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Théâtre 1Pièces religieuses et premières salles de spectacles
Article nº 3568 Arts, littérature et historiographie Vol. III · p. 602–605 5 min de lecture

Théâtre

Titre original: Teatro

Panorama de l’histoire du théâtre à Madère, depuis les pièces religieuses jouées dans les églises et les couvents jusqu’aux théâtres et sociétés dramatiques qui se succédèrent à Funchal, suivi d’une liste d’auteurs dramatiques madériens et d’auteurs ayant écrit sur le théâtre.

Théâtre

1Pièces religieuses et premières salles de spectacles

Le goût des représentations théâtrales dut suivre chez nous les mêmes phases que dans le Royaume (reino, c.-à-d. le Portugal continental). Dans les églises et les parloirs des couvents, on jouait des autos et des poèmes à caractère religieux, où la sainteté du lieu n’était pas toujours dûment respectée. Les Constitutions de cet évêché, promulguées et approuvées en 1578, prescrivent « qu’on ne fasse dans les églises ou les chapelles aucune représentation... ni de jour ni de nuit, sans permission spéciale du prélat, à cause des nombreux inconvénients et scandales qui en découlent ».

Nous avons trouvé de vagues allusions à ces représentations dans les églises et les couvents de ce diocèse, mais nous ne pouvons déterminer avec précision la nature de ces spectacles ni la manière dont ils se déroulaient. Nous savons qu’en 1622 un auto religieux fut joué dans l’église Saint-Jean-l’Évangéliste (São João Evangelista), lors des fêtes solennelles qui y furent célébrées à l’occasion de la canonisation de saint François Xavier. Dans l’église ou le couvent Sainte-Claire (Santa Clara), nous dit l’annotateur des Saudades da Terra, il y eut en 1718 une représentation dramatique, lorsque le gouverneur et capitaine général João de Saldanha da Gama quitta Madère. Écrite par Francisco de Vasconcelos Coutinho (volume I, page 315), elle s’intitulait Residência do Governador e Capitão General... et fut jouée par les religieuses de Sainte-Claire lors de son départ ; ses personnages étaient l’Île, la Cour, la Nostalgie, la Religion et la Renommée. Avant 1780, Funchal possédait déjà une modeste salle de spectacles, située dans la Rua das Fontes (« rue des Fontaines »). Cette salle, que l’on appelait au début du XIXe siècle « de la Vieille Comédie », s’effondra le 19 mars 1829, mais sa façade resta debout. En cette même année 1780 s’acheva, semble-t-il, la construction du Teatro Grande (« grand théâtre »), auquel nous consacrons un article particulier.

Vers 1820, ou peu avant, et donc alors que ce théâtre, démoli en 1833, existait encore, on construisit le Teatro do Bom Gosto (« théâtre du Bon Goût »), dont nous traitons également dans un autre article.

Ce théâtre ayant cessé de fonctionner vers 1838, on entreprit d’aménager en théâtre le réfectoire et d’autres dépendances de l’ancien couvent Saint-François (São Francisco), supprimé. On lui donna le nom singulier de Prazer Regenerado, et il n’eut qu’une existence assez brève. Son inauguration eut lieu le 20 décembre 1840.

2Sociétés dramatiques et théâtres ultérieurs

À cette époque ou peu après se constitua la société dramatique Concórdia, qui fit construire vers 1842, sous le même nom, un petit théâtre dans la Rua do Monteiro. Le distingué artiste Robio s’y présenta au public, et l’on y joua en 1844 le drame Amor e Pátria, de Sérvulo de Medina e Vasconcelos (volume II, page 336). Quelques représentations y furent encore données en 1851. L’ouverture, en 1856, de la rue reliant le Ponte do Bettencourt (« pont de Bettencourt ») à l’église Notre-Dame-du-Mont-Carmel (Carmo) amena le conseil municipal (Câmara Municipal) à démolir l’immeuble qui abritait ce petit théâtre.

