et surtout le terrible sac qu’il infligea à Funchal, le dépouillant de ses richesses dont il chargea onze bâtiments, sont la preuve éloquente et incontestée qu’il s’agissait d’un acte de piraterie pure et simple, et nullement de représailles en réparation d’une offense reçue.
2L’assaut et le sac
Gaspar Frutuoso consacre une quarantaine de pages au récit détaillé des nombreuses violences et cruautés commises par les Français pendant les seize jours qu’ils demeurèrent à Funchal, tout à leur terrible besogne de destruction et de massacre. Il ne nous donne cependant pas une idée générale et complète de ce que fut cet horrible assaut, au cours duquel des fauves à visage humain lâchèrent la bride à leurs instincts de cannibales et transformèrent une ville riche, à l’apogée de sa prospérité, en un champ où l’on aurait livré une bataille sanglante et où ne resteraient que les dépouilles inutiles du pillage d’une soldatesque déchaînée.
Il nous est impossible, sans nous étendre démesurément, de décrire ces horreurs dantesques qui, comme le disent les Saudades da Terra, causèrent « plus de maux par les actes que les hommes n’en peuvent imaginer, que les paroles n’en peuvent conter et que des chrétiens n’en peuvent croire ».
Les pirates débarquèrent le 3 octobre, vers neuf heures du matin, à Praia Formosa (« belle plage »), et marchèrent aussitôt sur la ville, où ils pénétrèrent par deux points différents. Au Portão de São Paulo (« porte Saint-Paul »), on leur opposa une résistance acharnée, et quelques dizaines d’hommes y tombèrent de part et d’autre. Ce passage forcé, ils se dirigèrent vers la forteresse de São Lourenço (« saint Laurent »), où le gouverneur, avec les moyens dont il disposait, leur résista vaillamment, avant de devoir céder devant l’aguerrissement et le nombre des assaillants. En d’autres points de la ville se formèrent encore quelques noyaux de résistance, qui se révélèrent tout à fait vains face à la fureur et au nombre des pirates. Des forces s’organisèrent en divers endroits de l’île, prêtes à marcher sur la ville ; mais, persuadées par des informations venues de Funchal que leur présence ne ferait qu’exciter davantage la rage des corsaires, elles résolurent de rebrousser chemin, laissant ceux-ci entièrement maîtres de la situation.
Lors de l’assaut de la forteresse de São Lourenço, Bertrand de Montluc fut mortellement blessé ; il fut enseveli sur le lieu même du combat, et le vicomte de Jas lui succéda au commandement.
Le pillage suivit et, durant seize jours, on bourra les onze navires des dépouilles les plus riches et les plus variées. Ce qu’ils ne purent emporter à bord fut rendu inutilisable ou détruit. Ils répandirent ainsi des milliers de pipas de vin et gâchèrent des milliers d’arrobas de sucre. Le mobilier des riches demeures, l’argenterie des églises et des couvents et le contenu des grands entrepôts remplirent plusieurs navires. On estime à quelques millions de cruzados les dommages que ces barbares causèrent chez nous.
On évalue à trois cents les victimes de la fureur des assaillants : quelques-unes tuées en défendant la ville, mais la plupart massacrées sauvagement par la soldatesque de Montluc. Frutuoso affirme, et cela passe pour un fait établi, qu’une part considérable des envahisseurs étaient huguenots ; ainsi s’expliquent aisément les outrages et les sacrilèges qu’ils commirent dans les églises, non seulement en les pillant et en les dépouillant de toutes leurs richesses, mais encore en les profanant, notamment dans les images et les objets destinés au culte.
D’après les frayeurs et les alarmes que provoqua l’arrivée du sous-marin en décembre 1916, on mesurera à juste titre la panique et la terreur qui se répandirent dans la population lors du sac des Français.
Quand les secours arrivèrent de Lisbonne, les navires corsaires avaient déjà levé l’ancre, faisant route vers les Canaries, où ils vendirent une part considérable de leur abondant butin.
