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Article nº 3291 Hôpital ou asile Funchal Vol. III · p. 407–415 17 min de lecture

Sanatoriums de Madère

Titre original: Sanatórios da Madeira

Les sanatoriums pour tuberculeux à Madère : la concession accordée en 1903 au prince Hohenlohe, son achat de quintas à Monte, le litige concernant la Quinta Pavão et le rachat par l’État en 1909, ainsi que le rapport du docteur António de Lencastre de 1903 et l’avis de location de 1914 portant sur les propriétés confisquées. La notice traite également du sanatorium de l’Assistência Nacional aos Tuberculosos, installé dans l’ancienne Quinta Santana, ouvert en 1941 et nommé en l’honneur du docteur João Francisco de Almada.

Sanatoriums de Madère

Étranger

Carte: Madeira (23)

1La concession Hohenlohe et sa résiliation

Le prince Frédéric-Charles de Hohenlohe demanda au gouvernement portugais l’autorisation d’établir à Madère des sanatoriums maritimes et d’altitude destinés au traitement des tuberculeux. Il devait pour cela constituer une compagnie régie par les lois portugaises, notre gouvernement conservant le droit de disposer d’un certain nombre de logements pour soigner des malades pauvres. Cette autorisation fut accordée par décision ministérielle du 9 juin 1903, après avis favorable de l’Assistance nationale aux tuberculeux (Assistência Nacional aos Tuberculosos). Une commission de techniciens allemands se rendit à Madère pour choisir les emplacements des sanatoriums, et notre gouvernement nomma le médecin dom António de Lencastre pour accompagner cette commission dans l’île.

Après avoir entendu les avis de ce médecin, du Conseil supérieur d’hygiène publique (Conselho Superior de Higiene Pública) et du Parquet général de la Couronne (Procuradoria Geral da Coroa), on accorda définitivement au prince de Hohenlohe la concession qu’il avait sollicitée, moyennant un cautionnement considérable garantissant le respect des clauses du contrat. Parmi celles-ci figurait le droit, pour le concessionnaire, de procéder à des expropriations pour cause d’utilité publique et d’importer en franchise de droits de douane les matériaux nécessaires à la construction des sanatoriums.

La compagnie ou entreprise des Sanatoriums, qui avait pour agent dans l’île le regretté commandeur Manuel Gonçalves, homme intelligent et entreprenant, acquit dès sa constitution les quintas (domaine rural avec maison de maître) Santana, Vigia et Bianchi. En août 1904, elle recevait de l’étranger les premiers matériaux destinés aux installations qu’elle allait réaliser dans la paroisse (freguesia) de Monte (« mont »), où elle employa bientôt quelque 300 ouvriers, sans compter le personnel technique venu d’Allemagne.

Les affaires de la Compagnie des Sanatoriums suivirent leur cours normal dans l’île pendant quelques années, malgré la guerre que lui menaient certains Anglais résidant dans le pays, qui craignaient que la concession Hohenlohe ne leur porte préjudice. Mais lorsque la Compagnie, en vertu des privilèges dont elle jouissait, voulut exproprier la Quinta Pavão (« domaine du Paon »), appartenant à un sujet britannique qui l’avait achetée peu auparavant à un Autrichien, de graves complications surgirent aussitôt. Elles contraignirent notre gouvernement à engager des négociations non seulement avec la Compagnie concessionnaire, mais aussi avec les cabinets de Londres et de Berlin, également intéressés à la question.

Comme il s’était révélé impossible de parvenir à un accord avec la Compagnie concessionnaire, notre gouvernement lui proposa l’arbitrage du tribunal de La Haye, le choix d’autres terrains pour la construction des Sanatoriums ou la résiliation du contrat. La Compagnie préféra cette dernière proposition, la jugeant la plus réalisable et peut-être la plus lucrative et la plus avantageuse pour les intéressés à l’affaire.

