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Herbiers 1Herbiers madériens à l’étranger
Article nº 1773 Recherche et disciplines scientifiques Vol. II · p. 231–233 4 min de lecture

Herbiers

Titre original: Herbários

Panorama des herbiers et des collections botaniques de plantes de Madère conservés dans des institutions européennes et au musée du séminaire de Funchal, avec la liste de leurs collecteurs du XVIIIe siècle à 1921. La notice souligne que Madère ne possédait toujours pas de musée régional d’histoire naturelle.

Herbiers

1Herbiers madériens à l’étranger

Les herbiers madériens ne sont pas rares en Europe, en raison du grand nombre d’explorations botaniques menées ici aux XVIIIe et XIXe siècles, principalement par des naturalistes étrangers. Le British Museum et le jardin de Kew conservent les collections de Richard Thomas Lowe. Le premier de ces établissements possède en outre les herbiers de Joseph Banks, du docteur Daniel Solander, de Francis Masson et de Downe ; le second, le précieux herbier de notre regretté compatriote João Maria Moniz et une partie de celui du docteur Carlos Lemann. L’université de Cambridge détient de nombreux spécimens récoltés à Madère par ce dernier naturaliste, et le jardin de Kew, déjà mentionné, abrite beaucoup de spécimens des collections du botaniste français Gilbert Mandon, qui parcourut l’archipel en 1865 et 1866.

Il est à supposer que l’herbier madérien qui appartint au docteur Oswald Heer se trouve au Jardin botanique de Zurich, puisque bon nombre de ses collections botaniques y furent déposées, et que l’herbier de Forster est à l’université de Kiel ou au Muséum d’histoire naturelle de Paris, où furent envoyées, selon Alphonse De Candolle, les collections botaniques rassemblées lors du deuxième voyage de James Cook autour du monde.

Les herbiers de Franqueville et de Cosson, en France, ceux de Boissier, de Candolle et de Delessert, en Suisse, ainsi que celui du Musée palatin de Vienne, renferment de nombreux spécimens de plantes madériennes récoltés par Mandon, et le Musée botanique de Florence conserve une grande partie des collections que le botaniste anglais Webb constitua dans cette île en 1828. Les herbiers de M. Gandoger et d’O. Debeaux, en France, possèdent de riches collections provenant de cette île, offertes par l’un des auteurs du présent Elucidário. Dans les universités de Coimbra, de Lisbonne et de Porto, on peut voir de nombreuses plantes séchées de notre région, envoyées par le même collecteur, qui adressa également des collections complètes des Renonculacées, Onagracées et Cypéracées madériennes à l’ancienne Académie internationale de géographie botanique du Mans, ainsi que des collections des fougères indigènes à cette même Académie et au prince Bonaparte, éminent ptéridologue français.

Nous ignorons ce que devinrent les collections de Holl, Lippold, Schacht et du capitaine Norman ; quant à celles de Bornmüller, Trelease et du docteur Vahl, tout porte à croire qu’elles sont restées entre les mains de ceux qui les constituèrent. Une grande partie des plantes récoltées à Madère par Nathaniel Mason se trouve au Musée palatin déjà cité, tandis que les collections de l’éminent botaniste portugais le baron de Castelo de Paiva furent offertes par lui à l’Académie des sciences de Lisbonne, d’où elles passèrent à la Faculté des sciences de la même ville.

2Collections à Funchal et cryptogames

James Yate Johnson constitua un petit herbier de plantes madériennes, aujourd’hui déposé au musée du séminaire de Funchal (Museu do Seminário do Funchal). Bien qu’assez incomplète, cette collection est remarquable parce qu’elle renferme la plupart des espèces rares de l’île. La dernière fois que nous l’avons vue (1921), elle était en bon état de conservation, grâce au soin que l’on prenait de la soumettre de temps à autre aux vapeurs de sulfure de carbone.

Grâce aux herborisations du jeune botaniste madérien José Gonçalves da Costa, étudiant en 3e année de théologie au séminaire épiscopal de Funchal, l’herbier de ce séminaire est aujourd’hui (1921) l’un des plus riches que l’on connaisse en plantes de l’archipel de Madère. M. Costa a herborisé surtout à Funchal, à Porto Moniz (« port de Moniz »), aux Achadas da Cruz (« replats de la Croix »), à Ribeira da Janela (« torrent de la Fenêtre ») et à Porto Santo (« port saint »), et ses récoltes ont fourni des éléments de grande valeur, parmi lesquels quelques espèces et variétés nouvelles.

