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Premières publications 1Les premiers journaux
Article nº 3026 Arts, littérature et historiographie Vol. III · p. 256–259 5 min de lecture

Premières publications

Titre original: Primeiras Publicações

Panorama des premières publications imprimées à Madère après l’installation de la première presse en 1821, couvrant les premiers journaux de 1821 à 1827 ainsi que les premières brochures et les premiers livres. Les statuts de la Société funchalaise des amis des sciences et des arts (1822) y sont présentés comme le premier ouvrage imprimé sur l’île.

Premières publications

1Les premiers journaux

Nous avons déjà consacré un article à la première publication réalisée à Madère par l’art typographique – O Patriota Funchalense –, journal bihebdomadaire qui vit le jour le 2 juillet 1821, comme il a été dit à la page 57 de ce volume.

O Patriota Funchalense paraissait encore avec toute régularité lorsque, le 17 février 1823, parut le deuxième journal qu’ait connu notre île. Il portait le titre pompeux de O Prégador Imparcial da Verdade, da Justiça e da Lei, qui aurait largement suffi à baptiser quatre publications périodiques différentes. Il eut pour rédacteur et propriétaire le père docteur João Crisóstomo Espínola de Macedo, avocat distingué et curé du bourg (vila) de Santa Cruz (« Sainte-Croix »). Bien qu’il possédât une vive intelligence et une culture peu commune, il employait dans ses écrits un langage si violent et si grossier qu’il s’attira les pires déboires et les plus outrageantes vexations. C’était un digne émule du père José Agostinho de Macedo, bien qu’il professât des principes politiques diamétralement opposés à ceux de l’auteur des Burros, de la Besta Esfolada et de la Tripa Virada. O Pregador Imparcial… était hebdomadaire ; il en parut 61 numéros, le dernier le 2 juillet 1824.

Cette même année 1823, deux autres journaux virent le jour : A Atalaia da Liberdade et O Regedor, respectivement le troisième et le quatrième périodique publiés à Funchal. Le premier, qui n’eut qu’une vie éphémère de deux mois, eut pour rédacteur le docteur Daniel de Ornelas e Vasconcelos, avocat et brillant orateur, qui représenta plus tard Madère au parlement et siégea à la Chambre des pairs, où il se distingua comme un parlementaire remarquable. O Regedor, dont l’existence ne fut guère plus longue que celle de son contemporain Atalaia da Liberdade, parut d’avril à juin 1823 ; on ignore les noms de ses rédacteurs et propriétaires.

Du milieu de l’année 1824 à 1827, aucun journal ne fut publié. Le 3 février et le 2 juin de cette dernière année parurent O Funchalense Liberal et A Flor do Oceano, qui furent respectivement le cinquième et le sixième périodique à voir le jour dans cette île.

2Les premiers livres et brochures

En dehors du mouvement journalistique, que nous venons d’esquisser à grands traits, l’action de la presse ne pouvait guère être importante dans un milieu social et intellectuel aussi étroit que l’était la ville de Funchal. Néanmoins, au regard de ce milieu et de cette époque, les ouvrages livrés au public dans les premières années qui suivirent l’établissement du premier atelier d’imprimerie, en 1821, ne laissent pas d’être fort appréciables, en nombre comme en qualité.

Cette même année fut fondée chez nous une association à caractère littéraire et scientifique, la Société funchalaise des amis des sciences et des arts (Sociedade Funchalense dos Amigos das Ciências e Artes). Elle comptait 27 membres titulaires, 45 correspondants et 24 honoraires, et réunit les Madériens les plus distingués de son temps : parmi les titulaires figuraient les noms prestigieux de Pimenta de Aguiar, du chanoine Gonçalves de Andrade, de Nicolau Betencourt Pita, de Lourenço José Moniz, du docteur Caetano Alberto Soares, du docteur João Pedro de Freitas Drumond et de José Marciano da Fonseca, entre autres, auxquels l’Elucidário Madeirense consacre des notices détaillées. Cette société eut la primauté de faire imprimer un petit travail, sa loi organique, intitulée Estatutos e Regulamentos da Sociedade Funchalense dos Amigos das Ciencias e Artes. C’est un petit opuscule de vingt-trois pages, imprimé en 1822 dans les ateliers du Patriota Funchalense, aujourd’hui rarissime, qui jouit de la prérogative méritée d’avoir été le premier travail typographique imprimé dans cette île.

En cette même année 1822 parurent deux autres opuscules, hymnes à la louange de la constitution proclamée par la révolution de Porto, qui fut solennellement reconnue à Madère en janvier 1821. L’un d’eux s’intitule Parabens poético-politicos à grandiosa regeneração portuguesa na congratulante aderência da Ilha da Madeira em 1821 no teatro grande do Funchal ; il a pour auteur le docteur Luís António Jardim, avocat et député aux premières Cortes (Parlement portugais) constituantes, qui mourut à Funchal le 14 février 1825.

L’autre opuscule contient le panégyrique prononcé du haut de la chaire de notre cathédrale (Sé Catedral) par le père João Manuel de Freitas Branco, sous ce titre : Oraçâo de Acção de Graças que na solenidade do aniversário do faustissimo dia 28 de Janeiro de 1821 pregou na Igreja Catedral da Sé do Funchal por convite do Ill.mo e Rev.mo Cabido o vigário de Sâo Jorge João Manuel de Freitas Branco em o anno de 1821. C’est une brochure de 43 pages, qui constitue aujourd’hui une grande rareté bibliographique.

