Aller au contenu
Elucidário Madeirense Accueil
Moniz (docteur Lourenço José) 1Caractère, naissance et formation
Article nº 2419 Personnalité politique Vol. II · p. 735–737 5 min de lecture

Moniz (docteur Lourenço José)

Titre original: Moniz (Dr. Lourenço José)

Biographie du docteur Lourenço José Moniz (1789–1857), médecin et enseignant madérien, longtemps député de Madère, dont on retient l’intégrité et le dévouement désintéressé à la défense des intérêts de l’archipel.

Moniz (docteur Lourenço José)

1Caractère, naissance et formation

Il fut l’un des Madériens les plus distingués de la première moitié du XIXe siècle. À un brillant talent, il joignait une remarquable austérité de caractère. Lui et le docteur Luís Vicente de Afonseca, qui représentèrent Madère au parlement pendant plusieurs décennies, furent ceux qui défendirent avec le plus d’abnégation et de désintéressement les besoins de cet archipel : ils ne sollicitèrent aucun emploi pour eux-mêmes et ne patronnèrent ni prétentions scandaleuses ni tractations obscures. Ils vécurent toujours dans une modeste aisance et moururent dans une pauvreté presque dénuée de tout secours.

Le docteur Lourenço José Moniz naquit dans la paroisse (freguesia) de Santa Maria Maior (« Sainte-Marie-Majeure ») de cette ville, le 10 août 1789. Son oncle paternel, le père Filipe Gomes Moniz, vicaire (cura) de la cathédrale (Sé Catedral), reconnut en lui une intelligence vive et précoce et prit en charge l’éducation de son jeune neveu, qui répondit pleinement aux espérances que nourrissait à son égard son protecteur dévoué.

Ses études préparatoires achevées à Funchal, Lourenço Moniz partit pour l’Angleterre afin de s’inscrire à la faculté de médecine de l’université d’Édimbourg, qui jouissait d’une réputation universelle ; les médecins formés dans cette école étaient alors fort considérés et tenus pour très savants dans leur spécialité. En Angleterre, bien qu’étranger et ne connaissant pas à fond la langue du pays, il ne démentit pas la réputation qu’il s’était acquise à Madère et obtint même plusieurs prix dans diverses matières de son cursus universitaire. Le 1er août 1815, il soutint sa thèse inaugurale De Ictero, rédigée en latin et publiée à Londres la même année.

De retour dans sa terre natale, il exerça sa profession avec un brillant succès. En 1824, il fut nommé professeur d’une chaire d’humanités, qu’il occupa aussi plus tard au lycée lors de la fondation de celui-ci en 1837 ; il en fut un professeur distingué et le premier recteur. De même, lorsque fut créée en 1837 notre École de médecine, Lourenço José Moniz en fut nommé professeur et premier directeur, fonctions qu’il n’exerça jamais, car elles étaient devenues incompatibles avec sa charge de député et les autres missions de service qu’il remplissait alors.

2Carrière parlementaire et service public

L’austérité de son caractère, son talent reconnu et la haute considération dont il jouissait parmi ses compatriotes le désignaient naturellement pour les hautes charges publiques. Ainsi, aux premières élections qui suivirent la promulgation de la Charte constitutionnelle (Carta Constitucional) en 1826, le docteur Lourenço Moniz fut élu député de Madère aux Cortes (Parlement portugais), qui siégèrent de 1826 à 1828.

Après la dissolution des Cortes et la proclamation du gouvernement absolu, le docteur Moniz revint à Madère, mais il dut bientôt quitter sa patrie, craignant la persécution qui commençait à s’abattre sur les partisans des idées libérales. Il s’embarqua pour les États-Unis d’Amérique, où il demeura quelques années, et rentra à Funchal après le rétablissement du gouvernement constitutionnel.

Dès les premières élections, en 1834, il fut élu député de cet archipel et, au cours des neuf législatures suivantes, qui s’étendirent de cette année-là à 1856, peu avant sa mort, il représenta toujours Madère au Parlement, à l’exception de la session législative de 1842 à 1845. Aucun Madérien ne parvint à représenter sa terre aux Cortes pendant une aussi longue période, ce qui prouve éloquemment le désintéressement avec lequel il le fit et combien il œuvra pour la prospérité et la grandeur de son sol natal.

Le docteur Moniz jouit de la réputation d’un parlementaire distingué, non seulement par les discours qu’il prononça, mais aussi comme membre de diverses commissions, où il fut rapporteur de nombreux projets et avis, faisant toujours preuve d’une compétence remarquable. Il présida parfois la Chambre des députés et était très estimé des plus brillants parlementaires de toutes les factions politiques.

