Garnison militaire 1Unités de garnison, 1834–1856
Garnison militaire
Titre original: Guarnição Militar
Présentation de la garnison militaire de Madère en 1921 et des nombreuses unités de l’armée qui tinrent garnison sur l’île depuis la période espagnole jusqu’au XXe siècle, notamment des mutineries et des relèves.
1Unités de garnison, 1834–1856
La garnison militaire de Madère se compose du 27e régiment d’infanterie, de la 3e batterie d’artillerie de montagne, d’une compagnie de la garde républicaine et de la 1re compagnie de la garde fiscale (Guarda Fiscal, corps des douanes) (1921). Avant que cette garnison ne fût affectée à l’île, d’autres forces militaires y avaient toutefois stationné ; un grand nombre d’entre elles figurent dans la liste que nous publions ci-après :
Infanterie n° 5
Le 5e régiment d’infanterie fut organisé par le décret du 21 juillet 1834 pour la défense de Madère.
Infanterie n° 11
Le 11e bataillon d’infanterie tint garnison à Madère de 1837 à 1847, bien qu’une partie de ses effectifs fût partie pour le Portugal en 1843. Ce furent des forces de l’infanterie n° 11 et de l’artillerie n° 4 qui firent le pronunciamiento du 29 avril 1847 ; pour cette raison, elles quittèrent l’île en août de la même année, une fois rétabli le gouvernement de la reine.
Chasseurs n° 6
Le 6e bataillon de chasseurs (caçadores, infanterie légère), fort de 400 hommes de troupe, arriva à Madère en 1847. S’étant révolté dans la nuit du 30 au 31 juillet 1852, il fut aussitôt transféré à Lisbonne, où il arriva le 15 août ; il fut désarmé à bord, les hommes de troupe passant sur la frégate Diana et les officiers sur la frégate D. Fernando (voir Lapierre).
Infanterie n°
7. Le 2e bataillon de l’infanterie n° 7, fort de 241 hommes de troupe, arriva à Funchal le 29 août 1852 et y demeura jusqu’au 19 avril 1853.
Infanterie n° 13
Le 2e bataillon de l’infanterie n° 7 fut relevé par une force de 250 hommes de troupe de l’infanterie n° 13, qui resta à Madère jusqu’au 27 juillet 1854. Le vapeur Duque da Terceira, qui ramena cette force au Portugal, fit naufrage près d’Aveiro.
Chasseurs n° 2
Du 24 juillet 1854 à août 1855, quatre compagnies du 2e bataillon de chasseurs séjournèrent à Madère.
Infanterie n° 4
Le 2e bataillon du 4e régiment d’infanterie séjourna à Madère du 24 août 1855 à juillet 1856.
2Unités de garnison, 1856–1899
Infanterie nº
1. Le 1er bataillon du régiment d’infanterie nº 1 arriva à Madère le 28 juin 1856 et repartit pour le Portugal le 6 août 1858. C’est cette troupe qui nous apporta l’épidémie de choléra morbus, qui sévissait alors avec une grande violence au Portugal. Infanterie nº 16. Un détachement de 306 hommes de troupe de l’infanterie nº 16 releva la force précédente et demeura à Madère jusqu’au 17 août 1859.
Infanterie nº 10
Madère eut pour garnison des troupes de ce régiment depuis le départ de l’infanterie nº 16 jusqu’en 1860.
Infanterie nº 2
Il remplaça l’infanterie nº 10 et resta à Madère jusqu’au 19 juin 1861.
Chasseurs nº 1
Il arriva le 16 juin 1861 et repartit pour le Portugal en juillet 1862.
Chasseurs nº 5
Un détachement de 218 hommes de troupe du bataillon de chasseurs nº 5 arriva à Madère le 17 juillet 1862 et repartit pour le Portugal le 1er août 1864.
