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Vannerie (industrie de la) 1La vannerie en 1912
Article nº 1857 Industrie et artisanat Vol. II · p. 286–287 3 min de lecture

Vannerie (industrie de la)

Titre original: Indústria da Obra de Vimes

Présentation de la vannerie madérienne, centrée sur la paroisse de Camacha, avec des rapports officiels de 1912 et de 1921 sur sa production, ses exportations, sa main-d’œuvre et son déclin ultérieur.

Vannerie (industrie de la)

1La vannerie en 1912

L’industrie de la vannerie (obra de vimes), ou des ouvrages d’osier, destinée surtout à la fabrication de meubles, a son principal centre de production dans la paroisse (freguesia) de Camacha. Nous en avons déjà donné un bref aperçu aux pages 195 et suivantes du Ier volume, dans l’article consacré à cette paroisse.

En 1912, le chef de la section des services techniques de l’industrie à Funchal écrivait :

« La fabrication des ouvrages d’osier connaît à présent de grands progrès, tant par l’extension et la valorisation des cultures correspondantes que par la valeur de l’exportation d’osier et d’ouvrages, qui croît et s’enrichit aussi grâce à une main-d’œuvre plus soignée et à un meilleur goût dans la composition.

Il est déjà fréquent aujourd’hui de rencontrer dans cette spécialité des travaux de bon goût et d’une finition soignée. Tout ce que l’ouvrier madérien parvient à faire, en l’absence totale de formation professionnelle, nous laisse la vive impression de ce qu’il serait capable de produire de bien meilleur s’il était guidé par un enseignement artistique.

Étant donné la manière dont cette industrie fonctionne ici, presque exclusivement localisée dans la paroisse de Camacha, d’où il n’a pas été possible de la déplacer, on reconnaît aisément que seul un enseignement professionnel dispensé dans une école de cette même localité pourrait être utilement mis à profit.

L’École industrielle de Funchal pourrait contribuer à la formation de cet ouvrier, mais celui-ci ne la fréquente pas, car il habite très loin. En outre, les conditions de l’industrie, liées depuis longtemps aux coutumes et aux habitudes de travail locales, n’offrent pas, dans la plupart des cas, une rémunération suffisante à qui devrait vivre hors de chez lui, loin des autres petites ressources dont il a besoin pour subsister.

Le prix de la main-d’œuvre a baissé ces derniers temps. C’est certainement aussi, comme pour la broderie, en raison d’un certain caractère d’industrie domestique que la rémunération de la main-d’œuvre peut être réduite à des prix qui seraient absolument inadmissibles dans le travail en atelier.

On peut supposer que l’exportation d’osier s’éleva en 1911 à 900 tonnes, et il n’est pas exagéré de supposer qu’une quantité égale fut consommée par la fabrication locale.

La valeur commerciale de l’exportation ne doit pas être estimée à moins de 180 contos (un million de réis) de réis (ancienne monnaie de compte portugaise ; 1$000 = 1 000 réis, 1:000$000 = un conto = 1 000 000 de réis) par an, pour les seuls ouvrages de vannerie.

On peut supposer que cette industrie occupe à présent plus de 600 personnes, dont plus de 300 hommes, 200 femmes et 100 mineurs. »

2Le déclin après 1921

De la même source, nous obtînmes en 1921 les informations suivantes : « Cette industrie est aujourd’hui en déclin, alors qu’elle se développe dans d’autres pays, et surtout en Afrique du Sud, où l’île exporte son osier. Plusieurs causes, de l’avis de cet industriel éclairé, expliquent que l’industrie ait perdu une grande part de son ancienne importance. La première est le renchérissement de la matière première, qui empêche certains industriels, à court de capitaux, de l’acquérir à la saison voulue. S’y ajoutent le départ à l’étranger de nombreux ouvriers qui travaillaient dans cette industrie, tandis que d’autres se consacrent dans l’île à des activités plus lucratives, ainsi que le fret plus lourd qui grève l’osier ouvré, parce qu’il occupe davantage de place dans les cales des navires. Enfin, les droits et taxes locaux frappent plus lourdement les articles de vannerie que la matière première.

Madère produit de 700 à 800 tonnes d’osier par an, dont peut-être la moitié sort de l’île. Au cap de Bonne-Espérance, autrefois important débouché pour la vannerie de Madère, on fabrique aujourd’hui une grande partie de ces mêmes articles avec de l’osier importé de notre île, et il en va de même au Brésil. L’Angleterre est actuellement le pays qui importe les plus grandes quantités de vannerie fabriquée à Madère, et elle reçoit aussi, à ce que l’on nous dit, de grandes quantités d’osier brut. »

Après cette année-là, nous n’avons pu recueillir d’autres données, mais nous pensons que cette industrie est entrée depuis longtemps dans une phase de profond déclin, due aux causes indiquées plus haut et en particulier à la concurrence née de l’apparition d’autres centres de production.

Dans cet article

Époque

Années citées · 03
  1. Environ 900 tonnes d’osier auraient été exportées de Madère.

  2. Le responsable des services techniques industriels de Funchal signala les grands progrès de la vannerie madérienne.

  3. La vannerie madérienne était signalée comme étant en déclin.

Lieu

Lieux cités · 06

Étranger

Carte: Madeira (6)
  1. Afrique du Sud

    South Africa. Pays importateur d’osier madérien qui développa sa propre industrie de vannerie.

  2. Angleterre

    United Kingdom. Principal importateur de vannerie madérienne en 1921.

  3. Brésil

    Brazil. Pays qui fabriquait également des articles de vannerie en osier madérien.

  4. Camacha

    Santa Cruz. Principal centre de production de la vannerie madérienne.

  5. Cap de Bonne-Espérance

    South Africa. Ancien grand marché de la vannerie madérienne, qui se mit ensuite à fabriquer ses propres articles à partir d’osier importé.

  6. Funchal

    Siège des services techniques industriels et de l’Escola Industrial.

Sur la feuille I

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