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Fonseca (docteur José Maria Martiniano da) 1Origines et mission à Porto
Article nº 1478 Fonctionnaire, magistrat ou diplomate Vol. II · p. 74–75 3 min de lecture

Fonseca (docteur José Maria Martiniano da)

Titre original: Fonseca (Dr. José Maria Martiniano da)

Biographie de l’avocat madérien José Maria Martiniano da Fonseca (1794–1829), envoyé par le gouverneur José Lúcio Travassos Valdez comme émissaire auprès de la junte révolutionnaire libérale de Porto, où il fut arrêté et pendu le 7 mai 1829, devenant l’un des « Douze Martyrs de la Patrie ».

Fonseca (docteur José Maria Martiniano da)

1Origines et mission à Porto

Quiconque possède quelque connaissance de l’histoire nationale sait que, le 7 mai 1829, dix hommes furent exécutés sur la Praça Nova de la ville de Porto, victimes de l’intolérance du gouvernement miguéliste (partisan du roi absolutiste Michel). Parmi eux figurait le Madérien José Maria Martiniano da Fonseca, docteur, comme nous l’avons déjà mentionné dans l’article consacré au conseiller (conselheiro, titre honorifique du conseil royal) José Ferreira Pestana.

Nous savons peu de chose de la vie du docteur Martiniano da Fonseca et, n’eût été sa mort tragique, il est possible que son nom nous fût resté entièrement inconnu. Il naquit dans la paroisse (freguesia) de la Sé de cette ville le 16 octobre 1794 ; il était le fils de José Maria da Fonseca, inspecteur général de l’Agriculture, et de dona Ricarda Umbelina Spinosa. Diplômé en droit de l’université de Coimbra (Universidade de Coimbra), il exerça la profession d’avocat à Funchal.

Une junte révolutionnaire s’étant constituée dans la ville de Porto pour combattre l’usurpation miguéliste, le gouverneur et capitaine général de Madère, José Lúcio Travassos Valdez, voulut adhérer au mouvement lancé par cette junte et entrer en communication directe avec elle par l’intermédiaire d’une personne capable et digne d’une entière confiance, à même de s’acquitter pleinement de l’importante et périlleuse mission qu’il allait lui confier. Son choix se porta sur le docteur José Maria da Fonseca, qui quitta Funchal à bord d’un navire américain le 30 juin 1829 et entra à Porto le 13 du mois suivant, alors que cette ville avait déjà reconnu le gouvernement de Michel Ier. La situation de l’émissaire du gouverneur de Madère était critique : alors qu’il tentait d’approcher le haut magistrat (desembargador) Caldeira Velez, secrétaire de la junte révolutionnaire, il fut arrêté sur des soupçons et conduit aux prisons de la cour d’appel (Relação). Une perquisition à son domicile et les papiers qu’on y trouva – la correspondance de Travassos Valdez – changèrent ces soupçons en certitude.

