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Taro (inhame) 1Espèces, variétés et conditions de culture
Article nº 1869 Plante Vol. II · p. 324–326 3 min de lecture

Taro (inhame)

Titre original: Inhame

Article consacré aux taros (inhames) cultivés à Madère, principalement Colocasia antiquorum, avec ses variétés blanche et rouge, et Colocasia esculenta, moins répandu. Il traite de leur culture, de leur récolte, de leur cuisson et de leur consommation.

Taro (inhame)

1Espèces, variétés et conditions de culture

Des cinq ou six espèces de la famille des Aracées connues à Madère sous le nom d’inhames, deux seulement, selon l’éminent botaniste Carlos Azevedo de Meneses, nous paraissent dignes d’une mention particulière, en raison de leur fréquence et des avantages que les habitants tirent de leur culture. Ce sont Colocasia antiquorum et C. esculenta.

La première espèce, qui aurait été introduite à Madère en 1640, jouit depuis les temps les plus reculés d’une réputation de plante alimentaire. Les peuples de l’Égypte et de la Grèce antique faisaient en effet un large usage, sur leurs tables, de ses rhizomes allongés, tubéreux et féculents, qu’ils allaient même jusqu’à exporter vers d’autres pays de la Méditerranée.

Les Madériens distinguent chez Colocasia antiquorum deux variétés, qu’ils nomment l’une inhame branco (« taro blanc »), l’autre inhame vermelho (« taro rouge »). La seconde se distingue de la première par les nervures légèrement rougeâtres de la face inférieure des feuilles et par l’intérieur des rhizomes, d’une couleur rose ou rouge pâle, qui s’accentue après la cuisson.

Les taros blancs se rencontrent dans les lieux détrempés ; les rouges sont moins exigeants en humidité et peuvent même vivre dans les lieux secs, pourvu que l’on prenne soin de les arroser fréquemment.

Les taros que l’on appelle, en certains points de l’île, « du maquis » (do mato) ou « de la fougère aigle » (da feiteira) appartiennent à la variété rouge ; ils proviennent de terrains situés en altitude, qui ne reçoivent l’eau d’irrigation que tous les 8 ou tous les 15 jours.

2Culture, cuisson et seconde espèce

La récolte des taros (inhames) a lieu généralement en mars et en avril. L’espèce se multiplie au moyen de petits fragments de ses tubercules, à chacun desquels doit adhérer une tige aérienne dont on retire les feuilles. Chaque fois que cela est possible, on fume les terres destinées aux plantations avec du fumier d’enclos ou avec des matières végétales.

Un an après la plantation, on peut récolter les taros, mais certaines personnes ont coutume de les laisser plus longtemps en terre, parfois deux ans, afin d’obtenir ainsi des rhizomes plus volumineux.

Le taro rouge cuit plus facilement que le blanc. Celui-ci ne doit être considéré comme propre à la consommation qu’après avoir été exposé au feu pendant au moins cinq heures. Certains médecins ont voulu attribuer les cas d’éléphantiasis observés en quelques points de l’île à la forte consommation que l’on y fait de taros mal cuits.

Jusqu’à présent, à notre connaissance, aucun naturaliste n’a encore observé de fleurs sur les taros blancs et rouges de Madère, ce qu’il faut peut-être attribuer au fait que ces plantes sont arrachées très jeunes, ou avant l’époque de la floraison. En Algarve, selon Brotero, les taros fleurissent pendant l’été.

Les habitants de Funchal recherchent davantage les taros rouges que les blancs, parce qu’ils sont plus savoureux, moins piquants et plus faciles à cuire. Les taros blancs sont consommés presque exclusivement par la population des campagnes.

La culture du taro occupe une vaste superficie, aussi bien dans le nord que dans le sud de Madère, mais elle a moins d’importance que celle de la pomme de terre et de la patate douce. Les terrains bas qui bordent les rivières et les ruisseaux, ainsi qu’une bonne partie de leur lit, sont les endroits où cette culture se pratique à la plus grande échelle.

La Colocasia esculenta, connue couramment sous le nom de inhame de enxerto (taro de greffe), est beaucoup moins cultivée que la C. antiquorum, bien que ses rhizomes soient plus savoureux et plus riches en fécule que ceux de cette espèce.

Le inhame de enxerto, tout comme le taro rouge, exige des terrains humides ou fréquemment irrigués, mais non détrempés ; il se multiplie lui aussi au moyen de fragments des rhizomes, à chacun desquels doit adhérer une tige ou pousse aérienne.

Dans cet article

Époque

Années citées · 01
  1. Le taro Colocasia antiquorum aurait été introduit à Madère.

Lieu

Lieux cités · 03

Étranger

Carte: Madeira (3)
  1. Algarve

    Portugal. Région où, selon Brotero, le taro fleurit en été.

  2. Égypte

    Egypt. Les anciens Égyptiens sont cités parmi les premiers consommateurs de taro.

  3. Funchal

    Ses habitants préfèrent le taro rouge au blanc.

Personnes

Personnes citées · 02
  1. Botaniste portugais cité pour avoir observé que le taro fleurit en été dans l’Algarve.

  2. Botaniste madérien dont la description des espèces de taro de l’île est citée dans cet article.

Sur la feuille I

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