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Osier 1La plante et ses usages
Article nº 3785 Plante Vol. III · p. 707–708 3 min de lecture

Osier

Titre original: Vimeiro

L’osier ou saule de Madère, hybride probable de Salix alba et de S. fragilis, dont les rameaux souples alimentent la vannerie de l’île. L’article décrit sa culture, les exportations d’osier brut et travaillé, ainsi que les causes du déclin de cette industrie vers 1921.

Osier

1La plante et ses usages

L’osier de Madère semble être le produit du croisement de Salix alba et de S. fragilis. C’est un arbuste ou un petit arbre aux rameaux longs et flexibles, aux feuilles lancéolées, glabres chez les adultes, un peu satinées chez les jeunes. Il n’existe à Madère que des individus femelles, mais ceux-ci sont extrêmement abondants et se multiplient par bouturage avec une extrême facilité.

Les rameaux les plus longs de l’osier servent à fabriquer un grand nombre de meubles et d’ustensiles, tels que canapés, chaises, tables, traîneaux, paniers, etc. ; les plus courts servent aux liens et aux attaches, ainsi qu’à quelques menus ouvrages fabriqués dans l’île.

En 1912, on exporta vers l’étranger et Lisbonne 265 919 kilogrammes d’osier ouvré et, vers l’étranger seulement, 255 390 kilogrammes d’osier brut ; l’Angleterre, les Canaries et le cap de Bonne-Espérance furent les principaux pays importateurs de l’osier non manufacturé.

2Industrie, commerce et récolte

L’industrie des objets en osier, qui semble avoir débuté dans la paroisse (freguesia) de Camacha vers 1850, est aujourd’hui en déclin à Madère, selon ce que nous apprend l’industriel avisé M. José Maria Teixeira, alors qu’elle se développe dans d’autres pays, et surtout en Afrique du Sud, vers laquelle l’île exporte ses osiers. Plusieurs causes, de l’avis de cet industriel éclairé, expliquent que cette industrie ait perdu une grande partie de son importance d’autrefois. La première est le renchérissement de la matière première, qui empêche certains industriels, à court de capitaux, de l’acheter à la saison voulue. S’y ajoutent le départ à l’étranger de nombreux ouvriers qu’employait cette industrie, tandis que d’autres se consacrent dans l’île à des activités plus lucratives ; les frets plus lourds qui grèvent l’osier ouvragé, parce qu’il occupe davantage de place dans les cales des navires ; enfin les droits et taxes locaux, qui pèsent davantage sur les objets en osier que sur la matière première.

Madère produit chaque année de 700 à 800 tonnes d’osier, dont peut-être la moitié quitte l’île. Au cap de Bonne-Espérance, jadis important débouché pour les objets en osier de Madère, on fabrique aujourd’hui une grande partie de ces mêmes objets avec de l’osier importé de notre île, et il en va de même au Brésil. L’Angleterre est le pays qui importe actuellement de grandes quantités de la vannerie fabriquée à Madère ; elle reçoit aussi, à ce qu’on nous dit, d’importantes quantités d’osier brut (1921).

La taille de l’osier se fait de janvier à mars. Les brins destinés à la vannerie sont réunis en bottes aussitôt après la récolte, puis l’usage veut qu’on laisse la partie inférieure de ces bottes plongée dans l’eau jusqu’à ce que commence le bourgeonnement. Celui-ci commencé, on écorce les brins, en prenant soin de couper la partie qui a trempé dans l’eau.

Une bonne part de la vannerie produite dans l’île se distingue par l’ingéniosité, le soin et la solidité de son exécution, qualités qui la font fort apprécier des nationaux comme des étrangers, et qui révèlent en même temps beaucoup d’habileté et de goût chez les artisans madériens. Boaventura (« bonne fortune ») et Camacha sont les principales localités productrices d’osier, et c’est de cette dernière que provient la plus grande partie de la vannerie exportée ou vendue à Funchal.

Dans cet article

Époque

Années citées · 03
  1. La vannerie semble avoir fait son apparition dans la paroisse de Camacha.

  2. Madère exporta 265 919 kg d’osier travaillé et 255 390 kg d’osier brut.

  3. L’Angleterre était le principal importateur de vannerie et d’osier brut de Madère.

Lieu

Lieux cités · 09

Étranger

Carte: Madeira (9)
  1. Afrique du Sud

    South Africa. Industrie de la vannerie en expansion, approvisionnée en osier de Madère.

  2. Angleterre

    United Kingdom. Principal importateur d’osier de Madère, brut et travaillé.

  3. Boaventura

    São Vicente. L’une des principales localités productrices d’osier.

  4. Brésil

    Brazil. Fabrique des articles de vannerie à partir d’osier de Madère.

  5. Camacha

    Santa Cruz. Paroisse où la vannerie apparut vers 1850 et principale source de l’osier exporté.

  6. Canaries

    Spain. Importateur d’osier brut en 1912.

  7. Cap de Bonne-Espérance

    South Africa. Ancien débouché pour la vannerie madérienne, qui fabrique désormais ses propres articles à partir d’osier importé.

  8. Funchal

    Lieu où se vend une grande partie de la vannerie de Camacha.

  9. Lisbonne

    Portugal. Destination des exportations d’objets en osier tressé en 1912.

Personnes

Personnes citées · 01
  1. Industrielle madérienne de la vannerie qui renseigna l’Elucidário sur les causes du déclin de cette industrie.

Sur la feuille V

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