Le 22 octobre 1566, notre ambassadeur en France présenta à Charles IX une énergique protestation, exigeant le châtiment exemplaire des coupables. Forquevaux, représentant de la France à Lisbonne, s’empressa d’exprimer ses vifs regrets à notre gouvernement, promettant une punition sévère des criminels. Charles IX et la reine mère se montrèrent extrêmement affligés de ces très tristes événements ; mais, malgré les efforts de notre ambassadeur, ces crimes horribles restèrent impunis, et seul le Portugais Gaspar Caldeira fut exécuté à Lisbonne, parce que ce même ambassadeur avait réussi à le faire arrêter dans une forteresse de la Biscaye, où on l’avait conduit par ruse. Certains compagnons de Montluc étaient des hommes puissants et influents dans leur pays, et plusieurs dizaines d’assaillants appartenaient aux familles les plus distinguées de France, ce qui explique suffisamment cette impunité.
3Le document de Gaselee
Le terrible sac dont fut victime la population de Funchal en 1566, et que nous avons brièvement évoqué plus haut en nous servant du récit de Gaspar Frutuoso, constitue peut-être la plus grande calamité qui ait jamais frappé notre ville et quelques-uns de ses environs. Il est regrettable qu’aucune étude rigoureuse et approfondie n’ait encore été consacrée à un événement aussi triste et déplorable, comme nous l’avons déjà signalé ailleurs dans cet ouvrage. À titre de simple contribution, nous allons transcrire un intéressant article de Stephens Gaselee, ancien directeur des archives du « Foreign Ofice » de Londres, publié dans le Diário da Madeira du 9 février 1937, qui présente quelque intérêt pour ce sujet :
« J’ai eu récemment la chance d’acquérir un document diplomatique qui se rapporte à cet incident, et je crois que son récit et sa transcription pourront intéresser les lecteurs du Diário da Madeira. Ce document, écrit sur une double feuille de papier de format in-quarto, porte au verso l’adresse « Au très honorable ambassadeur du très chrétien seigneur « Roi de France en la cour de Castille ».
Ce message, au sujet duquel j’ai encore quelque chose à dire, fut annoté au dos, vraisemblablement par son destinataire, et la date qui y figure n’est pas entièrement claire – « XVI J I an 1567 ». Il porte encore, imprimé, le sceau du cardinal régent du Royaume (reino, c.-à-d. le Portugal continental), plus tard le cardinal-roi Henri de Portugal. Le texte en est le suivant :
Très honorable ambassadeur,
Par le trésorier Le Fevre, j’ai reçu votre lettre du XXVI du mois passé, et j’y ai compris que, dès que vous avez appris les outrages que le capitaine Montluc et ceux de sa compagnie commirent dans l’île de Madère, vous en avez informé par courrier exprès le très chrétien seigneur roi de France ; et j’ai vu le sentiment qu’il éprouva à cette nouvelle et les mesures qu’il prit à cause d’elle, comme je l’ai vu par les copies des lettres et papiers que vous m’avez envoyés. Je vous remercie vivement de l’affection et de l’amour que vous montrez pour mes affaires, et de la diligence que vous avez mise à informer le très chrétien seigneur roi de France de ce qui s’est passé dans ladite île. Car j’ai confiance et tiens pour certain que, de même qu’avant d’avoir appris en détail les grands et nombreux outrages et excès que ledit Montluc et ses vassaux commirent dans ladite île de Madère, au grand préjudice du service de Notre-Seigneur et de ce qui convenait à une paix et amitié aussi anciennes que celles que le roi mon seigneur et les rois ses prédécesseurs ont toujours entretenues avec les rois de France, il voulut faire entendre combien il lui avait déplu que celui-ci n’eût pas observé ce qu’il lui avait interdit et défendu, et le déclara rebelle et désobéissant, de même, après avoir entendu João Pereira, naguère ambassadeur du roi mon seigneur, il fera en cette affaire une démonstration telle que le roi mon seigneur devra à juste titre s’en tenir pour satisfait, et que le monde reconnaîtra que l’esprit et l’intention dudit seigneur roi sont bien ceux que l’on doit attendre de lui. Écrit à Lisbonne le XVI décembre 1566. Le cardinal infant Henri.
