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Areeiro 1Le sommet et le projet de station
Article nº 0269 Pic, montagne ou hautes terres Câmara de Lobos Vol. I · p. 162–163 3 min de lecture

Areeiro

Le Pico do Areeiro, sommet d’environ 1 800 mètres dans les montagnes centrales de Madère, près de Poiso, et l’histoire de la station météorologique construite sur ses pentes en 1895. Jamais équipée ni dotée de personnel, la station tomba en ruine.

Areeiro

Étranger

Carte: Madeira (5)

1Le sommet et le projet de station

Non loin du célèbre lieu-dit (sítio) de Poiso (« halte »), mais déjà dans les montagnes de l’intérieur de l’île, se dresse le Pico do Areeiro (« pic de la Sablière »), qui atteint une altitude très proche de 1800 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Les études météorologiques et climatologiques n’avaient pas encore atteint le degré de développement de notre temps lorsque, il y a un demi-siècle, naquit ici l’idée d’établir un ou plusieurs postes météorologiques sur les points les plus élevés de nos montagnes. Leurs observations, combinées à celles du Poste météorologique de Funchal, auraient fourni des éléments précieux pour l’étude de la climatologie madérienne, et en particulier pour la climatologie comparée de notre terre et d’autres stations de santé réputées.

En 1895, le gouvernement central fit construire sur les pentes du Pico do Areeiro des maisons destinées à l’installation d’un poste météorologique et à la demeure de son personnel. On y dépensa environ cinq contos (un million de réis) de réis, et l’entretien des bâtiments fut confié à la Direction des travaux publics (Direcção das Obras Públicas) du district. Avec la création du Conseil agricole (Junta Agrícola), en 1911, le Poste météorologique de l’Areeiro passa à cet organisme administratif. En 1919, il revint au Conseil général du district (Junta Geral do Distrito), lors de la suppression de ce Conseil agricole, qui laissa un triste souvenir dans les pages de l’histoire madérienne.

2Abandon et ruine

Une fois ces bâtiments achevés, il advint pourtant ce que beaucoup avaient déjà prévu : le Poste n’avait pas été doté des instruments indispensables, et le personnel nécessaire à son fonctionnement régulier ne fut jamais nommé. Exposé à toutes les intempéries et aux fréquentes tempêtes qui se déchaînent en ces lieux pendant la saison d’hiver, l’édifice commença aussitôt à subir de graves dégâts et tomba bientôt dans un état de ruine avancé. Le vandalisme du bûcheron et de l’éleveur vint achever l’œuvre de destruction commencée par les tempêtes, sans que l’action bienfaisante des administrations de tutelle tentât de mettre fin à un abandon aussi criminel. Ainsi, l’ancienne Direction des travaux publics, la Junte agricole (Junta Agrícola) et le Conseil général du district (Junta Geral) non seulement montrèrent toujours le plus grand désintérêt pour le fonctionnement du Poste météorologique créé par le gouvernement de la métropole, mais laissèrent encore s’effondrer et disparaître les constructions élevées à cette fin sur l’un des versants du Pico do Areeiro.

Ni les protestations de la presse ni même les bons offices de certaines autorités officielles n’y purent rien. L’affaire fit l’objet d’amères ironies dans diverses publications étrangères, notamment dans une revue scientifique de Middelbourg, où l’on affirmait qu’en Turquie on prêtait plus d’attention à l’étude de la météorologie qu’au Portugal, car on n’y connaissait pas d’observatoires sans instruments ni observateurs, comme c’était le cas dans la possession portugaise de l’île de Madère.

L’éminent Madérien Guilherme Teles de Menezes, qui résida pour raisons de santé pendant quelques mois des années 1894 et 1895 aux lieux-dits de Poiso et d’Areeiro, y effectua diverses observations météorologiques, qui furent publiées par la presse et reçurent les éloges les plus flatteurs de personnes versées en la matière.

Dans cet article

Époque

Années citées · 04
  1. Guilherme Teles de Meneses effectua des observations météorologiques, notamment sur les vents, à Poiso et au Pico do Areeiro.

  2. Le gouvernement central construisit, pour environ cinq contos, des maisons en bois destinées à une station météorologique près du Pico do Areeiro, mais celle-ci ne fut jamais équipée, dotée de personnel ni mise en service.

  3. La station d’Areeiro passa sous la responsabilité du Conseil agricole nouvellement créé.

  4. Un décret modifiant le régime du sucre supprima le Conseil agricole ; sa station d’Areeiro passa au Conseil général et la Station agronomique prit en charge les questions forestières.

Lieu

Lieux cités · 05
  1. Areeiro · Sujet

    Câmara de Lobos

  2. Funchal

    Siège de la station météorologique alors en service.

  3. Middelbourg

    Netherlands. Ville où une revue scientifique tourna en dérision la station dépourvue d’équipement.

  4. Pico do Areeiro

    Câmara de Lobos. Sujet de l’article ; emplacement de la station météorologique abandonnée.

  5. Poiso

    Santa Cruz. Lieu bien connu proche du sommet.

Personnes

Personnes citées · 01
  1. Madérien qui, séjournant à Poiso et à Areeiro pour sa santé en 1894–95, effectua des observations météorologiques qui furent publiées et saluées.

Sur la feuille A

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