Companhia Fabril de Açucar Madeirense 1Origines dans la crise viticole
Companhia Fabril de Açucar Madeirense
La Compagnie sucrière madérienne, entreprise de fabrication de sucre et de spiritueux, fut fondée après la crise viticole provoquée par l’oïdium, à l’initiative du docteur João da Câmara Leme. Son usine ouvrit en 1873, mais l’entreprise échoua en quelques années, sur fond de mauvaise gestion et d’hostilité politique.
1Origines dans la crise viticole
Ce n’est qu’au cours des trente dernières années que l’esprit d’association a jeté quelques faibles racines dans ce sol ingrat de Madère, où les grandes initiatives industrielles, commerciales ou agricoles ont, elles aussi, échoué ou traîné une existence presque toujours assaillie de difficultés de toute sorte. Les exemples sont nombreux, et parmi eux se détache tout particulièrement celui de la fondation de la Compagnie manufacturière de sucre madérienne (Companhia Fabril de Açucar Madeirense).
En 1852, l’Oidium Tuckeri avait causé les plus grands ravages dans les vignobles madériens et réduit la production viticole à des proportions extrêmement limitées. Il s’ensuivit une terrible crise économique, considérée comme l’une des plus grandes calamités qui aient frappé cet archipel. On songea aussitôt à essayer de nouvelles cultures. La canne à sucre, qui n’avait cessé d’être cultivée à Madère que temporairement et qui avait été autrefois l’une de ses meilleures sources de revenus, fut cultivée plus intensément et devint en peu de temps un nouvel et puissant élément de richesse.
Au développement de cette culture importante et rémunératrice devait répondre l’industrie de la fabrication du sucre et de la distillation des eaux-de-vie, qui avait toujours été très déficiente chez nous et qui, à l’époque dont nous parlons, était tout à fait incapable de satisfaire aux besoins du moment. C’est alors qu’apparut le docteur João da Câmara Leme Homem de Vasconcelos, peut-être le plus illustre fils de Madère, avec l’audacieuse initiative de fonder un grand établissement industriel destiné à transformer la matière première de la canne à sucre en sucres et en eaux-de-vie, en employant pour cela les meilleurs procédés alors en usage, notamment en France.
2Fondation, inauguration et échec
C’est le 27 juin 1866 que furent jetées les bases de la compagnie qui devait mener à bien cette entreprise si bienfaisante. Un décret du 10 avril 1867 approuva les statuts de la Companhia Fabril de Açucar Madeirense et autorisa la fondation de son établissement manufacturier et industriel. Des difficultés diverses, parfois insurmontables, surgirent, et ce n’est que le 20 juillet 1870 que le docteur Câmara
Leme quitta Madère afin de passer commande des appareils et des machines de la nouvelle usine. Le 23 mars 1873 eut lieu l’installation solennelle et définitive du grand établissement industriel, cérémonie empreinte de la plus grande pompe et présidée par le prélat diocésain, notre illustre compatriote dom Aires de Ornelas e Vasconcelos.
La nouvelle entreprise ne répondit pas à l’attente générale. De graves erreurs de gestion, et plus encore une guerre déloyale et acharnée menée contre la direction de la compagnie, à laquelle la politique locale ne fut pas étrangère, firent sombrer en quelques années la grandiose initiative du docteur João da Câmara Leme, plus tard comte de Canavial. Il convient de souligner ici que, malgré tout ce qui se dit dans la presse et ailleurs, le docteur Câmara Leme sortit indemne de ce bourbier d’accusations et de calomnies dans lequel on prétendit entraîner l’austérité de son nom prestigieux.
Plusieurs opuscules furent publiés, et de nombreuses questions relatives au fonctionnement et à l’administration de la Companhia Fabril de Açucar Madeirense furent débattues dans la presse.
Dans cet article
Époque
Années citées · 05-
La maladie de la vigne (l’oïdium, ou mangra) se propagea dans toute l’île de Madère et détruisit la plupart des vignobles, provoquant une grave crise économique, la misère et l’émigration.
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Les fondations de la Compagnie sucrière madérienne furent posées.
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Un décret approuva les statuts de la Compagnie sucrière madérienne et autorisa la construction de son usine.
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Câmara Leme quitta Madère pour commander à l’étranger les machines destinées à l’usine de la Compagnie sucrière madérienne.
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La sucrerie de São João de la Compagnie sucrière madérienne fut solennellement inaugurée sous la présidence de l’évêque.
Lieu
Lieux cités · 02- France
Pays dont l’usine adopta les méthodes de fabrication du sucre.
La France est un pays où plusieurs Madériens combattirent et moururent pendant la Première Guerre mondiale, dont Gabriel Rocha de Gouveia et João Paulo da Veiga Pestana. Elle fut aussi pour les Madériens un lieu d’études, d’exil et de refuge. C’est de là que partit l’expédition à l’origine du Saque dos Franceses, et c’était la destination prévue des fugitifs dans la légende de Robert Machin.
Personnes
Personnes citées · 02- Aires de Ornelas e Vasconcelos1837–1880
Évêque de Funchal né à Madère, qui présida l’inauguration de l’usine en 1873.
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Médecin madérien, devenu plus tard comte de Canavial, qui fonda la Compagnie sucrière madérienne et commanda ses machines à l’étranger.