Monnaie 1Les premières monnaies, du XVe au XVIIe siècle
Monnaie
Titre original: Moeda
Histoire des monnaies en circulation à Madère depuis le peuplement de l’île jusqu’à la loi de 1879 abolissant la circulation des monnaies étrangères, notamment espagnoles, américaines et britanniques, ainsi que des monnaies propres à l’île, Pecunia Insulana et Pecunia Madeirensis.
1Les premières monnaies, du XVe au XVIIe siècle
La monnaie qui avait cours à Madère dans les premiers temps de la colonisation était identique à celle du Portugal, comme le montre la lettre du 26 septembre 1433 par laquelle le roi Édouard fit donation de cette île à l’infant Henri le Navigateur. Cette lettre interdisait à l’infant de faire frapper monnaie, la monnaie du Royaume (reino, c.-à-d. le Portugal continental) devant avoir cours dans l’île.
On sait par d’anciens documents que le marc d’argent (marco de prata, env. 230 g d’argent) et les reais étaient des monnaies qui circulaient à Madère, et qu’il existait des reais d’argent et de cuivre, les premiers frappés sur l’ordre de Jean Ier. Ces anciens reais ou réis avaient une valeur bien supérieure à celle des réis (ancienne monnaie de compte portugaise ; 1$000 = 1 000 réis, 1:000$000 = un conto = 1 000 000 de réis) qui ont subsisté jusqu’à nos jours et qui servent encore aujourd’hui bien souvent d’unité pour le calcul des valeurs.
La charte de franchises (foral) de la ville de Funchal et des bourgs de Ponta do Sol (« pointe du Soleil ») et de Calheta (« petite anse »), datée du 6 août 1515, mentionne des cruzados (ancienne monnaie portugaise valant 400 réis), des réis et des reais ; le Règlement des bois (Regimento das Madeiras) du 27 août 1562 et bien d’autres documents font également allusion à la première de ces monnaies, qui devint avec le temps une monnaie de compte.
Les cruzados neufs étaient d’or ou d’argent ; le cruzado ancien était d’or et valait 400 réis. Aujourd’hui encore, on a coutume à Madère d’appeler cruzado la somme de 40 centavos ou 400 réis, quelle que soit l’espèce de monnaie qui la représente.
Les registres des séances du conseil de 1550 montrent qu’à cette époque avaient déjà cours dans l’île les riales, les demi-riales et les quarts de riale, les premiers valant 36 réis, les deuxièmes 18 et les derniers 9,5 réis. Toutefois, même sous la domination philippine, c’étaient les réis et les cruzados qui servaient de base à l’expression des valeurs.
En 1643 circulaient à Madère les patacas (pièce d’argent valant environ 75 à 80 réis au XVIIe siècle), les demi-patacas, les tostões, les demi-tostões et les pièces de 120 réis et de 3 et 2 vinténs ; mais le document où nous avons trouvé ce renseignement ne dit pas si tout cet argent était espagnol ou s’il s’y mêlait quelque monnaie portugaise.
Par lettre royale (carta régia) du 9 février 1664, adressée à l’intendant (provedor) Francisco de Andrade, il fut permis de frapper monnaie d’or et d’argent à Madère, et le 10 du même mois fut publié le règlement (regimento) instituant dans cette île un atelier monétaire, avec un juge surintendant et les autres officiers nécessaires. Le règlement de 1640 ordonnait que l’argent du Royaume eût cours à Madère, et en 1664 arrivèrent des instructions enjoignant à la municipalité de nommer un greffier (escrivão) pour l’hôtel de la Monnaie et de faire frapper des patacas et des demi-patacas.
Le 15 août 1704, le capitaine général (capitão-general, gouverneur militaire de Madère) Duarte Sodré ordonna que les rialetes et demi-rialetes, qui valaient respectivement 75 et 37 réis et demi dans cette île, passent à 80 et 40 réis, et que les demi-patacas et les riales d’argent doubles (quarts de pataca) soient reçus, les premières pour 375 réis et les seconds pour 187 réis, à condition qu’ils aient le poids légal, soit 7 oitavas et demie par pataca. Il fut en outre décidé que les patacas dites Marias et les demi-patacas ou demi-Marias continueraient d’avoir cours pour 600 et 300 réis, les premières si elles pesaient 6 oitavas, les secondes 3.