La loi du 3 novembre 1909 autorisa le gouvernement à résilier la concession accordée au prince de Hohenlohe par les décisions ministérielles du 9 juin 1903 et du 4 janvier 1904, et à racheter les immeubles, installations et tous les droits appartenant au concessionnaire, moyennant le paiement de 4 425 000 marks et des intérêts correspondants à 5 pour cent, à compter du 20 août 1908, date de la conclusion des négociations. Pour évaluer les propriétés de la Compagnie des Sanatoriums, le général Parreira était venu à Madère, mandaté par le gouvernement.

L’arrêté ministériel (portaria) du 18 novembre 1909 conféra les pleins pouvoirs au vicomte de Geral de Lima, délégué du Trésor (delegado do tesouro), pour accepter le rachat de la concession. Peu après, les biens mobiliers et immobiliers de la Compagnie passèrent en la possession de l’État ; ils sont depuis lors confiés au chef du bureau des finances (Repartição de Fazenda) du district, à qui il incombe de prendre toutes les mesures nécessaires à leur conservation et à leur bonne administration (1921).

La Compagnie des Sanatoriums trouva en l’ancienne reine dona Amélia l’une de ses protectrices les plus dévouées. Le regretté roi Charles Ier, recevant le professeur Pannwitz, l’un des membres de la commission venue à Madère en 1904 pour choisir les emplacements des bâtiments destinés aux tuberculeux, eut pour l’initiative du prince de Hohenlohe des paroles d’admiration et d’encouragement.

Les propriétés qui, par la résiliation du contrat, passèrent en la possession du gouvernement furent la Quinta Santana (« domaine Sainte-Anne »), où se trouve l’un des bâtiments destinés à recevoir les malades, la Quinta Vigia (« domaine de la Vigie »), la Quinta Bianchi (« domaine Bianchi »), la Quinta Amélia (« domaine Amélia »), la Quinta dos Reis e Palmeira (« domaine des Rois et du Palmier ») et le terrain de Marmeleiros (« cognassiers »), où se trouve le sanatorium dit des pauvres (1921). L’État reçut également une part des eaux de l’Arrebentão, acquises pour l’approvisionnement des bâtiments de la Compagnie, ainsi que tout le mobilier qui s’y trouvait. Il paya pour l’ensemble de ces biens la somme de 4 753 354 marks, dont 328 541 marks au titre des intérêts dus.

Convertis en monnaie portugaise, ces montants montrent que la Compagnie reçut de l’État la somme de 1 159 864 025 réis (ancienne monnaie de compte portugaise ; 1$000 = 1 000 réis, 1:000$000 = un conto = 1 000 000 de réis), dont 1 079 700 000 réis pour la valeur des propriétés et 80 164 025 réis d’intérêts. Lors de la résiliation, le concessionnaire fut autorisé à récupérer le cautionnement qu’il avait versé pour garantir le respect des clauses du contrat, constitué de 725 obligations de la dette extérieure portugaise d’une valeur de 20 livres chacune (1921).

Nous transcrivons ci-après deux documents importants, qui apportent de précieux éclaircissements sur le sujet de cet article :

2Le rapport de Lencastre de 1903

Extrait du Diário do Governo du 29 octobre 1903 : Direction générale de la santé et de la bienfaisance publique – 2e service. Fort de ces connaissances, et après que le gouvernement de Sa Majesté lui eut accordé l’autorisation d’y construire des sanatoriums, le prince de Hohenlohe organisa une mission. La partie médicale en était représentée par le professeur Frankel, de la faculté de Berlin, où son autorité scientifique est respectée et jouit du plus glorieux renom, et par le docteur Pannwitz, secrétaire général du Bureau international de la tuberculose, qui s’est tant distingué dans la direction de diverses œuvres de lutte contre la tuberculose et dans l’organisation d’innombrables sanatoriums. La mission avait pour objet de choisir dans l’île des sites propres à la construction de sanatoriums, les uns pour les sujets prédisposés, les autres pour les tuberculeux déclarés. Le prince souhaitant qu’un médecin portugais accompagnât la mission, la généreuse bienveillance de Votre Excellence voulut que le choix se portât sur moi ; et de l’honorable charge que j’acceptai, je viens volontiers, avec l’assurance de ma gratitude, rendre compte de mon modeste accomplissement.

