Bouleau 1Des bouleaux pour Porto Santo
Bouleau
Titre original: Vidoeiro
Notice sur le bouleau (vidoeiro) citant le botaniste Carlos de Meneses, selon qui les bouleaux envoyés à Porto Santo en 1910 ne convenaient pas au reboisement de cette île sèche. Il recommandait plutôt des arbres à feuillage persistant de Madère ou de la région méditerranéenne.
1Des bouleaux pour Porto Santo
Pour compléter ce qui est exposé en plusieurs endroits de cet ouvrage sur le couvert forestier de Madère, et en particulier sur le reboisement de l’île voisine de Porto Santo (« port saint ») (III-120), nous transcrivons quelques passages d’un article de l’illustre botaniste Carlos de Meneses, publié dans l’ancien Diário do Comercio. Cet article présente un intérêt particulier pour cette question si débattue et toujours d’actualité.
« En 1910, on envoya à Porto Santo, pour y être plantés, divers exemplaires de bouleaux offerts par un étranger qui s’intéresse vivement au reboisement de cette île.
De l’avis des techniciens, Porto Santo doit être boisé avec des essences madériennes ou de la région méditerranéenne, et jamais avec des espèces de l’Europe moyenne ou boréale. Celles-ci ont en effet des exigences climatiques que le pays ne peut satisfaire, tant en raison de sa position géographique que de la faible altitude de ses montagnes.
Même parmi les essences madériennes, il nous semble qu’il y a des choix à faire. Il n’est guère croyable, en effet, que s’adaptent aux terrains extrêmement secs et peu élevés de Porto Santo certaines espèces qui, chez nous, ne prospèrent que dans les vallées et les ravins de l’intérieur, ou bien sur les points élevés et humides des versants sud et nord de notre île.
L’acajou de Madère (vinhático, Persea indica), par exemple, est une espèce impropre au boisement de Porto Santo. Si, pour l’instant, les exemplaires qu’on y a introduits ont bel aspect grâce aux irrigations dont ils ont bénéficié, un temps viendra où ils dépériront et finiront par mourir, faute de trouver dans le sol et dans l’atmosphère les conditions nécessaires à leur existence.
2Pourquoi le bouleau ne convient pas
Le manque de pluies et une chaleur intense, avec des moyennes hivernales peu basses, donnent son caractère climatique à l’île voisine. Sur ses hauteurs, on ne peut cultiver avec profit que certaines essences de la zone inférieure de Madère, comme le laurier, le til (Ocotea foetens, laurier de Madère) et le barbusano (Apollonias barbujana, arbre de la laurisylve), et non l’acajou de Madère, qui ne commence à apparaître avec une certaine fréquence qu’au-dessus de 400 ou 500 mètres et qui a besoin d’humidité pour se développer.
Or, si l’acajou de Madère, espèce madérienne, ne convient pas au reboisement de Porto Santo, le bouleau y convient moins encore. C’est un arbre qui, comme on le sait, atteint sa limite méridionale dans le Haut-Minho, le Gerês, le Marão et la Serra da Estrela, et qui ne forme de peuplements importants que dans les régions septentrionales et en Europe moyenne, où les froids sont extrêmement rigoureux en hiver et où la saison chaude dure peu.
Quand bien même le bouleau serait une espèce méditerranéenne propre à être cultivée à Porto Santo, nous l’exclurions encore de la couverture forestière de l’île, car les arbres à feuillage caduc ne conviennent guère au reboisement des pays à climat chaud.
Ce dont l’île voisine a besoin, ce sont d’arbres toujours verts, comme le sont en règle générale ceux de Madère, afin de protéger autant que possible le sol contre l’évaporation et de favoriser ainsi l’apparition des sources. Une couverture formée d’essences à feuillage caduc n’améliorerait guère l’état des terres, puisque l’influence d’une telle couverture ne pourrait qu’être très restreinte dans un pays aux moyennes hivernales peu basses, comme celui dont nous parlons. »
Dans cet article
Époque
Années citées · 01Lieu
Lieux cités · 05Étranger
- Gerês
Portugal. Massif montagneux situé à la limite méridionale de l’aire du bouleau.
Massif montagneux situé à la limite méridionale de l’aire de répartition du bouleau.
- Haut-Minho
Portugal. Région située à la limite méridionale de l’aire du bouleau au Portugal.
Région située sur une partie de la limite méridionale de l’aire du bouleau au Portugal.
- Marão
Portugal. Massif montagneux situé à la limite méridionale de l’aire du bouleau.
Chaîne de montagnes marquant la limite méridionale du bouleau.
- Porto Santo
Île où des bouleaux furent envoyés pour le reboisement en 1910.
Île de l’archipel, peuplée en même temps que Madère et formant l’une des trois capitaineries. Elle a toujours constitué une seule paroisse, placée sous le vocable de Notre-Dame de Pitié, dont l’église fut pillée à plusieurs reprises. L’Elucidário relate le raid de pirates maures de 1617, évoque sa propre Misericórdia et un canal destiné à recueillir les eaux de pluie, construit sur cette île sujette à la sécheresse.
- Serra da Estrela
Portugal. Massif montagneux où se situe la limite méridionale du bouleau.
Massif montagneux situé à la limite méridionale de l’aire de répartition du bouleau.
Personnes
Personnes citées · 01- Carlos Azevedo de Meneses1863–1928
Botaniste madérien dont l’article paru dans le Diário do Comercio, cité ici, s’opposait à la plantation de bouleaux à Porto Santo.