En 1700, le gouverneur reçut une lettre royale lui ordonnant de faire retirer la monnaie rognée ; à cette occasion arrivèrent 80 000 cruzados en monnaie neuve destinés à rester à Madère. La pataca de 7 oitavas et demie valait alors 750 réis.
2Les monnaies étrangères aux XVIIIe et XIXe siècles
À la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, on trouvait à Madère les patacas (pièce d’argent valant environ 75 à 80 réis au XVIIe siècle), ainsi que les pesetas et les demi-pesetas espagnoles : les premières valaient 1000 réis (ancienne monnaie de compte portugaise ; 1$000 = 1 000 réis, 1:000$000 = un conto = 1 000 000 de réis), les deuxièmes 200 réis et les dernières 100 réis. En 1819, c’étaient encore ces mêmes monnaies qui circulaient dans l’île, comme on le lit dans un ouvrage anglais publié cette année-là à Londres. Dans les fondations de quelques édifices du XVIIIe siècle, on a trouvé des pièces de cuivre françaises du temps de Louis XVI, ce qui semble indiquer qu’elles circulèrent à Madère.
Le 27 juillet 1762, l’intendant des finances royales (provedor da fazenda) se plaignait des difficultés qu’il y avait à transférer de l’argent à Lisbonne, le numéraire en circulation étant étranger. En 1819, le gouverneur Botelho demanda que, pour ne pas être lésé, l’on tînt compte, lors du paiement de ses traitements, de la différence de valeur entre la monnaie madérienne et celle du continent.
L’introduction de l’argent anglais et américain, qui circula pendant de longues années dans l’île, eut lieu bien des années après l’arrivée de l’argent de Castille. Les pièces d’or espagnoles qui circulèrent à Madère jusqu’en 1879 valaient 16 000, 8000, 4000 et 2000 réis, et les pièces d’argent 1000, 200, 100 et 50 réis.
Les pièces d’or américaines qui avaient cours à Madère étaient le double aigle, l’aigle, le demi-aigle et le quart d’aigle, qui valaient respectivement 20 000, 10 000, 5000 et 2500 réis ; les pièces d’argent étaient la pataca ou dollar (1000 réis), le demi-dollar (500 réis), le dime (100 réis) et le demi-dime (50 réis). On voyait aussi des dollars ou patacas en or, mais cette monnaie était peu fréquente.
La livre sterling ou souverain et la demi-livre ou demi-souverain étaient les pièces d’or anglaises qui avaient cours dans l’île, les premières valant 4800 réis et les secondes 2400 réis ; la monnaie d’argent était représentée principalement par les demi-couronnes (600 réis), les shillings (240 réis) et leurs subdivisions. Avant de recevoir la valeur de 4800 réis que lui donnèrent les décrets du 7 décembre 1836 et du 4 mai 1842, la livre sterling avait valu 4600 réis, en vertu des dispositions du décret du 10 octobre 1835.
Outre le numéraire que nous venons de mentionner, avaient cours à Madère les patacas boliviennes, chiliennes, colombiennes, argentines et mexicaines, toutes d’une valeur de 1000 réis, ainsi que quelques autres monnaies étrangères. En 1887, le conseil municipal (Câmara Municipal) de Funchal fut contraint de rembourser à quelques négociants le montant d’un impôt qu’ils avaient payé sur l’importation de l’argent étranger en circulation dans l’île.
3Les monnaies insulaires et la réforme de 1879
Outre les monnaies d’or et d’argent étrangères qui eurent cours à Madère pendant de longues années, il circula une autre monnaie qui n’avait pas cours au Portugal. On lit dans un article publié par Alberto Artur Sarmento dans le défunt Diario do Commercio « que la première monnaie portugaise frappée exclusivement pour les îles est la PECUNIA INSULANA, de Joseph Ier . . . Elle porte la date de 1750 et compte trois valeurs en cuivre : 10, 5 et 3 réis (ancienne monnaie de compte portugaise ; 1$000 = 1 000 réis, 1:000$000 = un conto = 1 000 000 de réis). Elle porte à l’avers JOSEPHUS I. D. G. PORT. ET ALG. REX ; deux II (Josephus I) au centre, soutenant la couronne, la date partagée de part et d’autre, 17-50, et en dessous la valeur X, V ou III, selon la pièce. Au revers, PECUNIA INSULANA et les cinq écus (quinas) au centre, flanqués de palmes et surmontés de la couronne royale. La pièce de 5 réis connut deux émissions, la seconde en 1751 ».