Partis le 2 septembre et de retour en cette capitale le 7 octobre, nous séjournâmes dans cette île pendant dix jours fort brefs. De nos délicieuses promenades dans cette région enchanteresse, dans les villages, dans les montagnes et sur les hauteurs, nous rapportâmes les plus agréables impressions, non sans connaître aussi le clair-obscur, loi fatale des antinomies humaines.

En jouissant de ce climat sans égal, et de cette impression personnelle à laquelle Sigismond Jaccoud – le grand maître de la climatothérapie – attachait tant d’importance, sans même effleurer les beautés auxquelles les artistes se rendent séduits, nous avons compris, je dois dire senti, son incomparable physiologie.

Nous avons ressenti les phénomènes d’ordre sédatif, qui se traduisent par le calme de la circulation générale, le repos du système nerveux central et un moindre effort inspiratoire, et qui procurent aux malades la cessation de toute excitation, le retour du sommeil, la diminution de la toux et une satisfaction plus complète du besoin de respirer ; et l’action d’ordre tonique, par l’intensification des combustions intra-organiques et l’accélération des fonctions digestives, qui ont pour compensation naturelle une meilleure nutrition et une augmentation de poids.

La note triste, dissonante dans ce glorieux concert de la nature, est l’état déplorable de Madère au regard de la maladie même que l’on vient y soigner.

Et j’appelle dès à présent l’attention éclairée de Votre Excellence sur un point. La tuberculose, comme la splendide flore qui s’y est acclimatée, a envahi les classes pauvres de l’île et y est devenue, comme sur le continent, une maladie populaire. La promiscuité, dans les hôtels, des malades et des bien-portants, la succession de ceux-ci dans les chambres de ceux-là sans la moindre précaution ni la désinfection la plus rudimentaire, la projection à distance de ces foyers de contagion, portée par le linge sale que l’on lave partout sans traitement préalable, sont des causes graves de propagation de la tuberculose. Celle-ci trouve pour facteurs adjuvants le surmenage de ceux qui travaillent et l’alcoolisme de tant d’autres qui se leurrent d’une excitation passagère, espérant vainement reconstituer des forces qui déclinent de plus en plus.

C’est ce mal qu’il est urgent de combattre. Certes, l’entreprise du prince Hohenlohe répond à l’une des indications les plus capitales.

La construction immédiate de sanatoriums pour riches et pauvres, selon le régime des établissements fermés, où sont garantis les soins de désinfection les plus méticuleux, transforme de façon sûre les conséquences qu’a eues jusqu’ici pour l’île l’immigration de tuberculeux. L’inconvénient très grave du passage du phtisique dans l’île disparaît entièrement, et seul demeure, pour sa prospérité, le bienfait que le malade y cherche et y trouve. Autrement dit, la construction de sanatoriums prévient de futures invasions de bacilles de Koch. Mais le mal actuel ? Une partie peut y être remédiée par la création d’établissements pour les pauvres ; l’autre le sera par l’application du décret du 30 août 1902, que Votre Excellence, avec son très haut discernement, saura mettre en pratique en dotant Madère du matériel et du personnel indispensables à sa défense. La loi est certainement excellente, mais inefficace, inapplicable sans postes de désinfection, etc., etc.

L’œuvre que le prince Hohenlohe entend réaliser est vaste et complexe. Il souhaite tirer parti de toutes les ressources qu’offre cette région.