Le texte du message est rédigé d’une belle écriture de chancellerie à la mode de l’époque, et la signature du document est de la propre main du cardinal régent. Comme il ressort du texte, ce n’était pas véritablement le début de la correspondance diplomatique. Le père Fernando da Silva écrit : « Le 22 octobre 1566, notre ambassadeur en France présenta à Charles IX une énergique réclamation, exigeant le châtiment exemplaire des coupables. Forquevaux, représentant de la France à Lisbonne, s’empressa d’exprimer son profond regret à notre gouvernement, en promettant une sévère punition des criminels. » La lettre transcrite ci-dessus est vraisemblablement l’accusé de réception officiel de la note de Forquevaux, exprimant de la gratitude et l’espoir d’un châtiment futur des scélérats (ce qui, de fait, n’arriva jamais, car, à l’exception de Caldeira, les autres corsaires ne furent jamais punis).
Mais Forquevaux fut-il ambassadeur de France à Lisbonne ? J’en doute, car cette lettre lui fut envoyée « en la cour de Castille ». La lecture des ouvrages de référence à ma disposition ne m’a pas permis d’éclaircir ce doute ; j’ai donc consulté mon ami le comte de Tovar, du ministère des Affaires étrangères à Lisbonne, bien connu comme spécialiste de l’histoire diplomatique portugaise et auteur de plusieurs livres sur ce sujet. Je crois pouvoir me risquer à citer ici deux ou trois paragraphes de sa réponse, aussi prompte qu’aimable :
En avril 1561 arriva à Lisbonne, comme ambassadeur de France, un gentilhomme de la cour de Charles IX nommé Saint-Sulpice. Je ne sais combien de temps il demeura au Portugal, mais dans la liste des ambassadeurs de France établie par Caix de Saint-Amour (Recueil des Instructions, Portugal, p. LIII) figure une entrée qui dit :
1566 N., ambassadeur, envoyé par Charles IX. « L’auteur ne cite pas sa source, mais on voit qu’il a trouvé quelque part l’information selon laquelle, cette année 1566, un ambassadeur français fut envoyé à Lisbonne. Cet ambassadeur ne serait-il pas, par hasard, ce Forquevaux qui se trouvait à Madrid comme ambassadeur ordinaire, et qui aurait été envoyé à Lisbonne pour quelque mission extraordinaire ? S’il en fut ainsi, la mission ne peut avoir duré longtemps, car il existe une lettre de lui à son gouvernement datée de Madrid le 19 décembre 1566.
« L’hypothèse qu’il ait été accrédité aussi, et simultanément, à Lisbonne comme ambassadeur ordinaire ne me paraît pas acceptable, car je ne connais à cette époque aucun exemple qui autorise une telle hypothèse. Si c’est bien à lui que se rapporte la mention de Caix de Saint-Amour, il est à croire qu’il vint comme ambassadeur extraordinaire en mission spéciale.
Je pense donc qu’il faut en rester là, à moins qu’un spécialiste de l’histoire diplomatique ne puisse apporter de nouveaux éclaircissements sur l’activité diplomatique de Forquevaux dans la dernière partie de l’année 1566.
Je me propose d’offrir le document original qui m’a fourni le sujet de cet article au Musée régional, installé dans le palais de São Pedro (« saint Pierre »). »
Dans cet article
Époque
Années citées · 04-
Saint-Sulpice arriva à Lisbonne en qualité d’ambassadeur de France.
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La flotte de Montluc quitta Bordeaux au début du mois de septembre.
