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Incarnação (couvent de l’) 1Fondation du couvent
Article nº 1034 Couvent ou séminaire Funchal Vol. I · p. 593–595 4 min de lecture

Incarnação (couvent de l’)

Titre original: Convento da Incarnaçao

Histoire du couvent de Nossa Senhora da Incarnação à Funchal, fondé en 1650 par le chanoine Henrique Calaça de Viveiros pour célébrer le rétablissement de l’indépendance du Portugal, et des usages ultérieurs de son terrain comme caserne britannique, séminaire diocésain et bureaux de la Junta Geral.

Incarnação (couvent de l’)
Carte: Madeira (5)

1Fondation du couvent

La fondation du couvent de Nossa Senhora da Incarnação (Notre-Dame-de-l’Incarnation) fut inspirée par un sentiment du patriotisme le plus pur et le plus ardent. Le chanoine Henrique Calaça de Viveiros avait fait vœu d’élever un monastère en l’honneur et à la louange de la Vierge de l’Incarnation, à laquelle il vouait une grande dévotion, le jour où son pays se serait entièrement libéré du joug de fer castillan et aurait recouvré son antique indépendance. Il accomplit religieusement son vœu en faisant ériger ce modeste couvent en 1650. Le chanoine Calaça naquit vers 1589 et mourut le 25 mai 1662. Son portrait en grandeur nature, qui se trouvait encore il y a peu d’années dans le chœur du monastère, portait dans l’un des angles de la toile l’inscription suivante : « Portrait au naturel du chanoine Henrique Calaça de Viveiros, fondateur de ce couvent. Il mourut le 25 mai 1662, à l’âge de 73 ans. »

Le docteur Álvaro de Azevedo écrit : « ... il commença par une chapellenie (capela), que l’on présume avoir été instituée par António Mialheiro, décédé en 1565 ; dona Isabel Maria Acciaioli fit construire la chapelle majeure ; puis, en 1650, le chanoine Henrique Calaça de Viveiros fonda le monastère... ». On conclut de ces mots que la fondation du couvent revient au chanoine Calaça, qui mit toutefois à profit la chapelle qui existait déjà en ce lieu. Le vaste enclos faisait partie d’une excellente quinta (domaine rural avec maison de maître) que le fondateur possédait à cet endroit.

Il semble qu’il fut d’abord un recolhimento (maison de retraite religieuse pour femmes) sous le nom de Santa Teresa de Jesus, dont les recluses suivaient le tiers-ordre du Carmel et où elles entrèrent en 1652. Ce n’est qu’en 1660 qu’il fut transformé en monastère, sous la règle franciscaine de sainte Claire ; sa première abbesse fut une religieuse du couvent Sainte-Claire (Santa Clara), choisie par l’autorité ecclésiastique. C’est en cette même année 1660, c’est-à-dire deux ans avant sa mort, que le chanoine Calaça de Viveiros fit don de tous ses biens au couvent dont il avait été le fondateur. Le monastère et l’église firent l’objet d’importantes réparations vers le milieu du XVIIIe siècle ; on construisit alors un nouveau et vaste chœur, en remplacement de l’ancien, aux dimensions exiguës. Le Trésor royal (Fazenda Real) contribua à ces travaux pour un conto (un million de réis) de réis, ce qui fut accordé par l’ordonnance royale (alvará) du 10 février 1750. L’année suivante, le Trésor royal apporta encore 750 000 réis (ancienne monnaie de compte portugaise ; 1$000 = 1 000 réis, 1:000$000 = un conto = 1 000 000 de réis) pour la construction du grand mur qui longe la route menant à l’église Sainte-Lucie (Santa Luzia).

2Occupation et usages ultérieurs

Les religieuses de l’Incarnação durent abandonner leur couvent lorsque les Anglais occupèrent cette île pour la seconde fois, de décembre 1807 à octobre 1814. Les troupes britanniques s’installèrent principalement dans le collège des Jésuites (Colégio dos Jesuítas), qui servait alors de séminaire, et dans le couvent de l’Incarnação ; les religieuses le quittèrent pour le monastère de Santa Clara le 7 janvier 1808. Pour loger et cantonner convenablement les forces anglaises, on y fit divers travaux qui endommagèrent considérablement l’édifice, et l’église fut transformée en temple anglican. La fondation patriotique et authentiquement catholique d’Henrique Calaça était occupée par des troupes étrangères et vouée à un culte hérétique ! En vue de l’application des lois de désamortissement (desamortização, nationalisation et vente des biens d’Église), ce couvent fut évalué sur ordre du gouvernement en août 1862 ; l’évaluation estima à 10 320 000 réis (ancienne monnaie de compte portugaise ; 1$000 = 1 000 réis, 1:000$000 = un conto = 1 000 000 de réis) la valeur de l’édifice, de l’église, de l’enclos, de la maison du chapelain, etc.

Par un arrêté ministériel (portaria) de juin 1895, l’édifice de l’Incarnação fut provisoirement concédé pour y installer un atelier de Saint-Joseph, qui n’y connut qu’une existence précaire et languissante, et dont la durée fut très brève.

