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Fortifications 1Origines et remparts de la ville
Article nº 1503 Fortification ou ouvrage défensif Calheta Vol. II · p. 85–86 3 min de lecture

Fortifications

Titre original: Fortificações

Panorama de l’histoire des fortifications côtières de Madère, depuis les premières demandes de construction d’une forteresse à Funchal au XVe siècle jusqu’aux batteries de défense contre les sous-marins construites en 1916–17. L’article recense les forts, redoutes et batteries édifiés à chaque époque à Madère et à Porto Santo.

Fortifications
Carte: Arquipélago da Madeira (19)

1Origines et remparts de la ville

Les sièges des deux capitaineries de Madère, Funchal et Machico, furent dès l’origine deux centres importants de commerce et de navigation, Funchal l’emportant grâce à son vaste port. João Gonçalves da Câmara, 2e donataire de Funchal, connaissant les dommages que les Maures causaient en haute mer aux navires marchands et craignant une attaque contre ce bourg (vila) florissant, demanda à l’infante dona Beatriz, tutrice de son fils Diogo, duc de Viseu, et administratrice de la maîtrise de l’ordre du Christ, que l’on construisît une forteresse pour la défense du port ; mais l’infante, prétextant les nombreuses dépenses déjà engagées, ne cessa de différer l’ouvrage.

Manuel Ier, alors qu’il n’était encore que duc, fit en sorte que l’on élevât une enceinte dans le bourg de Funchal, promettant qu’une fois celle-ci achevée, on passerait à une fortification identique dans le bourg de Machico. Toutefois, considérant les charges que cela entraînerait, il réduisit peu à peu son projet à un seul bastion à Funchal, qui serait payé par une augmentation de l’impôt sur le sucre, évaluée à 1:266$ par an, somme considérable à l’époque, en plus d’une journée de travail obligatoire, dont seuls les gentilshommes seraient dispensés.

Les travaux de fortification ne commencèrent que sous le règne de Manuel Ier, par le bastion et le donjon. Ils furent relancés par les nouvelles contributions établies sous le règne de Jean III, en particulier l’imposition sur les viandes (imposição das carnes). Le projet de défense fut ensuite modifié en 1572 : il ordonnait d’édifier une forteresse à trois bastions, d’abattre les maisons qui la gênaient et de supprimer les balcons de la façade donnant sur la grève de galets (calhau), où devaient s’élever les murs de la ville percés de cinq portes – deux au sud vers la mer, une à l’est et deux à l’ouest –, les murailles courant entre le torrent de João Gomes et celui de São Francisco (aujourd’hui de São João), pour aboutir aux buttes de la Pena et du Pico dos Frias (« pic des Frias »).

L’attaque des corsaires contre la ville en 1566, menée par la Praia Formosa (« belle plage »), fit que l’on se préoccupa de la défense de la côte. On travailla à des retranchements en des points dominant la mer, sur les rochers surplombant les localités, que l’on appelait fortes roqueiros (forts de roc), confiés aux guetteurs et placés sous la surveillance des capitaines-cabos ; « & les ports furent rendus impraticables ainsi & de la manière que l’on fit de Câmara de Lobos jusqu’à la ville ».

2Les forts de la période philippine à 1917

Sous la domination philippine (1580–1640), les règles de la défense furent modifiées selon le tracé polygonal. On acheva alors les forts de São Tiago, São Filipe, Loures et Penha de França, et l’on entreprit la forteresse do Pico (« du Pic »), à Funchal, ainsi que São Roque à Machico et le Castelo do Pico dans l’île de Porto Santo (« port saint »).

Pendant la période de la Restauration et au XVIIe siècle, on bâtit la redoute de Santo António da Alfândega, celle de Santa Catarina et la forteresse de Nossa Senhora da Conceição do Ilhéu (« Immaculée-Conception de l’Îlot »), et l’on prolongea les murailles de la ville vers l’est, jusqu’à la forteresse de São Tiago.