José Silvestre Ribeiro, le plus illustre et le plus bienfaisant des gouverneurs de Madère, qui s’efforça de pourvoir à tous les services de l’administration publique et à toutes les améliorations locales, ne pouvait certes négliger l’établissement d’un théâtre dans cette ville. Si ses efforts diligents et sa persévérante initiative ne furent pas couronnés de succès, cela tient uniquement aux difficultés insurmontables qui surgirent et au peu de zèle et de dévouement dont firent preuve, dans la réalisation de cette entreprise, divers particuliers, les corps administratifs, les députés et le gouvernement central, comme on peut le voir dans le 3e volume de l’Epocha Administrativa. Cela se passa en 1851 et 1852.

Vers 1858 fut fondée à Funchal une société dramatique connue sous le nom de Talia, qui donna quelques représentations en divers lieux, puis loua une maison sur le Largo do Pelourinho (« place du Pilori »). Nous ne savons ni quand elle cessa d’exister ni qui étaient ses membres et ses dirigeants, mais elle se produisait encore en public en 1859, alors que le Teatro Esperança (« théâtre Espérance ») avait déjà été inauguré.

Nous donnerons de ce dernier une brève notice dans un article particulier.

Pendant l’existence du Teatro Esperança, et même avant lui, plusieurs sociétés dramatiques se formèrent dans cette ville et portèrent à la scène, en divers lieux, de nombreux drames et comédies. L’école lancastérienne (Escola Lancasteriana) servit parfois de lieu pour des concerts et des représentations théâtrales.

De 1850 à 1880, plusieurs tentatives, privées et officielles, furent faites pour doter cette ville d’un théâtre qui, sans être une grandiose salle de spectacle, pût néanmoins satisfaire les désirs de la population et s’accorder avec les conditions et les circonstances de notre milieu. Toutes ces démarches restèrent pourtant vaines, jusqu’à ce qu’un corps municipal plus audacieux et d’esprit entreprenant décidât la construction d’un théâtre : il contracta à cette fin un emprunt et dota enfin Funchal d’une excellente salle de spectacle, l’actuel Teatro Manuel de Arriaga (« théâtre Manuel de Arriaga »), dont nous traiterons dans un autre article de cet ouvrage.

Outre le Teatro Manuel de Arriaga, il existe aujourd’hui à Funchal le Teatro Circo (« théâtre-cirque ») et le Pavilhão Paris (« pavillon Paris »), celui-ci inauguré le 23 octobre 1909 et celui-là le 3 septembre 1911 (1921).

Plusieurs Madériens ont cultivé la littérature dramatique en écrivant pour le théâtre des pièces de genres divers ; citons parmi eux Baltasar Dias, Francisco de Vasconcelos Coutinho, José Anselmo Correia Henriques, Manuel Caetano Pimenta de Aguiar, Sérvulo de Medina e Vasconcelos, João de Nóbrega Soares, Maximiliano de Azevedo, João de Freitas Branco, Luís António Gonçalves de Freitas, dona Olímpia Fernandes, João dos Reis Gomes, José Jorge Rodrigues dos Santos, Jaime Câmara, Elmano Vieira, Alberto Figueira Jardim, etc., dont nous mentionnons les écrits dans les articles que cet ouvrage consacre à ces auteurs.

Luís da Costa Pereira traita avec une grande compétence de questions théâtrales dans son ouvrage Rudimentos da Arte Dramática, de même que J. dos Reis Gomes dans ses livres O Teatro e o Actor, qui connut deux éditions, et A Música e o Teatro.

Dans cet article

Époque

Années citées · 14
  1. Le premier synode diocésain de Madère, tenu à la cathédrale de Funchal sous la présidence de l’évêque Jerónimo Barreto, rédigea et promulgua les Constitutions diocésaines, qui interdisaient notamment les représentations théâtrales dans les églises sans l’autorisation de l’évêque.

  2. Une pièce religieuse fut jouée dans l’église de São João Evangelista à Funchal pour la canonisation de François Xavier.

  3. Le mandat de gouverneur de João de Saldanha da Gama prit fin ; les religieuses du couvent Sainte-Claire donnèrent une pièce pour son départ et Francisco de Vasconcelos Coutinho écrivit un éloge.