2Exécution et sépulture

Le docteur José Martiniano da Fonseca était désormais irrémédiablement perdu. Après neuf mois de prison, il fut jugé avec d’autres accusés et, le 9 avril 1829, fut prononcée la sentence qui condamnait dix d’entre eux à la peine capitale et d’autres à diverses peines. Cette sentence inique et révoltante fut exécutée le 7 mai de la même année. On dressa deux potences sur la place de la Praça Nova, et les dix condamnés y subirent la peine capitale ; le docteur José Martiniano da Fonseca fut le huitième à gravir les marches de la potence. Pour que la sentence fût exécutée jusqu’au bout, on trancha la tête des victimes et on les exposa en divers points de la ville. Celle du docteur Fonseca resta exposée trois jours à São João da Foz ; le 12 mai, la confrérie de la Miséricorde (Santa Casa da Misericórdia, confrérie charitable) la transporta dans sa chapelle et l’y fit inhumer avec les dépouilles mortelles des autres condamnés sacrifiés à la férocité du gouvernement miguéliste (partisan du roi absolutiste Michel). Sept ans plus tard, le 6 février 1836, on procéda à l’exhumation des cendres de ces victimes ; elles furent toutes recueillies dans une urne et inhumées de nouveau dans l’église de la Misericórdia (Sainte Maison de la Miséricorde, confrérie charitable laïque), dans l’attente d’une sépulture plus digne et plus appropriée. Ce fut en 1875 que l’on éleva, dans le cimetière du Prado do Repouso (Cemitério do Prado do Repouso), dans l’enclos appartenant à la Misericórdia de Porto, un élégant mausolée destiné à garder les dépouilles mortelles des hommes exécutés le 7 mai 1829 et de deux autres qui subirent la même peine le 9 octobre de la même année. La translation des derniers restes de ces victimes, connues sous le nom des Douze Martyrs de la Patrie, revêtit une solennité inhabituelle et des plus brillantes : un cortège funèbre se forma, auquel prirent part des milliers de personnes et toute la garnison de Porto. Ce fut l’un des cortèges les plus fastueux et les plus significatifs jamais organisés dans le pays, comme on peut le voir dans l’opuscule Memória Descriptiva da trasladação das ossadas dos Doze Martyres da Pátria, publié en 1878.

Dans cet article

Époque

Années citées · 05
  1. José Maria Martiniano da Fonseca naquit dans la paroisse de Sé, à Funchal.

  2. Le tribunal de Porto condamna à mort dix accusés libéraux, dont José Maria Martiniano da Fonseca, et José Ferreira Pestana à l’exil perpétuel.

  3. Le libéral madérien José Maria Martiniano da Fonseca et neuf autres personnes furent pendus sur la Praça Nova, à Porto (une entrée donne la date du 9 mai).

  4. La Misericórdia enterra la tête de Fonseca dans sa chapelle.

  5. Fonseca quitta Funchal à bord d’un navire américain comme émissaire auprès de la junte de Porto et arriva à Porto le 13 juillet (dates telles qu’indiquées, apparemment contradictoires).

  6. Deux autres libéraux furent exécutés à Porto ; ils furent plus tard comptés parmi les Douze Martyrs.

  7. Les dépouilles des victimes furent exhumées, puis réinhumées dans une urne à l’église de la Misericórdia.

  8. Un mausolée dédié aux Douze Martyrs fut érigé au cimetière de Prado do Repouso.

  9. Les restes des douze martyrs de la patrie furent transférés dans un cimetière, et une brochure relatant ce transfert fut publiée.

Lieu

Lieux cités · 07

Étranger

Carte: Madeira (7)
  1. Cimetière du Prado do Repouso

    Portugal. Cimetière de Porto où un mausolée dédié aux martyrs fut construit en 1875.

  2. Funchal

    Ville où Fonseca exerça le droit et d’où il partit par bateau.

  3. Porto

    Portugal. Ville de la junte libérale, où Fonseca fut emprisonné puis exécuté.

  4. Praça Nova

    Portugal. Place de Porto où Fonseca et neuf autres personnes furent pendus.

  5. São João da Foz

    Portugal. Lieu où la tête de Fonseca fut exposée pendant trois jours.

  6. Sé

    Funchal. Paroisse de Funchal où Fonseca naquit.

  7. Université de Coimbra

    Portugal. Université où Fonseca obtint son diplôme de droit.

Personnes

Personnes citées · 06
  1. Avocat madérien exécuté à Porto en 1829 par le gouvernement migueliste après avoir servi d’émissaire du gouverneur de Madère auprès de la junte libérale.

  2. Juge et secrétaire de la junte révolutionnaire de Porto que Fonseca tenta de contacter.

  3. Conseillère dans l’article du Elucidário consacré à laquelle l’exécution de Fonseca était déjà mentionnée.

  4. Gouverneur et capitaine général de Madère qui envoya Fonseca auprès de la junte libérale de Porto ; la correspondance échangée avec lui et trouvée sur Fonseca scella le sort de ce dernier.

  5. Prétendant absolutiste dont le gouvernement fit exécuter Fonseca.

  6. Mère du personnage dont traite l’article.

Sur la feuille F

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