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Des corsaires huguenots français commandés par Montluc et guidés par Gaspar Caldeira débarquèrent à Praia Formosa et pillèrent Funchal. Ils prirent d’assaut la forteresse de São Lourenço et profanèrent la cathédrale ainsi que le couvent Sainte-Claire, dont les religieuses s’enfuirent au Curral ; Gaspar de Braga mourut en leur résistant. Cette attaque, survenue pendant la capitainerie de Francisco Gonçalves da Câmara, entraîna la construction de nouvelles fortifications côtières.
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L’ambassadeur du Portugal en France protesta auprès de Charles IX contre le sac de Funchal et réclama que ses auteurs soient punis.
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Le cardinal Henrique écrivit à l’ambassadeur de France au sujet du sac de Funchal.
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L’ambassadeur de France Forquevaux écrivit de Madrid à son gouvernement au sujet du sac.
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Le sous-marin allemand U-38 torpilla trois navires dans le port de Funchal, dont la canonnière française Surprise (33 membres d’équipage et 7 Portugais tués), puis bombarda la ville, provoquant une panique générale. Un monument réalisé par Francisco Franco commémora ensuite les victimes.
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L’article de Stephen Gaselee sur le sac de Funchal par les Français parut dans le Diário da Madeira.
Lieu
Lieux cités · 14Étranger
- Biscaye
Spain. Lieu où Caldeira fut attiré dans un piège et emprisonné.
La Biscaye est la région d’origine de Mondragão, colon installé à Calheta. C’est également là que Caldeira fut attiré dans un piège et emprisonné dans le contexte du pillage français.
- Bordeaux
France. Port d’où partit la flotte en septembre 1566.
Port que la flotte quitta en septembre 1566.
- Canaries
Spain. Lieu où les corsaires vendirent une grande partie de leur butin.
Les îles Canaries forment un archipel voisin de Madère, dont les récits de la découverte divergent. Selon la tradition, leur roi Béthencourt les vendit à Henri le Navigateur en échange de terres à Madère. L’Elucidário relève de nombreux contacts entre les deux archipels, notamment des visites scientifiques, la tournée de l’Orphéon madérien en mai 1922 et le massacre de quarante jésuites dans leurs eaux.
- Côte de l’Or
Ghana. Côte d’Afrique occidentale où Caldeira faisait commerce.
Côte d’Afrique de l’Ouest où Caldeira faisait du commerce.
- Forteresse de São Lourenço
Funchal. Forteresse défendue par le gouverneur, où Montluc tomba et fut enterré.
La forteresse de São Lourenço à Funchal fut commencée comme un simple bastion sous les quatrième et cinquième capitaines-donataires et achevée sous le règne du roi Sébastien ; son entrée principale donne sur le Largo da Restauração. Elle servit ensuite de palais et abrita la station météorologique de Funchal ; le drapeau républicain y fut hissé les 6 et 7 octobre 1910. L’Elucidário décrit également ses emblèmes héraldiques, une inscription de 1635, une ancienne chapelle dédiée à saint Laurent et la disparition de la statue du saint en 1911.
- France
Pays où Caldeira se réfugia et d’où partit l’expédition.
La France est un pays où plusieurs Madériens combattirent et moururent pendant la Première Guerre mondiale, dont Gabriel Rocha de Gouveia et João Paulo da Veiga Pestana. Elle fut aussi pour les Madériens un lieu d’études, d’exil et de refuge. C’est de là que partit l’expédition à l’origine du Saque dos Franceses, et c’était la destination prévue des fugitifs dans la légende de Robert Machin.
- Funchal
Ville pillée pendant seize jours en 1566.
Capitale de l’archipel et siège de la principale capitainerie, où commença le peuplement ; elle devint un bourg vers 1451–52. Sa baie, la plus large de l’archipel, s’étend entre Ponta do Garajau et Ponta da Cruz et offre un mouillage abrité, bien que son port n’eût jamais fait l’objet d’une étude océanographique. L’Elucidário présente Funchal comme une station climatique, avec des données sur son climat, et relate les troubles de janvier 1906, la visite du prince danois en mai 1846 et la présence de cônes volcaniques récents dans la région.
