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Ferreira de Freitas (Joaquim José) 1Origines et vie aventureuse
Article nº 1434 Écrivain, journaliste ou universitaire Vol. II · p. 42–43 3 min de lecture

Ferreira de Freitas (Joaquim José)

Biographie de Joaquim José Ferreira de Freitas, aventurier, journaliste et pamphlétaire né à Madère, surnommé « Padre Amaro » d’après le périodique qu’il publia à Londres en faveur du libéralisme portugais. Il mourut à Londres en 1831.

Ferreira de Freitas (Joaquim José)

1Origines et vie aventureuse

Tous les biographes de Joaquim José Ferreira de Freitas le disent né à Madère, mais toutes les démarches entreprises par le défunt conseiller (conselheiro, titre honorifique du conseil royal) Freitas e Abreu et par l’auteur de ces lignes pour retrouver la paroisse (freguesia) dont il était originaire, ou toute autre circonstance personnelle qui pût intéresser sa biographie, sont toujours restées infructueuses. Nous supposons qu’il quitta cette île dans sa prime jeunesse, peut-être pour se livrer à des études qu’il n’aurait pu faire à Funchal, dans ce milieu et à cette époque. Nous soupçonnons aussi qu’il ne revint plus jamais sur sa terre natale, ce qui s’explique aisément par la vie mouvementée qu’il mena à travers l’Europe.

Dans l’histoire des troubles politiques que traversa notre pays durant la période agitée de 1820 à 1834, Ferreira de Freitas demeura connu sous le nom de Padre Amaro, bien qu’il ne fût pas prêtre, pour avoir publié à Londres un périodique portant cette étrange dénomination. Ce journal jouit d’une réputation européenne, et c’est surtout là qu’il affirma ses grands talents d’écrivain.

Esprit inquiet et aventureux, nous le voyons parcourir l’Europe entière : tantôt combattant dans les armées de Napoléon, tantôt devenu le confident de Joseph Bonaparte ; ici commerçant et industriel, là fournisseur de vivres pour les troupes ; aujourd’hui directeur d’un cabinet de lecture à Paris, et demain l’éminent et vigoureux journaliste et pamphlétaire qui rendit à Londres des services si signalés à la cause de la liberté portugaise.

Tous reconnaissent que Ferreira de Freitas aurait laissé un grand nom dans l’histoire littéraire de notre pays si sa vie s’était écoulée sereine et tranquille, dans la paix d’un cabinet, vouée à la méditation et à l’étude. Il connut une existence extrêmement tourmentée, faite de luttes et de passions, de haines et de désespoirs, avec des coups de fortune, mais traversant aussi les épreuves douloureuses de la misère. Y contribuèrent beaucoup les incohérences et les contradictions flagrantes de son esprit, qui, malheureusement, ne se laissa pas toujours guider par les règles de la plus austère probité ni par les principes les plus impartiaux de la Justice.

2Écrits et mort

Entre-temps, outre son œuvre journalistique vaste et brillante, il écrivit quelques volumes qui sont des témoignages incontestables de son prodigieux talent et de ses rares qualités d’écrivain. En 1822, il publia à Londres la Memória sobre a conspiração de Gomes Freire, où il s’efforce de dégager le maréchal Beresford de la responsabilité qu’on lui impute dans la mort du général portugais ; on dit que Ferreira de Freitas reçut pour ce travail la somme de 300 livres, considérable pour l’époque. Il publia peu après le Coup d'oeil sur l'état politique du Brésil. Contredit par l’éminent écrivain français Afonso de Bauchamp dans l’ouvrage intitulé Historia do Brasil, Ferreira de Freitas répondit avec tant de brio et une telle abondance d’arguments qu’il s’attira les éloges de son contradicteur lui-même. Il entreprit la publication d’un ouvrage de plus grande envergure, intitulé Bibliotheca Histórica, Política e Diplomatica da Nação Portuguesa, dont seul parut le premier volume, à Londres, en 1830. S’en prenant à l’éminent jurisconsulte Ferreira Borges, il écrivit l’opuscule O Bota-Fora do catavento ou a cabeça de bacalhau fresco, attribué à Garrett, et dont les compositions en prose et en vers n’auraient pas fait honte à l’auteur de Fr. Luiz de Sousa. Il rédigea divers écrits en portugais, en français et en anglais, destinés principalement à favoriser l’indépendance du Brésil, puis l’établissement du gouvernement constitutionnel au Portugal.

Presque jusqu’à sa mort, il travailla avec acharnement comme journaliste et pamphlétaire. Il mourut à Londres, âgé d’un peu plus de 50 ans, le 20 juillet 1831. Les frais de ses funérailles furent pris en charge par le riche Madérien, son compatriote et ami, le 1er comte de Carvalhal, qui se trouvait alors exilé dans cette capitale.

Dans cet article

Époque

Années citées · 04
  1. Joaquim José Ferreira de Freitas, surnommé « Padre Amaro », publia le périodique Padre Amaro à Londres pendant les années de bouleversements politiques au Portugal.

  2. Joaquim José Ferreira de Freitas publia à Londres un mémoire sur la conspiration de Gomes Freire.

  3. Le premier volume de la Bibliotheca Histórica, Política e Diplomatica de Joaquim José Ferreira de Freitas parut à Londres.

  4. Joaquim José Ferreira de Freitas mourut à Londres.

Lieu

Lieux cités · 04

Étranger

Carte: Madeira (3)
  1. Funchal

    Ville où les études qu’il souhaitait suivre n’étaient pas proposées à l’époque.

  2. Londres

    United Kingdom. Ville où il publia son périodique et ses œuvres, et où il mourut.

  3. Paris

    France. Ville où il dirigea un cabinet de lecture.

Personnes

Personnes citées · 10
  1. Journaliste et pamphlétaire né à Madère, surnommé Padre Amaro, qui défendit le libéralisme portugais depuis Londres.

  2. Riche Madérien exilé à Londres qui paya les funérailles de Ferreira de Freitas.

  3. Écrivain français qui contredit Ferreira de Freitas au sujet du Brésil avant de saluer sa réponse.

  4. Maréchal britannique que Ferreira de Freitas chercha à dégager de toute responsabilité dans la mort de Gomes Freire.

  5. Conseiller aujourd’hui décédé qui rechercha sans succès le lieu de naissance de Ferreira de Freitas.

  6. Juriste pris pour cible dans le pamphlet O Bota-Fora do catavento.

  7. Auteur de Frei Luís de Sousa, à qui le pamphlet fut attribué à tort.

  8. Général portugais dont la conspiration et la mort font l’objet d’un mémoire publié en 1822 par Ferreira de Freitas.

  9. Frère de Napoléon, dont Ferreira de Freitas devint le confident.

  10. Empereur français dans les armées duquel combattit Ferreira de Freitas.

Sur la feuille F

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