Au XVIIIe siècle, on construisit les forts de São Pedro et de São José da Pontinha, à Funchal ; sur la côte jusqu’à Câmara de Lobos, ceux du Gorgulho, de l’Engenhoca, de Nossa Senhora da Ajuda, de Praia Formosa, de Nossa Senhora da Vitória, du Pastel et de São Sebastião, à Câmara de Lobos ; celui de São Bento, à Ribeira Brava (« rivière sauvage ») ; ceux de Madalena do Mar, de Ponta do Sol et de Calheta ; la forteresse de Santo António, à Paul do Mar (« marais de la mer ») ; le fort de Porto Moniz (« port de Moniz ») ; celui de Faial, celui d’Entroza, à Boaventura, celui de Terrachã, à São Vicente, celui de São Jorge et celui d’Arco de São Jorge ; celui de Porto da Cruz ; la redoute de Caniçal ; les forts de São João Baptista et de Nossa Senhora do Amparo, à Machico ; ceux de São Francisco, de São Lázaro et de Nossa Senhora da Graça, à Santa Cruz (« Sainte-Croix ») ; le fortin de l’embouchure de la Ribeira do Porto Novo ; celui des Reis Magos et celui de la Ribeira do Caniço ; et enfin le fort de São José, dans l’île de Porto Santo.

Au XIXe siècle, on édifia la batterie des Fontes, face à São Lourenço, la redoute du Seixo, à Água de Pena, le fort de Porto Novo, à Caniço (« roseau »), et la redoute du Pico de São João.

Enfin, on construisit en 1916 la batterie de la Quinta Vigia (« domaine de la Vigie »), et en 1917 celle de la Montanha, pour défendre la ville contre les sous-marins.

Dans cet article

Époque

Années citées · 04
  1. Des corsaires huguenots français commandés par Montluc et guidés par Gaspar Caldeira débarquèrent à Praia Formosa et pillèrent Funchal. Ils prirent d’assaut la forteresse de São Lourenço et profanèrent la cathédrale ainsi que le couvent Sainte-Claire, dont les religieuses s’enfuirent au Curral ; Gaspar de Braga mourut en leur résistant. Cette attaque, survenue pendant la capitainerie de Francisco Gonçalves da Câmara, entraîna la construction de nouvelles fortifications côtières.

  2. Le plan de défense de Funchal fut révisé : il prévoyait une forteresse à trois bastions et des remparts percés de cinq portes.

  3. La batterie de Quinta Vigia fut construite à Funchal pour défendre la ville contre les sous-marins.

  4. La batterie de Montanha fut construite pour défendre Funchal contre les sous-marins.

Lieu

Lieux cités · 19
  1. Fortifications · Sujet

    Calheta

  2. Câmara de Lobos

    Littoral fortifié en direction de Funchal.

  3. Caniço

    Santa Cruz. Emplacement des forts de Reis Magos et de Porto Novo.

  4. Fort de São José da Pontinha

    Funchal. Fort du XVIIIe siècle.

  5. Fort de São Tiago

    Funchal. Fort construit sous la domination espagnole.

  6. Forteresse do Ilhéu

    Funchal. Forteresse du XVIIe siècle.

  7. Forteresse do Pico

    Funchal. Forteresse dont la construction commença sous la domination espagnole.

  8. Funchal

    Principal port et centre des efforts de fortification.

  9. Machico

    Siège de l’autre capitainerie, également fortifié.

  10. Paul do Mar

    Calheta. Emplacement de la forteresse de Santo António.

  11. Pico dos Frias

    Funchal. Colline où les murailles devaient s’achever.

  12. Porto Moniz

    Emplacement d’un fort du XVIIIe siècle.

+ 7 de plus

Personnes

Personnes citées · 05
  1. Infante, tutrice du duc Diogo et administratrice de l’Ordre du Christ, qui retarda la construction de la forteresse.

  2. Fils de l’infante Beatriz, seigneur de Madère sous la tutelle de sa mère.

  3. Roi dont les nouveaux impôts financèrent les travaux de fortification.

  4. Deuxième capitaine-donataire de Funchal, qui demanda la construction d’une forteresse pour défendre le port.

  5. Duc puis roi, il ordonna la construction du premier bastion et des premières murailles de Funchal.

Sur la feuille F

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