Aller au contenu
Elucidário Madeirense Accueil
Escargots 1Définition, étude et endémisme
Article nº 0788 Mollusque Vol. I · p. 472–474 4 min de lecture

Escargots

Titre original: Caracóis

Article général sur les escargots terrestres et d’eau douce (mollusques pulmonés) de l’archipel de Madère, soulignant leur remarquable endémisme d’île en île et l’abondance de leurs dépôts subfossiles. Il retient le décompte de Wollaston : 176 espèces, dont 131 terrestres et endémiques.

Escargots

1Définition, étude et endémisme

On désigne généralement sous ce nom les mollusques terrestres de la famille des Helicidae, voire d’autres, y compris ceux d’eau douce, dont la coquille ressemble à celle des espèces de cette famille.

L’histoire naturelle des pulmonés madériens a été minutieusement étudiée par plusieurs malacologistes, tels Richard Thomas Lowe, le baron de Castelo de Paiva et d’autres, mais on ne trouve pas deux auteurs qui s’accordent sur le nombre d’espèces signalées. Si l’un veut que certaines formes aient rang d’espèce, un autre affirme qu’elles ne sont que de simples variétés, et il arrive que la conception inverse s’établisse à propos d’autres formes.

Si l’on accepte l’opinion de T. V. Wollaston, le dernier des auteurs à avoir traité le sujet de manière approfondie, il existe 176 espèces, dont 131, à ne considérer que les terrestres, sont propres à ces îles.

Notre archipel est donc un foyer créateur de nombreuses espèces de pulmonés. Ce qui rend cette partie de la faune plus remarquable encore, c’est que, sur ces 131 espèces, 61 sont propres à Madère, 44 à Porto Santo (« port saint ») et 10 aux îles Desertas (« îles désertes »), et que 16 seulement sont communes à toutes les îles. Encore ce calcul considère-t-il les Desertas comme un tout : si on les envisage telles qu’elles sont réellement, c’est-à-dire comme trois îles, il apparaît que 5 espèces seulement peuvent être regardées comme appartenant à toutes les îles de l’archipel. On voit donc que chaque île a donné naissance, à son tour, à des formes qui lui sont propres, et que la répartition s’est faite sur des aires si restreintes que même de petits îlots, rochers isolés dans la mer, ont vu naître entre leurs pierres des formes qu’on n’a jamais pu trouver hors d’un habitat aussi limité.

2Genres, habitats et fossiles

C’est ainsi que les îlots de Cal, de Fora et da Fonte, à Porto Santo, possèdent des formes d’Helix et de Pupa qui leur sont propres. Ailleurs, l’habitat se limite aux crêtes de montagnes voisines ou au versant d’un ravin, ce qui se produit aussi bien à Porto Santo qu’à Madère. C’est le genre Helix qui compte le plus grand nombre de représentants ; viennent ensuite Pupa, Lovea, Patula et

Clausilia, avec un nombre d’espèces de plus en plus faible, sans compter d’autres genres de moindre importance. Les limaces se répartissent en 10 espèces, et le genre operculé Craspedopoma compte 4 espèces, dont l’une, C. trochoideum, n’a été trouvée que dans certaines vallées du nord de Madère. Parmi les espèces d’eau douce figurent les genres Limnaea, Physa, Planorbis et Ancylus, dont les représentants, tous européens, sont communs dans les levadas (canal d’irrigation), les torrents et les bassins, où apparaît aussi un operculé de l’ordre des prosobranches, Hydrobia similis. Sur les rochers du littoral, baignés par la marée, on a récolté des espèces endémiques des genres Melampus et Auricula, ainsi que d’autres, africaines ou européennes, des genres Pedipes, Truncatella et Assiminea.

