Pins 1Introduction des pins et commandes municipales de graines
Pins
Titre original: Pinheiros
Article sur les pins de Madère, retraçant l’introduction et la promotion municipale du pin parasol et du pin maritime depuis la fin du XVIIIe siècle, leur culture et leurs usages, ainsi que les autres espèces de pins présentes dans l’archipel.
1Introduction des pins et commandes municipales de graines
Les premiers pins cultivés à Madère furent les pins parasols (Pinus Pinea) ; les pins maritimes (Pinus Pinaster) semblent avoir été introduits dans le dernier quart du XVIIIe siècle. Il y a lieu de s’étonner qu’une essence aussi utile à l’homme n’ait commencé à être cultivée dans l’île que si tard.
Le 19 septembre 1807, on déclara en séance du conseil municipal (Câmara Municipal) de Funchal que quelques moios (mesure de grains valant 60 alqueires) de pignons étaient arrivés d’Amérique, sans que l’espèce à laquelle ils appartenaient fût indiquée ; le 29 août 1812, la même assemblée résolut de faire venir du Portugal quatre moios de graines de pin des meilleures qualités.
Le 26 octobre 1821, le représentant des métiers (mester) Severiano Ferraz proposa au conseil de commander 100 alqueires de graines de pin maritime et 100 de pin parasol pour des semis dans l’île. Le 15 mars 1822, le même conseil décida de faire savoir par voie d’affiches qu’il disposait d’un moio de pignons de pin maritime à répartir entre les cultivateurs, et qu’il attendait deux moios de pignons de pin parasol destinés au même usage. Le 18 septembre 1823, des affiches annoncèrent au public l’arrivée en cette ville d’une quantité de pignons destinés à être distribués aux agriculteurs.
Le 12 janvier 1830, le trésorier de la municipalité (concelho) fut autorisé à faire venir deux moios de pignons pour des semis aux endroits appropriés ; lors des séances du 17 janvier 1837 et du 20 septembre 1839, le conseil montra une fois de plus l’intérêt qu’il portait au boisement des montagnes et des communaux (baldios) de la municipalité.
Sous l’administration du conseiller (conselheiro, titre honorifique du conseil royal) José Silvestre Ribeiro arrivèrent à Madère de grandes quantités de graines de pin, qu’il fit distribuer aux conseils municipaux et aux propriétaires ruraux ; c’est à partir de ce moment que la culture du pin maritime commença à prendre un grand essor dans l’île. La culture de cette espèce occupe aujourd’hui une superficie que nous supposons non inférieure à 2000 hectares, tandis que celle du pin parasol est aujourd’hui abandonnée ou presque abandonnée (1921).
2Culture, usages et espèces
Les pins maritimes sont généralement abattus entre 12 et 15 ans, mais dès 6 ans leurs tiges grêles servent de tuteurs aux haricots, et dès 8 ans à la construction de treilles ou de tonnelles. Comme on sème d’ordinaire les pins très serrés, il faut les éclaircir au bout de quelques années ; les perches alors coupées sont vendues aux agriculteurs pour les usages mentionnés.
Nous n’avons pas connaissance que le gemmage, ou résinage, ait jamais été pratiqué dans l’archipel, du moins à des fins industrielles.
On a coutume de semer la graine de pin de janvier à mars ; pour les semis en terrain élevé, on préfère les deux derniers mois, afin que les jeunes pins, à leur levée, ne souffrent pas de la grêle qui tombe souvent pendant les mois d’hiver. Avec la graine de pin, beaucoup de cultivateurs sèment du blé, de l’orge, du seigle ou du genêt (giesta), qui abritent les jeunes pins aussi bien des rayons du soleil que des vents, de la pluie et de la grêle, susceptibles de les briser ou de les déraciner.
Outre le Pinus pinaster, ou pin maritime, et le P. pinea, ou pin parasol, on trouve à Madère le Pinus halepensis et le P. canariensis, cette dernière espèce ayant été introduite de Tenerife en 1837.
Le pin maritime pousse à Porto Santo (« port saint ») sur les terrains non calcaires, tandis que sur les terrains calcaires on y cultive aujourd’hui avec succès le Pinus halepensis.
