Sériciculture 1Les premières tentatives et les essais de Canavial
Sériciculture
Titre original: Sericicultura
Présentation des tentatives d’élevage des vers à soie et de production de soie à Madère, depuis un contrat conclu par Gaspar de Teive en 1571 jusqu’aux essais menés par le comte de Canavial de 1874 à 1881. L’article reproduit un texte de presse de 1921 soutenant que le climat de Madère se prête à cette activité.
1Les premières tentatives et les essais de Canavial
On tenta jadis, à plusieurs reprises, d’introduire l’élevage du ver à soie à Madère : le docteur Gaspar de Teive alla même jusqu’à conclure en 1571 un contrat avec un fabricant de soie pour produire cet article dans l’île. Les jésuites donnèrent une certaine impulsion à la sériciculture, mais nous ignorons si l’on parvint à fabriquer à Madère le moindre tissu de soie.
En 1877, le défunt comte do Canavial installa sur la Praça da Rainha (« place de la Reine ») plusieurs établissements destinés à l’élevage du ver à soie et y fit de grandes plantations de mûriers blancs, sans toutefois tirer le moindre résultat de ces travaux. Les plantations de mûriers furent presque toutes détruites par les grandes tempêtes du début de l’année 1881.
Sur ce sujet, l’excellent article publié dans le Diário da Madeira du 13 octobre 1921, que nous tenons à conserver dans les colonnes de cet Elucidário, présente un intérêt particulier et peut rendre quelque service appréciable.
Parmi ces initiatives, nées de son âme et conçues par son intelligence (le comte do Canavial), figure l’adaptation à Madère de la « sériculture » ou, peut-être plus rigoureusement, de la sériciculture, c’est-à-dire l’ensemble des opérations et procédés relatifs à la production de la soie, qui englobe par conséquent aussi bien l’élevage des insectes producteurs que l’art de fabriquer la soie. Dans des prospectus d’édition populaire, répandus dans toute l’île, on instruisit alors le peuple madérien sur la manière de fabriquer la soie ; ces instructions, rédigées avec toute la clarté et le détail voulus, allaient du mode d’élevage du ver à soie jusqu’à la description minutieuse de toutes ses métamorphoses et des soins à lui donner aux différents âges qu’il traverse. On sollicita l’aide des autorités civiles et ecclésiastiques, on demanda le concours des conseils municipaux pour procéder à une grande plantation des arbres dont se nourrit l’insecte producteur, et l’on alla même jusqu’à faire quelques essais. Mais il est certain que cette initiative, faute de ressources ou faute de persévérance, ne parvint pas à se concrétiser.
2Plaidoyer pour une industrie de la soie à Madère
Et pourtant, nous restons convaincus que l’idée de développer l’industrie de la soie à Madère n’est ni un enfantillage, ni une idée téméraire, ni encore moins un rêve incapable de se traduire en un fait dans le domaine des réalités pratiques.
En effet, l’industrie de la soie se développe aujourd’hui dans bien des pays qui sont loin de posséder les conditions naturelles qui distinguent Madère. Pour cette raison, ils suppléent à l’absence de ces conditions par des procédés qui rendent la production de soie coûteuse et inférieure à celle que nous pourrions obtenir dans cette île.
Dans ces pays où l’industrie de la soie est la plus florissante, on ne fait en général qu’une seule récolte par an, en raison du faible développement qu’y atteignent les arbres dont se nourrissent les insectes. En outre, ceux-ci doivent être élevés à la chaleur d’étuves et de poêles, afin de résister aux conséquences presque toujours funestes des grandes variations atmosphériques.
Or Madère, grâce à la douceur exceptionnelle de son climat, se trouve dans des conditions bien plus favorables à cette industrie que ces pays. Les mûriers s’y développant plus rapidement, on pourrait aisément faire deux récoltes par an ; quant aux insectes, ils pourraient être élevés naturellement, sans recourir à des moyens artificiels, toujours coûteux, pour soutenir leurs conditions de vie.
De plus, la culture des arbres particuliers qu’il faudrait encourager ne prendrait pas la place des autres cultures dont nous avons également besoin pour notre alimentation et pour l’équilibre de notre balance économique. On utiliserait en effet à cette fin, avec intelligence et prudence, les terrains où aucune autre culture ne serait possible ou n’offrirait davantage d’avantages.
Pour ces raisons, nous jugeons, aujourd’hui encore, que l’idée que nous esquissons ici mérite pleinement d’être analysée, étudiée et pesée, et nous évoquons à cette occasion la personnalité du comte de Canavial ainsi que quelques-uns des fruits de son esprit de chercheur et de son âme de patriote.
Et, puisque nous nous trouvons aujourd’hui, sur ce sujet, dans la même situation qu’il y a près de 50 ans, lorsque l’idée fut agitée dans cette île, disons avec le comte de Canavial en 1874 : – « Que reste-t-il donc à faire ? – Attirer vivement l’attention de ceux qui sont en mesure d’exploiter cette nouvelle branche d’industrie ; les instruire des moyens pratiques d’y parvenir, en leur montrant en outre, comme stimulant, l’exemple d’autres pays où, avec moins d’avantages naturels, on a tiré de cette même industrie les résultats les plus fructueux. »
Dans cet article
Époque
Années citées · 05-
Gaspar de Teive conclut un contrat avec un fabricant de soie pour produire de la soie à Madère.
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Le comte de Canavial appela publiquement à développer l’industrie de la soie à Madère.
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Le conseil municipal de Funchal concéda la Praça da Rainha au comte de Canavial pour y établir une pépinière de mûriers blancs et mener des essais d’élevage de vers à soie.
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De violentes tempêtes survenues au début de l’année détruisirent presque toutes les plantations de mûriers de Madère, ruinant la sériciculture.
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Le Diário da Madeira publia un article plaidant pour la création d’une industrie de la soie à Madère.
Lieu
Lieux cités · 02- Praça da Rainha
Funchal. Emplacement des élevages de vers à soie et des plantations de mûriers du comte de Canavial.
La Praça da Rainha était une place publique du front de mer de Funchal, aménagée en 1839 et nommée en l’honneur de la reine Marie II. Elle accueillit ensuite les installations d’élevage du ver à soie et les plantations de mûriers du comte de Canavial, ainsi que des pavillons. Elle fut rebaptisée Praça do Marquês de Pombal en 1910.
Personnes
Personnes citées · 02- Gaspar de Teivemort 1578
Conclut en 1571 un contrat avec un fabricant de soie pour produire de la soie à Madère.
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Promoteur madérien de la sériciculture qui installa des élevages de vers à soie et planta des mûriers à Funchal en 1877.