Par décret du 11 juillet 1905, l’édifice, l’église et l’enclos du couvent de l’Incarnação furent concédés à l’évêque de ce diocèse, dom Manuel Agostinho Barreto, pour qu’on y bâtisse une maison destinée au Séminaire diocésain. Celui-ci commença à fonctionner en octobre 1909 dans le vaste et bel édifice que l’illustre prélat fit construire à ses frais sur l’emplacement de l’ancien monastère (voir Séminaire).

La loi du 20 avril 1911 supprima le séminaire de Funchal, et quelques années plus tard s’installa dans cet édifice une École des arts utiles et des beaux-arts (Escola de Utilidades e Belas Artes), qui n’exista que peu d’années (voir École des arts utiles et des beaux-arts).

En septembre 1919, les divers services du Conseil général du district (Junta Geral do Distrito) furent installés dans l’édifice qui avait abrité le Séminaire et l’École des beaux-arts ; le Conseil avait acquis à cette fin ce bâtiment par achat à l’État.

Le décret du 25 avril 1927 ordonna la remise de l’édifice du séminaire de l’Incarnação à la Commission diocésaine du culte (Comissão Diocesana do Culto), mais le Conseil général s’opposa obstinément à cette remise, qui ne fut effective qu’en octobre 1933, après une lutte acharnée de six ans. Cette année-là, le séminaire diocésain, avec ses multiples services d’enseignement et d’internat, revint fonctionner dans l’édifice que l’éminent prélat dom Manuel Agostinho Barreto avait fait construire.

Sur la fondation de ce monastère, on lira l’opuscule que l’Arquivo Histórico da Madeira publia sous le titre A Restauração de Portugal e o Convento da Incarnação, Lisbonne, MCMXL, 50 pp. La dernière religieuse du couvent de l’Incarnação, mère Vicência Violante do Céu, mourut le 20 avril 1890.

Dans cet article

Époque

Années citées · 15
  1. Le chanoine Henrique Calaça de Viveiros fonda le couvent de l’Incarnação à Funchal.

  2. Les premières recluses entrèrent dans la maison de Santa Teresa de Jesus, précurseur du couvent de l’Incarnação.

  3. La maison de l’Incarnação devint un couvent de clarisses, auquel son fondateur fit don de ses biens.

  4. Un alvará royal accorda un conto de réis pour des réparations et la construction d’un nouveau chœur au couvent de l’Incarnação.

  5. Le 24 décembre 1807, l’escadre de l’amiral Samuel Hood mouilla devant Funchal avec des troupes commandées par le général Beresford. Ce fut le début de la seconde occupation britannique de Madère, qui dura jusqu’en octobre 1814 ; Henrique Veitch fut nommé consul britannique pendant cette occupation.

  6. Les religieuses du couvent de l’Incarnação s’installèrent au couvent Sainte-Claire lorsque les troupes britanniques occupèrent leur couvent.

  7. Le couvent de l’Incarnação fut estimé à 10,320$000 réis en vue de sa mise en vente comme bien de mainmorte.

  8. La dernière religieuse du couvent de l’Incarnação, Vicência Violante do Céu, mourut.

  9. L’ancien bâtiment du Convento da Incarnação fut prêté à une Oficina de São José.

  10. Le terrain du Convento da Incarnação fut concédé à l’évêque Manuel Agostinho Barreto pour y établir un séminaire.

  11. Le nouveau séminaire diocésain ouvrit dans un bâtiment neuf sur le terrain du couvent de l’Encarnação, sous l’épiscopat de dom Manuel Agostinho Barreto.

  12. Un décret supprima le séminaire diocésain de Funchal et son bâtiment passa à l’État, mais le séminaire poursuivit officieusement ses activités dans l’ancienne maison.

  13. La Junta Geral supprima l’École des arts utiles et des beaux-arts et installa ses bureaux dans l’ancien bâtiment du couvent de l’Encarnação, devenu séminaire.

  14. Un décret ordonna la restitution du bâtiment à l’Église.

  15. Le séminaire de Funchal réintégra l’ancien bâtiment du Convento da Incarnação et y reprit ses activités.

Lieu

Lieux cités · 05
  1. Couvent de l’Incarnation · Sujet

    Funchal

  2. Collège des Jésuites

    Funchal. Servit également à loger des troupes britanniques pendant l’occupation.

  3. Couvent Sainte-Claire

    Funchal. Couvent d’où vint la première abbesse et qui abrita les religieuses en 1808.

  4. Église Sainte-Lucie

    Funchal. Église à laquelle menait la route longeant le grand mur du couvent.

  5. Funchal

    Ville dont le séminaire fut supprimé en 1911.

Personnes

Personnes citées · 06
  1. Historien cité à propos de l’origine du couvent dans une chapelle antérieure.

  2. Fondateur présumé de la chapelle qui précéda le couvent.

  3. Évêque de Funchal qui reçut le terrain du couvent en 1905 et y fit construire le séminaire diocésain à ses frais.

  4. Chanoine qui fonda le couvent de l’Incarnação en 1650 pour accomplir un vœu lié à l’indépendance du Portugal, puis lui légua tous ses biens.

  5. Fit construire la chapelle principale de l’édifice religieux antérieur.

  6. Dernière religieuse du couvent de l’Incarnação.

Sur la feuille C

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