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Autonomie administrative 1L’octroi de l’autonomie et la Junta Geral
Article nº 0354 Loi, charte ou décret Vol. I · p. 206–210 7 min de lecture

Autonomie administrative

Titre original: Autonomia Administrativa

Présentation de l’autonomie administrative accordée au district de Funchal par le décret du 8 août 1901, exercée par l’intermédiaire de la Junta Geral, de ses recettes de 1902 à 1939 et de son rôle dans les travaux publics, notamment la construction de routes.

Autonomie administrative

1L’octroi de l’autonomie et la Junta Geral

Le 8 août 1901 demeure une date mémorable dans les annales de cet archipel. Ce jour-là, le conseiller (conselheiro, titre honorifique du conseil royal) Ernesto Hintze Ribeiro, alors président du Conseil et ministre du Royaume (reino, c.-à-d. le Portugal continental), contresigna un décret accordant à Madère l’autonomie administrative sur les mêmes bases que celle qui avait déjà été concédée aux districts des Açores. Ce n’est sans doute pas une autonomie dotée de larges pouvoirs d’administration locale, mais elle représente l’un des bienfaits les plus appréciables dont Madère ait été gratifiée au cours d’une longue suite de siècles, et certainement le plus grand de tous quant à l’octroi des moyens indispensables à la réalisation aisée d’importantes améliorations matérielles.

Le décret du 2 mars 1895, contresigné par Hintze Ribeiro, João Franco et les autres ministres qui formaient alors le gouvernement, donna aux districts des Açores la faculté d’adopter l’autonomie administrative accordée dans les limites de ce même décret, dès lors que les deux tiers des citoyens éligibles aux fonctions administratives en feraient la demande. La loi (carta de lei) du 22 mai 1901 modifia certaines de ces dispositions et autorisa le gouvernement à les étendre à Madère. Ce fut toutefois le décret du 8 août 1901 qui établit véritablement l’autonomie administrative dans le district de Funchal, avec les facultés et attributions consignées dans le décret du 2 mars 1895. Ces facultés et attributions appartiennent à un corps administratif, le Conseil général du district (Junta Geral), dont l’organisation et le fonctionnement diffèrent de ceux de ses homologues du reste du pays. Lors de sa création, il comptait quinze procureurs élus par le peuple, représentant les diverses municipalités, qui se réunissaient en sessions ordinaires aux mois d’avril et de novembre. Le Conseil général élisait une commission exécutive de trois membres qui, lors des sessions ordinaires réunissant tous les procureurs, présentait les rapports sur les délibérations prises dans l’intervalle de ces sessions.

Le premier président du Conseil général de Funchal, qui lui rendit des services très éminents, fut le conseiller José Leite Monteiro ; le premier chef de son secrétariat fut le docteur Manuel dos Passos Freitas, qui a fait preuve de beaucoup de zèle et de compétence dans l’exercice de sa charge.

C’est à partir de 1902, année où commença la perception des recettes attribuées au Conseil général, que ce corps administratif entreprit un grand nombre d’améliorations publiques, notamment la construction du réseau routier. Cette action administrative du Conseil général s’étendait aussi à bien d’autres services publics, les uns déjà existants, les autres de création nouvelle, et les inestimables bienfaits que l’octroi de l’« autonomie administrative » avait apportés à ce district se manifestaient sans cesse. D’autres décrets ultérieurs vinrent sanctionner certains services du Conseil général et leur donner une existence légale, sans modifier pour l’essentiel sa vie économique et administrative. Outre les services propres de son secrétariat, de sa trésorerie et de ses travaux publics, le Conseil général eut spécialement à sa charge l’entretien et le fonctionnement de l’asile d’aliénés, des Enfants trouvés et de l’Enfance abandonnée, du Poste de désinfection terrestre, du Laboratoire de bactériologie et d’hygiène, de la police de répression de l’émigration clandestine, des services agronomiques et vétérinaires, et d’autres encore.

Le décret du 31 juillet 1928 élargit notablement la sphère de l’autonomie administrative en étendant largement ses facultés et attributions, mais il la grevait de charges nouvelles et lourdes sans lui accorder les recettes compensatoires nécessaires pour y faire pleinement face. Parmi ces charges figurent les services des ministères du Commerce et des Communications, de l’Agriculture et de l’Instruction, ainsi que ceux du gouvernement civil, de la police civile, de la santé publique, de l’assistance et de la prévoyance, qui relevaient du ministère de l’Intérieur et des Finances.

