São Roque (eaux de) 1Introduction et analyse chimique
São Roque (eaux de)
Titre original: São Roque (Águas de)
Reproduit l’analyse chimique et bactériologique réalisée en 1896 par Charles Lepierre sur l’eau froide de la source São Roque, à Machico, réputée depuis longtemps pour ses vertus thérapeutiques. L’eau fut classée comme hypothermale, hyposaline et chlorurée sodique ; aucune bactérie coliforme n’y fut détectée.
Étranger
1Introduction et analyse chimique
Dans l’article Machico (Station sanitaire de), nous avons déjà évoqué les eaux des sources de São Roque du bourg (vila) de Machico, qui possèdent de remarquables vertus thérapeutiques, comme chacun le sait et comme l’affirment de nombreux et éminents médecins. Le résultat de l’analyse de ces eaux, à laquelle procéda l’illustre chimiste et analyste Charles Lapierre, étant aujourd’hui difficile à trouver, nous jugeons de quelque intérêt de le reproduire ici.
« Chargé par l’honorable conseil municipal (Câmara Municipal) de Machico d’examiner du point de vue chimique et bactériologique l’eau froide de la source de « São Roque », très réputée et employée comme agent thérapeutique, je présenterai le résultat de mes expériences, consigné dans le rapport suivant, qui se divise en trois parties :
- 1° analyse chimique
- 2° analyse bactériologique
- 3° conclusions générales.
1re ANALYSE CHIMIQUE – Les procédés que j’ai suivis sont les plus employés dans ce genre de travaux dans les laboratoires officiels portugais et étrangers. – A. Essais qualitatifs –
Ces essais ont montré que l’eau contenait : beaucoup de chlorures, une bonne quantité de sulfates, une bonne quantité de carbonates, une bonne quantité de chaux et de magnésie, beaucoup de sodium. B. – Essais quantitatifs (par litre). 1° – Résultats directs de l’analyse : résidu à 180° 0,5324 gramme ; oxygène dissous 6,3 cm³ ; acide carbonique combiné (des carbonates) 0,0320 g ; silice, oxyde de fer, alumine 0,0220 ; chaux (CaO) 0,0288 g ; magnésie (Mg.) 0,0397 ; sodium 0,1.460 ; acide sulfurique (SO3) 0,0222 ; chlore total 0,2.485. Nitrate de potassium 0,0030, soit azote nitrique 0,42 mg.
Matières organiques en solution acide et alcaline : nulles ; ammoniaque : nulle ; nitrites : nuls. 2° – Groupement des éléments (par litre) : silice, oxyde de fer, alumine 0,0025 ; nitrate de potassium 0,0030 ; sulfate de magnésium 0.0423 ; carbonate de calcium 0,0407 ; carbonate de magnésium 0,0269 ; chlorure de magnésium 0,0305 ; chlorure de sodium 0,3717 ; somme des éléments 0,5377. Résidu : 0,5324.
La comparaison entre la somme des éléments dosés et le résidu obtenu directement par évaporation confirme l’exactitude de l’analyse.
2Analyse bactériologique
II. ANALYSE BACTÉRIOLOGIQUE – Le jour même de l’arrivée des eaux à Coimbra, je procédai aux ensemencements nécessaires dans les divers milieux nutritifs afin de rechercher :
- 1° la quantité de bactéries présentes dans un centimètre cube d’eau
- 2° la présence de bactéries du groupe du colibacille, auquel on attache aujourd’hui une grande importance.
1° QUANTITÉ DE GERMES – Je n’ai pas décrit les méthodes suivies, l’ayant déjà fait dans le rapport sur les eaux de Funchal que j’ai adressé à l’honorable conseil municipal (Câmara Municipal) de cette ville, et qui a été imprimé dans la Coimbra Medica et dans des journaux madériens.
Je répète toutefois qu’il ne faut pas attacher une grande importance à la valeur absolue des chiffres obtenus, car le nombre de germes augmente beaucoup dès que l’eau est soumise à des variations de milieu, de température, etc. Par la méthode des plaques de gélatine examinées 8 et 13 jours après l’ensemencement, j’ai trouvé, par centimètre cube : en 8 jours, 2700 bactéries ; en 13 jours, 3060. Moisissures : en 8 jours, 150 ; en 13 jours, 160. Selon les classifications de Miquel, l’eau entre dans le groupe de l’« eau passable ».
Les espèces développées étaient toutes des saprophytes communs ; aucune de celles que l’on considère aujourd’hui comme pathogènes n’est apparue.
- 2° RECHERCHE DES ESPÈCES COLIFORMES – Soumise simultanément à la méthode d’Elsner et à celle de Péré (voir le rapport de Funchal), l’eau n’a présenté aucune espèce coliforme sur les nombreuses plaques ensemencées.
Il faut attacher plus d’importance à ce résultat qu’au précédent, fondé sur le nombre de germes.
Dans les premiers jours apparurent deux colonies suspectes par leur aspect microscopique : elles faisaient fermenter les sucres, mais ne produisaient pas d’indol. Au bout de six jours, elles liquéfiaient la gélatine ; il ne s’agissait donc pas de bactéries du groupe du bacille coli.