Bon nombre des pulmonés madériens ont été observés à l’état subfossile, en quantités prodigieuses, prenant parfois l’aspect de conglomérats tant leur agrégation est dense. Les gisements de ces fossiles sont soit de sable calcaire, parfois compact au point de ressembler à un grès, soit d’argile mêlée de cailloux anguleux ; il s’agit alors de roches clastiques ou de terrains de transport, formés presque toujours sur le flanc de certaines montagnes. Ces gisements se trouvent à Madère, à l’est de Caniçal (« roselière ») ; au sommet du Bugio (« singe »), l’une des îles Desertas ; et à Porto Santo, en divers lieux, tels que l’Ilhéu de Baixo (« îlot d’en bas »), l’Ilhote (« îlot »), Vigia da Ponta (« vigie de la Pointe »), Campo de Baixo (« champ d’en bas »), Ribeiro da Vigia (« ruisseau de la Vigie »), Penedo (« rocher »), Mornos et Zimbral da Areia (« genévraie du sable »).

Des 176 espèces de pulmonés – nombre établi selon le critère de Wollaston, comme on l’a déjà dit –, 82 ont été trouvées à l’état fossile, et parmi ces dernières 12 seulement n’ont pas été observées vivantes, si bien qu’on peut les considérer comme éteintes. L’Helix Lowei, propre à Porto Santo, le plus grand de tous les escargots de l’archipel, qui mesure 5 centimètres de diamètre et davantage, fut longtemps tenue pour éteinte. Pourtant, le botaniste J. M. Moniz parvint à en découvrir un individu vivant sur les rochers de l’Ilhéu de Cima (« îlot d’en haut »), et le naturaliste anglais, le docteur Alfred Merle Norman, obtint d’un marchand de coquillages de Francfort un spécimen récent et bien conservé, qui, par des voies inconnues, était évidemment sorti de ces îles pour aboutir dans la boutique du négociant allemand.

Dans cet article

Lieu

Lieux cités · 18

Étranger

Carte: Arquipélago da Madeira (16)
  1. Bugio

    Santa Cruz · Desertas. Son sommet abrite des dépôts d’escargots subfossiles.

  2. Campo de Baixo

    Porto Santo. Site de dépôts d’escargots fossiles.

  3. Caniçal

    Machico. Des dépôts d’escargots subfossiles se trouvent à l’est de ce lieu.

  4. Francfort

    Germany. Ville où un marchand de coquillages vendit un spécimen récent d’Helix Lowei.

  5. Îles Desertas

    Santa Cruz · Desertas. Les îles Desertas comptent 10 espèces d’escargots endémiques.

  6. Ilhéu da Cal

    Porto Santo. Îlot possédant ses propres formes d’escargots endémiques.

  7. Ilhéu da Fonte

    Porto Santo. Îlot possédant ses propres formes d’escargots endémiques.

  8. Ilhéu de Baixo

    Porto Santo. Site de dépôts d’escargots fossiles.

  9. Ilhéu de Cima

    Porto Santo. Lieu où fut découvert un Helix Lowei vivant.

  10. Ilhéu de Fora

    Porto Santo. Îlot possédant ses propres formes d’escargots endémiques.

  11. Ilhote

    Porto Santo. Site de gisements d’escargots fossiles.

  12. Mornos

    Porto Santo. Site de gisements d’escargots fossiles.

+ 5 de plus

Personnes

Personnes citées · 05
  1. Naturaliste anglais qui obtint une coquille récente d’Helix Lowei auprès d’un marchand de coquillages de Francfort.

  2. Malacologiste cité parmi les chercheurs ayant étudié les escargots terrestres de Madère.

  3. Botaniste qui découvrit un Helix Lowei vivant sur l’Ilhéu de Cima, à Porto Santo.

  4. Naturaliste cité parmi les chercheurs ayant étudié les mollusques pulmonés de Madère.

  5. Dernier auteur à avoir étudié en profondeur les escargots de Madère, dont l’article retient le décompte de 176 espèces.

Sur la feuille C

Consultés récemment

    Les pages que vous lisez apparaîtront ici.