Il remplit d’importantes missions de service public, notamment celle de juge commissaire des prises maritimes au cap de Bonne-Espérance, où, auprès des autorités anglaises, il fit grandement honneur au nom portugais par la manière dont il s’acquitta de cette mission difficile et périlleuse.

3Dernières fonctions, mort et épitaphe

Il fut aussi gouverneur civil de Coimbra, membre du Conseil d’outre-mer (Conselho Ultramarino), membre de diverses sociétés scientifiques et littéraires, etc. Il mourut à Lisbonne le 4 décembre 1857, à l’âge de 68 ans. Dans notre île, une souscription publique fut ouverte pour élever, au cimetière de l’Alto de São João (« hauteur de Saint-Jean »), un mausolée destiné à recevoir sa dépouille mortelle ; on y lit l’épitaphe suivante : HONNEUR, SCIENCE, PATRIOTISME.

Ci-gît le conseiller (conselheiro, titre honorifique du conseil royal) Lourenço José Moniz, docteur en médecine et membre du Conseil d’outre-mer. Il fut député de la nation et représenta Madère, sa patrie, pendant plus de vingt ans au cours de législatures successives. Vice-président de la chambre élective en 1841, commissaire des études dans le district de Funchal, recteur et professeur de rhétorique au lycée de cette même ville, juge commissaire des prises maritimes au cap de Bonne-Espérance, il remplit gratuitement bien d’autres missions de service public. Il naquit dans l’île de Madère le 10 août 1789. Il vécut toujours modestement et, au terme d’une si longue carrière, mourut pauvre à Lisbonne le 6 décembre 1857. En témoignage de gratitude pour l’intelligence et le zèle sans égal avec lesquels il défendit toujours les intérêts de Madère, et en hommage à ses vertus civiques et morales ainsi qu’à son haut mérite scientifique, les Madériens lui firent ériger ce monument.

Dans cet article

Époque

Années citées · 08
  1. Lourenço José Moniz naquit à Funchal.

  2. Lourenço José Moniz soutint sa thèse en latin, De Ictero, à Édimbourg.

  3. Le docteur Lourenço José Moniz fut nommé professeur de lettres à Funchal.

  4. Lourenço José Moniz et Manuel Caetano Pimenta de Aguiar siégèrent comme députés de Madère aux premières Cortes constitutionnelles ; Aguiar proposa la libre exportation du vin de Madère.

  5. Lourenço José Moniz représenta Madère au Parlement pendant plusieurs législatures successives, sauf en 1842–45.

  6. L’École médico-chirurgicale de Funchal fut installée le 2 mai 1837 à l’hôpital Santa Isabel, à la place de l’ancienne infirmerie britannique ; elle fonctionna jusqu’en 1910.

  7. Le docteur Lourenço José Moniz fut vice-président, puis président, de la Chambre des députés.

  8. Le docteur Lourenço José Moniz mourut dans la pauvreté à Lisbonne ; son épitaphe indique le 6 décembre.

Lieu

Lieux cités · 10

Étranger

Carte: Madeira (9)
  1. Cap de Bonne-Espérance

    South Africa. Lieu où il exerça les fonctions de juge-commissaire aux prises maritimes.

  2. Cathédrale de Funchal

    Funchal. Cathédrale où son oncle exerçait les fonctions de vicaire.

  3. Cimetière de l’Alto de São João

    Lisboa. Cimetière où les Madériens lui érigèrent un mausolée grâce à une souscription publique.

  4. Coimbra

    Portugal. District dont il fut le gouverneur civil.

  5. Édimbourg

    United Kingdom. Ville universitaire où Moniz étudia la médecine.

  6. États-Unis d’Amérique

    United States of America. Pays où il s’exila pendant la période absolutiste.

  7. Funchal

    Sa ville natale, où il étudia, exerça et enseigna.

  8. Lisbonne

    Portugal. Ville où il mourut en 1857.

  9. Londres

    United Kingdom. Ville où sa thèse De Ictero fut publiée en 1815.

  10. Santa Maria Maior

    Funchal. Paroisse de Funchal où Moniz naquit.

Personnes

Personnes citées · 03
  1. Médecin madérien, premier recteur du lycée de Funchal et député de Madère pendant une vingtaine d’années, auquel cette notice est consacrée.

  2. Vicaire de la cathédrale de Funchal et oncle paternel de Lourenço José Moniz, dont il prit en charge l’éducation.

  3. Député madérien loué, comme Moniz, pour avoir défendu sans intérêt personnel les besoins de l’archipel au Parlement.

Sur la feuille M

Consultés récemment

    Les pages que vous lisez apparaîtront ici.