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Madériens au Brésil 1Émigration et canne à sucre
Article nº 2225 Population et groupes sociaux Vol. II · p. 618–619 3 min de lecture

Madériens au Brésil

Titre original: Madeirenses no Brasil

Panorama de l’émigration madérienne vers le Brésil à partir du XVIe siècle, notamment du rôle des Madériens dans l’introduction de la canne à sucre, de l’émigration encouragée par l’État et des Madériens qui s’illustrèrent au Brésil.

Madériens au Brésil

1Émigration et canne à sucre

Dans l’article Émigration (1-391), nous avons déjà évoqué le nombre considérable d’émigrants qui, aux XVIe et XVIIe siècles, quittèrent cette île pour le Brésil. C’est l’occasion de rappeler ce que l’on lit en bien des endroits au sujet de la plantation de la canne à sucre dans ce pays : on y affirme que ce furent des Madériens qui y apportèrent les premiers plants et qui, les premiers aussi, entreprirent la culture de cette riche plante, laquelle se répandit ensuite si largement et devint l’un des grands facteurs de prospérité de la colonie naissante.

On affirme également que ce fut le gouverneur du Brésil, Martim Afonso de Sousa, qui demanda la venue de ces Madériens et lança, grâce à eux, la plantation de la canne à sucre. Les crises qui frappèrent Madère à diverses époques provoquèrent le départ de grands contingents d’émigrants. Les renseignements que fournit l’une des annotations des Saudades da Terra (« Nostalgie de la terre natale ») sont intéressants à cet égard : « En 1676, la décadence avait atteint dans cet archipel un tel degré que l’émigration vers le Brésil, jusque-là simple expédient ou spéculation de particuliers, devint une mesure de gouvernement : cette année-là fut expédiée une lettre royale, et une autre en 1747, toutes deux enregistrées aux archives du conseil municipal de Funchal ; la première ordonnait que trois cents à quatre cents couples fussent transportés au Brésil aux frais de l’État, et la seconde recommandait au capitaine général d’accorder aide et faveur à cette émigration. »

2Madériens illustres au Brésil

On sait que, particulièrement à l’époque des guerres de la Restauration, au cours desquelles le Madérien João Fernandes Vieira (voir p. 18 du vol. II) se distingua si brillamment et si héroïquement dans ce pays, une forte émigration de Madériens vers le Brésil se produisit, favorisée par l’illustre restaurateur de Pernambouc. On sait aussi qu’un grand nombre d’enfants de notre terre se distinguèrent hautement aux côtés de leur illustre compatriote : les noms de beaucoup d’entre eux figurent dans les chroniques de l’époque ainsi que dans divers articles et nobiliaires, et nous consignerons les actes de bravoure de certains d’entre eux dans l’article Varões Ilustres.

Non seulement pendant cette période de combats militaires, mais aussi par la suite et dans diverses branches de l’activité humaine, nombreux furent les Madériens qui firent grandement honneur à leur terre natale par leur amour du travail, leur intelligence et leur esprit d’initiative. Certains acquirent même le statut de citoyens bienfaiteurs et s’attirèrent les éloges les plus flatteurs des personnalités les plus éminentes de ce pays.

Pour le XIXe siècle, nous souhaitons mentionner brièvement ici les Madériens dom Mateus de Abreu Pereira et dom Manuel Joaquim Gonçalves de Andrade, évêques de São Paulo ; les docteurs Francisco Justino Gonçalves de Andrade et João Jacinto Gonçalves de Andrade, professeurs à l’université de cette même ville ; le docteur Patrício Moniz, grand orateur sacré ; Caetano Alberto Soares, éminent jurisconsulte ; le général Joaquim de Oliveira Álvares ; le père João António de Lessa, député ; João da Silva Caldeira, professeur de chimie ; Francisco João Rossio, ingénieur militaire ; et d’autres encore, sur lesquels nous avons laissé quelques notices biographiques éparses dans les pages de cet ouvrage.

On sait que l’une des œuvres les plus remarquables accomplies par les Portugais en terre brésilienne fut la création du « Gabinete de Leitura do Rio de Janeiro » (Cabinet de lecture de Rio de Janeiro), qui constitua une bibliothèque riche et abondante, dont le catalogue, en grande partie imprimé, compte plusieurs volumes. L’un des promoteurs les plus actifs et les plus dévoués de cette fondation fut le Madérien Francisco Eduardo Alves Viana, négociant dans la ville de Rio de Janeiro.

Dans cet article

Époque

Années citées · 02
  1. Alors que le commerce du sucre déclinait, une lettre royale ordonna le transport de 300 à 400 couples madériens vers le Brésil aux frais de l’État, faisant de l’émigration une entreprise encouragée par le gouvernement.

  2. Une lettre royale demanda au capitaine général de faciliter l’émigration de Madère vers le Brésil.

Lieu

Lieux cités · 05

Étranger

Carte: Madeira (5)
  1. Brésil

    Brazil. Destination de l’émigration madérienne.

  2. Funchal

    Les archives de son conseil municipal conservent les lettres royales relatives à l’émigration.

  3. Pernambouc

    Brazil. Région brésilienne reconquise par João Fernandes Vieira.

  4. Rio de Janeiro

    Brazil. Ville où se trouve le Gabinete de Leitura cofondé par un Madérien.

  5. São Paulo

    Brazil. Ville où des Madériens exercèrent les fonctions d’évêque et de professeur.

Personnes

Personnes citées · 13
  1. Prêtre madérien et député au Brésil.

  2. Éminent juriste madérien au Brésil.

  3. Madérien devenu évêque de São Paulo au XIXe siècle.

  4. Commerçant madérien établi à Rio de Janeiro et l’un des principaux fondateurs de son Gabinete de Leitura.

  5. Ingénieur militaire madérien au Brésil.

  6. Professeur madérien à l’université de São Paulo.

  7. Professeur madérien de chimie au Brésil.

  8. Héros madérien des guerres de la Restauration au Brésil et libérateur du Pernambouc, qui encouragea l’émigration madérienne.

  9. Professeur madérien à l’université de São Paulo.

  10. Général madérien actif au Brésil.

+ 3 de plus
  1. Madérien devenu évêque de São Paulo.

  2. Gouverneur du Brésil qui aurait demandé la venue de colons madériens pour y commencer la culture de la canne à sucre.

  3. Patrício Moniz1820–1898

    Madérien célébré au Brésil comme un grand orateur sacré.

Sur la feuille M

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