Manuel B. Lopes Fernandes, dans la Memoria das moedas correntes em Portugal desde os tempos dos romanos até nossos dias (Memorias da Ac. Real das Sciencias, nouvelle série, tome II, partie I), déclare que la pecunia insulana de Joseph Ier était destinée aux Açores ; il est toutefois certain qu’elle circula aussi à Madère, même après l’apparition ici de la pecunia madeirensis (monnaies de cuivre frappées spécialement pour Madère). Nous avons dit, à la page 85 du vol. I de l’Elucidário (article Armes), en nous fondant sur l’opinion du docteur Azevedo (voir Saudades, p. 492), que les pièces de cuivre frappées en 1750 montrent cinq pains de sucre flanqués de cannes, à sucre elles aussi ; mais, selon le même Lopes Fernandes, ce que l’on y voit, ainsi que sur les pièces de 1751, ce sont les écus entre deux rameaux de palmes, ce qui nous paraît plus exact, bien que les deux rameaux puissent facilement être pris pour des cannes à sucre. Sur les pièces de la première émission, d’une valeur de 12 000 cruzados, figurent encore les deux cannes à sucre des anciennes armes de Funchal, tandis que sur les émissions du XIXe siècle on voit, au lieu des cannes, un rameau de vigne.
« Marie II, dit encore Alberto Sarmento, créa la monnaie exclusive de Madère, la PECUNIA MADEIRENSIS, et elle compte également trois valeurs – 20, 10 et 5 réis. À l’avers on lit – MARIA II. D. G. PORT. ET ALG. REGINA, avec au centre la couronne portugaise. Au revers, PECUNIA MADEIRENSIS et la valeur correspondante – XX, X ou V, bordée d’un rameau de vigne. La pièce d’un vintém (pièce de 20 réis) ne connut qu’une émission, en 1842. Celle de 10 réis, 3 émissions : en 1842, 1850 et 1852. Celle de 5 réis fut émise en 1850, mais ne circula jamais à Madère, passant de l’Hôtel de la Monnaie aux mains de collectionneurs intéressés ; elle a aujourd’hui une haute valeur aux yeux des amateurs ».
Au sujet de la monnaie madérienne, il faut encore dire qu’en 1919 l’Asile de mendicité et des orphelins (Asilo da Mendicidade e Orfãos) émit des billets de 1 et 2 centavos, et en 1920 de 4 centavos, destinés à faciliter la monnaie d’appoint, la monnaie métallique ayant disparu du marché ; ces billets ne circulèrent cependant que peu de temps, une partie du commerce refusant de les accepter.
La loi du 2 mai 1879 mit fin à la circulation de l’argent étranger à Madère et fixa un délai pour l’échange de l’ancienne monnaie faible contre de la monnaie portugaise. La livre sterling fut la seule monnaie étrangère à conserver cours, sa valeur descendant toutefois de 4800 à 4500 réis.
Dans l’aperçu que nous venons de présenter des monnaies connues à Madère jusqu’à la publication de la loi de 1879, nous n’avons mentionné que les espèces dont l’existence nous a paru bien établie ; mais il est à croire qu’au XVe siècle circulaient ici les ceitis, les escudos (monnaie portugaise depuis 1911, = 1 000 réis), les espadins et les reais blancs et noirs – le real (pl. réis ; ancienne unité monétaire portugaise, 1 000 réis = 1 milréis) –, et qu’aux siècles suivants parvinrent jusqu’à cette île diverses autres monnaies qui circulèrent au Portugal, bien que les documents que nous avons consultés ne disent rien à ce sujet.
Dans cet article
Époque
Années citées · 11-
Le roi Duarte concéda l’archipel au prince Henri, en exigeant que la monnaie du royaume y circule, et en confia la juridiction spirituelle à l’ordre du Christ.
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Le roi Manuel Ier accorda un foral commun à Funchal, Ponta do Sol et Calheta, fixant les dîmes, le quint sur les sucres, les revenus de l’alcaidaria, les prix du savon et d’autres redevances.
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La reine régente Catarina promulgua le Regimento das Madeiras, code forestier de Madère, qui soumettait l’abattage d’arbres à autorisation, ordonnait la plantation de châtaigniers et de pins et confiait la protection des forêts aux autorités locales.
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La circulation de patacas, de tostões et d’autres monnaies fut attestée à Madère.
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Une lettre royale autorisa la frappe de monnaies d’or et d’argent à Madère.