L’absence de ces espèces concorde avec l’analyse chimique et démontre les bonnes conditions de captage et de canalisation de l’eau de la source de « São Roque » : il n’existe entre celle-ci et les terrains voisins aucune communication susceptible de provoquer des contaminations qui altéreraient la pureté de l’eau de la source.
3Conclusions
III – Conclusion. L’eau minéro-médicinale de la source de « São Roque » appartient à la classe des eaux hypothermales hyposalines, chlorurées sodiques.
Par sa composition chimique, elle s’apparente, sur le continent, aux eaux d’Amieira, analysées par M. Santos e Silva, ainsi qu’aux eaux de Bicanho et des « Geiras » (près d’« Amieira ») de Fonte Nova (près de Torres Vedras), elles aussi minéro-médicinales et que j’ai analysées.
Mes analyses comme celles d’« Amieira » ont été publiées dans la Coimbra Medica.
Par analogie avec ces eaux, dont les effets thérapeutiques sont déjà connus, il est naturel que l’eau de la source de « São Roque » convienne aux cas pathologiques où les premières donnent des résultats positifs, par exemple la scrofule, les affections cutanées, les troubles gastriques, etc.
Il ne m’appartient cependant pas de m’étendre sur ce point : ce n’est pas le rôle du chimiste, mais celui du clinicien, qui, au vu de la composition de l’eau et des résultats obtenus, pourra formuler un avis scientifiquement fondé.
Je puis ajouter que l’analyse bactériologique indique que l’eau paraît se présenter dans de bonnes conditions de captage. Coimbra, le 4 juillet 1896.
Charles Lepierre
Professeur de chimie à l’École industrielle de Coimbra et préparateur au Cabinet de microbiologie de l’Université, membre correspondant de l’Académie royale des sciences de Lisbonne (Academia Real das Sciencias de Lisboa), officier de l’ordre de Saint-Jacques, etc. »
Dans cet article
Époque
Années citées · 01Lieu
Lieux cités · 07- Águas de São Roque · Sujet
Santana · Machico
Les Águas de São Roque sont une source d’eau froide à Machico, réputée depuis longtemps pour ses vertus thérapeutiques. L’analyse réalisée en 1896 par Charles Lepierre classa l’eau comme hypothermale, hyposaline et chlorurée sodique, et n’y détecta aucune bactérie coliforme.
- Amieira
Portugal. Station thermale du Portugal continental dont Lepierre jugea l’eau comparable à celle de São Roque.
Station thermale du Portugal continental dont Lepierre jugea l’eau comparable à celle de São Roque.
- Coimbra
Portugal. Ville où l’analyse fut réalisée et où le rapport fut signé.
Ville universitaire du Portugal continental où de nombreux Madériens étudièrent le droit ou la médecine, et où le père Luís Gonçalves da Câmara enseigna et dirigea le collège des jésuites. Elle accueillit le championnat universitaire de tennis de table de 1921 ; ses données relatives à la dormance et aux précipitations sont comparées à celles de Funchal.
- Fonte de São Roque
Machico. Source médicinale dont l’eau fut analysée.
Fonte de São Roque est une source médicinale réputée située au pied de la chapelle de São Roque, à Machico. Son eau fut analysée.
- Funchal
Lepierre avait auparavant analysé les eaux de Funchal pour son conseil municipal.
Capitale de l’archipel et siège de la principale capitainerie, où commença le peuplement ; elle devint un bourg vers 1451–52. Sa baie, la plus large de l’archipel, s’étend entre Ponta do Garajau et Ponta da Cruz et offre un mouillage abrité, bien que son port n’eût jamais fait l’objet d’une étude océanographique. L’Elucidário présente Funchal comme une station climatique, avec des données sur son climat, et relate les troubles de janvier 1906, la visite du prince danois en mai 1846 et la présence de cônes volcaniques récents dans la région.
- Machico
Localité où se trouvent les sources de São Roque.
La paroisse de Machico fut le lieu où débarquèrent les découvreurs Zargo et Tristão Vaz Teixeira et le siège de la capitainerie de Machico ; elle fut fondée vers 1450. L’Elucidário traite de son clergé et de ses rémunérations, de ses chapelles, des événements historiques, des sources minérales, des lieux-dits, de la population et de ses habitants illustres.
- Torres Vedras
Portugal. La source Fonte Nova, près de Torres Vedras, fournissait une autre eau comparable du Portugal continental.
Torres Vedras est une ville du Portugal continental. La révolte de février 1844 y éclata, et Luís da Silva Mousinho de Albuquerque y reçut une blessure mortelle lors d’un affrontement. La source voisine de Fonte Nova était citée parmi les eaux du continent comparables à celle de São Roque.
Personnes
Personnes citées · 03-
Professeur de chimie à l’Escola Industrial de Coimbra, qui analysa l’eau de la source São Roque pour le conseil municipal de Machico en 1896.
-
Auteur de la classification de la qualité des eaux utilisée par Lepierre, selon laquelle l’eau de São Roque était une « eau tolérable ».
-
Chimiste qui analysa les eaux d’Amieira, que Lepierre compara à l’eau de São Roque.