- Guyenne
France. Province française d’où venaient nombre des nobles participant à l’expédition.
Province française dont étaient originaires de nombreux nobles participants.
- Lisbonne
Portugal. Ville où se trouvait le donataire pendant le sac et où Caldeira fut exécuté.
Capitale du Portugal, siège du tribunal de la Relação et de la Misericórdia dont les privilèges et les statuts furent étendus à Funchal. Henrique Franco de Sousa étudia à son Académie royale des beaux-arts, et Luiz José Baiardo s’y installa en 1821.
- Madrid
Spain. Ville où Forquevaux était ambassadeur.
Capitale espagnole où le comte d’Ega fut ambassadeur du Portugal et où d’autres Madériens travaillèrent à la légation portugaise. Franco de Sousa et Miguéis s’y rendirent en 1912 grâce à la bourse Valmor, et le docteur Jacinto António de Sousa y visita les établissements scientifiques.
- Palais de São Pedro
Funchal. Siège du Musée régional, auquel Gaselee offrit le document.
Le palais de São Pedro est l’ancien hôtel particulier des comtes de Carvalhal, où l’infant Louis Ier fut reçu à dîner et à un bal. À partir de 1933, il abrita la bibliothèque municipale, le musée d’histoire naturelle et l’Arquivo Histórico da Madeira. Miss Mary Jane Wilson y installa également la St George’s High School.
- Portão de São Paulo
Funchal. Porte de la ville où une résistance acharnée fut opposée aux assaillants.
Le Portão de São Paulo était une porte de Funchal, aujourd’hui démolie, qui délimitait autrefois la Rua da Carreira. Une résistance acharnée y fut opposée lors du pillage de la ville par les Français.
+ 2 de plus
Personnes
Personnes citées · 21-
Renégat portugais qui navigua avec la flotte de Montluc.
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Noble français qui participa à l’expédition de 1566.
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Renégat portugais qui navigua avec la flotte de Montluc.
- Bertrand de Montlucmort 1566
Noble français qui commanda la flotte corsaire et fut mortellement blessé lors de l’assaut de la forteresse de São Lourenço.
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Maréchal de France et mémorialiste, père de Bertrand de Montluc.
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Auteur d’une liste d’ambassadeurs de France signalant un envoyé à Lisbonne en 1566.
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Roi de France qui approuva l’entreprise de Montluc sans en connaître le but et exprima plus tard ses regrets.
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Historien de la diplomatie consulté par Gaselee au sujet du poste de Forquevaux.
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Auteur français qui affirma que Montluc était arrivé à la faveur d’une tempête et qu’on avait tiré sur lui à Funchal.
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Membre de la famille Montluc qui participa à l’expédition de 1566.
+ 11 de plus
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Coauteur de l’Elucidário, cité par Gaselee.
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Ambassadeur de France en poste à Madrid, qui exprima au gouvernement portugais ses regrets pour le sac.
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Oncle du donataire, qui gouvernait la capitainerie de Funchal lors du sac de 1566.
- Gaspar Caldeiramort 1566
Marchand portugais actif sur la côte de Mina, qui s’enfuit en France et fut l’instigateur de l’attaque de 1566 ; il fut ensuite exécuté à Lisbonne.
- Gaspar Frutuoso1522–1591
Auteur de Saudades da Terra, principale source narrative sur le sac.
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Régent, futur cardinal-roi, qui signa la lettre de décembre 1566 concernant le sac.
- João Augusto Pereira1857–1915
Ambassadeur portugais mentionné dans la lettre du cardinal Henrique.
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Ambassadeur de France arrivé à Lisbonne en avril 1561.
- Simão Gonçalves da Câmara1579–1580
Cinquième capitaine-donataire de Funchal, qui se trouvait à Lisbonne lors du sac de 1566.
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Ancien bibliothécaire du Foreign Office, qui publia en 1937 une lettre de 1566 sur le sac.
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Vice-amiral de l’escadre corsaire, qui en prit le commandement après la mort de Montluc.