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Elucidário Madeirense Accueil
Article nº 2003 Visiteur étranger ou auteur ayant écrit sur Madère Vol. II · p. 414–416 5 min de lecture

Landi (comte Giulio de)

Titre original: Landi (Conde Giulio de)

Notice consacrée au comte Giulio Landi, auteur d’une description latine de Madère publiée avec une traduction italienne d’Alemanio Fino à Plaisance en 1574. L’Elucidário montre que le père Manuel Constantino la plagia presque mot pour mot dans son Insulae Materiae Historia. La notice raconte comment le livre antérieur fut retrouvé au British Museum et comment le docteur Jordão de Freitas établit le plagiat.

Landi (comte Giulio de)

1Le livre de Constantino et sa traduction

Lorsque, à la page 300 du 1er volume (2e éd.) de cet Elucidário, nous traitâmes du père Manuel Constantino, notre intention était de transcrire quelques passages de l’article que nous avions publié dans O Jornal du 29 juillet 1934, sous le titre « Pela História da Madeira – Notas Bibliográficas ». Nous y avions révélé le plagiat que ledit Manuel Constantino avait commis aux dépens du livre du comte Giulio de Landi, publié en traduction italienne par Alemanio Fino en 1574. Par simple inadvertance, ces passages ne furent pas transcrits ; nous le faisons ici, en complément de l’article consacré au père Manuel Constantino :

« Assurément, depuis Barbosa Machado jusqu’à l’époque contemporaine, on dut souvent souhaiter une connaissance plus complète de l’Insulae Materiae historia... C’était le seul ouvrage imprimé consacré exclusivement à cet archipel, et il n’existait pas d’autres travaux publiés, hormis les quelques pages que l’on trouvait chez certains chroniqueurs, comme Zurara, Barros, Galvão et Damião de Góis. Il semble que l’écrit de Constantino soit devenu très rare dès sa parution, peut-être parce qu’il avait été imprimé à Rome, et peut-être aussi en raison d’autres circonstances ignorées. Nous ne connaissons que deux références qui témoignent d’une connaissance exacte du livre : celle de l’annotateur de l’Historia Insulana en 1866, et celle du docteur Jordão de Freitas en 1911.

Il ne faut donc pas s’étonner que l’auteur de ce bref article ait conseillé l’achat, quoique à un prix élevé, d’un exemplaire rarissime apparu à Vienne, en Autriche, et qu’il en ait sans tarder fait entreprendre la traduction en langue portugaise. Il rédigea aussi l’Avertissement préliminaire et les abondantes notes qui accompagnèrent la publication de cette traduction, réalisée dans cette ville en 1930.

2Découverte de l’œuvre antérieure de Landi

Quelles ne furent pas, cependant, notre surprise et notre déception lorsque nous apprîmes, il y a deux ans, qu’il existait sur Madère un ouvrage imprimé antérieur à celui de Constantino, publié dans la ville de Plaisance en 1574 et dû au comte Giulio Landi ! Notre surprise tourna même à l’indignation quand nous sûmes que l’écrit du docteur Manuel Constantino n’était, à quelques légères modifications près, qu’une copie servile, un plagiat éhonté du travail de Landi !

C’est notre cher ami le docteur Jordão de Freitas, éminent spécialiste des sciences historiques, qui nous en fit part dans une lettre fort intéressante reçue à cette époque. Nous n’avons pu la publier intégralement, comme nous en avions l’intention, car elle s’est malheureusement égarée. Voici ce qui s’était passé : à propos de l’impression de l’Insulae Materiae Historia, l’érudit directeur de la bibliothèque d’Ajuda avait signalé à notre illustre ami M. Henrique Hinton l’existence de cet écrit antérieur à celui de Constantino, dont il ne connaissait que le titre, le nom de l’auteur et l’année de publication. M. Hinton fit faire à Londres, par une personne de confiance et dûment autorisée, des recherches dans la célèbre bibliothèque du British Museum. Il y découvrit ce livre rarissime, peut-être un exemplaire unique, dont il fit aussitôt tirer une copie photographique complète, qu’il offrit à la bibliothèque municipale de Funchal (Biblioteca Municipal do Funchal).

Le docteur Jordão de Freitas, en publiant en 1911 un intéressant opuscule intitulé Quando foi descoberta a Madegra?, avait examiné attentivement l’exemplaire de l’Insulae Materiae Historia conservé à la Bibliothèque nationale de Lisbonne (Biblioteca Nacional de Lisboa). Lorsqu’on lui communiqua, il y a environ deux ans, la copie photographique du travail du comte Giulio Landi, il reconnut sans peine que le premier écrit était un parfait plagiat du second. Grâce à la comparaison qu’il fit alors, il releva même les petites différences qui existent entre les deux ouvrages, comme il nous le fit savoir aussitôt dans la lettre mentionnée plus haut. Le titre de l’ouvrage en question, qui servit de texte à la copie littérale de l’Insulae Materiae Historia, est, ipsis verbis, le suivant : « La descrittione de l'Isola de la Madera, gia scritta ne la lingua latina, dal molto Ill. Signor conte Giulio Sandi, et hora tradotta dal latino ne la nostra materna lingua, dal reverendo A. Alemanio Fini, ne la quale i contengono molto belle, e deletteuoli narrationi; e massimamente l'agricoltura del Zucchero, e li costumi degli huomini di quel paese, e li nobili esercitii Cavalereschi; e particolarmente il giuoco di Canne, & il modo di lottare, e la Caccia de li Tori à piedi, & à Cavallo, V'é posta anco la Descrittione latina del primo autore di tutte le souradette cose, acciò possa il lettore leggere in quella lingua che sia piu di gusto suo. In Placenza, appresso Francesco Conti. 1574 » (« Description de l’île de Madère, jadis écrite en langue latine par le très illustre seigneur comte Giulio Sandi, et maintenant traduite du latin dans notre langue maternelle par le révérend A. Alemanio Fini, où l’on trouve de fort belles et plaisantes narrations, et surtout la culture du sucre, les mœurs des hommes de ce pays et les nobles exercices de chevalerie, en particulier le jeu de cannes, la manière de lutter et la chasse aux taureaux à pied et à cheval ; on y a joint aussi la description latine du premier auteur de toutes les choses susdites, afin que le lecteur puisse lire dans la langue qui lui plaît le plus. À Plaisance, chez Francesco Conti. 1574 »)

