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Medina e Vasconcelos (Francisco de Paula) 1Vie, études et exil
Article nº 2323 Écrivain, journaliste ou universitaire Vol. II · p. 668–671 6 min de lecture

Medina e Vasconcelos (Francisco de Paula)

Biographie de Francisco de Paula Medina e Vasconcelos (1768–1824), poète et notaire né à Funchal, auteur de l’épopée Zargueida consacrée à la découverte de Madère, exilé pour ses activités libérales et maçonniques et mort au Cap-Vert.

Medina e Vasconcelos (Francisco de Paula)

1Vie, études et exil

Le célèbre auteur de la Zargueida, qui jouit en son temps d’une grande renommée comme poète, naquit dans la paroisse (freguesia) de la Sé (« cathédrale ») de cette ville le 20 novembre 1768. Il était le fils de Teodoro Félix de Medina e Vasconcelos et de dona Ana Joaquina Rosa de Vasconcelos. Il mourut en exilé politique dans l’île de Santiago, dans l’archipel du Cap-Vert, en 1824, à l’âge de 56 ans. Nous croyons que la distinguée famille Medina e Vasconcelos qui vit dans cet archipel descend de notre illustre compatriote. Le grand poète satirique madérien Francisco Clementino de Sousa est lui aussi issu de Francisco de Paulo Medina.

Les éléments qui nous permettraient de retracer avec quelque ampleur la biographie du poète Medina ne sont guère abondants. Certaines des poésies réunies dans son volume Poesias Lyricas permettent de conclure qu’il avait vingt ans lorsqu’il s’inscrivit à l’université de Coimbra, ce qui dut se produire en 1788 ; il y ajoute que « dans l’espace de deux hivers seulement il écouta les doctes leçons des savants qui expliquent les arcanes des sciences ». Le docteur Azevedo rapporte que Medina, ayant été « dès sa jeunesse un adepte des idées des philosophes du XVIIIe siècle, se vit pour cette raison, vers 1790, emprisonné pendant un an et demi à Coimbra, puis contraint de quitter la ville et chassé à jamais de l’université ». La sévérité de ce châtiment semble indiquer que de très graves accusations pesaient sur Medina ; il les rejette pourtant entièrement lorsqu’il affirme que ce fut « un faux crime que je n’ai même pas songé à commettre ». Le poète adressa deux Épîtres en vers au recteur de l’université, dom Francisco Rafael de Castro, l’une peu après son arrestation, l’autre lorsque « déjà, seigneur, douze lunes ont passé depuis que je pleure dans des fers tyranniques ». Ces lettres visaient à implorer la protection du prélat et à obtenir sa libération. On ignore si l’inspiration émue de Medina toucha le cœur de l’inflexible magistrat, peut-être peu sensible aux suppliques plaintives d’un pauvre étudiant sans appui. Ce qui est certain, c’est que quelques mois plus tard il fut remis en liberté et regagna sa terre natale vers 1792.

À en croire ses vers, Medina mena une vie d’amères tribulations, tant à Madère que sur le continent, dans le Royaume (reino, c.-à-d. le Portugal continental) ; elle connut un triste épilogue avec son bannissement au Cap-Vert. Entre 1792 et 1823, il se rendit plusieurs fois au Portugal – nous ne savons s’il alla aussi à l’étranger – et resta même une fois absent de Madère pendant près de six ans. C’est sans doute au cours de ces séjours plus ou moins prolongés sur le continent qu’il publia certains de ses recueils de vers, parus à Lisbonne en 1797, 1805 et 1806.