Dans cet article
Époque
Années citées · 10-
Le pin maritime et le ray-grass d’Italie furent apparemment introduits à Madère dans le dernier quart du XVIIIe siècle.
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Le conseil municipal de Funchal signala avoir reçu des graines de pin venues d’Amérique.
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Le conseil municipal de Funchal décida d’importer du Portugal quatre moios de graines de pin.
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Severiano Ferraz proposa de commander des graines de pin destinées aux semis.
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Le conseil municipal annonça la distribution de graines de pin maritime aux agriculteurs.
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Des avis annoncèrent l’arrivée de graines de pin destinées aux agriculteurs de Madère.
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Le trésorier du conseil municipal fut autorisé à importer deux moios de graines de pin.
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Le pin des Canaries fut introduit à Madère depuis Tenerife.
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Le conseil municipal manifesta de nouveau son intérêt pour le boisement des montagnes et des terrains communaux.
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Le conseil municipal discuta de nouveau du boisement des montagnes et des terrains communaux.
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Le pin maritime couvrait au moins quelque 2 000 hectares à Madère, tandis que la culture du pin parasol était presque abandonnée.
Lieu
Lieux cités · 05Étranger
- Amérique
Multiple countries. Provenance des graines de pin remises au conseil municipal de Funchal en 1807.
L’Amérique est mentionnée comme région d’origine du maïs, de la tomate et de l’amarante crête-de-coq, ainsi que comme origine probable d’un insecte étudié par le professeur Lounsbury. Elle fut la source de graines de pin offertes au conseil municipal de Funchal en 1807 et la destination de l’enseignant Alexandre Luís da Cunha en 1828.
- Funchal
Son conseil municipal commanda et distribua des graines de pin à plusieurs reprises.
Capitale de l’archipel et siège de la principale capitainerie, où commença le peuplement ; elle devint un bourg vers 1451–52. Sa baie, la plus large de l’archipel, s’étend entre Ponta do Garajau et Ponta da Cruz et offre un mouillage abrité, bien que son port n’eût jamais fait l’objet d’une étude océanographique. L’Elucidário présente Funchal comme une station climatique, avec des données sur son climat, et relate les troubles de janvier 1906, la visite du prince danois en mai 1846 et la présence de cônes volcaniques récents dans la région.
- Porto Santo
Le pin maritime pousse sur ses sols non calcaires et le pin d’Alep sur ses sols calcaires.
Île de l’archipel, peuplée en même temps que Madère et formant l’une des trois capitaineries. Elle a toujours constitué une seule paroisse, placée sous le vocable de Notre-Dame de Pitié, dont l’église fut pillée à plusieurs reprises. L’Elucidário relate le raid de pirates maures de 1617, évoque sa propre Misericórdia et un canal destiné à recueillir les eaux de pluie, construit sur cette île sujette à la sécheresse.
- Portugal
Provenance des meilleures graines de pin commandées en 1812.
Le Portugal, la mère patrie de Madère. L’Elucidário indique que des détachements d’artillerie furent envoyés du continent pour tenir garnison à Madère avant 1877, que Madère fut reliée au Portugal par câble télégraphique en 1874, et que l’île y expédiait autrefois du pastel des teinturiers et des présents de miel. Il compare favorablement les oranges et les olives du continent à celles de Madère et de Porto Santo.
- Tenerife
Spain. Lieu d’origine du pin des Canaries introduit en 1837.
Tenerife est l’une des îles Canaries. L’Elucidário mentionne son célèbre dragonnier de La Orotava, abattu par une tempête le 23 janvier 1868, l’introduction à Madère de la boganga depuis cette île en 1836 ou 1837, ainsi que le mélange qui s’y pratiquait entre le vin de Madère et un vin local bon marché. L’île fut aussi une terre d’origine d’immigrants canariens venus à Madère.
Personnes
Personnes citées · 02- José Silvestre Ribeiro1807–1891
Gouverneur civil de Madère sous l’administration duquel de grandes quantités de graines de pin furent distribuées, lançant la culture du pin maritime à grande échelle.
- Severiano Alberto de Freitas Ferraz1792–1856
Représentant des métiers au conseil municipal de Funchal qui proposa en 1821 de commander 100 alqueires de graines de pin maritime et autant de graines de pin parasol.