Ainsi, sur le littoral, il installera des Cure Hotels pour le traitement des prédisposés, anémiques, chlorotiques, lymphatiques, scrofuleux, épuisés et neurasthéniques ; ils seront pour cela dotés de tout l’appareillage moderne qui met en œuvre les agents physiques : la chaleur, la lumière, l’électricité, la kinésithérapie, le massage. Il construira des plages artificielles en complément de la thalassothérapie, etc.

En montagne, au-dessous de la zone des brouillards, seront établis les sanatoriums généraux pour le traitement de la tuberculose ; on mettra à profit des sites convenablement boisés, où l’on tracera de vastes parcs clos pour l’agrément des malades et la cure d’air, que favorisera la proximité de superbes pinèdes.

Les hauteurs seront réservées à des indications plus spéciales, et sans doute déjà au traitement estival de certaines formes de tuberculose.

Sur le conseil de la mission médicale, dès que l’entreprise commencera ses travaux, deux postes météorologiques seront organisés, l’un à l’Arieiro, à 1700 mètres, l’autre au Paul da Serra (« marais de la montagne »), à 1500 mètres, afin de juger de façon sûre des conditions météorologiques de l’hiver. Car les données existantes, surtout celles présentées par M. João Tierno sur le Paul, et la modeste expérience faite avec quelques malades à l’Arieiro, quoique admirables, ne suffisent pas à fonder une opinion scientifique.

Pour tirer parti du climat atlantique, la mission médicale désigna une bande du littoral de la baie de Funchal ; dans la paroisse (freguesia) de Monte, elle choisit plusieurs sites, tant pour les sanatoriums des riches que pour ceux des pauvres, qui satisfont aux conditions d’abri et aux autres exigences de ces établissements.

Le premier sanatorium pour pauvres, qui sera construit immédiatement, comptera quarante lits répartis en deux pavillons, l’un destiné aux hommes, l’autre aux femmes.

Pour terminer, je dois signaler à Votre Excellence que le délégué du gouvernement doit autant de gratitude à l’accueil distingué que lui ont réservé le prince de Hohenlohe et toute la mission que nous tous, qui venons de visiter l’île de Madère, en devons à la courtoisie traditionnelle avec laquelle les autorités portugaises nous ont reçus.

Que Dieu garde Votre Excellence. À Son Excellence Monsieur le ministre du Royaume et président du Conseil des ministres. – Lisbonne, le 30 octobre 1903. – Dom António Maria de Lencastre.

3L’avis de location de 1914

Extrait du Diário do Governo du 25 janvier 1914 : « Jusqu’au 27 février prochain, à 12 heures, la Direction générale du Trésor public, au ministère des Finances, recevra sous pli cacheté des offres pour la location, en un seul lot, des biens nationaux ci-après désignés :