Medina e Vasconcelos qui, selon les mots déjà cités du docteur Álvaro de Azevedo, se montra dès sa jeunesse un adepte des idées des philosophes du XVIIIe siècle, fut aussi un ardent partisan de la Constitution de 1821. Il fut de ce fait pris dans les filets de la commission judiciaire extraordinaire (alçada) venue en 1823 dans cette île (vol. I, p. 32) mener une enquête judiciaire (devassa) rigoureuse et vexatoire sur les événements survenus chez nous lors de la proclamation du premier gouvernement représentatif qu’ait connu notre pays. Les six magistrats qui composaient la commission arrivèrent à Funchal le 26 août 1823 et rendirent leur sentence le 24 octobre de la même année. Celle-ci déclare que Medina e Vasconcelos, « oublieux des devoirs de l’honneur et du fidèle vassal, et des liens qui l’attachaient plus étroitement encore en tant que fonctionnaire public, avait eu l’audace insensée de proférer en public de très graves injures, offensantes pour la dignité, la vénération et le respect dus au Trône et aux royales personnes de Leurs Majestés, et si graves qu’on les juge indignes d’être écrites dans cet arrêt ». La même sentence affirme qu’il était affilié à la franc-maçonnerie et prenait part à ses travaux, et qu’il avait notablement contribué à la proclamation et à l’établissement du gouvernement constitutionnel dans cet archipel. Il fut condamné « à huit ans de déportation (degredo) dans l’État d’Angola, avec incapacité d’exercer les offices de la Justice ou des Finances, et à cinquante mille réis envers le Fisc ».

Medina e Vasconcelos mourut dans la capitale de l’archipel du Cap-Vert en 1824, c’est-à-dire peu après le prononcé de la sentence qui l’avait banni en Angola ; nous ignorons les raisons qui firent modifier le lieu où la peine devait être purgée. Notre compatriote exerçait à Funchal la charge de notaire lorsqu’il fut poursuivi par la commission judiciaire extraordinaire et banni au Cap-Vert.

2Œuvres et accueil critique

Des œuvres poétiques publiées par Francisco de Paula Medina e Vasconcelos, nous connaissons les suivantes :

  • Poesias Lyricas de Medina, Lisbonne, 1797, 245 p.
  • Sextinas Elegiacas ao sempre memoravel estrago... lors de la calamiteuse crue torrentielle (aluvião) du 9 octobre 1803, Lisbonne, 1805, 24 p.
  • Zargueida, Descobrimento da Madeira, Lisbonne, 1806, 254 p.
  • et Georgeida, Londres, 1819, XIV-215 p. Inocêncio Francisco da Silva, dans le Diccionario Bibliographico Portuguez, mentionne en outre les compositions poétiques suivantes :
  • Poesias lyricas, Lisbonne, 1793
  • Noute triste a que deu logar a morte da Ex.ma Srª. D. Carlota Margarida, Lisbonne, 1792
  • Noites tristes de Fileno na ausencia de Marilia, Lisbonne, 1805
  • et Elegia á deploravel morte do grande e incomparável Manuel Maria Barbosa du Bocage, Lisbonne, 1806.

Dans un bref jugement critique sur les poésies de Medina, Inocêncio écrit ceci : « Comme poète lyrique, il appartint à l’école française ; ses vers sont en général sonores et bien tournés, et le naturel ne lui faisait certes pas défaut. Il prétendit emboucher la trompette épique ; mais on voit que cette entreprise dépassait de beaucoup son talent, et c’est pourquoi, dans les deux essais qu’il composa dans ce genre, il ne parvint jamais à s’élever au-dessus de la médiocrité. Il y a toutefois, dans l’un comme dans l’autre, des épisodes qui ne ternissent pas sa muse et qui se lisent avec plaisir. »

De toutes les compositions de Medina e Vasconcelos, c’est la Zargueida qui lui valut la plus grande renommée, et elle reste aujourd’hui encore la plus connue. C’est un poème épique en ottava rima, coulé dans les formes classiques de l’épopée antique. Il se divise en dix chants et compte plus de cinq mille vers. Il traite de la découverte de Madère par João Gonçalves Zarco, et tire son titre du nom de famille du découvreur. Il renferme une série d’épisodes intéressants et quelques heureuses digressions poétiques, parmi lesquelles se détache la légende de Robert Machin. Ce n’est qu’au chant X qu’est décrite la découverte de cette île. Le poème est précédé d’un sonnet dédié à Bocage, auquel cet illustre poète répondit par un autre sonnet, qui est sans aucun doute la plus belle composition que renferme ce volume.