Chasseurs nº 12
En juillet 1864, 10 officiers et 72 hommes de troupe vinrent à Madère pour constituer le nouveau bataillon de chasseurs nº 12 qui, selon le plan publié le 23 juin 1864, devait avoir sa caserne à Funchal. L’effectif du nouveau bataillon fut complété par des hommes recrutés dans l’île.
Le bataillon de chasseurs nº 12 était destiné à stationner à Funchal. Toutefois, ayant été transféré à Tomar en décembre 1869 à la suite d’intrigues politiques, il fut remplacé par le bataillon de chasseurs nº 5 ; il ne regagna l’île qu’en 1870, et ne la quitta plus depuis lors.
L’organisation militaire du 30 novembre 1884 fit du bataillon de chasseurs nº 12 un régiment.
Chasseurs nº 5
Le bataillon de chasseurs nº 5 arriva à Madère en décembre 1869. Mais deux de ses compagnies s’étant mutinées le 2 août 1870, à la suite d’une revue d’armement, le bataillon tout entier fut transféré au Portugal, et l’on fit revenir dans l’île le bataillon de chasseurs nº 12 déjà mentionné.
Infanterie nº 27
Depuis le 9 octobre 1899, le régiment de chasseurs nº 12 porte le nom de régiment d’infanterie nº 27, conformément aux dispositions du décret du 14 septembre de la même année. (1921).
3Forces temporaires et antérieures
Outre les forces que nous venons de mentionner, il faut en citer d’autres, qui ne vinrent dans cette île que pour renforcer temporairement les troupes qui y étaient en service. Ainsi, en 1847, le bataillon de chasseurs (caçadores, infanterie légère) n° 4 et un détachement d’artillerie n° 2, que la junte de gouvernement (junta governativa) avait fait venir des Açores, séjournèrent à Madère ; en 1887, le régiment d’infanterie n° 1 et une compagnie de chasseurs n° 5, envoyés dans cette île en raison des émeutes populaires provoquées par les élections des conseils de paroisse (juntas de paróquia) ; et en 1911, le bataillon de chasseurs n° 6, que le gouvernement de la République chargea de maintenir l’ordre à Madère, conjointement avec les troupes de la garnison, aussi longtemps que dura ici l’épidémie de choléra. Du début de 1918 à mars 1919, une compagnie d’artillerie de position stationna à Funchal pour défendre cette île contre toute attaque des Allemands.
Avant la proclamation de la Constitution, le 5 juin 1834, nous n’avons connaissance que de la présence à Madère des forces régulières de l’armée suivantes : le régiment d’infanterie n° 7 et un détachement d’artillerie n° 2, arrivés ici le 23 août 1823, le premier étant rentré à Lisbonne en 1826 après avoir provoqué quelques conflits à Funchal ; une force d’artillerie n° 7, qui se trouvait à Madère en 1823 ; un bataillon d’infanterie n° 1, un autre d’infanterie n° 2, un contingent de chasseurs n° 11, un détachement d’artillerie et un autre d’artisans du génie, qui tinrent garnison dans l’île sous le gouvernement miguéliste (partisan du roi absolutiste Michel) ; le régiment d’infanterie n° 13, qui séjourna également ici sous ce même gouvernement et partit pour Lisbonne à la fin de 1829, après s’être mutiné ; et enfin quatre compagnies du régiment de chasseurs de la Beira Alta et le premier bataillon du régiment d’infanterie de Lagos, qui se trouvaient dans cette île en 1831.