  4. Le Teatro Grande fut construit à Funchal et semble avoir été achevé.

  5. Le théâtre Bom Gosto fut construit à Funchal.

  6. L’ancienne salle de spectacles de la Comédia Velha, à Funchal, s’effondra ; seule sa façade resta debout.

  7. Le gouverneur Álvaro de Sousa de Macedo ordonna la démolition du Teatro Grande de Funchal, qui fut abattu en 1833.

  8. Le théâtre Prazer Regenerado ouvrit dans l’ancien couvent São Francisco, à Funchal.

  9. La société Concórdia construisit un petit théâtre dans la Rua do Monteiro, à Funchal.

  10. José Silvestre Ribeiro tenta sans succès de créer un théâtre à Funchal.

  11. Le bâtiment du théâtre Concórdia, à Funchal, fut démoli pour ouvrir une nouvelle rue.

  12. La Société Thalie, société de théâtre, fut fondée à Funchal et s’installa au Largo do Pelourinho.

  13. Le Pavilhão Paris fut inauguré à Funchal.

  14. Le Teatro Circo fut inauguré à Funchal.

Lieu

Lieux cités · 16
Carte: Madeira (16)
  1. Couvent Saint-François

    Funchal. Ancien couvent désaffecté aménagé en théâtre Prazer Regenerado en 1840.

  2. Couvent Sainte-Claire

    Funchal. Couvent dont les religieuses jouèrent une pièce d’adieu en 1718.

  3. École lancastérienne

    Funchal. École parfois utilisée pour des concerts et des pièces de théâtre.

  4. Église Notre-Dame-du-Mont-Carmel

    Funchal. Autre extrémité de la rue ouverte en 1856.

  5. Église Saint-Jean-l’Évangéliste

    Funchal. Église où une pièce religieuse fut représentée en 1622.

  6. Funchal

    Ville où se trouvaient tous les théâtres décrits.

  7. Largo do Pelourinho

    Funchal. Place où la société Talia loua une maison.

  8. Pavilhão Paris

    Funchal. Lieu de spectacle inauguré le 23 octobre 1909.

  9. Ponte do Bettencourt

    Funchal. Extrémité de la rue ouverte en 1856, dont le percement entraîna la démolition du théâtre Concórdia.

  10. Rua das Fontes

    Funchal. Rue où se trouvait la première salle de spectacle connue de Funchal, la Comedia Velha.

  11. Rua do Monteiro

    Funchal. Rue où se trouvait le petit théâtre de la société Concórdia.

  12. Teatro Circo

    Funchal. Théâtre inauguré le 3 septembre 1911.

+ 4 de plus

Personnes

Personnes citées · 20
  1. Dramaturge madérien.

  2. Dramaturge madérien.

  3. Auteur madérien de pièces de théâtre.

  4. Dramaturge madérien figurant parmi les auteurs de théâtre.

  5. Autrice madérienne de pièces de théâtre.

  6. Auteur madérien de la pièce d’adieu au gouverneur représentée en 1718.

  7. Saint jésuite dont la canonisation fut célébrée à Funchal en 1622 par une pièce religieuse.

  8. Dramaturge madérien.

  9. Auteur madérien de pièces de théâtre.

  10. Gouverneur et capitaine général de Madère dont le départ, en 1718, fut marqué par une pièce jouée par les religieuses du couvent Sainte-Claire.

+ 10 de plus
  1. Dramaturge madérien, auteur de O Teatro e o Actor et de A Música e o Teatro.

  2. Auteur madérien de pièces de théâtre.

  3. Auteur madérien d’œuvres dramatiques.

  4. Auteur madérien de pièces de théâtre.

  5. Gouverneur civil de Madère qui tenta sans succès, en 1851–52, de créer un théâtre à Funchal.

  6. Auteur de Rudimentos da Arte Dramática.

  7. Dramaturge madérien.

  8. Dramaturge madérien.

  9. Acteur renommé qui se produisit au théâtre Concórdia.

  10. Dramaturge madérien dont la pièce Amor e Pátria fut représentée en 1844.

Sur la feuille T

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