L’Arquivo Historico da Madeira et le Diário de Noticias du 15 juillet 1928 contiennent quelques informations inédites sur le poète Medina e Vasconcelos.

Dans cet article

Époque

Années citées · 08
  1. Francisco de Paula Medina e Vasconcelos naquit à Funchal.

  2. Francisco de Paula Medina e Vasconcelos s’inscrivit à l’université de Coimbra.

  3. Francisco de Paula Medina e Vasconcelos fut emprisonné à Coimbra et exclu de l’université.

  4. Francisco de Paula Medina e Vasconcelos revint à Madère après sa libération.

  5. La grande inondation du 9 octobre 1803, considérée comme la plus grande catastrophe de Madère, dévasta Funchal et d’autres parties de l’île. Elle fit environ 600 morts et détruisit l’église du Calhau, des murs bordant les cours d’eau, des ponts ainsi que des chapelles à Machico, Santa Cruz et ailleurs. Elle entraîna la mission d’Oudinot et l’extension de la ville vers l’extérieur.

  6. Le poème épique Zargueida de Francisco de Paula Medina e Vasconcelos fut publié à Lisbonne.

  7. Un tribunal royal absolutiste (alçada) arriva à Funchal pour enquêter sur les événements constitutionnels de 1821. Il siégea à l’hôtel de ville jusqu’au début de novembre 1823, dispersa les francs-maçons et condamna de nombreux libéraux à l’exil, dont Joaquim Melchior Gonçalves au Cap-Vert et d’autres en Angola.

  8. L’alçada de 1823 condamna 24 personnes, issues pour la plupart des classes supérieures, dont Pita à quatre ans d’exil à Terceira et à une amende, et Medina à huit ans d’exil en Angola.

  9. Francisco de Paula Medina e Vasconcelos mourut en exil au Cap-Vert.

Lieu

Lieux cités · 07

Étranger

Carte: Madeira (7)
  1. Angola

    Destination initialement prévue pour son exil.

  2. Coimbra

    Portugal. Ville universitaire où il étudia et fut emprisonné.

  3. Funchal

    Ville où arriva le tribunal d’exception et où Medina exerça comme notaire.

  4. Lisbonne

    Portugal. Ville où la plupart de ses livres furent imprimés.

  5. Londres

    United Kingdom. Ville où Georgeida fut publié en 1819.

  6. Santiago

    Cape Verde. Île où Medina mourut en exil.

  7. Sé

    Funchal. Paroisse où naquit Medina.

Personnes

Personnes citées · 11
  1. Poète madérien et notaire à Funchal, auteur de Zargueida, exilé en 1823 pour ses activités libérales.

  2. Érudit cité au sujet de l’emprisonnement de Medina à Coimbra.

  3. Mère du poète Medina e Vasconcelos.

  4. Poète portugais auquel Medina consacra une élégie et qui répondit au sonnet dédicatoire que Medina lui adressa dans Zargueida.

  5. Femme dont Medina déplora la mort dans un poème de 1792.

  6. Poète satirique madérien qui descendrait de Medina.

  7. Recteur de l’université de Coimbra auquel Medina adressa des épîtres en vers pour demander sa libération.

  8. Bibliographe qui recense et juge les poèmes de Medina dans son Diccionario Bibliographico.

  9. Découvreur de Madère et personnage central de Zargueida.

  10. Personnage légendaire dont l’histoire constitue un épisode de Zargueida.

+ 1 de plus
  1. Père du poète Medina e Vasconcelos.

Sur la feuille M

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