En 1815, il y avait à Madère un bataillon d’artillerie de 1re linha (ligne), à six compagnies, comme le rapporte la Estatística Histórico-geográfico da ilha da Madeira de Casado Giraldes. Sous la domination des Philippe, il y eut à Madère ce qu’on appelait la garnison espagnole, composée de troupes permanentes et soldées, destinées à assurer la possession de cette île et l’autorité du gouverneur général de la guerre. « Ladite garnison, dit le docteur Azevedo, se composait de quatre compagnies, chacune avec son capitaine, celui de la première commandant toute la garnison et indépendant, dans son autorité, du gouverneur portugais. »
En ce qui concerne les troupes de 2e et de 3e lignes, on sait qu’il y eut à Madère les milices, les milices territoriales (ordenanças), les vigies, l’artillerie auxiliaire et la garde nationale (voir ces noms), ainsi que les terços auxiliaires, approuvés par la résolution royale du 27 novembre 1784, le bataillon de volontaires de Pierre IV et le bataillon de volontaires royalistes urbains, ce dernier créé au temps de Michel Ier et le premier sous le gouvernement de José Lúcio Travassos Valdez, le bataillon national de volontaires de Funchal, établi le 28 août 1836, le bataillon national de chasseurs du Prince royal, créé le 6 mars 1847 et dissous le 29 avril de la même année, le bataillon national de Funchal, organisé par la junte de gouvernement en 1847, etc., etc.
Au temps de Pierre II fut instituée une compagnie d’artillerie, pour le logement de laquelle on commença à construire une maison qui, avant d’être achevée, fut dévorée par un incendie ; le 5 septembre 1661, on ordonna la création d’un corps de 100 artilleurs pour la défense des forteresses, chacun touchant 50 réis (ancienne monnaie de compte portugaise ; 1$000 = 1 000 réis, 1:000$000 = un conto = 1 000 000 de réis) par jour. En 1762, il y avait à Madère une compagnie de cavalerie, en 1780 une compagnie d’infanterie de la garde du gouvernement, et en 1799 il existait des troupes d’infanterie qui touchaient une solde ; il est à croire, cependant, que toutes ces forces appartenaient à la 2e ligne.
M. le major Alberto Artur Sarmento, dans ses Alicerces para a historia militar, dans divers articles publiés dans le Heraldo da Madeira et dans d’autres écrits, fournit de précieuses informations sur les forces militaires qui, à différentes époques, ont tenu garnison dans cette île.
Dans cet article
Époque
Années citées · 11-
Un corps de 100 artilleurs est créé pour défendre les forteresses de Madère.
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Le gouvernement constitutionnel (libéral) et la Charte constitutionnelle furent proclamés à Funchal, pacifiquement dans la ville, mais avec des violences dans certaines paroisses, instaurant les institutions libérales à Madère.
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Le 5e régiment d’infanterie est organisé par décret pour défendre Madère.
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Dans le contexte du mouvement de Maria da Fonte, le 11e régiment d’infanterie et le 4e régiment d’artillerie se prononcent, avec le conseil municipal de Funchal, en faveur de la Junta do Porto et établissent une Junta Governativa da Madeira, dont António Correia Herédia est le secrétaire et qui gouverne jusqu’au 14 juillet 1847.
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Dans la nuit du 30 au 31 juillet 1852, des soldats du 6e bataillon de chasseurs se mutinent à la caserne du Collège, à Funchal, et assassinent le lieutenant Lapierre ; le bataillon est envoyé à Lisbonne.
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Une épidémie de choléra, introduite par le régiment d’infanterie n° 1, ravagea Madère de juillet à octobre 1856. Selon la tradition, elle fit environ dix mille morts et laissa de nombreux orphelins. Álvaro Rodrigues de Azevedo, Luiz Albino Gonçalves et d’autres apportèrent leur aide pendant l’épidémie.
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Le bataillon de chasseurs n° 12 est formé pour tenir garnison à Funchal.
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Deux compagnies du 5e bataillon de chasseurs stationné à Madère se mutinent après une inspection des armes, et le bataillon est retiré.
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Les émeutes « Parreca », dirigées contre les conseils paroissiaux (juntas de paróquia), semèrent la terreur dans tout Madère en 1887–1888, et des troupes furent envoyées pour rétablir l’ordre. À Arco da Calheta, la force armée fut employée ; le 22 novembre 1887, des émeutiers occupèrent l’église de Caniço, où les troupes ouvrirent le feu et tuèrent quatre personnes. Un soldat mourut également.
