Aller au contenu
Elucidário Madeirense Accueil
Article nº 3123 Transports, communications et travaux publics Vol. III · p. 312–313 2 min de lecture

Hamacs

Titre original: Redes

Décrit la rede, une litière semblable à un hamac, suspendue à une perche et portée par deux hommes ou plus, utilisée à Madère pour transporter des personnes, notamment des malades et des visiteurs étrangers parcourant l’intérieur de l’île. L’article souligne la remarquable agilité des porteurs et le coût élevé de leurs services.

Hamacs

1La rede et sa forme

Nous avons déjà évoqué, dans l’article Palanquins, une sorte de civière (maca) utilisée à Madère pour le transport des personnes ; il nous faut ajouter ici qu’on la connaît sous le nom de hamac (rede, suspendu à une perche et porté par deux porteurs). Elle est faite d’un tissu très épais et résistant, fabriqué dans l’île, que l’on attache par ses extrémités à une perche ou pala, généralement de folhado (Clethra arborea, arbre indigène). Le hamac apparut peut-être dans l’île après le palanquin ; il continue néanmoins de servir au transport des personnes, bien qu’il soit moins employé aujourd’hui qu’à d’autres époques.

Le hamac de luxe est pourvu d’un auvent et de rideaux et, à l’intérieur, d’un coussin et d’une couverture, tandis que le hamac en usage dans les campagnes n’a pas d’auvent. Celui-ci est souvent remplacé par un morceau d’indienne jeté sur la perche, destiné à protéger la personne aussi bien des vents que des rayons du soleil. Lorsqu’il est porté par des hommes expérimentés, le hamac est un excellent moyen de transport pour les invalides.

2Les porteurs et leur travail

Chaque hamac a toujours deux porteurs, mais si la personne à transporter est lourde, il peut en falloir trois, voire quatre. La perche du hamac repose sur une épaule des hommes. Ceux-ci tiennent à la main un bâton qui sert souvent à passer en travers sur l’autre épaule, afin de mieux répartir le poids. Certains hommes font reposer la perche du hamac sur l’épaule nue et ne se servent du bâton que de temps à autre au cours des longues marches, pour éviter les effets d’un frottement prolongé sur cette partie du corps.

Les étrangers qui se servent du hamac pour leurs excursions dans l’intérieur de l’île admirent la prodigieuse aisance avec laquelle les porteurs montent ou descendent les pentes les plus raides, même aux heures les plus chaudes de la journée, pendant la saison chaude. Sur un chemin plat ou dans les descentes, il est très difficile de les suivre, tant ils marchent et sautent avec rapidité, sans qu’aucun obstacle ne les fasse ralentir.

Le hamac est un moyen commode de visiter l’île, mais aujourd’hui seules les personnes riches peuvent en user, tant est exorbitant le prix que les porteurs demandent pour leur travail. À leur salaire s’ajoute toujours ce que l’on dépense pour eux en vin et en eau-de-vie (aguardente, distillée de canne à sucre ou de vin). Ces hommes boivent en effet, pendant les marches, des quantités prodigieuses de ces liquides, sans paraître se ressentir notablement de tels excès. Ceux-ci se justifient d’ailleurs jusqu’à un certain point par le besoin qu’ils ont de trouver un stimulant pour le service pénible et ardu auquel ils se livrent fréquemment.

Dans cet article

Lieu

Lieux cités · 01
Sur la feuille R

Consultés récemment

    Les pages que vous lisez apparaîtront ici.