L’année suivante, en 1823, un autre hymne de louange, non moins hyperbolique et non moins outrancièrement élogieux que celui de l’année précédente, retentit dans le principal sanctuaire de ce diocèse. Il fut publié la même année à Funchal sous le titre suivant : Oraçâo de graças prègada na igreja Cathedral da Sé do Funchal em 6 de Julho de 1823 por ocasiâo da solemne festividade que fêz sua excellencia reverendissima pela feliz restauração de S. Magestade El-Rei N. S., por Fr. José Cupertino, religioso franciscano, lente de theologia e examinador synodal deste bispado do Funchal.

En 1823 parut encore un petit et curieux volume de 60 pages, intitulé Instrucçoens para a inspecçâo ou revista de hum batalhão d'infanteria... traduzido do ingles. . . ; son sujet ne saurait aujourd’hui éveiller le moindre intérêt, et il n’a de prix que comme rareté bibliographique peu commune et pour une certaine valeur dans l’histoire de l’imprimerie à Madère.

Nous n’avons connaissance d’aucune publication imprimée chez nous, livre ou opuscule, entre 1824 et 1827, et il en fut de même des feuilles périodiques, comme nous l’avons déjà noté plus haut. Nous attribuons cette absence aux événements politiques survenus alors dans notre pays, peu propices au maintien de la liberté dont la presse a besoin pour exercer utilement sa mission.

En cette année 1827 parurent à Funchal trois opuscules : l’un traitait de questions politiques d’intérêt local, les deux autres contenaient les poésies récitées au « Theatro Grande » lors de l’anniversaire de la proclamation de la Charte constitutionnelle (Carta Constitucional) octroyée par Pierre IV.

Dans cet article

Époque

Années citées · 06
  1. Madère se rallia à la révolution libérale et le régime constitutionnel fut solennellement proclamé à Funchal. La place fut rebaptisée Praça da Constituição.

  2. Le premier numéro d’O Patriota Funchalense, premier journal de Madère, parut à Funchal le jour anniversaire de la découverte de l’île.

  3. Les statuts de la Société funchalaise des amis des sciences et des arts furent imprimés à Funchal, dans les ateliers d’O Patriota Funchalense : ce fut le premier ouvrage imprimé à Madère.

  4. O Pregador Imparcial, deuxième journal de Madère, dirigé par João Crisóstomo Espínola de Macedo, parut pour la première fois à Funchal.

  5. L’hebdomadaire O Regedor fut publié à Funchal, sa première série comptant neuf numéros.

  6. Frère José Cupertino prononça dans la cathédrale de Funchal un sermon d’action de grâce pour le rétablissement du pouvoir absolu du roi (les sources indiquent le 6 ou le 8 juillet).

  7. Le 61e et dernier numéro du périodique de Funchal O Pregador Imparcial parut.

  8. Luís António Jardim mourut à Funchal.

  9. Le journal O Funchalense Liberal parut pour la première fois le 3 février 1827 ; son dix-septième numéro parut le 26 mai 1827.

  10. Le journal A Flor do Oceano parut pour la première fois.

Lieu

Lieux cités · 05
Carte: Madeira (5)
  1. Cathédrale de Funchal

    Funchal. Cathédrale où furent prononcés les sermons ensuite imprimés.

  2. Funchal

    Ville où furent imprimés tous les premiers périodiques et brochures.

  3. Santa Cruz

    Bourg dont Espínola de Macedo était le curé.

  4. São Jorge

    Santana. Paroisse dont Freitas Branco était le vicaire.

  5. Teatro Grande

    Funchal. Théâtre où furent récités des poèmes patriotiques en 1821 et 1827.

Personnes

Personnes citées · 14
  1. Avocat et orateur, rédacteur de A Atalaia da Liberdade (1823), devenu par la suite député et pair du royaume.

  2. Membre titulaire de la Société funchalaise des amis des sciences et des arts.

  3. Franciscain et professeur de théologie dont le sermon de 1823 célébrant le rétablissement du roi fut imprimé à Funchal.

  4. Avocat et curé de Santa Cruz, rédacteur et propriétaire de O Pregador Imparcial (1823–24), connu pour la violence de son style.

  5. Vicaire de São Jorge dont le sermon d’action de grâce, prononcé à la cathédrale de Funchal, fut imprimé en 1822.

  6. Membre titulaire de la Société funchalaise des amis des sciences et des arts.

  7. Polémiste portugais, auteur de Os Burros, auquel Espínola de Macedo est comparé.

  8. Membre titulaire de la Société funchalaise des amis des sciences et des arts.

  9. Membre titulaire de la Société funchalaise des amis des sciences et des arts.

  10. Luiz António Jardimc. 1780–1825

    Avocat et député aux premières Cortes constituantes, auteur d’une brochure en vers (1822) faisant l’éloge de la régénération constitutionnelle.

+ 4 de plus
  1. Membre titulaire de la Société funchalaise des amis des sciences et des arts (1821).

  2. Chanoine et membre titulaire de la Société funchalaise des amis des sciences et des arts.

  3. Membre titulaire de la Société funchalaise des amis des sciences et des arts.

  4. Roi qui octroya la Charte constitutionnelle, dont l’anniversaire fut célébré dans des poèmes imprimés en 1827.

Sur la feuille P

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