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Le bataillon de chasseurs n° 12, en garnison à Madère, devient le 27e régiment d’infanterie.
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Pendant l’épidémie de choléra à Madère, le bataillon de chasseurs n° 6 maintient l’ordre ; ses troupes sont cantonnées au couvent des Mercês.
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Une compagnie d’artillerie de position défend Funchal contre une attaque allemande.
Lieu
Lieux cités · 05Étranger
- Açores
Portugal. Provenance d’un détachement d’artillerie envoyé en 1847.
Les Açores sont un archipel de l’Atlantique qui partage certaines espèces végétales avec Madère. L’Elucidário mentionne l’installation aux Açores de familles madériennes comme les Bettencourt, l’interdiction en 1801 des vins açoriens à Madère et les importations de tabac açorien. Il indique également que des agriculteurs açoriens furent amenés à Madère pour y enseigner leurs méthodes de culture du maïs.
- Aveiro
Portugal. Ville près de laquelle le vapeur Duque da Terceira fit naufrage en 1854.
Aveiro est une ville et un district du Portugal. Feliciano Soares y naquit et le journal O Povo de Aveiro y était établi. Nicolau Anastácio de Bettencourt gouverna le district à deux reprises et y fonda une caisse d’épargne. Le vapeur Duque da Terceira fit naufrage à proximité en 1854.
- Funchal
Quartier général et point d’arrivée des unités de garnison.
Capitale de l’archipel et siège de la principale capitainerie, où commença le peuplement ; elle devint un bourg vers 1451–52. Sa baie, la plus large de l’archipel, s’étend entre Ponta do Garajau et Ponta da Cruz et offre un mouillage abrité, bien que son port n’eût jamais fait l’objet d’une étude océanographique. L’Elucidário présente Funchal comme une station climatique, avec des données sur son climat, et relate les troubles de janvier 1906, la visite du prince danois en mai 1846 et la présence de cônes volcaniques récents dans la région.
- Lisbonne
Portugal. Destination des unités mutinées retirées de Madère.
Capitale du Portugal, siège du tribunal de la Relação et de la Misericórdia dont les privilèges et les statuts furent étendus à Funchal. Henrique Franco de Sousa étudia à son Académie royale des beaux-arts, et Luiz José Baiardo s’y installa en 1821.
- Tomar
Portugal. Ville où fut transféré le bataillon de chasseurs n° 12 en 1869.
Ville portugaise, siège de l’Ordre du Christ, qui exerçait sa juridiction ecclésiastique sur Madère. Dom Diogo Pinheiro y fut prieur, y mourut et y fut enterré. La ville est considérée comme un lieu de naissance possible de Zargo, dont la famille y possédait des biens. Les Cortes s’y réunirent en 1619 ; son moulin à eau servit de modèle au premier moulin de Madère, et dom João Frederico da Câmara Leme y mourut en 1878.
Personnes
Personnes citées · 07- Alberto Artur Sarmentoné 1878
Commandant de l’armée dont les écrits sur l’histoire militaire de Madère sont cités comme source.
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Historien cité à propos de la composition du préside espagnol.
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Auteur d’une statistique historico-géographique de Madère mentionnant le bataillon d’artillerie de 1815.
- José Lúcio Travassos Valdez1787–1862
Gouverneur de Madère sous lequel fut créé le bataillon de volontaires de Pierre IV.
- Lapierremort 1852
Personnage lié à la révolte de 1852 du bataillon de chasseurs n° 6, avec un renvoi à sa propre notice.
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Roi du Portugal sous le règne duquel fut créé le bataillon des volontaires urbains royalistes.
- Pierre IImort 1706
Roi du Portugal sous lequel une compagnie d’artillerie fut instituée à Madère.