3Description du livre et conclusion

Comme le montre la teneur du titre transcrit ci-dessus, l’ouvrage fut rédigé à l’origine en latin par le comte Giulio Landi et traduit en italien par le père Almenio Fini. Il fut publié dans la ville de Plaisance en 1574 et réunit la rédaction primitive en langue latine et sa traduction en langue italienne. Le livre compte 95 pages numérotées, outre celle du frontispice. Les douze premières sont occupées par une dédicace d’Almenio Fini et une autre de Giulio Landi, écrites en italien et adressées à la princesse de Plaisance et de Parme. Vient ensuite le texte italien, qui s’étend de la page 13 à la page 54, puis le texte latin jusqu’à la page 95, la dernière du livre.

Comme nous le disons plus haut, nous avons éprouvé un grand étonnement, et aussi un vif déplaisir, à voir qu’un homme de la valeur morale, sociale et intellectuelle du docteur Manuel Constantino ait commis le plagiat que nous sommes contraints de lui attribuer au vu de la confrontation des ouvrages indiqués. Nous en sommes même venus à supposer que nous nous trouvions peut-être devant un problème bibliographique complexe, qui pourrait être suffisamment éclairci par l’apparition de nouveaux éléments de recherche et de critique, inconnus jusqu’à présent.

Dans cet article

Époque

Années citées · 05
  1. La description de Madère par Giulio Landi fut publiée en latin et en italien à Plaisance.

  2. Une deuxième édition de l’« Histoire insulaire » d’António Cordeiro parut avec des notes sur Madère ; son annotateur fit une référence exacte au livre de Constantino.

  3. Jordão de Freitas publia Quando foi descoberta a Madeira?, une étude du livre de Constantino.

  4. Une traduction portugaise d’Insulae Materiae Historia du père Manuel Constantino, financée par Henrique Hinton, fut publiée à Funchal.

  5. Les auteurs de l’Elucidário dénoncèrent le plagiat de Giulio Landi commis par le père Manuel Constantino dans un article publié dans O Jornal.

Lieu

Lieux cités · 06

Étranger

Carte: Madeira (6)
  1. Bibliothèque municipale de Funchal

    Funchal. Reçut la reproduction photographique du livre de Landi.

  2. Bibliothèque nationale de Lisbonne

    Portugal. Conserve l’exemplaire du livre de Constantino examiné par Jordão de Freitas.

  3. Londres

    United Kingdom. Ville où se trouve la bibliothèque du British Museum dans laquelle le livre de Landi fut retrouvé.

  4. Plaisance

    Italy. Ville italienne où le livre de Landi fut publié en 1574.

  5. Rome

    Italy. Ville où le livre de Constantino fut imprimé.

  6. Vienne

    Austria. Ville où un rare exemplaire du livre de Constantino fut trouvé et acheté.

Personnes

Personnes citées · 11
  1. Comte italien qui rédigea une description latine de Madère, publiée avec une traduction italienne à Plaisance en 1574, puis plagiée par Manuel Constantino.

  2. Ecclésiastique italien qui traduisit en italien la description latine de Madère par Landi et la publia en 1574.

  3. Chroniqueur portugais cité parmi les premiers auteurs ayant évoqué Madère.

  4. Chroniqueur portugais cité parmi les premiers auteurs ayant évoqué Madère.

  5. Bibliographe portugais cité comme étant à l’origine de l’intérêt porté au livre de Constantino.

  6. Imprimeur à Plaisance du livre de Landi paru en 1574.

  7. Chroniqueur portugais dont les quelques pages consacrées à Madère sont mentionnées parmi les premières sources.

  8. Ami des auteurs qui retrouva le livre de Landi au British Museum et remit une reproduction photographique à la Bibliothèque municipale de Funchal.

  9. João de Barros1496–1570

    Chroniqueur portugais cité parmi les premiers auteurs ayant évoqué Madère.

  10. Directeur de la Bibliothèque de l’Ajuda, qui étudia le livre de Constantino en 1911 et établit qu’il plagiait l’œuvre de Landi.

+ 1 de plus
  1. Auteur de l’Insulae Materiae Historia, imprimé à Rome, dont l’Elucidário montre qu’il est une copie servile de l’œuvre de Landi.

Sur la feuille L

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