Unification de la monnaie 1Les monnaies étrangères et le chemin vers l’unification
Unification de la monnaie
Titre original: Unificação da Moeda
Décrit la loi de 1879 qui unifia le système monétaire de Madère avec celui du Portugal continental, mettant fin à la circulation de monnaies étrangères en or et en argent sur l’île ainsi qu’à la spéculation et à la crise des changes qu’elle avait provoquées.
1Les monnaies étrangères et le chemin vers l’unification
Bien que Madère fût terre portugaise, la monnaie d’or et d’argent qui y avait cours autrefois était étrangère. La monnaie portugaise était inconnue de la grande majorité des habitants, et le petit commerce refusait souvent de l’accepter lorsqu’un continental voulait s’en servir pour effectuer un paiement.
Pour mettre fin à un état de choses qui, outre qu’il était humiliant pour le pays, causait des préjudices à la population, le conseiller (conselheiro, titre honorifique du conseil royal) Serpa Pimentel, ministre des Finances, proposa aux Chambres l’unification du système monétaire de Madère avec celui du Portugal. Présentée en 1875, cette proposition fut convertie en loi le 2 mai 1879, après une représentation adressée au gouvernement par l’Association commerciale de Funchal (Associação Comercial do Funchal), et après que le docteur Agostinho de Ornelas e Vasconcelos, à la Chambre des pairs, et le docteur Manuel José Vieira, à celle des députés, eurent pris la parole sur la question en s’efforçant d’obtenir cette même unification.
Le discours prononcé par ce dernier lors de la séance de la Chambre des députés du 7 avril 1879 resta célèbre. Il valut de la part du ministre des Finances les paroles suivantes : « Je félicite les Chambres du discours qu’elles viennent d’entendre, et Madère de la manière dont ses intérêts sont défendus dans cette maison ».
2Effets et dispositions de la loi de 1879
Certains mirent en doute les avantages de l’unification du système monétaire de Madère avec celui du Portugal. Toujours est-il que cette unification mit fin à de nombreux abus, tout en conjurant la crise des changes, dont les conséquences menaçaient d’être de plus en plus redoutables pour la consommation du district.
De nombreux spéculateurs firent fortune en achetant à très bas prix, sur les marchés anglais, la monnaie étrangère qui circulait dans l’île. Ce négoce, pratiqué parfois à grande échelle, eut pour résultat que le commerce ne pouvait plus, ces derniers temps, obtenir de traites à moins de 42 %, alors qu’en temps normal on les obtenait entre 33 et 34 %.
Par la loi du 2 mai 1879, comme on l’a dit, la monnaie légale du district de Funchal devint la même que celle du continent. Tous les paiements dus en vertu de contrats ou d’accords antérieurs à l’application de cette loi devaient être effectués en monnaie forte (moeda forte, c.-à-d. monnaie du continent), avec une réduction de 1/16.
Le délai fixé pour l’échange de la monnaie fut de deux mois, et le gouvernement fut autorisé à faire frapper des pièces d’argent de 500, 200, 100 et 50 réis (ancienne monnaie de compte portugaise ; 1$000 = 1 000 réis, 1:000$000 = un conto = 1 000 000 de réis), jusqu’à concurrence de 500 000 000 réis, pour les besoins du district de Funchal.
La monnaie de cuivre du Portugal circulait déjà à Madère à l’époque de la loi d’unification monétaire, en même temps que la pecunia madeirensis (monnaies de cuivre frappées spécialement pour Madère), représentée par des pièces de 20, 10 et 5 réis. Sur les émissions de 1842, 1850 et 1852, ces valeurs figurent entre deux rameaux de vigne, et non entre une canne et un rameau de vigne, comme on l’a dit, par une erreur difficile à expliquer, à la page 360 du volume II. Voir Monnaie.
Dans cet article
Époque
Années citées · 03-
La monnaie de cuivre madérienne Pecunia Madeirensis, ornée de deux sarments de vigne, fut émise pour la première fois en 1842, puis à nouveau en 1850 et en 1852.
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Le ministre des Finances Serpa Pimentel présenta une proposition visant à unifier la monnaie de Madère avec celle du Portugal.
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Manuel José Vieira prononça à la Chambre des députés son célèbre discours sur l’unification monétaire de Madère.
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Une loi unifia le système monétaire de Madère et celui du Portugal continental, mettant fin à la circulation des monnaies étrangères sur l’île, à l’exception de la livre sterling.
Lieu
Lieux cités · 03Étranger
- Funchal
District administratif où la monnaie du Portugal continental acquit cours légal.
Capitale de l’archipel et siège de la principale capitainerie, où commença le peuplement ; elle devint un bourg vers 1451–52. Sa baie, la plus large de l’archipel, s’étend entre Ponta do Garajau et Ponta da Cruz et offre un mouillage abrité, bien que son port n’eût jamais fait l’objet d’une étude océanographique. L’Elucidário présente Funchal comme une station climatique, avec des données sur son climat, et relate les troubles de janvier 1906, la visite du prince danois en mai 1846 et la présence de cônes volcaniques récents dans la région.
- Portugal
Pays d’origine dont Madère adopta le système monétaire.
Le Portugal, la mère patrie de Madère. L’Elucidário indique que des détachements d’artillerie furent envoyés du continent pour tenir garnison à Madère avant 1877, que Madère fut reliée au Portugal par câble télégraphique en 1874, et que l’île y expédiait autrefois du pastel des teinturiers et des présents de miel. Il compare favorablement les oranges et les olives du continent à celles de Madère et de Porto Santo.
Personnes
Personnes citées · 03-
Membre madérien de la Chambre des pairs qui se prononça en faveur de l’unification monétaire.
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Ministre portugais des Finances qui proposa en 1875 d’unifier le système monétaire de Madère avec celui du Portugal.
- Manuel José Vieira1836–1912
Député qui défendit l’unification monétaire de Madère dans un célèbre discours prononcé le 7 avril 1879 à la Chambre des députés.