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Patriota Funchalense 1Les débuts de la presse madérienne
Article nº 2776 Journal ou périodique Vol. III · p. 97–98 4 min de lecture

Patriota Funchalense

O Patriota Funchalense fut le premier journal publié à Madère. Le médecin libéral Nicolau Caetano Bettencourt Pita le fonda ; il parut deux fois par semaine, du 2 juillet 1821 au 16 août 1823.

Patriota Funchalense

1Les débuts de la presse madérienne

Parmi les terres les plus importantes de notre pays, Funchal ne fut pas la dernière à voir paraître une publication périodique. Lorsqu’en 1830 parut dans l’île de Terceira le premier journal açorien, huit journaux madériens avaient déjà vu le jour avant cette date. Il en alla de même pour les autres localités, hors de Lisbonne, de Porto et de Coimbra. Puisque les Portugais avaient entrepris dans cet archipel leur grand mouvement de colonisation, qui s’étendit sans tarder jusqu’aux confins de l’univers, il semblerait naturel aussi que le plus puissant levier de la civilisation moderne y fût introduit avant de l’être dans les autres terres découvertes ou conquises. Et c’est bien ce qui arriva.

Un grand événement politique survenu sur le continent portugais, qui eut des répercussions dans tous les territoires insulaires et d’outre-mer, fut la cause immédiate de la publication du plus ancien journal de Madère, qui prit le nom de Patriota Funchalense (« Le Patriote de Funchal »). La progression des idées dites libérales, qui provoqua la révolution de Porto et, par suite, la Constitution de 1822, se fit aussitôt sentir dans cette île. Mais ce n’est que quelques mois après les événements survenus dans la capitale du Nord que l’on proclama solennellement à Funchal les principes politiques qui allaient implanter le système représentatif au Portugal. Le 28 janvier 1831 eut lieu la consécration officielle de ces principes. L’événement fut commémoré l’année suivante, le jour anniversaire, par la pose de la première pierre d’un monument élevé à la Constitution devant le parvis de la cathédrale (Sé Catedral), et cette commémoration revêtit une solennité extraordinaire et remarquable.

L’un des plus fervents partisans de ces idées était alors le docteur Nicolau Caetano Betencourt Pita, médecin éminent et Madérien distingué, qui jouissait dans notre société d’un grand prestige et d’une large influence, qu’il mit avec enthousiasme au service d’une cause qu’il jugeait parmi les plus profitables à la grandeur et à la prospérité de la nation. Pour propager les nouveaux principes politiques et consolider le régime de gouvernement qui venait de s’instaurer, il entreprit la publication d’une feuille périodique. Il dut pour cela lutter contre des difficultés presque insurmontables, que sa ténacité et son dévouement sans bornes surent entièrement vaincre et maîtriser. Beaucoup diront, et peut-être non sans quelque raison, que la nature de cette cause ne méritait pas de si grands sacrifices ; mais la sincérité de ses convictions suffira à l’absoudre des attitudes peut-être excessives qu’il aurait pu adopter en cette conjoncture.

Une « Imprensa », comme on disait alors, c’est-à-dire un modeste atelier typographique, fut achetée à Lisbonne et vint à Madère accompagnée du typographe et imprimeur Alexandre Gervásio Ferreira. Pendant deux ans environ, celui-ci dirigea la composition et l’impression du Patriota Funchalense ; à partir du n° 179, il fut remplacé par le typographe Inácio S. de Abreu. L’atelier, l’administration et la rédaction s’installèrent dans une maison de la Rua dos Ferreiros (« rue des Forgerons »), qui portait le numéro 7, et qui devait se trouver non loin de l’ancienne rédaction d’O Jornal (« Le Journal ») (1921).

2Parution et contenu

Le 2 juillet 1821, jour tenu pour l’anniversaire de la découverte de Madère, parut le premier numéro du Patriota Funchalense. Ce bihebdomadaire sortait régulièrement le mercredi et le samedi. Il comptait quatre pages de composition, mais de nombreux numéros étaient accompagnés d’« additifs » de deux et parfois de quatre pages. Il était de petit format, la composition typographique ne dépassant pas 23 sur 16 centimètres. Il en parut 214 numéros, le dernier le 16 août 1823.

Sur le plan des matières traitées dans le journal et sur sa distribution aux abonnés, on lit dans son premier numéro cette curieuse information : « Le plan du Patriota Funchalense est le suivant : cette feuille sera publiée deux fois par semaine (mercredi et samedi) ; elle contiendra les nouvelles les plus intéressantes des gazettes nationales et étrangères – des réflexions sur l’économie intérieure et les relations extérieures de Madère – de la politique – des variétés – les entrées et sorties de navires, les prix courants, etc. Messieurs les abonnés, et ceux qui voudront le devenir, enverront chercher la feuille les jours susdits, l’après-midi. »

Dans tous les numéros, en haut de la première page, figuraient en bonne place les armes royales, avec pour devise ces vers d’Almeida Garrett :

J’élève une voix tardive, mais je l’élève libre, devant vous, devant les Cieux, devant l’Univers, si les Cieux, si le Monde entendent ma voix

Le grand écrivain, pour remercier de l’hommage qui lui avait été rendu, adressa au rédacteur du Patriota Funchalense une lettre intéressante, qui s’achève sur ces mots enflammés et hyperboliques : « Recevez, Monsieur, mes remerciements, non comme poète, mais comme citoyen – autant je m’estime et m’honore de cette qualité, autant je fais peu de cas de l’autre, quand elle est séparée de celle-ci. »

Aux pages 142 et suivantes du volume I de cet ouvrage, nous avons retracé les principaux traits de la biographie du docteur Nicolau Caetano Bettencourt Pita, fondateur du Patriota Funchalense.

Dans cet article

Époque

Années citées · 04
  1. Le premier numéro d’O Patriota Funchalense, premier journal de Madère, parut à Funchal le jour anniversaire de la découverte de l’île.

  2. O Patriota Funchalense cessa de paraître avec son numéro 214.

  3. Le premier périodique des Açores parut à Terceira, alors que huit avaient déjà été publiés à Funchal.

  4. Les principes constitutionnels libéraux furent officiellement proclamés à Funchal, à la date indiquée par l’Elucidário.

Lieu

Lieux cités · 06

Étranger

Carte: Madeira (6)
  1. Cathédrale de Funchal

    Funchal. La construction du monument de la Constitution commença devant le parvis de cette église.

  2. Funchal

    Ville où le journal était publié.

  3. Lisbonne

    Portugal. Ville où la presse à imprimer fut achetée.

  4. Porto

    Portugal. Ville où éclata la révolution libérale.

  5. Rua dos Ferreiros

    Funchal. Rue où se trouvaient la presse et les bureaux du journal, au numéro 7.

  6. Terceira

    Portugal. Île des Açores où parut le premier journal açoréen en 1830.

Personnes

Personnes citées · 04
  1. Imprimeur venu de Lisbonne avec la presse, qui dirigea l’impression d’O Patriota Funchalense pendant environ deux ans.

  2. Écrivain portugais dont les vers servirent de devise au journal ; il écrivit au rédacteur pour le remercier.

  3. Typographe qui reprit l’impression d’O Patriota Funchalense à partir du numéro 179.

  4. Médecin madérien et fervent libéral qui fonda O Patriota Funchalense pour promouvoir les principes constitutionnels.

Sur la feuille P

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