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Influences ethniques 1Premiers colons et condamnés
Article nº 1867 Population et groupes sociaux Vol. II · p. 315–316 3 min de lecture

Influences ethniques

Titre original: Influências Étnicas

Examine les origines ethniques de la population de Madère : colons portugais venus du continent, principalement du Minho et de l’Algarve, petit nombre de condamnés, Maures réduits en esclavage, Africains noirs et mulâtres, ainsi qu’étrangers européens installés aux XVIe et XVIIe siècles.

Influences ethniques

1Premiers colons et condamnés

Les premiers noyaux de colons, venus au deuxième quart du XVe siècle coloniser cet archipel, se composèrent d’habitants du Portugal continental, en particulier des provinces du Minho et de l’Algarve. Ils furent pour la plupart recrutés parmi les agriculteurs et les travailleurs des champs, mais on comptait aussi parmi eux bon nombre d’artisans, qui s’adonnaient à l’exercice de ce qu’on appelait les arts mécaniques.

Les capitaines-donataires (capitães-donatários) se firent accompagner de quelques parents et d’autres personnes de leur proche entourage. Nous avons déjà indiqué plus haut (vol. I, p. 293) les noms de quatorze individus, dont certains d’origine noble, qui partagèrent avec João Gonçalves Zarco les travaux du premier peuplement. Il en aurait été de même avec les donataires Tristão Vaz Teixeira à Machico et Bartolomeu Perestrelo à Porto Santo (« port saint »).

Le docteur Gaspar Frutuoso nous livre cette curieuse information, que plusieurs raisons nous persuadent de ne pas croire dénuée de fondement : « . . . le roi donna licence à toute personne qui voudrait venir avec lui (Zargo) pour peupler lesdites îles, celle de Porto Santo comme celle de Madère. Il fit livrer les meurtriers et condamnés qui se trouvaient dans les prisons et dans le royaume ; parmi eux, João Gonçalves ne voulut emmener aucun de ceux qui étaient coupables en matière de foi, de trahison ou de vol ; des autres crimes et homicides, il emmena tous ceux qu’il y avait, et ils furent bien traités par lui ; et quant aux autres gens, ceux qui de leur plein gré voulaient chercher subsistance et fortune, ils furent nombreux, la plupart venant de l’Algarve ».

Il n’est pas étonnant qu’il en ait été ainsi, en raison du manque de gens pour une tentative de colonisation dans une région si éloignée et dans des conditions entièrement inconnues. Il faut d’ailleurs noter qu’en tout temps et en tout lieu les criminels et les condamnés ont toujours fourni un large contingent aux peuplements naissants. Cette circonstance ne pouvait pas influer sur la pureté ethnique de la population, ni même sur ses mœurs et ses qualités de caractère, car cette petite levée de condamnés était relativement insignifiante comparée au nombre considérable des colons venus de nombreuses régions du Portugal.

2Esclaves, étrangers et sources

On ne saurait nier, cependant, que la grande multitude de Maures, de Noirs et de mulâtres amenés dans ces îles aux premiers temps de la colonisation, puis à des époques ultérieures, altéra notablement la pureté originelle de la race lusitanienne. Elle lui imprima certains traits propres aux origines ethniques dont ils provenaient, traits que l’on observe aujourd’hui encore chez de nombreux habitants de certaines localités rurales. Nous l’avons déjà signalé dans l’article détaillé consacré aux Esclaves (I-407), et nous reviendrons sur ce sujet dans l’article que nous consacrerons aux Maures.

Le nombre d’étrangers venus de divers pays d’Europe qui s’établirent à Madère au début de la colonisation, et particulièrement aux XVIe et XVIIe siècles, fut lui aussi assez considérable. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner que leur métissage avec les natifs ait fait apparaître, dans certains centres de population, des traits physionomiques caractéristiques d’autres races européennes. Plusieurs visiteurs l’ont observé dans leurs récits de voyage, et on peut encore le constater dans notre milieu. On lira à ce propos l’article Étrangers, inséré à la page 419 du 1er volume de cet ouvrage.

Bien que l’on puisse contester certaines des affirmations avancées dans les chapitres « Povoadores » et « Origem Étnica » de l’estimable ouvrage Ilhas de Zargo, il est néanmoins indubitable qu’on y trouve de précieux éléments d’information et d’étude sur le sujet qui donne son titre à ce bref article.

Dans cet article

Époque

Années citées · 01
  1. Le peuplement de Madère commença sous les premiers capitaines-donataires, avec des colons venus du Portugal continental, dont certains trouvèrent d’abord refuge aux Ilhéus de Funchal.

Lieu

Lieux cités · 05

Étranger

Carte: Arquipélago da Madeira (4)
  1. Algarve

    Portugal. Province du Portugal continental d’où vinrent la plupart des premiers colons.

  2. Machico

    Capitainerie de Tristão Vaz Teixeira.

  3. Minho

    Portugal. Province du Portugal continental d’où vinrent nombre des premiers colons.

  4. Porto Santo

    Île colonisée sous la direction de Bartolomeu Perestrelo.

Personnes

Personnes citées · 04
  1. Capitaine-donataire de Porto Santo, mentionné parmi les chefs de la première colonisation.

  2. Gaspar Frutuoso1522–1591

    Chroniqueur açorien cité au sujet de l’autorisation donnée par le roi aux condamnés d’accompagner Zarco comme colons.

  3. Découvreur et premier capitaine-donataire de Funchal, qui conduisit les premiers colons à Madère, dont quelques condamnés selon Frutuoso.

  4. Capitaine-donataire de Machico, qui aurait lui aussi amené des parents et des proches pour s’y établir.

Sur la feuille I

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