  1. 1° La Quinta Bianchi, comprenant une maison de maître, une maison de gardien, une écurie, un belvédère (mirante), un jardin, une vigne et un champ de canne à sucre, alimentée par les eaux de l’Arrebentão et de la Levada dos Piornais (« levada des Genêtaies »). Elle confine au nord à la rue de l’Impératrice Dona Amélia, où se trouve son entrée principale, au sud à la falaise, à l’est à la Quinta Pavão et à l’ouest aux biens de Carlos Bianchi et de Luís Figueira da Silva, côté où elle possède une porte de servitude.
  2. 2° La Quinta Vigia, comprenant une maison d’habitation, une écurie, diverses petites maisons, des belvédères, des jardins et des vergers, alimentée par les eaux de l’Arrebentão et de la Levada dos Piornais. Elle confine au nord à la rue de l’Impératrice Dona Amélia, où se trouve son entrée principale, à des immeubles appartenant à diverses personnes, ainsi qu’au Beco das Angústias, sur lequel elle a une porte, et à la Quinta de Nossa Senhora das Angústias, et à l’ouest à la Quinta Pavão.
  3. 3° La Quinta dos Reis e Palmeira, avec maison d’habitation, verger et champ de canne à sucre, alimentée par les eaux de la Levada das Cales (« levada des Rigoles ») et par des sources propres. Elle confine au nord à Carlos Augusto da Silva Carvalho, au sud au Passeio da Quinta dos Reis et à la terre de Diogo António Ferreira, à l’est au Ribeiro da Quinta dos Reis et à Baltasar Gonçalves, et à l’ouest au Caminho do Monte (« chemin du Monte »), sur lequel elle a plusieurs portes. On y trouve des maisons d’habitation et d’autres améliorations (benfeitorias, ouvrages réalisés par le tenancier) appartenant aux colons.
  4. 4° La Quinta Santana, avec maison d’habitation, installation de machines pour l’éclairage, la blanchisserie, la fabrication de glace, etc., remises, pinède, terres de culture, vigne et champ de canne à sucre, alimentée par les eaux de l’Arrebentão et de la Levada das Cales. Elle confine au nord aux héritiers de Vicente Cândido Machado, au sud aux terrains d’Emília Augusta Figueira et de Joaquim Ovídio de Jesus et à la Levada dos Flamengos (« levada des Flamands »), à l’est au Caminho do Monte, où se trouve son entrée principale, et à l’ouest à la route du chemin de fer du Monte (Caminho de Ferro do Monte), au chemin de la Torrinha (« petite tour »), à José Ferreira et à ladite Emília Augusta Figueira.
  5. 5° Un bien rural au lieu-dit (sítio) de Santana, avec arbres fruitiers et une maison couverte de tuiles, confinant au nord à la Quinta Santana, au sud à Joaquim Ovídio de Jesus et à l’Azinhaga dos Ausentes, à l’est audit Ovídio et à l’ouest à João Agostinho de Oliveira (aujourd’hui considéré comme une annexe de la Quinta Santana).
  6. 6° Un bien rural au lieu-dit de Torrinha, comprenant des terres de culture, des arbres fruitiers et une chaumière, confinant au nord à la Levada dos Flamengos, au sud et à l’est aux terrains de l’État et à l’ouest au chemin de fer du Monte (aujourd’hui considéré comme une annexe de la Quinta Santana).
  7. 7° Un bien rural au lieu-dit de Livramento (« délivrance »), terre avec une vasque, confinant au nord, au sud et au sud-est aux terrains de l’État et à l’ouest au chemin de fer du Monte (aujourd’hui considéré comme une annexe de la Quinta Santana).
  8. 8° Un bien rural au lieu-dit de Livramento, avec maison couverte de tuiles, pins et chaumière, confinant au nord à Francisco Ferreira et à la Quinta Santana, au sud à João Agostinho de Oliveira, à l’est à ladite quinta et à la ravine (côrrego), et à l’ouest à la route du chemin de fer du Monte (aujourd’hui considéré comme une annexe de la Quinta Santana).
  9. 9° Un bien rural au lieu-dit de Livramento, avec arbres fruitiers et vigne, confinant au nord aux héritiers de Manuel de Freitas, au sud au terrain de la Compagnie du chemin de fer du Monte, à l’est à la ravine et à l’ouest à la route du chemin de fer du Monte (aujourd’hui considéré comme une annexe de la Quinta Santana).
  10. 10° L’installation dite des Eaux de l’Arrebentão, qui a son origine dans le bien décrit ci-dessous et son « terminus » au Cais da Pontinha (« quai de la petite pointe »), et qui dessert tous les biens précédents ainsi que l’approvisionnement de la navigation par la bouche de déversement dont elle dispose sur ledit quai. Cette installation a pour seule charge de fournir au Conseil général du district (Junta Geral) quatre penas d’eau pour l’alimentation de ses bornes-fontaines situées sur le Caminho do Monte.
  11. 11° Un bien rural au lieu-dit d’Arrebentão, avec pinède, possédant une excellente eau de source captée pour l’alimentation de l’installation ci-dessus.