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Le retrait des monnaies rognées en circulation à Madère fut ordonné et 80 000 cruzados en monnaie neuve furent envoyés.
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Le gouverneur Duarte Sodré réévalua les monnaies en circulation à Madère.
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Des pièces de cuivre Pecunia Insulana portant les armoiries primitives de Funchal furent frappées pour circuler uniquement à Madère et aux Açores.
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La monnaie de cuivre madérienne Pecunia Madeirensis, ornée de deux sarments de vigne, fut émise pour la première fois en 1842, puis à nouveau en 1850 et en 1852.
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Une loi unifia le système monétaire de Madère et celui du Portugal continental, mettant fin à la circulation des monnaies étrangères sur l’île, à l’exception de la livre sterling.
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L’Asilo da Mendicidade émit des billets de petite monnaie.
Lieu
Lieux cités · 05Étranger
- Açores
Portugal. Îles auxquelles la Pecunia Insulana aurait été destinée.
Les Açores sont un archipel de l’Atlantique qui partage certaines espèces végétales avec Madère. L’Elucidário mentionne l’installation aux Açores de familles madériennes comme les Bettencourt, l’interdiction en 1801 des vins açoriens à Madère et les importations de tabac açorien. Il indique également que des agriculteurs açoriens furent amenés à Madère pour y enseigner leurs méthodes de culture du maïs.
- Calheta
Bourg concerné par le foral de 1515.
Calheta est un bourg, une paroisse et une municipalité de la côte sud-ouest de Madère, ainsi que l’un des plus anciens lieux de peuplement de l’île. L’Elucidário traite de l’origine de son nom, de ses premiers colons, dont Pedro Berenguer, de son église et de ses nombreuses chapelles, notamment celle d’un ancien couvent franciscain, ainsi que de l’émeute de 1834.
- Funchal
Ville concernée par le foral de 1515.
Capitale de l’archipel et siège de la principale capitainerie, où commença le peuplement ; elle devint un bourg vers 1451–52. Sa baie, la plus large de l’archipel, s’étend entre Ponta do Garajau et Ponta da Cruz et offre un mouillage abrité, bien que son port n’eût jamais fait l’objet d’une étude océanographique. L’Elucidário présente Funchal comme une station climatique, avec des données sur son climat, et relate les troubles de janvier 1906, la visite du prince danois en mai 1846 et la présence de cônes volcaniques récents dans la région.
- Lisbonne
Portugal. Les transferts d’argent vers cette ville étaient difficiles à cause des monnaies étrangères.
Capitale du Portugal, siège du tribunal de la Relação et de la Misericórdia dont les privilèges et les statuts furent étendus à Funchal. Henrique Franco de Sousa étudia à son Académie royale des beaux-arts, et Luiz José Baiardo s’y installa en 1821.
- Ponta do Sol
Bourg concerné par le foral de 1515.
Paroisse et municipalité de la côte sud, peuplées à partir de 1440 environ par Rodrigo Enes « o Coxo ». Son église paroissiale, dédiée à Notre-Dame de la Lumière, abrite un triptyque. L’Elucidário relate aussi la construction de son quai en 1848, financée par le conseil municipal, et la visite royale de 1858.
Personnes
Personnes citées · 12- Alberto Artur Sarmentoné 1878
Auteur d’un article sur les monnaies insulaires cité ici.
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Éditeur des Saudades, dont l’interprétation du motif monétaire est rectifiée ici.
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Gouverneur qui demanda en 1819 que son traitement tienne compte de la valeur inférieure de la monnaie madérienne.
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Roi de Portugal qui concéda Madère à Henri le Navigateur en 1433, tout en lui interdisant de battre monnaie.
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Capitaine général qui réévalua les monnaies en 1704.
- Francisco de Andrade1806–1881
Provedor auquel fut adressée la lettre royale de 1664 autorisant la frappe monétaire à Madère.
- Henri le Navigateur1394–1460
Henri le Navigateur, bénéficiaire de la concession de Madère en 1433.
- Jean Iermort 1433
Roi de Portugal qui fit frapper des réis d’argent.
-
Roi sous lequel la Pecunia Insulana fut frappée en 1750.
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Roi de France dont des monnaies de cuivre furent découvertes dans des fondations à Madère.
+ 2 de plus
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Numismate selon lequel la Pecunia Insulana était destinée aux Açores.
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Reine qui créa la Pecunia Madeirensis.