Nous avons parlé jusqu’ici des collections de phanérogames et de cryptogames vasculaires. Quant aux collections de cryptogames cellulaires, les plus précieuses constituées à ce jour sont, selon nous, celles de Kny, Johnson, Mandon, Winter, Miss Armitage, Castelo de Paiva, Bornmuller et du père J. Barreto : les cinq premières de muscinées, les autres de lichens madériens. Le révérend père Jaime Barreto fit il y a quelques années d’abondantes récoltes de champignons madériens, et le docteur Liebetruth, le capitaine Albertis, le révérend E. Schmitz et le docteur Gain réunirent les algues marines de l’archipel. Le docteur Lindman récolta les algues d’eau douce de Madère, et l’un des auteurs de cet Elucidário en fit autant ; ses spécimens furent en grande partie déterminés par les révérends Zimmermann, botaniste suisse, et Schodduyn, botaniste français.

Outre l’herbier de Johnson dont nous avons déjà parlé, le musée du séminaire de Funchal possède l’excellente collection de muscinées qui appartint à ce même botaniste, les collections de lichens et de champignons du révérend père Jaime Barreto et celles d’algues marines du révérend père Ernesto Schmitz. On y trouve aussi un cahier de lichens récoltés il y a bien des années dans cette île par le regretté naturaliste madérien João Maria Moniz, ainsi que d’autres matériaux de moindre valeur.

Les collections botaniques du séminaire sont les seules qui puissent guider le naturaliste étranger visitant Madère dans l’étude de la flore indigène, car ni le gouvernement ni les corps administratifs n’ont encore songé à créer un musée régional destiné à recevoir les productions des trois règnes, très variées et intéressantes en bien des endroits de l’archipel. Voir Cabinet d’histoire naturelle et Musées.

Dans cet article

Époque

Années citées · 03
  1. Philip Barker Webb passa plusieurs mois à Madère à étudier sa flore et à constituer des collections botaniques.

  2. Le botaniste français Gilbert Mandon explora Madère et Porto Santo pour y collecter des plantes.

  3. L’herbier de James Yate Johnson était signalé en bon état au musée du séminaire de Funchal.

Lieu

Lieux cités · 06

Étranger

Carte: Arquipélago da Madeira (6)
  1. Achadas da Cruz

    Porto Moniz. Zone où Costa effectua des collectes.

  2. Kew

    United Kingdom. Conserve les collections de Lowe et de Moniz.

  3. Musée du séminaire de Funchal

    Funchal. Conserve les principales collections botaniques de l’île.

  4. Porto Moniz

    Zone où José Gonçalves da Costa effectua des collectes.

  5. Porto Santo

    Zone où Costa effectua des collectes.

  6. Ribeira da Janela

    Porto Moniz. Zone où Costa effectua des collectes.

Personnes

Personnes citées · 21
  1. Botaniste cité à propos du sort des collections rapportées du deuxième voyage de James Cook.

  2. Botaniste portugais qui fit don de ses collections à l’Académie des sciences de Lisbonne.

  3. Ptéridologue français qui reçut des collections de fougères de Madère.

  4. Naturaliste dont les spécimens de Madère se trouvent à Kew et à l’université de Cambridge.

  5. Naturaliste dont l’herbier de Madère se trouve au British Museum.

  6. Collectionneur dont l’herbier de Madère se trouve au British Museum.

  7. Ernst Schmitz1845–1922

    Prêtre qui recueillit des algues marines, conservées au musée du séminaire.

  8. Naturaliste du deuxième voyage de James Cook, dont l’herbier pourrait se trouver à Kiel ou à Paris.

  9. Collecteur de plantes dont l’herbier de Madère se trouve au British Museum.

  10. Botaniste français qui explora l’archipel en 1865–66 ; ses spécimens sont répartis entre de nombreux herbiers européens.

+ 11 de plus
  1. Navigateur dont le deuxième voyage autour du monde permit à Forster de constituer ses collections.

  2. Botaniste dont le petit herbier d’espèces rares et la collection de mousses se trouvent au musée du séminaire de Funchal.

  3. Naturaliste madérien décédé, dont le précieux herbier se trouve à Kew et le carnet consacré aux lichens au musée du séminaire de Funchal.

  4. Jeune botaniste et séminariste madérien dont les collectes firent de l’herbier du séminaire l’un des plus riches en 1921.

  5. Naturaliste dont l’herbier de Madère se trouve au British Museum.

  6. Recueillit des algues d’eau douce de Madère.

  7. Collectionneur dont les plantes de Madère se trouvent en grande partie au Musée palatin de Vienne.

  8. Naturaliste dont l’herbier de Madère se trouverait au jardin botanique de Zurich.

  9. Prêtre qui recueillit des lichens et des champignons de Madère, aujourd’hui conservés au musée du séminaire.

  10. Botaniste dont les collections de Madère sont conservées au British Museum et à Kew.

  11. Botaniste anglais dont les collections constituées à Madère en 1828 se trouvent au musée botanique de Florence.

Sur la feuille H

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