Les offres doivent être accompagnées d’un document attestant le versement, à la Caixa Geral de Depósitos, du dépôt provisoire de 10 000 escudos (monnaie portugaise à partir de 1911 : 1 escudo = 100 centavos = 1000 réis), en espèces ou en titres de la dette publique, lequel, en cas d’adjudication définitive, sera porté au montant correspondant à deux années de loyer. Outre la légalisation de la signature de l’offrant, elles doivent indiquer sa profession et sa résidence, ainsi que celles de la caution ou des cautions proposées, qui doivent être citoyens portugais et posséder des biens ou des valeurs au Portugal.

Les biens mentionnés sont mis aux enchères sans mobilier et reviendront en possession du Trésor public (Fazenda Nacional) à l’expiration du contrat, avec toutes les améliorations qui y auront été réalisées, sans aucun droit de rétention ni d’indemnité pour le locataire. Celui-ci sera tenu de les assurer contre l’incendie au profit du Trésor public et de l’indemniser de tous dommages qui ne seraient pas dus à l’usage normal de ces biens.

La ferme (contracto) ne transmet aucune exemption de quelque nature que ce soit et ne dispense pas du respect des lois du pays, y compris les lois fiscales et pénales.

Les matériaux de construction que l’État possède sur place ne font pas partie de cette ferme ; le concessionnaire est donc tenu d’en assurer la garde à l’intérieur des biens jusqu’à ce que le gouvernement les aliène directement ou par vente aux enchères publiques.

Ledit jour 27, à midi, au ministère des Finances, dans le cabinet du directeur général du Trésor public, se réuniront avec celui-ci le procureur général de la République et le directeur général des Douanes, qui, après examen des offres présentées, les classeront selon le loyer et les autres avantages offerts, appréciés dans leur ensemble. Le gouvernement devra adjuger la concession à l’offre la plus avantageuse, avec le droit de n’en accepter aucune si elles ne lui conviennent pas. Si l’adjudication définitive requiert la sanction parlementaire, le gouvernement présentera la proposition appropriée dans un délai de 10 jours.

  • 3e service de la Direction générale du Trésor public, le 24 janvier 1914. »

4Le sanatorium de l’A.N.T.

Le chef du service, Augusto Correia da Silva Melo. Après l’échec de l’entreprise organisée par le prince de Hohenlohe, la construction d’un sanatorium à Madère fut confiée à l’« Assistência Nacional aos Tuberculosos ». Ce sanatorium ne serait pas encore une réalité heureuse et éloquente sans l’action bienfaisante du docteur João Francisco de Almada, à qui l’on doit principalement une si remarquable entreprise, ainsi que d’autres améliorations indispensables qui lui sont très étroitement liées. Quiconque souhaite une connaissance approfondie du sujet, que nous ne pouvons exposer ici en détail, lira l’intéressant opuscule (opúsculo) A Obra da A. N. T. na Madeira, de l’illustre écrivain Feliciano Soares, et le livre Dr. João Francisco de Almada, publié sous la haute direction du même écrivain, dont la parution est due à l’initiative de celui qui trace ces lignes et qui est coauteur de l’Elucidário Madeirense.

Le sanatorium fut construit dans l’ancienne Quinta Santana (« domaine Sainte-Anne ») et son inauguration solennelle eut lieu en 1941. On lui donna le nom de « Sanatório Doutor João Francisco de Almada », en hommage très mérité à l’illustre médecin, qui était mort dans cette ville le 14 juin 1942.

Dans cet article

Époque

Années citées · 08
  1. Un décret sur la prévention de la tuberculose fut promulgué.

  2. Un arrêté ministériel accorda au prince Frederico Carlos de Hohenlohe une concession pour établir des sanatoriums antituberculeux à Madère.