2Recettes, routes et locaux

Depuis l’octroi de l’autonomie administrative, les recettes du Conseil général du district (Junta Geral) furent les suivantes :

ExerciceRecettes (escudos)
1902-1903111 265,56
1903-1904129 793,24
1904-1905126 873,41
1905-1906132 229,93
1906-1907135 960,73
1907-1908135 520,46
1908-1909137 577,85
1909-1910144 417
1910-1911142 440,94
1911-1912147 558,26
1912-1913159 333,03
1913-1914227 783,61
1914-1915172 327,59
1915-1916220 129,35
1916-1917190 099,94
1917-1918187 367,06
1918-1919188 499,34
1919-1920234 687,92
1920-1921713 182,51
1921-1922969 750,37
19231 369 834,72
19241 150 708,29
19253 881 125,99
19263 741 561,78
19273 962 817,81
1er semestre 19282 488 376,21
1928-192910 680 689,52
1929-193010 189 945,29
1930-193112 459 987,57
1931-193211 584 328,97
1933-193414 398 951,57
1934-1935 (18 mois)20 440 337,65
193613 414 867,46
193712 057 204,87
193816 054 913,04
193920 658 134

C’est alors, comme nous l’avons dit plus haut, que commença la réalisation d’importants travaux d’utilité publique, en particulier la construction de nouvelles routes.

Les voies de communication de Madère étaient, sans contestation possible, les pires de tout notre pays, pour diverses raisons, et surtout en raison du relief invraisemblablement accidenté et d’autres conditions défavorables du milieu. La plupart d’entre elles ne méritaient pas le nom de routes : c’étaient en général d’étroits sentiers tracés à même le sol, d’un parcours pénible et très difficile, surplombant des abîmes insondables et longeant les flancs de hautes montagnes, et ils exposaient presque toujours les voyageurs aux plus graves désagréments et dangers. Jusqu’en 1901, année où l’autonomie administrative fut accordée à ce district, il n’existait que neuf kilomètres d’une bonne route, qui reliait la ville de Funchal au bourg (vila) de Câmara de Lobos (« repaire des phoques »). On entreprit alors, et l’on poursuit encore, la construction d’un vaste réseau routier qui, d’ici quelques années, permettra de parcourir aisément toute l’île en voiture rapide et de visiter vite et commodément ses principales localités.

Les services du Conseil général furent logés dans diverses maisons. Par le décret du 12 août 1919, l’édifice de l’ancien séminaire de l’Incarnation (Seminário da Encarnação), alors supprimé, fut cédé à cet organe administratif pour la somme de 7500 escudos (monnaie portugaise depuis 1911, = 1 000 réis), et la plupart des services du Conseil s’y installèrent. Le décret du 25 avril 1927 ayant rendu la possession de cet édifice du séminaire de l’Incarnation à la Commission du culte du diocèse de Funchal, le Conseil général installa ses services dans les anciens bâtiments de l’hôpital Sainte-Élisabeth (Hospital de Santa Isabel), où ils sont largement logés depuis octobre 1933.

Dans cet article

Époque

Années citées · 07
  1. Un décret autorisa les districts des Açores à adopter l’autonomie administrative.

  2. À la suite de la loi du 22 mai 1901, un décret du 8 août 1901 étendit le régime d’autonomie des Açores au district de Funchal, créant un Conseil général directement élu qui prit en charge les travaux publics du district ; la construction de routes suivit.

  3. Dans le cadre de l’autonomie administrative, la Junta Geral commença à percevoir ses recettes et à entreprendre des travaux publics.

  4. L’ancien séminaire de l’Incarnation à Funchal fut cédé à la Junta Geral (pour 7 500 escudos, ou 9 contos selon une autre source).

  5. Le bâtiment du séminaire fut restitué à la commission diocésaine du culte.

  6. Un décret élargit considérablement les compétences et les charges de l’autonomie administrative de Madère, sans augmentation correspondante des recettes.

  7. Les bureaux de la Junta Geral furent installés dans les anciens bâtiments de l’hôpital Sainte-Élisabeth.

Lieu

Lieux cités · 06

Étranger

Carte: Madeira (5)
  1. Açores

    Portugal. Ses districts bénéficièrent en 1895 d’un modèle d’autonomie qui fut ensuite étendu à Madère.

  2. Câmara de Lobos

    Reliée à Funchal par la seule bonne route, longue de neuf kilomètres, avant 1901.

  3. Funchal

    Siège du district autonome et de sa Junta Geral.

  4. Hôpital Sainte-Élisabeth

    Funchal. Ses anciens bâtiments abritent les bureaux de la Junta Geral depuis octobre 1933.

  5. Séminaire de l’Incarnation

    Funchal. Ancien bâtiment du séminaire cédé à la Junta Geral en 1919 et restitué à l’Église en 1927.

Personnes

Personnes citées · 04
  1. Président du Conseil des ministres qui contresigna le décret de 1901 accordant l’autonomie administrative à Madère.

  2. Ministre qui contresigna le décret de 1895 accordant l’autonomie aux districts des Açores.

  3. Premier président de la Junta Geral de Funchal, salué pour les services remarquables qu’il rendit.

  4. Premier chef du secrétariat de la Junta Geral de Funchal.

Sur la feuille A

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