  3. Lencastre signa son rapport sur la mission relative aux sanatoriums de Madère.

  4. La Société des sanatoriums reçut de l’étranger ses premiers matériaux de construction pour les travaux à Monte.

  5. Les négociations pour le rachat de la concession des sanatoriums de Hohenlohe s’achevèrent.

  6. Une loi autorisa le gouvernement à résilier la concession du prince Hohenlohe pour les sanatoriums de Madère et à racheter ses propriétés moyennant une indemnisation.

  7. Un arrêté habilita le vicomte de Geraz de Lima à accepter le rachat des propriétés des sanatoriums de Hohenlohe.

  8. Le ministère des Finances lança un appel d’offres pour la location des anciennes propriétés des sanatoriums de Madère.

  9. Le Sanatório Doutor João Francisco de Almada fut inauguré solennellement.

  10. Le docteur João Francisco de Almada mourut à Funchal.

Lieu

Lieux cités · 23
  1. Sanatoriums de Madère · Sujet

    Funchal

  2. Arrebentão

    Funchal. Source d’eau achetée pour alimenter les bâtiments de la société.

  3. Baie de Funchal

    Funchal. Bande côtière choisie pour les hôtels de cure balnéaire.

  4. Cais da Pontinha

    Funchal. Terminus de l’installation d’acheminement de l’eau d’Arrebentão, destinée à approvisionner les navires.

  5. Caminho do Monte

    Funchal. Route bordant plusieurs de ces propriétés.

  6. Chemin de fer du Monte

    Funchal. Voie ferrée délimitant plusieurs propriétés.

  7. La Haye

    Netherlands. Siège du tribunal proposé pour l’arbitrage.

  8. Levada das Cales

    Funchal. Alimentait en eau les quintas dos Reis et Santana.

  9. Levada dos Flamengos

    Funchal. Canal bordant Quinta Santana.

  10. Levada dos Piornais

    Funchal. Alimentait en eau les quintas Bianchi et Vigia.

  11. Livramento

    Funchal. Emplacement de parcelles rurales annexées à Quinta Santana.

  12. Marmeleiros

    Funchal. Emplacement du prétendu sanatorium pour les pauvres.

+ 11 de plus

Personnes

Personnes citées · 16
  1. Médecin portugais qui accompagna la mission allemande en 1903 et rédigea le rapport reproduit ici.

  2. Chef d’un service gouvernemental (Repartição), nommé à la fin d’un document cité dans cette notice.

  3. Propriétaire d’un terrain voisin de la Quinta Bianchi.

  4. Charles Iermort 1922

    Roi du Portugal qui salua l’initiative de Hohenlohe en recevant le professeur Pannwitz.

  5. Auteur de la brochure A Obra da A. N. T. na Madeira et directeur de l’ouvrage consacré au docteur João Francisco de Almada.

  6. Professeur berlinois représentant le volet médical de la mission de Hohenlohe.

  7. Prince allemand auquel fut accordée en 1903 la concession pour construire des sanatoriums antituberculeux à Madère, résiliée en 1909.

  8. Médecin à qui l’on doit principalement la construction du sanatorium de l’A.N.T. à Madère, nommé en son honneur ; mort à Funchal le 14 juin 1942.

  9. Fournit des données météorologiques sur le Paul da Serra.

  10. Manuel Gonçalvesc. 1867–1916

    Représentant madérien de la Société des sanatoriums.

+ 6 de plus
  1. Secrétaire général du Bureau international de la tuberculose et membre de la mission chargée de choisir les sites.

  2. Général envoyé par le gouvernement pour évaluer les propriétés de la société.

  3. Prince allemand qui organisa une société, finalement vouée à l’échec, pour construire des sanatoriums à Madère.

  4. Reine du Portugal et protectrice dévouée de la Société des sanatoriums.

  5. Maître de la climatothérapie cité par Lencastre.

  6. Délégué du Trésor habilité en 1909 à accepter le rachat de la concession.

Sur la feuille S

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